Baptême catholique

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Baptême d'un bébé
Baptême en France en 1944

Le rite du baptême catholique est le premier des trois sacrements de l'initiation chrétienne, avec l'eucharistie (la communion) et la confirmation. Pour les personnes ayant l'âge de raison (enfants et adultes), il est précédé d'une période de préparation, appelée catéchuménat, au cours de laquelle le futur baptisé, le catéchumène, découvre la foi pour laquelle il demande le baptême. Pour les nouveau-nés, les parents suivent une préparation au baptême qui les aide à comprendre le sens de ce sacrement. Pour les adultes, le baptême proprement dit a souvent lieu au cours de la veillée de Pâques.

Baptême de Jésus[modifier | modifier le code]

Pour tout chrétien, la référence est le baptême de Jésus par Jean le Baptiste dans le Jourdain, décrit dans l'évangile selon Matthieu : Jésus arrivant de Galilée paraît sur les bords du Jourdain, et vient à Jean pour se faire baptiser par lui. Jean voulait l'en empêcher et disait : « C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi et c'est toi qui viens à moi! », mais Jésus lui répondit : « Pour le moment, laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir ce qui est juste ». Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l'eau ; voici que les cieux s'ouvrirent et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux une voix disait: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : en Lui j'ai mis tout mon amour. » ( Matthieu chap. 3 versets 13 à 17)

Forme du Baptême[modifier | modifier le code]

La célébration est semblable pour tous les baptêmes, bébés, enfants ou adultes. Les parents et les parrains des très jeunes enfants parlent en leur nom. L'Église catholique, les Églises d'Orient et les communautés ecclésiales issues de la Réforme reconnaissent mutuellement le même sacrement baptismal, à la suite des progrès dans le dialogue œcuménique, et ce en dépit des différences dans les rites.

La célébration commence par le tracé du signe de la croix sur le front du futur baptisé. Ensuite, le futur baptisé entre dans l'église, symbolisant que par son baptême, il va entrer dans la communauté chrétienne. Le rite du baptême proprement dit commence par une profession de foi des catéchumènes et leur renoncement à Satan et au mal. Il se poursuit par le rite de l'eau qui constitue le cœur du sacrement.

Par trois fois, le prêtre (ou le diacre) verse l'eau sur le front du catéchumène en prononçant les paroles : « N, je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen »[1]. Si le baptême se fait par immersion, le prêtre (ou le diacre) plonge le catéchumène trois fois dans l'eau. Ensuite, le célébrant appose le Saint-Chrême (une huile sainte) sur le front du baptisé. Cette huile, qui à l'origine servait à l'onction des rois, des prêtres ou des prophètes, rappelle que le baptisé a la triple vocation de « prêtre, prophète et roi ». L'eau et le Saint-Chrême signifient que le chrétien est baptisé « dans l'eau et dans l'Esprit ». Ensuite le baptisé revêt un vêtement blanc (souvent un bonnet, une brassière ou éventuellement une robe de baptême pour les bébés, une écharpe pour les jeunes et les adultes), signe de la pureté retrouvée. En effet, dans la foi catholique, le baptême efface tous les péchés. Le célébrant remet au baptisé ou à ses parents un cierge, allumé au cierge pascal, symbole de la lumière du Christ.

C'est une obligation canonique de désigner pour le baptisé un parrain ou une marraine, ou les deux, personnes elles-mêmes baptisées et confirmées. Historiquement, leur fonction était avant tout d'être des témoins de ce sacrement, au nom de la communauté chrétienne. La tradition a également véhiculé le rôle d’accueillir l’enfant en cas de décès des parents et de lui assurer une vie chrétienne. Aujourd’hui ce sont des personnes avec qui le baptisé aura une relation privilégiée au cours de son enfance et qui sont chargées d'aider le baptisé à grandir dans la foi chrétienne. À l’issue de la cérémonie, le parrain, la marraine et le baptisé (ou ses parents s’il est trop petit) signent le « registre des baptêmes » qui atteste le sacrement. Ce registre est tenu en double, un exemplaire reste à la paroisse, l’autre est conservé à l’évêché. Ces registres, tenus depuis le XVe siècle, sont des mines d’informations pour les généalogistes.

