Siège de Sarajevo
| Date |
– (3 ans, 8 mois et 9 jours) |
|---|---|
| Lieu | Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) |
| Issue | Accords de Dayton |
| 40 000 hommes (1992) | 13 000 hommes (1992)[1] |
| 6 137 morts | 2 241 morts |
| Coordonnées | 43° 50′ 51″ nord, 18° 21′ 23″ est | |
|---|---|---|
Le siège de Sarajevo est le siège d'une capitale le plus long de l'histoire moderne[2],[3]. Après avoir été assiégée initialement par les forces de l'armée populaire yougoslave[4],[5], Sarajevo, la capitale de la Bosnie-Herzégovine, est assiégée par l'armée de la république serbe de Bosnie du au pendant la guerre de Bosnie. Le siège dure trois fois plus longtemps que le siège de Stalingrad et un an de plus que le siège de Léningrad.
Le nombre de morts civils est estimé à 10 000, dont 1 500 enfants[6],[7] Les rapports indiquent une moyenne d'environ 329 impacts d'obus par jour pendant le siège, avec un record de 3 777 impacts d'obus pour le . Les tirs d'obus ont gravement endommagé les structures de la ville, y compris des bâtiments civils et culturels[8].
Après la guerre, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a condamné quatre responsables serbes pour de nombreux chefs de crimes contre l'humanité commis pendant le siège, y compris le terrorisme. Stanislav Galić[9] et Dragomir Milošević[10] ont été condamnés respectivement à la réclusion à perpétuité et à 29 ans de prison. Leurs supérieurs, Radovan Karadžić[11] et Ratko Mladić[12], ont également été reconnus coupables de génocide et condamnés à la réclusion à perpétuité.
Contexte
[modifier | modifier le code]Après la Seconde Guerre mondiale, les autorités fédérales yougoslaves surveillent strictement les mouvements nationalistes, perçus comme une menace potentielle pour l’unité de l’État. À la mort de Josip Broz Tito en 1980, ces tensions refont surface et prennent une nouvelle ampleur. L’éclatement de la Yougoslavie fut accéléré par l’arrivée au pouvoir de dirigeants nationalistes, dont Slobodan Milošević en Serbie, qui poursuivait le projet d’une Grande Serbie[13], regroupant tous les territoires où vivaient des Serbes, y compris en Bosnie-Herzégovine et en Croatie[14],[15]. Cette dynamique provoque une montée des nationalismes, en particulier en Croatie, où Franjo Tuđman développe à son tour l’idée d’une Grande Croatie[16].
Craignant une Yougoslavie dominée par la Serbie, la Slovénie et la Croatie déclarent leur indépendance en 1991. Avec le départ de ces deux républiques, la perspective d’une Yougoslavie résiduelle dominée par les Serbes devient encore plus probable. Le , la Macédoine proclame également son indépendance. La République socialiste de Bosnie-Herzégovine, société multiethnique composée de Bosniaques, de Serbes de Bosnie et de Croates de Bosnie-Herzégovine, refuse de rester dans cette « Yougoslavie tronquée ».
Milošević, qui souhaite réunir tous les Serbes dans un seul État, la Grande Serbie, dissimule ce projet expansionniste sous le prétexte de vouloir « sauver la Yougoslavie »[17]. Dans ce cadre, il cherche à intégrer à cette « Yougoslavie tronquée » (Serbie-et-Monténégro) toutes les régions de Bosnie-Herzégovine où vivent des Serbes[18], y compris des territoires majoritairement bosniaques[19]. Il encourage ainsi les Serbes de Bosnie à s’organiser politiquement et militairement en vue de ce projet[20]. Avec l’appui de Belgrade et de l’Armée populaire yougoslave (JNA), progressivement transformée en armée serbe, ils créent leurs propres structures autonomes[21], [22]. Les parlementaires serbes ont quitté le Parlement de Sarajevo et ont formé l'Assemblée populaire serbe de Bosnie-Herzégovine en octobre 1991, mettant fin à la coalition issue des élections de 1990. En 1991, des régions autonomes serbes (SAO) sont proclamées sur des territoires que les Serbes considèrent comme les leurs, même lorsqu’ils y sont minoritaires. La JNA s’installe dans ces zones en voie d’unification, et, le , la république serbe de Bosnie est autoproclamée.
Parallèlement, le plan RAM est élaboré par les services de sécurité et des officiers serbes de la JNA afin d’organiser politiquement et militairement les Serbes vivant hors de Serbie, de consolider le contrôle des structures serbes émergentes et de prépositionner armes et munitions[23]. Ce plan vise à préparer le cadre d’une « troisième Yougoslavie » réunissant tous les territoires habités par des Serbes. Inquiète de ces développements, la Bosnie-Herzégovine proclame sa souveraineté le [24], puis organise un référendum d'indépendance les 29 février et 1er mars 1992, boycotté par la majorité des Serbes. Le taux de participation atteint 63,4 %, dont 99,7 % en faveur de l’indépendance[25].
