Alphonse de Châteaubriant

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Alphonse de Châteaubriant

Activités écrivain, journaliste
Naissance
Rennes
Décès (à 74 ans)
Kitzbühel
Langue d'écriture français
Genres roman, essai,
Distinctions Prix Goncourt (1911)

Œuvres principales

  • Monsieur de Lourdines (1911)
  • La Brière (1923)

Alphonse Van Bredenbeck de Châteaubriant est un écrivain français, né à Rennes le et décédé en exil à Kitzbühel (Autriche) le . Il fut un chantre de la collaboration durant l'occupation de la France par l'Allemagne nazie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille noble originaire des Pays-Bas établie dans la région d'Angers avec Gaspard van Bredenbeck, dont la veuve acquit en 1693 la terre de Chateaubrillant en Anjou[1], il était le cousin germain du peintre Ferdinand Loyen du Puigaudeau, père d'Odette du Puigaudeau. Après des études au Lycée Clemenceau de Nantes, il fait l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, mais ne s'engage pas dans une carrière militaire. Il a surtout vécu entre Piriac-sur-Mer où se trouve sa propriété, Nantes et le Poitou. Il épouse à Saint-Nazaire, par contrat du 18 mai 1903, Marguerite-Eugénie-Thérèse Bachelot-Villeneuve, dont il eut deux fils[1]. Plus tard, il rencontre la poétesse Gabrielle Lesfort. Elle avait eu de son premier mariage deux fils, dont l'historien André Castelot, qui devint le secrétaire particulier d'Alphonse de Châteaubriant[2].

Régionalisme[modifier | modifier le code]

C’est donc ce terroir régional du grand ouest qui constitue la matière de ses livres : Monsieur des Lourdines, Prix Goncourt 1911. Romain Rolland avec qui il s'est lié d'amitié, voit alors dans ce premier ouvrage « un livre à rendre en un mois son auteur célèbre dans le monde entier ». Vient ensuite La Brière, pour lequel il reçoit en 1923 le Grand prix du roman de l'Académie française et qui est l'un des plus forts tirages de l'entre-deux-guerres avec 600 000 exemplaires vendus. Le livre est traduit dès 1924 en allemand, puis en anglais et est exploité par 26 éditeurs différents. En 1927[3]. Il publie la La Meute.

Quand éclate la Première Guerre mondiale, Châteaubriant — qui sert dans les ambulances — écrit à sa femme et à son ami Romain Rolland des lettres qui montrent son bouleversement. Lorsque survient enfin la paix, l'écrivain est convaincu de la nécessité pour la France de se réconcilier avec l'Allemagne afin d'éviter une nouvelle guerre. Germanophile, catholique horrifié par le communisme athée, partisan de l'ordre, Alphonse de Châteaubriant est séduit par le national-socialisme d'Hitler, y voyant un retour à l'esprit de la chevalerie[4], auquel il mêle une mystique catholique, manifeste dans La Réponse du Seigneur.

En mai 1937, à l'issue d'un voyage en Allemagne, il publie La Gerbe des forces, où il n’hésite pas à se prononcer en faveur de l'idéologie hitlérienne, voyant une sorte de compatibilité entre le christianisme et le nazisme. À Berchtesgaden, le 13 août 1938, il rencontre Adolf Hitler, en qui il finit par voir un nouveau Messie[5].

Collaboration[modifier | modifier le code]

Il est de ceux qui se sont tout de suite rangés du côté de la collaboration. Sous l'Occupation, il préside le Groupe Collaboration et dirige, de juillet 1940 à mai 1941, La Gerbe, périodique qui se veut un « hebdomadaire politique et littéraire ». Le rédacteur en chef en est Marc Augier (connu après-guerre sous le pseudonyme de Saint-Loup). Le premier exemplaire paraît le 11 juillet 1940. On y trouve les signatures de Jean Giono, Paul Morand, Jean Cocteau, Marcel Aymé, Sacha Guitry, etc. L'hebdomadaire défend l’idée d’une Europe aryanisée, débarrassée du bolchévisme, proche des thèses du RNP de Marcel Déat, s'éloignant alors du pétainisme maréchaliste. Il soutient la Légion antibolchévique en participant à un meeting de Jacques Doriot.

