Ludovic Trarieux

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Ludovic Trarieux
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Gravure représentant Ludovic Trarieux (1899)

Naissance
Aubeterre-sur-Dronne
Décès
Paris
Nationalité Français
Pays de résidence France
Profession
Avocat
Activité principale
Fondateur et premier président de la Ligue des droits de l'homme (1898-1903)
Autres activités
Député (1879-1881)
Sénateur (1888-1903)
Formation
Droit

Jacques Ludovic Trarieux, né à Aubeterre-sur-Dronne le , mort à Paris le , avocat et homme politique français, a été le fondateur de la Ligue des droits de l'homme (1898) et son premier président (1898-1903). Il est l'instigateur de la révision du procès du capitaine Alfred Dreyfus.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un républicain libéral[modifier | modifier le code]

Ludovic Trarieux est né en Charente, dans une famille aisée. Il fait des études de droit et devient avocat[1]. Il est député de la Gironde à la Chambre des députés (1879-1881) puis sénateur (1888-1903). Il est républicain libéral, hostile notamment à la création des écoles publiques et très critique contre la loi Waldeck-Rousseau de 1884 sur les syndicats. Il est notamment rapporteur devant le Sénat des « lois scélérates » de 1894, qui limitent la liberté de la presse.

Il devient garde des Sceaux dans le cabinet d'Alexandre Ribot durant la majeure partie de l'année 1895, s'opposant notamment à Jean Jaurès pendant les grèves de Carmaux de 1892-1895.

C'est donc un homme de droite modérée qui fonde la Ligue des droits de l'homme, celle-ci se préoccupant exclusivement alors du droit de la personne, dans la perspective de la bourgeoisie libérale de l'époque qui était hostile aux abus de droits sociaux. Trarieux est également franc-maçon[2].

L'Affaire Dreyfus et la création de la Ligue des droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Artisan actif de la révision du procès Dreyfus, Ludovic Trarieux doute dès 1895 de la culpabilité du capitaine Alfred Dreyfus[3] dont le cas déchire la IIIe République. Il doute notamment de la régularité du procès au Conseil de guerre, qui s'est déroulé en décembre 1894. Ses doutes sont réalimentés par Auguste Scheurer-Kestner ; le , il est le seul à le soutenir quand il interpelle Jules Méline. Les 9 et , il dépose longuement et fermement en faveur d’Émile Zola, poursuivi en diffamation, à la suite de la publication de « J'accuse» le 13 janvier de la même année.

Ludovic Trarieux, monument commémoratif de Jean Boucher (1907).

Créée la même année, la Ligue des droits de l'homme, dont il devient le premier président[3] regroupe des hommes politiques, des savants et de nombreux intellectuels républicains, parmi lesquels Victor Basch, Ferdinand Buisson, Lucien Herr ou encore Francis de Pressensé, favorables à la révision du procès du capitaine Dreyfus.

Gravement malade, il quitte la présidence de la Ligue en le 19 octobre 1903, peu avant sa mort en 1904.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Ludovic Trarieux est le père du romancier et dramaturge Gabriel Trarieux.

Hommage[modifier | modifier le code]

Le prix Ludovic Trarieux récompense chaque année depuis 1984, un avocat qui s'est illustré dans les combats en faveur des droits de l'homme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie de Ludovic Trarieux sur le site officiel du Sénat
  2. Jean-François Sirinelli, Vie politique française du XXe siècle, Presses universitaires de France,‎ , 1067 p. (ISBN 9782130467847), p.399
  3. a et b http://www.ludovictrarieux.org/fr-page3.1.htm

Bibliographie[modifier | modifier le code]