La Communauté européenne reconnut officiellement la République de Bosnie-Herzégovine comme État indépendant le . Avant même cette reconnaissance, des préparatifs militaires étaient déjà engagés. Dès la fin de l’année 1991, l’Armée populaire yougoslave (JNA) se déploya sur les collines entourant Sarajevo, où elle installa de l’artillerie et du matériel militaire qui furent ensuite utilisés lors du siège[26]. Dans les mois précédant le déclenchement du conflit, la JNA s’empara de points stratégiques et de voies de communication, se préparant au siège des principales villes du pays. En avril 1992, dans la vallée de la Drina, région à majorité bosniaque musulmane située le long de la frontière avec la Serbie, de nombreuses localités furent rapidement conquises, tandis que des opérations de nettoyage ethnique furent menées contre la population civile[27],[28].
Déroulement
[modifier | modifier le code]1992
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Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine, constitue un objectif stratégique en raison de sa position politique, économique et symbolique. Son siège débute avec la reconnaissance officielle de la Bosnie-Herzégovine comme État indépendant. Avec cette reconnaissance, l’Armée de Bosnie-Herzégovine, encore en cours de formation, devient la seule force armée légale sur le territoire, toutes les autres étant illégales. De vastes marches pour la paix se déroulent dans la ville, mais des extrémistes serbes armés ouvrent le feu sur la foule, tuant Suada Dilberović, considérée comme la première victime du siège[29].
L’Armée populaire yougoslave (JNA), appuyée par des formations paramilitaires serbes, acheva l’encerclement de Sarajevo, prit le contrôle de l’aéroport et lança les premiers bombardements massifs. La population civile tenta d’organiser la défense de la ville en formant des unités territoriales improvisées, souvent mal armées et désorganisées. Le , l’Armée de Bosnie-Herzégovine (ABiH) fut officiellement créée, mais ses capacités d’action restèrent limitées en raison de l’embargo sur les armes imposé par l’ONU.

Les bombardements menés depuis les collines autour de Sarajevo, combinés aux tentatives de prise de la ville par la JNA, entraînent le blocus des casernes de l’armée yougoslave présentes dans la ville par la Défense territoriale de Bosnie. Le , le président de Bosnie-Herzégovine, Alija Izetbegović, et sa fille, à leur retour de négociations de paix à Lisbonne, sont capturés à l’aéroport par la JNA, bien que leur sécurité ait été garantie. Le président est libéré en échange du départ de la JNA de la caserne assiégée, mais la colonne quittant les lieux est attaquée par des individus incontrôlés, entraînant la mort de plusieurs soldats.
La situation à Sarajevo a été relativement bien couverte par les médias occidentaux grâce à la présence de journalistes sur place, tandis que la catastrophe humanitaire touchant de nombreuses autres régions de Bosnie a reçu moins d’attention. En avril et mai 1992, conformément aux plans de Slobodan Milošević, l’Armée populaire yougoslave (JNA), appuyée par des unités spéciales et paramilitaires serbes venues de Serbie et par des forces serbes de Bosnie, s’empara rapidement de vastes zones de l’ouest de la Bosnie-Herzégovine. Plusieurs villes, dont Bosanska Krupa, Brčko, Doboj et Prijedor, furent conquises, tandis que des massacres et des crimes contre la population civile y furent commis. Plus au sud, la JNA engagea le siège de Mostar.
La JNA, en tant qu’armée étrangère, devait quitter la Bosnie-Herzégovine dès le , après la reconnaissance internationale de l’État, mais elle reste pour achever la prise des territoires destinés aux Serbes. « Lorsque, le 15 mai 1992, le Conseil de sécurité de l’ONU exigea la cessation immédiate de toute forme d’ingérence extérieure en Bosnie-Herzégovine et le retrait des troupes de la JNA, celles-ci avaient conquis, sous l’autorité directe de Slobodan Milošević, plus de la moitié du territoire bosnien et ainsi réalisé la majeure partie des objectifs militaires serbes. »[31] Sous pression internationale[32], la JNA annonce son départ le , mais la transition reste essentiellement formelle : 80 % de ses forces se transforment en Armée de la République serbe de Bosnie (VRS), tandis qu’une partie rejoint l’Armée de Yougoslavie en Serbie[33]. Le siège de Sarajevo se poursuit donc, mené principalement par les mêmes unités et utilisant les mêmes armements, mais sous le nouveau nom de VRS, créée le .
Malgré l’agression, une partie significative de la population serbe et croate de Bosnie demeura attachée à l’idée d’un État bosnien unitaire et multiethnique[34],[35]. Parmi les figures les plus connues figurent Nikola Kovač, Bogić Bogićević, Ivo Komšić, ainsi que plusieurs autres personnalités engagées en faveur de la cohésion civique et de la défense des institutions légitimes de la Bosnie-Herzégovine.