Autres formes de baptême catholique[modifier | modifier le code]

Ondoiement[modifier | modifier le code]

On appelle ondoiement un baptême réduit à l'effusion d'eau accompagnée de la formule baptismale, sans aucune des autres formes complémentaires. Il est souvent réservé aux cas d'urgence (danger de mort). Bien que canoniquement valide, il doit être ensuite complété par les autres cérémonies, si l'on dispose d'assez de temps. Traditionnellement, en France, à l'époque moderne, les enfants de la famille royale et les princes du sang étaient ondoyés à leur naissance puis baptisés une fois enfants.

Le baptême de sang[modifier | modifier le code]

L'Église catholique reconnaît également le baptême dans le martyre ou baptême de sang : une personne n'ayant pas reçu le baptême par l'eau mais morte à cause de ses convictions chrétiennes est pleinement baptisée.

Le baptême de désir[modifier | modifier le code]

L'extension de la notion de baptême de désir, puis de baptême de désir implicite implique un changement des mentalités avec l'idée d'un salut rendu accessible par le Christ à toute l'humanité à travers le temps et l'espace et pas seulement aux seuls baptisés, même si cette idée était présente dès le début de l'Église[2].

Le concept de « baptême de désir » permet à celui qui a manifesté le désir d'être baptisé mais en a été empêché par une mort imprévue d'être considéré comme baptisé dans l'au-delà. Certains auteurs pensent qu'il aurait été plus simple et plus exact de parler dans ce cas de désir de baptême mais cette formulation permet de maintenir dans le vocabulaire l'obligation absolue du baptême pour être sauvé[3].

Le baptême de désir implicite[modifier | modifier le code]

Le « baptême de désir implicite » s'appuie sur l'idée que si quelqu'un est droit, généreux, sincère, on peut présumer que s'il avait eu connaissance du Christ et de l'Évangile, il aurait sûrement accepté le baptême et que donc il pourrait être sauvé. L'obligation du baptême est ainsi maintenue, mais dans les faits c'est reconnaître que le salut n'est pas assuré par l'accomplissement d'un rite mais par l'attitude intérieure : le baptême de salut implicite permet à des millions voire des milliards d'hommes que certains croyaient damnés pour l’Éternité de se retrouver dans la même situation dans l'au-delà que les baptisés, baptisés sans le savoir[4]. Le concept de « baptême de désir implicite » permet de rattacher à l'Église souffrante ou triomphante après leur mort des gens qui ne se rattachaient pas à l'Église catholique de leur vivant et de maintenir la vérité de l'adage « hors de l'Église, point de salut ».

L'extension de la notion de baptême de désir, puis de baptême de désir implicite implique une rupture avec la théologie de saint Augustin avec l'idée d'un salut rendu accessible par le Christ à toute l'humanité à travers le temps et l'espace et pas seulement aux baptisés, même si cette idée était présente dès le début de l'Église, les théories de saint Augustin ne constituant pas un dogme de l'Église catholique et n'ayant jamais été admises dans les Églises orthodoxes[2].

Effets du baptême[modifier | modifier le code]

Les différents effets du baptême apparaissent dans le rite sacramentel, dans lequel la plongée dans l'eau fait appel au symbolisme de la mort et de la purification, de la régénération et du renouvellement. Les deux effets principaux sont donc la purification des péchés et la nouvelle naissance dans l'Esprit Saint (Ac 2, 38 ; Jn 3, 5)[5].

Pour la rémission des péchés[modifier | modifier le code]

Par le baptême, tous les péchés sont remis, le péché originel et tous les péchés personnels ainsi que toutes les peines du péché[6].

