Jean-Louis Bianco

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Jean-Louis Bianco
Image illustrative de l'article Jean-Louis Bianco
Fonctions
Président de l'Observatoire de la laïcité
En fonction depuis le
Prédécesseur Fonction créée
Président du conseil général Alpes-de-Haute-Provence
Prédécesseur Pierre Rinaldi
Successeur Gilbert Sauvan
Député de la 1re circonscription des Alpes-de-Haute-Provence
Prédécesseur Francis Galizi
Successeur Gilbert Sauvan
Conseiller général du Canton de Digne-les-Bains-Ouest
Prédécesseur Fernand Tardy
Successeur Françoise Bérenguier-Boyer
Maire de Digne-les-Bains
Prédécesseur Pierre Rinaldi
Successeur Serge Gloaguen
Ministre de l'Équipement, du Transport et du Logement
Président François Mitterrand
Gouvernement Pierre Bérégovoy
Prédécesseur Paul Quilès
Successeur Bernard Bosson
(Équipement et transport)
Hervé de Charette
(Logement)
Ministre des Affaires sociales et de l'Intégration
Président François Mitterrand
Gouvernement Édith Cresson
Prédécesseur Claude Évin
Successeur René Teulade
17e secrétaire général de la présidence de la République française
Président François Mitterrand
Prédécesseur Pierre Bérégovoy
Successeur Hubert Védrine
Biographie
Nom de naissance Jean Louis Bianco
Date de naissance (73 ans)
Lieu de naissance Neuilly-sur-Seine, Seine (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique PS
Diplômé de École nationale supérieure des mines de Paris
IEP de Paris
ENA

Jean-Louis Bianco est un homme politique français, né le à Neuilly-sur-Seine (Seine).

Ancien secrétaire général de l'Élysée (le plus jeune à ce poste et durant la plus longue période sous la Ve République : neuf ans, sous la présidence de François Mitterrand), deux fois ministre (des Affaires Sociales et de l'Intégration ; puis de l'Équipement, du Logement et des Transports), ancien député, ancien président du Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, ancien maire de Digne-les-Bains, ancien conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Au sein de la direction du Parti socialiste, il est le principal soutien de Ségolène Royal et défend sa candidature à la primaire citoyenne de 2011 organisée par le PS et le PRG, après avoir été son codirecteur de campagne lors de l'élection présidentielle de 2007. À la suite de la défaite de Ségolène Royal au premier tour de la primaire, il s'engage en faveur de François Hollande. Il est ancien conseiller du Premier secrétaire du Parti socialiste pour les questions européennes et toujours membre du bureau national. En , il annonce l'abandon de ses mandats électifs.

Personnage controversé depuis les critiques directes de Manuel Valls à l'encontre de ses prises de positions au sein de l'Observatoire de la laïcité qu'il préside depuis 2013, il y maintient une ligne proche du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), de l'association Coexister, et de Nabil Ennasri, proche des Frères musulmans, avec qui il cosigne une tribune dans la presse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Ancien élève du lycée Janson-de-Sailly, dans le XVIe arrondissement de Paris, Jean-Louis Bianco est ancien élève de l’institut d’études politiques de Paris, licencié en sciences économiques, ingénieur civil des mines et énarque (promotion Thomas More).

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Il entre au Conseil d'État en 1971 en tant qu'auditeur. En 1978, il devient maître des requêtes. Il deviendra conseiller d'État en 1994.

De 1979 à 1981, il est chargé de mission au syndicat intercommunal de développement des vallées de la Durance et de la Bléone. Le 13 septembre 2012, il annonce qu'il renonce à mon mandat de conseiller général et à ma fonction de président du conseil à compter du 1er octobre 2012[1].

En octobre 2012, il est missionné par le Premier ministre et le ministre délégué aux Transports, à la Mer et à la Pêche, Frédéric Cuvillier, sur le rapprochement entre la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), puis, en novembre 2012, est nommé par le président du Sénat, Jean-Pierre Bel, au conseil supérieur de la Cour des comptes.

Secrétariat général de la présidence de la République[modifier | modifier le code]

En , il est appelé pour travailler auprès du président de la République François Mitterrand.