L’Armée de la République de Bosnie-Herzégovine, récemment formée, était confrontée à un net désavantage matériel par rapport aux forces serbes, disposant de peu d’armes lourdes et de munitions limitées. Les forces serbes, regroupant la VRS et des unités paramilitaires, bénéficiaient d’un équipement complet hérité de l’ancienne JNA, incluant artillerie lourde, chars et armement moderne, créant une forte disproportion. Malgré cela, l’armée bosnienne organisa la défense de Sarajevo en mobilisant la population civile et en constituant des unités territoriales de défense, entraînant de lourdes pertes humaines et la destruction des infrastructures. Parmi les figures symboliques de cette défense multiethnique, on compte le général Jovan Divjak et Dragan Vikić[36].
Le siège provoqua une grave crise humanitaire : pénuries d’eau, d’électricité et de nourriture, manque de médicaments et exposition permanente aux bombardements et aux snipers, certaines rues étant surnommées Sniper Alley.

Le , le président François Mitterrand visite Sarajevo assiégée, apportant un espoir à une population martyrisée. Les Bosniens l’informèrent des massacres, du nettoyage ethnique et de l’existence de camps pour les non-Serbes[37]. Ils demandèrent la levée de l’embargo sur les armes afin de pouvoir se défendre. Cependant, le président français, perçu comme favorable à une position équidistante voire indulgente envers Belgrade, privilégia l’aide humanitaire et l’ouverture de l’aéroport, qui passa alors sous le contrôle de la FORPRONU[38],[39].
Les stocks limités de munitions compliquaient la défense de la ville face à des forces serbes mieux équipées mais numériquement inférieures dans Sarajevo. Incapables de prendre la ville, les assaillants l’encerclèrent et la bombardèrent depuis les hauteurs. Des objets du patrimoine culturel ont été délibérément détruits[40],[41]. Parmi les pertes emblématiques se trouvait notamment la Bibliothèque nationale et universitaire de Bosnie-Herzégovine (Vijećnica), dont l’incendie a détruit des milliers d’ouvrages irremplaçables[42],[43].
Les défenseurs de la ville étaient si mal armés qu’il n’était pas rare de fabriquer des pistolets avec des matériaux de récupération, comme des tuyaux d’arrosage. La plupart des arsenaux et approvisionnements militaires de la ville furent saisis par l’Armée populaire yougoslave et placés sous contrôle serbe. Les opérations visant à reprendre les positions occupées par les forces serbes renforcèrent considérablement la défense bosnienne. Contournant l’embargo international sur les armes, certains Bosniens ayant rejoint l’armée introduisirent clandestinement des armes dans la ville à travers les lignes serbes. Dans le contexte chaotique du début du siège, des groupes criminels locaux émergèrent également à Sarajevo. Certains d’entre eux commirent des crimes contre des civils serbes restés dans la ville. Avec la consolidation de l’ABiH en tant qu’armée régulière de l’État, ces groupes furent progressivement démantelés et leurs responsables poursuivis[44].
Entre le second semestre 1992 et la première moitié de 1993, le siège atteignit son paroxysme, marqué par des combats violents, des bombardements continus et de nombreuses atrocités[45].
1993
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Le , le vice-premier ministre bosnien Hakija Turajlić, après une rencontre avec des responsables humanitaires à l'aéroport, rentrait à Sarajevo à bord d'un véhicule blindé français de l'ONU. Arrêté à un point de contrôle tenu par des Serbes de Bosnie, Turajic fut abattu sous leurs yeux par un Serbe[46].
En 1993, alors que la ville était entièrement encerclée, un tunnel creusé sous la piste de l’aéroport de Sarajevo — zone neutre placée sous contrôle de l’ONU — et reliant la ville aux quartiers tenus par le gouvernement à Dobrinja permit aux forces bosniennes de contenir l’avancée serbe sur le mont Igman, d’évacuer des civils et des blessés, ainsi que d’acheminer de la nourriture, des munitions, du carburant, de l’électricité et divers matériels[47],[48].
Dans son récit de voyage en Bosnie-Herzégovine[49], le linguiste français Paul Garde rapporte comment il dut emprunter ce passage pour entrer à Sarajevo en : « Je prends le sac, je sors, personne ne m’arrête. Je suis dans le tunnel. C’est un boyau étroit, comme une galerie de mine (ce sont, me dira-t-on, les mineurs de Zenica qui l’ont creusé). Il est éclairé faiblement, mais suffisamment. On peut y croiser ou y dépasser à la rigueur, mais en se serrant bien contre la paroi, comme dans un couloir de train. Normalement on ne croise pas. Le tunnel, me dira-t-on, fonctionne une demi-heure dans chaque sens. » Paul Garde fut l’un des très rares étrangers à franchir ce tunnel, qui resta en service jusqu’à la levée du siège en 1995. Les forces serbes tentèrent à plusieurs reprises de le neutraliser, notamment en bombardant ses accès ou en essayant de l’inonder par un tunnel latéral relié à la nappe phréatique. Le tunnel joua un rôle essentiel pour le passage de personnes, de vivres, d’armes, de munitions et de matériel nécessaires à la défense de la ville et au maintien de la vie quotidienne[50].