Dans le baptisé, certaines conséquences temporelles du péché demeurent cependant, telles les souffrances, la maladie, la mort, ou les fragilités inhérentes à la vie comme les faiblesses de caractère, ainsi qu’une inclination au péché que la Tradition appelle la concupiscence[7].

Une créature nouvelle[modifier | modifier le code]

Le baptême fait du néophyte « une création nouvelle » (2 Co 5, 17), un fils adoptif de Dieu (Ga 4, 5-7) qui est devenu « participant de la nature divine » (2 P 1, 4), membre du Christ (1 Co 6, 15 ; 12, 27) et cohéritier avec Lui (Rm 8, 17), temple de l’Esprit Saint (1 Co 6, 19)[8].

La Sainte Trinité donne au baptisé la grâce sanctifiante, la grâce de la justification[9].

Incorporés à l'Église, Corps du Christ[modifier | modifier le code]

Le baptême fait des baptisés des membres du Corps du Christ. « Aussi bien est-ce en un seul Esprit que nous tous avons été baptisés pour ne former qu’un seul corps » (1 Co 12, 13)[10].

Les baptisés sont devenus des « pierres vivantes » pour « l’édification d’un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint » (1 P 2, 5)[11].

Le baptisé est appelé à se soumettre aux autres (Ep 5, 21 ; 1 Co 16, 15-16), à les servir (Jn 13, 12-15) dans la communion de l’Église[12].

Les baptisés sont tenus de professer devant les hommes la foi que par l’Église ils ont reçue de Dieu et de participer à l’activité apostolique et missionnaire du Peuple de Dieu[13].

Le lien sacramentel de l'unité des chrétiens[modifier | modifier le code]

Le baptême constitue le fondement de la communion entre tous les chrétiens, aussi avec ceux qui ne sont pas encore en pleine communion avec l’Église catholique[14].

Le baptême au cours des âges[modifier | modifier le code]

Par son action de purification (rémission des péchés), les premiers chrétiens attendaient souvent la fin de leur vie pour se faire baptiser ; le cas le plus célèbre fut celui de l'empereur Constantin. Le catéchuménat se met en place à la fin du IVe siècle. Il n'y a pas de parrain : au cours de la cérémonie, un fidèle connu et respecté se porte garant du catéchumène ; on l'appelle le « sponsor », « celui qui pousse ».

Le baptême de Clovis, vers 496, est l'un des événements fondateurs de l'identité nationale française. Jusqu'à la cérémonie, Clovis est païen ; il croit aux multiples dieux germains de ses ancêtres. C'est sans doute à la suite d'un vœu fait lors d'une bataille contre les Alamans que le roi des Francs se convertit au catholicisme. Sa femme Clotilde, très croyante, la pression des évêques de Gaule et des motivations politiques ont pu également entrer en jeu. L'historien Grégoire de Tours nous raconte la cérémonie dans son Histoire des Francs, écrite au VIe siècle. Clovis fut baptisé par l'évêque de Reims, Rémi, avec plusieurs milliers de ses soldats, dans le baptistère de la cathédrale. Cet événement marque l'alliance du pouvoir royal et de l'Église. Le peuple franc se convertit mais les pratiques païennes subsistèrent encore longtemps.

Les rites du baptême se fixent progressivement aux temps mérovingiens. À l'époque de Clovis, il se pratiquait encore à l'âge adulte après la période de catéchuménat, souvent vers l'âge de trente ans, de préférence dans la nuit du samedi au dimanche de Pâques, lors de la vigile baptismale[15]. Seul l'évêque pouvait administrer ce sacrement. Le baptisé entrait dans une grande cuve baptismale ou une piscine située dans le baptistère et se plongeait trois fois dans l'eau. Cette triple immersion rappelle que le baptême est reçu « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (voir le dogme de la Trinité)[16]. Le baptisé est ensuite accueilli par ses parrains et marraines et reçoit l'onction du saint chrême sur la tête (parfois sur les yeux, les oreilles, le cœur, la bouche). Enfin, le néophyte revêtu en blanc et tenant un cierge allumé se rend en procession dans l'église où il peut désormais entièrement participer à la messe et notamment à l'eucharistie[17].