À partir de 1982, il devient secrétaire général de la présidence de la République de François Mitterrand jusqu'en 1991. Il est le plus jeune à ce poste et y détient le « record de longévité » (9 ans, sans compter sa première année auprès du Président en tant que chargé de mission) sous la Cinquième République.

Présidence de l'Office national des forêts (ONF)[modifier | modifier le code]

De 1983 à 1991, Jean-Louis Bianco préside l'Office national des forêts (ONF). À cette occasion, il écrit un rapport au Premier ministre, reconnu par la filière[réf. nécessaire], intitulé La Forêt : une chance pour la France[2].

Mandats électifs et ministères[modifier | modifier le code]

En 1991, Jean-Louis Bianco se voit confier le ministère des Affaires sociales et de l'Intégration dans le gouvernement d'Édith Cresson. À cette occasion, il permet la régularisation des sans-papiers. En , 10 000 des 50 000 étrangers déboutés de droit d'asile qui l'avaient demandé ont vu leur situation régularisée, conformément à la procédure mise en place par une circulaire de juillet 1991.

En 1992, il est élu conseiller régional de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

En 1992, il intègre le gouvernement de Pierre Bérégovoy en qualité de ministre de l'Équipement, du Logement et des Transports. À ce titre, il est l’auteur d’une circulaire (la « circulaire Bianco » du ) qui préfigure la création de la Commission nationale du débat public. Par ailleurs, il permet la mise en œuvre du permis à points qui entre en vigueur le 1er juillet 1992.

En 1994, il est élu conseiller général des Alpes-de-Haute-Provence.

En 1995, il devient maire de Digne-les-Bains.

Il est élu député depuis le dans la 1re circonscription des Alpes-de-Haute-Provence. Il est réélu le , pour la XIIe législature 2002-2007, en obtenant 50,79 % des voix face au candidat UMP. Le , il est réélu député pour la XIIIe législature en obtenant au second tour 52,32 % des suffrages face à Éliane Barreille (UMP).

Il siège dans le groupe Socialiste, radical et citoyen, est membre de la commission des Affaires étrangères et président de la mission parlementaire sur l'Iran.

Il est également le président du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence depuis 1998 (réélu en 2001, 2004 et 2008) et a renforcé sa majorité à chaque réélection. Depuis 2010, le budget départemental est adopté à l'unanimité. Le 13 septembre 2012, à Digne-les-Bains, il annonce renoncer à son mandat de conseiller général et à sa fonction de président du conseil général, et ce à compter du 1er octobre 2012. Il souhaite se consacrer à sa famille. En novembre 2012, Jean-Pierre Bel a nommé Jean-Louis Bianco comme « personnalité qualifiée » au Conseil supérieur de la Cour des Comptes.

De 1999 à 2001, il préside l'Institut François-Mitterrand.

Orientations politiques au sein du PS[modifier | modifier le code]

En 2005, il est le cofondateur avec Gaëtan Gorce du groupe «Nouvelle voix» au sein du Parti socialiste, sensibilité de la motion majoritaire du Congrès de la même année.

En décembre 2006, « Nouvelle voix » s'est transformé en club de réflexion et en lieu de débat, fusionnant avec le club « Témoins », présidé par Jean-Pierre Mignard. Ils signeront la même contribution (« Combattre et proposer », de Ségolène Royal) et la même motion (« Fier(e)s d'être socialistes, l'espoir à gauche ») à l'occasion du congrès de Reims.

À la suite du congrès de Reims de 2008, il est un des chefs de file de la sensibilité issue de la motion E « l'espoir à gauche » (dont les principaux acteurs sont Ségolène Royal, Vincent Peillon, François Rebsamen et Patrick Mennucci).

En 2009, il devient membre du Secrétariat national du PS (en tant que coprésident du Forum des Territoires, avec Marylise Lebranchu) et du Conseil national du PS.

Le mercredi , il est également devenu le responsable et principal rédacteur du projet des socialistes pour les élections régionales de 2010.

En août 2009, il préside une réunion du courant « motion E, l'espoir à gauche » à Marseille (ouverte par Michel Vauzelle) en présence de plusieurs sensibilités de toute la gauche (socialistes, radicaux, communistes, écologistes avec notamment Daniel Cohn-Bendit, altermondialistes, syndicalistes) et également d'élus du MoDem dont Marielle de Sarnez et Jean-Luc Bennahmias.