Bombarder la ville eut un coût énorme en vies humaines. Les massacres de masse, principalement aux obus de mortier, ont fait les unes des journaux de l'Ouest. Le , treize personnes ont été tuées et 133 blessées lors d'un match de football[51]. Le de la même année, douze personnes furent tuées pendant qu'elles faisaient la queue pour de l'eau.
Malgré les conditions extrêmes du siège, la vie culturelle de Sarajevo ne s’interrompt pas. Concerts, pièces de théâtre et un festival de cinéma continuent d’être organisés. La ville assiégée reçoit également la visite de personnalités internationales comme Susan Sontag, qui y met en scène En attendant Godot, ou Joan Baez, venue y chanter.
Avec la fin du conflit en Croatie et le début des hostilités en Bosnie, la Force de protection des Nations unies (FORPRONU) fut déployée en Bosnie, avec pour mission d'assurer l'acheminement de l'aide humanitaire à la population civile, bien que ses commandants négociaient aussi un cessez-le-feu et jouassent un rôle de médiation. Profitant de la neutralité de ces forces, les agresseurs purent bombarder et tuer des civils en toute impunité. Ce n'est qu'en mai 1993 que l'ONU déclara six zones de sécurité pour les civils: Srebrenica, Žepa, Gorazde, Bihac, Tuzla et Sarajevo. Les forces serbes ignorèrent cette déclaration et continuèrent de bombarder les villes assiégées et Sarajevo. La FORPRONU ne réagit pas, même lorsque ses forces furent prises pour cible[52].
Un corridor humanitaire est établi en 1993, permettant l’acheminement limité de vivres et de matériel vers Sarajevo, même si la population ne peut quitter la ville. Toutefois, cette aide resta constamment entravée par les autorités serbes de Bosnie, dont la stratégie consiste à affaiblir la ville par les pénuries et les bombardements. Par exemple, au début du siège, l’ONU décide d’allouer 20 à 25 % de l’aide humanitaire aux autorités serbes de Bosnie, proportion correspondant à la part de la population sarajévienne qu’elles contrôlent alors. Celles-ci exigent cependant 50 % de l’aide ainsi que des camions de carburant. Face au refus de l’ONU, elles bloquent les convois transportant du carburant, privant Sarajevo des 70 tonnes nécessaires au fonctionnement de ses services essentiels pour deux semaines[53]. Les vols humanitaires à destination de l’aéroport de Sarajevo, placés sous contrôle international, furent eux aussi régulièrement interrompus par les forces serbes. « Et chaque fois que les Serbes de Karadzic décident d’interrompre les vols, la FORPRONU s’incline, quitte à négocier et à acheter la réouverture par de nouvelles concessions. »[54]
La situation en Bosnie, hors de Sarajevo, est catastrophique. Avec le soutien des forces armées de Serbie et du Monténégro[55], les Serbes de Bosnie contrôlent déjà plus de 60 % du territoire de la Bosnie-Herzégovine, et cette avancée encourage des ambitions territoriales similaires du côté croate. Slobodan Milošević et Franjo Tuđman, ou leurs représentants, se sont déjà rencontrés à plusieurs reprises pour envisager un partage de la Bosnie. Milošević et Franjo Tuđman, ou leurs représentants, se sont rencontrés à plusieurs reprises pour envisager un partage de la Bosnie[56],[57]. Après l’accord de Graz entre Radovan Karadžić et Mate Boban, les dirigeants croates de Bosnie rompent leur coopération avec les Bosniaques et la guerre croato-bosniaque éclate, visant la création d’Herceg-Bosna, destinée à rejoindre une Grande Croatie[58],[59]. Pris en étau entre les forces serbes et croates, les Bosniaques se retrouvent menacés d’anéantissement. Néanmoins, certaines unités croates continuèrent de coopérer avec les Bosniaques pour défendre conjointement plusieurs villes, notamment Sarajevo et Tuzla, contre les attaques serbes.
Les bombardements incessants sur Sarajevo se poursuivaient, frappant la ville sans exception et sans aucune distinction entre cibles civiles ou militaires. En septembre 1993, les rapports indiquaient que la quasi-totalité des bâtiments de Sarajevo avaient subi des dommages et qu’environ 35 000 logements avaient été entièrement détruits[8]. Les cibles touchées incluaient des hôpitaux et complexes médicaux, les sièges des médias et centres de communication, des installations industrielles, des bâtiments gouvernementaux, des infrastructures militaires ainsi que des locaux des Nations unies.
1994
[modifier | modifier le code]Plusieurs massacres de civils frappent différents quartiers de Sarajevo, notamment l’attaque contre des enfants faisant de la luge à Alipašino Polje et le massacre sur un terrain de football à Dobrinja. Le 5 février 1994, un obus explose en plein cœur du marché de Markale, dans le centre de Sarajevo, faisant 66 morts et plus de 200 blessés[60].