Avec la diffusion du christianisme, les églises se multiplient et chacune contient un baptistère (ou fonts baptismaux). Symboliquement, le baptistère est près d'une porte, car il faut être baptisé pour s'approcher du chœur de l'église. Avec la généralisation des fonts baptismaux, les prêtres vont alors donner le sacrement du baptême, souvent par aspersion (en) avec un goupillon ou par affusion (en) à l'aide d'une coupelle, d'une coquille de baptême souvent en argent ou d'une aiguière, usage attesté dès la Renaissance[18]. Pour les cas d'urgence, le baptême peut même être donné par une personne non baptisée, sans cérémonie particulière. En 314, le concile d'Arles, confirmé en 1439 par le concile de Florence, admit la validité du baptême administré par un païen : l'Église ne récuse pas le donateur, pas plus que le naufragé n'enquête sur son sauveteur.

Le christianisme bien implanté, le nombre d'enfants à baptiser dépasse progressivement le nombre d'adultes. Le souci de baptiser les enfants se fait donc de plus en plus aigu, car le baptême signifie le salut de l'âme, indispensable pour aller au paradis. À la fin du XIIe siècle, la mortalité infantile est effrayante, un tiers des enfants ne dépassant pas l'âge de 5 ans et au moins 10 % meurent dans le mois qui suit leur naissance[19]. Aussi la théologie évolue et autorise le baptême quam primum (dès que possible). Au XIIIe siècle, la pratique du baptême sur les nouveau-nés est généralisée. C'est alors le parrain qui prononce la profession de foi et renonce à Satan pour le bébé. Le sacrement de Confirmation viendra, comme son nom l'indique, confirmer le baptême quand l'enfant aura grandi. Des hérésies se sont attaqués au baptême et l'ont remis en question.

En France, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, en dehors des classes élevées de la société (famille royale, princes du sang et haute noblesse), le baptême des enfants avait généralement lieu dans les heures qui suivaient la naissance, plus rarement le lendemain ou le surlendemain, le père de l'enfant n'hésitant pas, quelles que soient les conditions climatiques et son emploi du temps, à parcourir plusieurs kilomètres pour faire baptiser l'enfant par le premier prêtre disponible (le plus souvent dans sa propre paroisse, sinon dans une paroisse voisine en cas d'absence du curé). Cette précipitation, dans un contexte de forte mortalité infantile, était destinée à permettre à l'enfant, s'il mourait, d'aller au ciel ; en effet, un enfant mort non baptisé était réputé aller dans les limbes, espace différent du paradis, où l'âme errait sans fin. De même, puisqu'il n'était pas baptisé, il ne pouvait recevoir de sépulture chrétienne.

Baptême et salut[modifier | modifier le code]

L'idée que le baptême d'eau n'est pas nécessaire au salut est liée à celle que le salut est possible pour les non-baptisés qui a été affirmée par l'Église catholique, notamment avec Lumen Gentium[Note 1] et Dominus Iesus[Note 2].