Le 12 décembre 2009, Jean-Louis Bianco présente à la convention nationale du Parti socialiste le "contrat socialiste de nos régions" (c'est-à-dire le programme du PS pour les élections régionales de mars 2010), dont il a coordonné les travaux. Ce programme est particulièrement bien reçu par les présidents de régions sortants et par les militants et contribuera au succès du PS aux élections régionales.

Fin décembre 2009, à la suite de la rupture politique entre Ségolène Royal et Vincent Peillon au sein de « l'espoir à gauche » et de la création par ce dernier du « rassemblement social, écologique et démocrate » dont Jean-Louis Bianco s'éloigne car trop peu conforme à « l'alliance arc-en-ciel » (de la gauche de la gauche au centre-gauche) qu'il défend, il appelle avec Najat Vallaud-Belkacem et Gaëtan Gorce (et avec le soutien de Ségolène Royal) à « transcender les courants » et à « dépasser les clivages corporatistes à l'intérieur du PS[3] ».

En 2010, il est membre des commissions de travail sur les différentes conventions nationales du PS : "nouveau modèle économique, social et écologique", "rénovation", "international". Il y défend la vision de sa sensibilité politique.

Fin août 2010, il publie un livre d'entretiens Si j'étais président… Que faire en 2012 ? dans lequel il livre sa vision de l'état actuel de la France, revient sur son parcours politique et livre ses projets quant aux attentes des Français pour 2012. Sans toutefois se déclarer candidat aux primaires du Parti socialiste. Néanmoins, il déclare en septembre 2010 sa possible candidature si Ségolène Royal ne s'y présente pas ou si certaines idées ne sont pas portées.

En 2015, il publie un livre sur ses années aux côtés du président de la République François Mitterrand, intitulé Mes années avec Mitterrand.

Primaires socialistes de 2006 et 2011, élections présidentielles de 2007 et 2012[modifier | modifier le code]

En , Jean-Louis Bianco soutient Ségolène Royal pour l'investiture socialiste de novembre à l'élection présidentielle de 2007 et est ensuite son porte-parole.

Pendant l'élection présidentielle de 2007, au sein de l'équipe de la candidate, il est codirecteur de campagne avec François Rebsamen jusqu'au , jour du second tour de l'élection présidentielle.

Aux primaires socialistes de 2011, Jean-Louis Bianco soutient à nouveau la candidature de Ségolène Royal pour l'élection de cette première primaire « citoyenne » organisée par le PS et le PRG les 9 et 16 octobre. Il devient membre de l'équipe de campagne et est chargé des sujets régaliens (« sherpa », institutions, Europe, relations internationales).

À la suite de la défaite de Ségolène Royal au premier tour de la primaire citoyenne (6,9 % des voix), comme elle, il s'engage en faveur de François Hollande, qui l'emporte au second tour avec 56,57 % des suffrages et devient ainsi le candidat officiel du PS et du PRG à l'élection présidentielle de 2012.

Après l'élection présidentielle de 2012[modifier | modifier le code]

Il annonce le qu'il ne se représentera pas aux élections législatives[4].

En octobre 2012, le Premier ministre et le ministre délégué aux Transports, à la Mer et à la Pêche, Frédéric Cuvillier, lui confient la mission gouvernementale sur la réforme du secteur ferroviaire, actuellement en cours de préparation et qui doit aboutir à un rapprochement entre la SNCF et Réseau ferré de France (RFF). Le 15 novembre 2012, le président du Sénat, Jean-Pierre Bel, le nomme au Conseil supérieur de la Cour des comptes.

Le 4 avril 2014, Jean-Louis Bianco est nommé conseiller spécial auprès de Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Energie[5]. Le 8 novembre 2014, il est également nommé représentant spécial pour les relations avec l'Algérie de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères[6]. Il exerce ces fonctions à titre bénévole[7].

Critiques et controverses[modifier | modifier le code]

Par décret en date du 5 avril 2013, il est nommé président de l'Observatoire de la laïcité. Il déclare la même année que la France « n'a pas de problème avec sa laïcité », expliquant que ce principe « est profondément partagé par les Français », même s'« il y a des atteintes » et des problèmes mais qui relèvent souvent d'autres champs, comme ceux de « l'ordre public, de l'intégration, de l'absence de mixité scolaire ou sociale »[8]. Il est toutefois critiqué en interne début 2015 par trois membres de l'Observatoire (sur vingt-trois) lui reprochant d'imposer sans débat une ligne « trop angélique »[9],[10],[11].