Après de nombreux massacres de civils liés aux bombardements serbes sur la ville assiégée, cette attaque conduit les États-Unis à adresser un ultimatum aux Serbes de Bosnie : retirer toutes les armes lourdes d’une « zone d’exclusion totale » de 20 kilomètres autour de Sarajevo, sous peine de frappes aériennes de l’OTAN. Un compromis est finalement trouvé : retrait des armes lourdes serbes en échange du déploiement d’un détachement russe de la FORPRONU dans la région. Les nationalistes serbes de Bosnie, ont accepté à contrecœur que leurs armes soient placées sous observation de l'ONU, mais surtout, ils ne les ont pas rendues[61]. Le pont aérien est rétabli et la ville bénéficie d’un répit relatif. En violation flagrante de l'accord sur la zone d'exclusion, le 3 août, les forces serbes se sont emparées de plusieurs armes gardées par la FORPRONU sur le site d'Illidža, blessant un Casque bleu. En réponse à cette attaque, l'ONU a de nouveau sollicité l'appui aérien de l'OTAN[62].
À la suite d’une brève accalmie, la ville subit de nouvelles attaques meurtrières et de graves privations : des passagers de tramway sont pris pour cibles, des enfants sont tués par des tireurs embusqués, et des tirs depuis les collines visent le quartier de Marijin-Dvor.
Les Serbes de Bosnie installent des systèmes de missiles antiaériens et ferment les vannes d’un gazoduc.La route d’Igman, non protégée, devient une cible constante.
Les bombardements touchent des infrastructures clés, et la population peine à se procurer du carburant, limité aux besoins essentiels fournis par l’ONU. Privés de carburant, les habitants doivent se débrouiller comme ils peuvent : pour se réchauffer, certains abattent des arbres dans les parcs et brûlent des livres.
Les efforts diplomatiques en Bosnie pour instaurer la paix sont compliqués par la guerre croato-bosniaque, déclenchée en 1993. Sous la pression américaine, Franjo Tuđman est amené à y mettre fin, ce qui conduit à la signature de l’Accord de Washington en mars 1994, établissant la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine. Le Groupe de contact propose ensuite un plan de paix global, que les dirigeants serbes de Bosnie rejettent.
Malgré les bombardements et les privations, la vie culturelle de Sarajevo demeure étonnamment active en 1994. En solidarité avec la ville meurtrie, la soprano Barbara Hendrix donne un concert du Nouvel An. Le Théâtre de Chambre 55 poursuit son activité avec une intensité remarquable, en présentant 652 projets multimédias durant le siège, soit près de deux par jour. Dans le bâtiment calciné de la Bibliothèque nationale résonne le Requiem de Mozart, dirigé par Zubin Mehta, tandis que le « Théâtre ambulant » atteint symboliquement sa millième représentation. Malgré l’absence de moyens, un défilé de mode est organisé avec des mannequins façonnés en argile et en céramique. Le Théâtre national accueille la première de Roméo et Juliette pour enfants. Le film Bosna !, réalisé par Bernard-Henri Lévy durant le siège alors qu’il se trouvait à Sarajevo, est projeté en présence de son auteur.
1995
[modifier | modifier le code]En 1995, Sarajevo entrait dans sa quatrième année de siège, dépassant les 1 000 jours de blocus. La ville subissait encore des bombardements incessants et des tirs de snipers, touchant civils et infrastructures, des passagers de tramway aux enfants tués dans les quartiers résidentiels.
L’Armée de Bosnie-Herzégovine (ABiH) libéra le sommet le plus élevé de Treskavica, et une liaison satellite reliant Sarajevo à Barcelone et au reste du monde fut établie grâce à un don de la ville de Barcelone. Les donateurs ne livraient pas de pétrole, les bus ne circulaient pas et les tramways ne fonctionnaient que sur de courts trajets.
La ville subissait le bombardement de Butmir, et un soldat français fut tué près du bâtiment de l’UNIS.
L’aide humanitaire fut réduite de moitié, et une attaque générale sur Sarajevo laissa la ville sans transport, avec une faible pression de gaz et une pénurie d’eau. De la farine était bloquée à l’aéroport, que l’ONU était incapable de livrer à la population. Une portion de la route d’Igman restait sous le feu constant des Serbes ; environ 300 m de la route étaient en danger critique, tandis que les forces serbes de Bosnie larguaient des bombes aériennes modifiées sur la ville assiégée. La dernière distribution d’aide humanitaire ne permettait que de petites rations de haricots, pois, riz, huile et farine, et la nourriture pénétrait dans la ville par le tunnel de Sarajevo.