L'idée que le baptême était nécessaire au salut a été popularisée en Occident par saint Augustin, à la suite d'une controverse avec Pélage qui s'est conclue par le 16e concile de Carthage affirmant la doctrine du péché originel (418). La tradition théologique occidentale a donc été influencée par la pensée de saint Augustin, mais celui-ci, selon François Brune, a bâti sa théologie du péché originel sur une erreur de traduction d'un passage célèbre de l’Épître aux Romains 5, 12-15. Saint Augustin, travaillant sur un exemplaire de la Vulgate incorrect et parfois lacunaire[20]. Saint Augustin écrivit que « par Adam, dans lequel tous ont péché, le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort a passé en tous les hommes » alors qu'il fallait lire « par Adam, le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort a passé en tous les hommes, du fait que tous ont péché » et sur cette erreur il a développé une théologie d'un péché héréditaire ne permettant pas aux enfants non baptisés d'accéder au paradis[20]. Cette théologie ne relève pas du dogme de l'Église catholique, mais elle a influencé les théologiens occidentaux alors que les théologiens orthodoxes, s'appuyant sur les Pères grecs, n'ont jamais imposé l'idée d'un péché héréditaire vouant dès sa naissance un enfant à la damnation du fait qu'il aurait commis le péché en Adam. Ils reconnaissent que le péché d'Adam a eu des conséquences sur ces descendants et introduit la mort, mais ce péché ne se transmet pas héréditairement ; ils reconnaissent une faiblesse fondamentale que les hommes portent dès leur naissance, leur insuffisance pour échapper seuls au péché et accéder au salut, mais pour désigner cette faiblesse, ils n’emploient pas le mot péché[21].

De l'idée d'Augustin découlait que pour que les bébés accèdent au Paradis, ils devaient être baptisés, ce qui suscita de vives protestations. Ainsi, Julien, évêque d’Eclane, écrivit[22] : « C’est le même Dieu, dis-tu, qui nous accorde son amour et nous a aimés au point de ne pas épargner son propre fils mais l’a livré pour nous, (…) c’est le même qui est le bourreau des nouveau-nés. Il abandonne méchamment les petits enfants aux flammes éternelles, alors qu’ils n’ont pu vouloir ni bien, ni mal. Devant un enseignement aussi monstrueux, aussi blasphématoire, aussi destructeur, je devrais, si nous nous trouvions devant de justes juges te maudire en face. » À la fin de sa vie, saint Augustin, alerté sur les problèmes de traduction, ne corrigea pas sa théologie mais assura que l’enfer de ces nouveau-nés serait le plus léger de tous, ce qui conduisit à l'invention du concept de Limbes.

La Commission théologique internationale a publié un document sur l'espérance du salut pour les enfants qui meurent sans baptême[23].

Baptême sous conditions[modifier | modifier le code]

La règle de base est qu'un chrétien ne peut être baptisé deux fois. Dans tous les cas un prêtre baptise un enfant sous condition lorsqu'il s'agit d'un enfant trouvé ou abandonné car on ne sait pas s'il l'a déjà été. Donc, il est baptisé « sous la condition de ne pas déjà l'avoir été d'autre part ».

Jadis, dans bien des régions (de France, et encore plus certainement de la moitié Nord) un enfant ondoyé à la maison à cause du péril de mort était baptisé sous condition ; l'ondoiement n'est pas un baptême « réel », mais il fait qu'en cas de décès avant « régularisation par baptême » l'enfant peut être enterré en « terre chrétienne », et accéder au Salut éternel, les petits enfants comme toute l'humanité étant héritiers du péché originel, et donc, tout comme les adultes, soumis à la purification du baptême pour pouvoir accéder au Paradis. La question du Salut des petits enfants non baptisés a toujours posé problème. Depuis saint Augustin, il existe dans l'Église une tendance forte pour estimer que les enfants morts sans baptême ne peuvent accéder au paradis, n'ayant pas été lavés du péché originel, ni aller en enfer, n'ayant encore rien fait de mal. Pour résoudre cette question, ont été inventées les Limbes par les théologiens latins du Moyen Âge pour résoudre la question de la destinée des enfants morts sans baptême. À partir du XIIIe siècle, on commence à parler des limbes, un endroit indéterminé mais caché de la face de Dieu, où se retrouvent les enfants non baptisés. Ces limbes, qui n'ont cependant jamais été une vérité de foi donc un dogme et qui ne sont apparus dans le catéchisme qu'en 1904, pour disparaître dans celui de 1992, ont été remis en question en 2007 par le pape Benoît XVI qui a supprimé ce concept de la théologie catholique. En cela, Benoît XVI reprend le numéro 1261 du Catéchisme de l’Église Catholique de 1992 :