En 1944, quand les troupes alliées approchent de Paris, Châteaubriant se réfugie en Allemagne où il se trouve déjà quand, le 17 août, paraît le dernier numéro de La Gerbe. Le Comité national des écrivains (CNE) inscrit alors son nom sur la liste des auteurs qu’il juge indésirables.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Après l’écrasement de l’Allemagne nazie, Alphonse de Châteaubriant se réfugie en Autriche, où il vit à Kitzbühel, se faisant appeler « Dr. Alfred Wolf ». C’est donc par contumace qu’il est frappé d'indignité nationale et condamné à mort le 25 octobre 1945 par la sixième section de la Cour de justice de la Seine ; le mandat d'arrêt lancé contre lui avec ordre de le conduire au fort de Charenton ne l’atteignit jamais dans le monastère du Tyrol où il s'était réfugié et où il mourut en 1951 après avoir publié une Lettre à la chrétienté mourante. Ses œuvres, à l'instar de celles d'Henri Béraud par exemple, semblent aujourd’hui tombées dans un relatif purgatoire en raison de l'implication de leurs auteurs dans la collaboration, même si sa cote reste très forte auprès des bibliophiles du fait de la qualité de ses textes et de celle des illustrateurs (Jean Frélaut, Mathurin Méheut, René-Yves Creston, Henry Cheffer, etc.) qui ont rehaussé ses livres, notamment La Brière.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Le Baron de Puydreau (nouvelle), 1908.
  • Monsieur de Buysse (nouvelle), 1909.
  • Monsieur des Lourdines – Histoire d'un gentilhomme campagnard (Prix Goncourt), Grasset, 1911. Réédition G. Crès & Cie, 1924, portrait de l'auteur gravé sur bois par Paul Baudier
    • Repris dans : Gens de Vendée, Omnibus, 1996 (comprend : Les Mouchoirs rouges de Cholet, par Michel Ragon - Les Louves de Machecoul, par Alexandre Dumas - Monsieur des Lourdines - La terre qui meurt, par René Bazin) (ISBN 2-258-04206-2).
  • La Brière (roman - Grand prix du roman de l'Académie française), Grasset, 1923 ; dernière réédition Grasset, 1985 (ISBN 2-246-11063-7).
  • La Meute, éd. du Sablier, 1927; réédition chez Grasset (coll. Pour mon plaisir) en 1935.
  • Locronan, Cahiers libres, 1928.
  • La Réponse du Seigneur, Grasset, 1933 ; dernière réédition Grasset, 1967 (ISBN 2-246-11082-3).
  • Au pays de Brière (photos de C. Le Boyer & A. Bernard) ; édition préparée par A. Castelot, éd. de Gigord, sans date (1935/).
  • La Gerbe des forces, Grasset, 1937 ; réédition aux éditions de l'Homme libre, 2005.
  • Le bouquet fané (illustrations de Bernard Roy), Tisné, 1937
    « Mais si le bouquet est fané, quelque chose dans ce bouquet fané ne veut pas mourir. La couleur plus forte que la mort, d'une certaine fleur de bruyère [...] Oui ! il reste la plupart du temps quelque chose de caché au fond des cassettes vides, et ce qui reste ainsi caché porte le dernier et le premier des beaux noms : l'honneur. L'honneur qui reste malgré tout, dans la gentry française, l'un des adversaires historiques les plus redoutables de cet ennemi de toute sagesse qui s'appelle : l'or. »
  • Les pas ont chanté, Grasset (coll. Le trentenaire), 1938.
  • Lettre à la chrétienté mourante, Grasset (coll. Les cahiers verts), 1951.
  • ...Des saisons et des jours... Journal de l'auteur, 1911-1924 (avec 7 dessins originaux de l'auteur) ; éd. du Sapin vert, 1953.
  • Fragments d'une confession – La sainteté, éd. de Paris, 2004 (ISBN 2-85162-134-3).

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • 1924 ca - Portait d'Alphonse de Chateaubriant, gravure sur bois par Paul Baudier (1881-1962)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Henri Frotier de la Messelière, Filiations bretonnes - tome 5, Saint-Brieuc imprimerie-librairie René Prud'homme, 1924.
    Pierre-Marie Dioudonnat - Le simili-nobiliaire français, Éditions Sedopol, Paris (ISBN 2-904177-19-1)
  2. Gilbert Joseph, Fernand de Brinon, l’aristocrate de la Collaboration, Albin Michel, Paris, 2002 (ISBN 2226116958 et 978-2226116956) p. 164.
  3. Claude Bily, « Alphonse de Châteaubriant  », La Nouvelle Revue d'Histoire, no 66, mai-juin 2013, p. 26-28
  4. Voir à ce sujet l'article de Jonathan de Chastenet, « Romanesque et chevaleresque mêlés : l'itinéraire aristocratique d'Alphonse de Châteaubriant » dans « Plus noble que le Roi » Représentations littéraires de la noblesse, Angers, Presses de l'Université d'Angers, 2011, p. 121-131.
  5. Paul Lévy écrit de lui : « Un homme comme A. de Châteaubriant, qui voulait passer pour un fin connaisseur des choses d’Allemagne, a réussi à faire de sa Gerbe un véritable florilège de fausses traductions et de coquilles de toute espèce (par exemple dans La Gerbe des forces, p. 57, 80, 99, 211 s., 227 s.) », in La langue allemande en France, tome II, p. 229-230.