Pendant le siège de Sarajevo, la Force de protection des Nations unies (FORPRONU) poursuivit un rôle ambigu[54],[63],[64], notamment en raison de la prédominance française dans la chaîne de commandement (commandant de la force, commandant du secteur de Sarajevo, bataillons de la FORPRONU)[65]. Bien que chargée de s’interposer et de protéger les civils, la FORPRONU s’abstint d’intervenir militairement contre les forces serbes de Bosnie qui assiégeaient Sarajevo, en raison de contraintes opérationnelles et de décisions politiques prises par les États contributeurs. Selon plusieurs témoignages de militaires engagés sur le terrain, dont celui de Guillaume Ancel[66],[67], cette posture revenait de facto à protéger les forces assiégeantes, pourtant identifiées comme les agresseurs de la ville[68], tandis que la population civile demeurait exposée aux bombardements et aux tirs de snipers, malgré le statut de « zone protégée » accordé à Sarajevo par l’ONU.
L’arrivée de Jacques Chirac à la présidence de la République française marqua une inflexion de la politique française en Bosnie-Herzégovine. Jusqu’alors, les Casques bleus français n’étaient pas autorisés à riposter aux attaques des forces serbes de Bosnie, malgré le droit formel à la légitime défense prévu par leur mandat.
Le combat du pont de Vrbanja constitua le premier affrontement majeur entre la FORPRONU à Sarajevo et les forces serbes de Bosnie. Des soldats serbes s’étaient emparés du poste de contrôle tenu par des Casques bleus français, désarmant ces derniers et les utilisant comme boucliers humains. Une opération militaire menée par des unités françaises de la FORPRONU permit la reprise du poste. Les combats firent plusieurs victimes, dont deux soldats français et quatre combattants serbes[69],[70].

Le mois de mai fut marqué par la poursuite des bombardements et des attaques contre la population civile, causant de nombreuses victimes. À la suite de violations répétées des « zones de sécurité » placées sous protection internationale, l’OTAN mena des frappes aériennes les 25 et 26 mai contre des dépôts de munitions des forces serbes de Bosnie. Au cours de ces opérations, un avion F-16 de l’OTAN fut abattu par un système de missiles sol-air SA-6, fourni aux forces serbes de Bosnie par la Serbie[71]. Dans les jours qui suivirent, les forces serbes de Bosnie capturèrent plus de 300 Casques bleus de la FORPRONU, qu’elles utilisèrent comme boucliers humains afin de dissuader toute nouvelle frappe aérienne[72],[73],[74]. Face à cette situation, l’OTAN suspendit ses opérations aériennes et des négociations furent engagées pour obtenir la libération des otages.
Afin de faciliter les négociations de paix et la libération des otages, de nombreux indices suggèrent qu’un accord aurait été conclu avec les forces serbes, à qui il aurait été promis un arrêt des frappes de l’OTAN contre leurs positions[75],[76]. Les Serbes, cherchant à homogénéiser les territoires qu’ils contrôlaient, s’emparèrent alors de la zone de sécurité de Srebrenica et y perpétrèrent le massacre de plus de 8 000 Bosniaques, qualifié ultérieurement de génocide.
Le 1er août, le Conseil de sécurité de l’ONU adopta des mesures visant à dissuader toute attaque contre les zones de sécurité de Sarajevo, Bihać et Tuzla.
Le , un nouveau massacre sur le marché de Markale, avec 43 morts et de nombreux blessés, incita l’OTAN à intervenir dans le cadre de l’Opération Deliberate Force[77],[78]. L’ONU exigea le retrait de l’artillerie serbe dans un rayon de vingt kilomètres autour de Sarajevo, l’arrêt des bombardements sur les civils et la cessation des combats. Les forces serbes commencèrent leur retrait quelques heures avant l’expiration de l’ultimatum. L’intervention de l’OTAN mit alors fin à la guerre en quelques semaines en ciblant enfin les forces serbes, responsables du siège.
La Russie autorisa la reprise des livraisons de gaz et reconnut la Bosnie-Herzégovine, tandis qu’un cessez-le-feu était conclu à partir du 10 octobre.
En novembre, l'accord de paix de Dayton a été signé, confirmant la continuité de la Bosnie-Herzégovine en tant qu'État unique composé de deux entités dotées d'institutions communes, garantissant l'indivisibilité de Sarajevo et prévoyant l'extradition des criminels de guerre. Une partie de la FORPRONU se retira, tandis que l’autre fut intégrée à l’IFOR sous commandement de l’OTAN.
En janvier 1996, le pont aérien de Sarajevo fut fermé après trois ans et demi, ayant effectué plus de 13 000 vols et acheminé 167 677 tonnes d’aide, avec la participation de vingt pays et le transport de centaines de journalistes.
Des milliers de Serbes de Bosnie quittèrent Sarajevo sous la pression de leurs dirigeants, démantelant des usines, incendiant des maisons à Grbavica et exhumant leurs morts pour les emporter avec eux[79],[80],[81].
Le début de 1996 vit la sécurisation progressive de la ville par la police fédérale et l’IFOR, permettant la réintégration pacifique des quartiers auparavant isolés et la reprise des services essentiels sous contrôle international. En mars, la capitale fut officiellement débloquée par la police fédérale et l’IFOR, sécurisant les routes principales et permettant le retour progressif des habitants dans les quartiers précédemment isolés.