« Quant aux enfants morts sans baptême, l’Église ne peut que les confier à la miséricorde de Dieu, comme elle le fait dans le rite des funérailles pour eux. En effet, la grande miséricorde de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés et la tendresse de Jésus envers les enfants, qui lui a fait dire ‘Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas’ (Mc 10, 14), nous permettent d’espérer qu’il y ait un chemin de salut pour les enfants morts sans baptême ».

Cela n'empêche que pendant des siècles, de la fin du Moyen Âge à la première partie du XXe siècle, l'Église affirme que, puisque l'humanité entière est héritière du Péché Originel, il est extrêmement important de baptiser les enfants, pécheurs eux aussi dès leur naissance, le plus rapidement possible. Le destin post-mortem effrayant promis aux petits enfants non baptisés cause une véritable terreur aux parents. Ainsi, des stratégies de substitution se mettent en place, comme le baptême par un membre de l'assistance. Toute personne baptisée ou même non baptisée [24] (en général, la sage-femme ou la matrone) peut en baptiser une autre à condition de disposer d'un peu d'eau, de réciter la formule liturgique et d'avoir l'intention de « faire ce que fait l'Eglise ». Ce baptême en situation d'urgence doit être régularisé après coup par un ministre ordinaire (prêtre, diacre), qui accomplit dès lors un baptême sous condition. Dans certaines régions (France du nord et de l'Est, Italie du nord, Bavière, Galice en Espagne), on voit apparaître dès la fin du Moyen Âge des sanctuaires à répit où l'on amène les petits enfants morts dans l'espoir qu'un instant de renaissance permettra leur baptême. Bien souvent, on prend tous les mouvements organiques pour des signes de vie. Ces sanctuaires sont très fréquentés et permettent l'établissement d'une religiosité populaire que l'Église ne voit pas d'un bon œil et qu'elle finit par interdire (Benoît XV au milieu du XVIIIe siècle). Cependant, le recours au sanctuaire à répit continuera clandestinement jusqu'au milieu du XXe siècle.

Il existe d'autres cas : dans certaines familles aisées, les enfants étaient ondoyés peu de temps après leur naissance à la maison par un prêtre ou un religieux, mais il n'y avait pas de mention dans un registre de catholicité. Quelques années plus tard le baptême « officiel » avait lieu avec d'illustres parrain et marraine à l'Église. Et comme le premier acte n'avait pas de preuve écrite, le second avait lieu sous condition. Ces ondoiements, légalisés plus tard, parfois des années après, furent courants aussi dans les pays de mission. Ainsi en Nouvelle-France au XVIIIe ou au XIXe siècle au Canada, alors que des familles métisses ou de coureurs des bois, seules au milieu de la forêt, devaient attendre des années le passage d'un prêtre pour régulariser la situation. Enfin, on peut trouver, parfois, des baptêmes sous condition dans le cas d'une abjuration. Si l'on n'est pas certain que l'impétrant anciennement protestant demandant à intégrer l'Église catholique a été baptisé, on pratique au moment de l'abjuration le rite du baptême sous condition. Ces cas sont rares, mais existent. L'Église catholique reconnaît cependant la validité du baptême selon les rites protestants (calvinistes, luthériens) et n'exige jamais un « re-baptême » ou second baptême dans ces cas.

Validité du baptême[modifier | modifier le code]

Le baptême doit toutefois se conformer aux rites prescrits par le droit canon.

Ainsi, des prêtres de Brisbane (Australie) ont baptisé des nouveau-nés avec des formules « créatives », telles que I baptise you in the name of the Creator and of the Redeemer and of the Sanctifier et I baptise you in the in the name of the Creator and of the Liberator and of the Sustainer.[25] au lieu de la formule consacrée. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a reconnu nul ces baptêmes, conduisant ainsi les catholiques concernés à devoir recevoir à nouveau le sacrement[26].