En janvier 2016, Manuel Valls critique la tribune que Jean-Louis Bianco, avait signée le 15 novembre 2015 avec notamment Samy Debah et Yasser Louati, directeur et porte-parole du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), l'association interconvictionnelle Coexister, et Nabil Ennasri, proche des Frères musulmans. Il affirme que « l'Observatoire de la laïcité ne peut pas être quelque chose qui dénature la réalité de cette laïcité. »[12].

Ses prises de positions sulfureuses lui valent par ailleurs les mises en garde et remontrances de Françoise Laborde, sénatrice radicale de gauche, Jean Glavany, député socialiste et Patrick Kessel, président du Comité Laïcité République et ancien grand maître du Grand Orient de France[13]. Tous les trois avaient déjà contesté les positions de Jean-Louis Bianco en janvier, lors de la polémique sur les déclarations d'Elisabeth Badinter à propos de l'islamophobie. Rappelant le contexte des attentats, ils affirment que « l'obsession de la garantie de la liberté ne doit pas entraîner la faiblesse dans la lutte contre les intégrismes »[14].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Député 
Conseiller régional 
Conseiller général 
Conseiller municipal, adjoint au maire, maire 

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Fonctions à la présidence de la République[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://dici.fm/actu/2012/09/13/alpes-de-haute-provence-bianco-quitte-le-conseil-general
  2. Rapport La Forêt : une chance pour la France
  3. Message de Jean-Louis Bianco, Gaëtan Gorce et Najat Vallaud-Belkacem
  4. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/01/12/97001-20120112FILWWW00601-l-elu-ps-bianco-renonce-aux-legislatives.php
  5. http://www.developpement-durable.gouv.fr/Nominations-au-cabinet-de-Segolene.html
  6. (fr) « Algérie - Déclaration de Laurent Fabius - Nomination de Jean-Louis Bianco (08.11.14) », sur France Diplomatie : : Ministère des Affaires étrangères et du Développement international, http://google.com/+francediplomatie (consulté le 30 octobre 2015)
  7. Ivan Valerio, « Économies : un député PS propose qu'aucun fonctionnaire ne gagne plus que le chef de l'État », lefigaro.fr, 17 avril 2014.
  8. « Intervention de Jean-Louis Bianco le 23 janvier 2014 », sur www.laicite.gouv.fr,‎
  9. « Flop - Jean-Louis Bianco », Le Figaro Magazine, semaine du 23 janvier 2015, page 27.
  10. Bernard Gorge, « Les tensions montent au sein de l’Observatoire de la Laïcité », la-croix.com, 19 janvier 2015.
  11. « Après les attentats : la laïcité, jusqu'où ? », lepoint.fr, 19 janvier 2015.
  12. Manuel Valls désavoue Jean-Louis Bianco et l'Observatoire de la laïcité, lefigaro.fr, 19 janvier 2016
  13. Loi Travail: nouvelles querelles autour de la laïcité, l'express.fr, le 20 juillet 2016
  14. Mise en cause de Bianco dans le cadre des débats sur la loi Travail de 2016, marianne.net, 20 juillet 2016

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Bianco à la foire du livre 2010 de Brive la Gaillarde.
  • La Forêt, une chance pour la France (1998)
  • Trans-Europe-Express (Plon 1992)
  • Collaboration à Les Groupes d’Action Municipale (Robert de Caumont et Marc Tessier, Éditions universitaires, 1971)
  • Livre d'entretien Si j'étais président… (Albin Michel, 2010)
  • Essai à la Fondation Jean-Jaurès 2012. La démocratie jusqu'au bout (Fondation Jean-Jaurès, octobre 2010)
  • Essai à la Fondation Jean-Jaurès, avec Charles Fiterman, Philippe-Michel Thibault et Michel Yahiel Entreprise et démocratie : pour une nouvelle approche (Fondation Jean-Jaurès, octobre 2010)
  • Mes années avec Mitterrand, Fayard, 2015.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Chronologies[modifier | modifier le code]