Atrocités
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Durant l’ensemble du siège, la population civile de Sarajevo fut exposée à des atrocités systématiques. Les forces serbes de Bosnie menèrent des campagnes continues de tirs de snipers contre les passants, touchant indistinctement des enfants, des personnes âgées et des usagers des transports publics[82]. Les bombardements quotidiens visaient sans distinction les quartiers résidentiels, les marchés, les files d’attente pour l’eau ou la nourriture, ainsi que les convois humanitaires.Selon les estimations, Sarajevo fut la cible d’environ 64 490 obus durant le siège : entre 200 et 300 frappes lors d’une journée dite calme, jusqu’à 800 à 1 000 lors des périodes les plus intenses, avec un pic de 3 777 projectiles recensés le [8].
Plusieurs massacres figurent parmi les attaques les plus meurtrières documentées. Le , un obus explosa rue Vase Miskina, faisant au moins 16 morts parmi des civils attendant du pain[83]. Le , une attaque d’artillerie à Alipašino Polje tua 11 civils dans des circonstances similaires[84]. Le , un bombardement frappa un match de football improvisé, provoquant une douzaine de morts et plus d’une centaine de blessés[85]. D’autres attaques, notamment dans la rue Bakarevića (26 juin 1993) et dans le quartier d’Otoka (novembre 1993), causèrent la mort de plusieurs civils, dont des enfants[86],[87]. Les bombardements du marché de Markale, le puis le , constituent les attaques les plus graves commises contre des civils durant le siège, causant respectivement plus de soixante morts et plusieurs centaines de blessés, puis plus de trente morts et environ quatre-vingt-dix blessés, selon les conclusions des enquêtes internationales[88],[89].
Ces faits ont été qualifiés par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de violations graves du droit international humanitaire, constitutives de crimes de guerre, en raison du caractère délibéré ou indiscriminé des attaques contre la population civile.
À ces violences s’ajouta une politique de destruction intentionnelle du tissu urbain et du patrimoine culturel, qualifiée d’urbicide, visant notamment des bibliothèques, centres culturels, archives et autres symboles de la diversité historique de Sarajevo[90],[91],[92]. Pour ces crimes, plusieurs responsables militaires et politiques des forces serbes de Bosnie, dont Stanislav Galić et Dragomir Milošević, ainsi que Radovan Karadžić et Ratko Mladić, ont été condamnés par le TPIY.
Par ailleurs, des témoignages et enquêtes journalistiques publiés dans les années 2010 et 2020 ont évoqué l’existence présumée du « Safari de Sarajevo », selon lequel des étrangers fortunés auraient payé pour tirer au fusil de précision sur des civils durant le siège[93],[94]. Ces allégations ont été relayées par certains survivants et anciens combattants et ont fait l’objet d’investigations ainsi que d’enquêtes judiciaires dans plusieurs pays, notamment en Italie[95],[96].
Réactions des médias, des intellectuels et des organisations humanitaires internationales
[modifier | modifier le code]Le siège de Sarajevo suscita une forte mobilisation médiatique, intellectuelle et humanitaire à travers le monde. De nombreux journalistes, écrivains, cinéastes et reporters de guerre se rendirent dans la ville assiégée pour témoigner des violences infligées aux civils, contribuant à sensibiliser l’opinion publique internationale. Des personnalités culturelles et universitaires dénoncèrent la passivité de la communauté internationale face aux crimes commis, faisant de Sarajevo un symbole de l’échec moral de l’Europe de l’après-guerre froide.
En France, de nombreux intellectuels, artistes et étudiants se mobilisèrent contre le siège et pour la défense d’une Bosnie multiethnique. Des figures telles que Bernard-Henri Lévy[97], se rendirent dans la ville assiégée, tandis que le comité « Vukovar-Sarajevo », créé par Alain Finkielkraut, Pascal Bruckner et Véronique Nahoum-Grappe, rassembla écrivains et universitaires originaires de l’ex-Yougoslavie[98]. Des initiatives culturelles, notamment lors du Festival d’Avignon, rendirent hommage à Sarajevo et aboutirent à la création de l’association « Sarajevo Capitale culturelle de l’Europe »[99]. Les ONG jouèrent également un rôle majeur : la campagne d’affichage de Médecins du Monde en 1992-1993, dénonçant les discours de purification ethnique, marqua les esprits, tandis que Médecins sans frontières, Amnesty International ou Reporters sans frontières multiplièrent les actions de témoignage et d’alerte.
Parallèlement, les organisations humanitaires – notamment le CIRC et le HCR – signalèrent régulièrement la gravité de la situation : pénuries alimentaires, effondrement des infrastructures médicales, attaques contre les convois d’aide et impossibilité de garantir la sécurité des civils. Après le génocide de Srebrenica en juillet 1995, la mobilisation s’accentua encore, avec la « Déclaration d’Avignon » appelant à une intervention militaire française, ainsi qu’une grève de la faim menée par plusieurs artistes de premier plan[100].