La débaptisation[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Débaptisation et Apostasie.

Le baptême étant une renaissance dans le Christ, se faire débaptiser n'est pas possible. Toutefois, la démarche de débaptisation consiste, pour un chrétien apostat, à demander de rayer de son nom sur les registres paroissiaux afin de ne plus être compté comme membre de l'Église concernée, et de marquer en dessous "apostat". Cette démarche administrative concerne principalement des athées, agnostiques ou déistes et des personnes souhaitant quitter ou ayant quitté l'Église dans laquelle elles ont été baptisées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La constitution Lumen Gentium dit : « En effet, ceux qui, sans qu’il y ait de leur faute, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternel [33]. À ceux-là mêmes qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance expresse de Dieu, mais travaillent, non sans la grâce divine, à avoir une vie droite, la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires à leur salut. »
  2. À l’occasion de l’Angélus du dimanche 1er octobre 2000, commentant la Déclaration Dominus Iesus, le Pape Jean-Paul II a également affirmé : « Avec l'Apôtre Pierre, nous confessons qu'il n'y a pas d'autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4, 12) ». À cette occasion, Jean-Paul II expliqua que cela ne signifiait pas que le salut était impossible pour les non-chrétiens, mais que la source ultime du salut de tout homme, qu'il soit chrétien ou non étant dans le Christ, en qui Dieu et l'homme sont unis : Dieu donne la lumière à tous de façon adaptée à leur situation intérieure et à leur environnement, en leur accordant la grâce salvifique à travers des voies qu'il connaît (cf. Dominus Iesus, VI, 20-21).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le mot "Amen" fait partie de la formule liturgique du baptême, bien qu'elle ne soit pas requise pour la validité
  2. a et b Père François Brune, Mes entretiens avec les morts, 2012, éd. Le Temps présent, p. 107.
  3. Père François Brune, Christ et Karma, La réconciliation ?, éd. Le temps présent, 2012, p. 42.
  4. Père François Brune, Christ et Karma, La réconciliation ?, éd. Le temps présent, 2012, p. 42-43.
  5. Catéchisme de l'Église catholique, n° 1262-1274
  6. CEC, n° 1263
  7. CEC, n° 1264
  8. CEC, n° 1265
  9. CEC, n° 1266
  10. CEC, n° 1267
  11. CEC, n° 1268
  12. CEC, n° 1269
  13. CEC, n° 1270
  14. CEC, n° 1271
  15. E. Pin, Pratiques religieuses et classes sociales, Spes, 1956,¨p. 158
  16. À chaque immersion, l'évêque demande au baptisé : « Crois-tu en Dieu », « au Fils », « au Saint-Esprit », ce dernier répondant « Je crois ».
  17. Michel Rouche, Le baptême de Clovis, son écho à travers l'histoire, Presses Paris Sorbonne, , p. 230-231
  18. Les fonts baptismaux : définition et rite, document pdf du Ministère de la Culture
  19. Jens N. Faaborg, Les Enfants dans la littérature française du Moyen Âge, Museum Tusculanum Press, , p. 153
  20. a et b Père François Brune, Saint Paul, le témoignage mystique, éd. Oxus, 2003, p. 95.
  21. François Brune, Saint Paul, le témoignage mystique, éd. Oxus, 2003, p. 98.
  22. Operis imperfeci contra Julianum, 1, chap. 48 ; Patrologie latine de Migne : t. 45, col. 1070.
  23. Commission théologique internationale - L'espérance du salut pour les enfants qui meurent sans baptême
  24. Il n'est pas nécessaire d'être baptisé pour baptiser
  25. Catholic Archdiocese of Brisbane admits baptism blunder | The Courier-Mail
  26. http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20080201_validity-baptism_fr.html

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]