Malgré ces efforts, l’acheminement de l’aide humanitaire resta largement entravé par les bombardements et les restrictions imposées par les forces assiégeantes. Cette couverture médiatique, associée aux rapports des ONG et aux prises de position d’intellectuels influents, contribua cependant à façonner l’opinion publique internationale et à accroître la pression diplomatique en faveur d’une intervention destinée à mettre fin au siège.
Conséquences
[modifier | modifier le code]Sarajevo a été fortement endommagée pendant ces quatre années. Le siège de Sarajevo est assurément la période la plus sombre de l’histoire de la ville. Avant la guerre, Sarajevo connaissait une phase de croissance et de développement : en 1984, les Jeux olympiques d'hiver lui avaient rendu une part du prestige qu’elle n’ avait plus connu depuis la fin du XVIIe siècle. La guerre interrompit brutalement cette dynamique, laissant derrière elle une ville ruinée. D’une population d'avant-guerre d’environ 500 000 habitants, Sarajevo est passée à 250 000 habitants. Sarajevo représentait un modèle de coexistence interethnique, mais le siège provoqua des bouleversements profonds. Outre les milliers de réfugiés ayant fui la ville, une partie importante des Serbes de Sarajevo s’exila vers l'entité serbe de Bosnie[101].
Le pourcentage de Serbes dans la population totale passa de plus de 30 % en 1991 à un peu plus de 10 % en 2002. Les quartiers de la municipalité de Novo Sarajevo rattachés après le conflit à la république serbe de Bosnie formèrent le Srpsko Sarajevo (Sarajevo serbe), où s’installèrent la plupart des Serbes d’avant-guerre[102].
Après le conflit, la Serbie lança un mandat d’arrêt contre Jovan Divjak, l’accusant de crimes de guerre liés à un épisode du début du siège de Sarajevo. Les autorités serbes, qui n’ont jamais entièrement renoncé aux courants nationalistes ayant alimenté la guerre[103],[104],[105], ont poursuivi plusieurs figures bosniennes afin d’entretenir l’idée que « tous sont coupables », diluant ainsi leur propre responsabilité historique[106]. Jovan Divjak, Serbe défenseur d’une Bosnie multietnique, dérangeait particulièrement ce récit. Arrêté en Autriche, il fut rapidement libéré : la justice autrichienne jugea la demande d’extradition irrecevable, faute d’un dossier à charge crédible[107].
Depuis les années sombres du début des années 1990, Sarajevo a accompli d’immenses progrès et se trouve sur la voie du rétablissement comme capitale européenne moderne. En 2004, la majorité des dommages causés aux bâtiments durant le siège avaient été réparés : les ruines et les impacts de balles devinrent rares. De nouveaux projets de construction firent de Sarajevo la ville connaissant la croissance la plus rapide de l’ex-Yougoslavie. La population métropolitaine était en 2002 d’environ 401 000 habitants, soit 20 000 de moins qu’en 1991.
Documentaire
[modifier | modifier le code]- 2023 : Se souvenir d'une ville de Jean-Gabriel Périot
Notes et références
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Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Inela Nogić (née en 1976), élue miss Sarajevo pendant le siège.
Bibliographie
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Romans
[modifier | modifier le code]- Steven Galloway, Le Violoncelliste de Sarajevo, Éditions Lattès, (ISBN 978-2709629997).
- Zlata Filipovic, Le journal de Zlata, 1993.
- Margaret Mazzantini, Venir au monde, 10-18, 2010.
- Edna O'Brien, Les Petites Chaises rouges (2015)
- Joe Kubert, Fax de Sarajevo, Vertige Graphic, 1994
Jeux vidéo
[modifier | modifier le code]- Le jeu This War of Mine développé par 11 bit studios s'inspire de ce siège en reproduisant une ambiance similaire dans la ville fictive de Pogoren. Il exprime les dures conditions de survie auxquelles ont dû faire face les civils.
Cinéma
[modifier | modifier le code]- Jean-Luc Godard, Je vous salue, Sarajevo, 1993 (court-métrage)
- Alain Ferrari, Thierry Ravalet, Un jour dans la mort de Sarajevo, 1993
- Bernard-Henri Lévy, Alain Ferrari, Bosna !, 1994
- Jasmila Žbanić, Sarajevo, mon amour, 2006 (drame)
- Šejla Kamerić, Anri Sala, 1395 Days Without Red, 2011
- Rémy Ourdan, Le Siège, 2016 (documentaire)
- Guillaume de Fontenay, Sympathie pour le diable, 2019
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) « Rapport très complet de l'ONU sur le siège de Sarajevo », sur ess.uwe.ac.uk.
- « Géographie de la ville en guerre : la ville de Sarajevo », sur geographie-ville-en-guerre.fr.gd.