José María Aznar

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José María Aznar
José María Aznar en 2002.
José María Aznar en 2002.
Fonctions
Président d'honneur du Parti populaire

(12 ans, 2 mois et 17 jours)
Président Mariano Rajoy
Président du gouvernement d'Espagne

(7 ans, 11 mois et 12 jours)
Monarque Juan Carlos Ier
Gouvernement Aznar I et II
Législature VIe et VIIe
Coalition PP
Prédécesseur Felipe González
Successeur José Luis Rodríguez Zapatero
Porte-parole du groupe PP
au Congrès des députés

(2 ans, 5 mois et 18 jours)
Législature Ve
Prédécesseur Rodrigo Rato
Successeur Luis de Grandes

(3 ans, 4 mois et 14 jours)
Législature IVe
Prédécesseur Luis Ramallo García
Successeur Rodrigo Rato
Président du Parti populaire

(14 ans, 6 mois et 1 jour)
Prédécesseur Manuel Fraga
Successeur Mariano Rajoy
Vice-président du Parti populaire

(1 an, 2 mois et 10 jours)
Président Manuel Fraga
Président de la Junte de Castille-et-León

(2 ans, 1 mois et 21 jours)
Législature IIe
Coalition APCyL
Prédécesseur José Constantino Nalda
Successeur Jesús Posada
Biographie
Nom de naissance José María Alfredo
Aznar López
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Madrid (Espagne)
Parti politique Parti populaire
Conjoint Ana Botella
Diplômé de Université complutense
de Madrid
Profession Inspecteur des finances
Religion Catholique

Signature de José María Aznar

José María Aznar
Présidents du gouvernement d'Espagne
Présidents de la Junte de Castille-et-León

José María Alfredo Aznar López, né le à Madrid, est un homme politique espagnol, ancien président du Parti populaire et président du gouvernement durant deux mandats, du au .

Biographie[modifier | modifier le code]

José María Aznar est né à Madrid le . Il est fils de Manuel Aznar Acedo, directeur de la Radio Nationale d'Espagne sous le régime franquiste, et petit-fils de Manuel Aznar Zubigaray, diplomate et journaliste proche du dictateur espagnol Franco, qui fut président de l'Agence EFE.

Il fit ses études secondaires au colegio del Pilar de Madrid. Il fut membre dans sa jeunesse du Frente de Estudiantes Sindicalistas (FES), une association d'étudiants dépendant de la phalange espagnole[1]. En 1975, il finit ses études de droit à l'Université Complutense de Madrid. En 1976, il entre à l'inspection des Finances. Enfin, en 1977, il se marie à Ana Botella.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 1979, il rejoint l'Alliance populaire, le parti conservateur post-franquiste de Manuel Fraga. Il est élu député de La Rioja puis devient président de la Junte de Castille-et-León après l'élection de 1987. Aznar et d'autres responsables du parti seront ultérieurement mis en cause dans une présumée affaire de corruption, accusés d'avoir perçu des financements d'entreprises privées durant la campagne électorale en échange de faveurs accordées une fois élus[2].

Devenu, le , vice-président du Parti populaire (PP), qui succède à l'AP, il démissionne de la présidence de Castille-et-León le 18 septembre suivant, afin d'être chef de file aux élections générales du 29 octobre, remportées par les socialistes.

Le , il est élu président du PP. En 1993, il échoue de justesse aux élections législatives contre le Parti socialiste de Felipe González. Il s'attache à débarrasser le PP de ses réminiscences franquistes pour en faire un parti moderne et libéral[3].

Le , il survit à un attentat à la bombe du groupe indépendantiste basque Euskadi ta Askatasuna (ETA).

Président du gouvernement espagnol[modifier | modifier le code]

González convoque des élections anticipées le que le Parti populaire d'Aznar remporte d'une courte majorité (37,6 % des voix, 156 sièges sur 350). Pour gouverner, il doit faire appel à l'appoint de partis régionalistes basques, catalans et canariens. Il est élu président du gouvernement par les Cortes le (181 voix sur 350) et prête serment devant le roi Juan Carlos le lendemain. En 2000, il est réélu et obtient la majorité absolue aux Cortes.

Aznar et George Bush en 2003

Sur le plan économique, le gouvernement conservateur d'Aznar poursuit et accentue le programme de privatisation déjà engagé par l'administration de Felipe González, dans l'objectif de satisfaire les conditions posées par le traité de Maastricht sur l'adhésion à l'Euro[4]. Les dépenses publiques, notamment dans les domaines de la recherche et du social, sont réduites et une réforme du marché du travail est conçue.

La croissance économique moyenne de l'Espagne est durant cette période supérieure à celle des autres grands pays européens et les chiffres officiels du chômage, qui avait dépassé 20 % de la population active sous le gouvernement précédent, diminuent jusqu'aux alentours de 11 %. Cette réduction du chômage s’accompagne toutefois par le développement du travail précaire et la pression fiscale exercée sur les classes populaires s'accroit, indiquent les syndicats[5]. Par ailleurs, la réforme du travail promue par le gouvernement, comprenant une réduction des allocations-chômage et une plus grande flexibilité accordée aux entreprises en matière d'emploi, rencontre une vive opposition de la gauche et des syndicats, débouchant sur une importante grève générale en juin 2002[6].

Sur le front de la lutte antiterroriste, un pacte national (« Pacte pour les libertés et contre le terrorisme ») est signé entre le PP et le PSOE à l'initiative du secrétaire général de ce dernier, José Luis Rodriguez Zapatero (ce pacte excluait les questions de terrorisme des querelles électorales)[7], construisant un large front contre l'ETA, appuyé avec peu de nuances par la quasi-totalité de la presse nationale. Fort de cette unanimité apparente, dans laquelle certains[Qui ?] voient un déficit de la liberté d'expression et de la liberté de presse, le gouvernement promulgue le une loi sur les partis politiques, la Ley de partidos[8] qui, en mettant au ban, les partis ne condamnant pas explicitement le terrorisme, pose les bases de l'interdiction de Batasuna, parti de gauche indépendantiste supposé sympathisant d'ETA. Le quotidien Egin, également accusé de proximité avec l'organisation, est censuré.

Sur le plan international, il accentue le rapprochement avec les États-Unis dans une optique atlantiste et entretient d'excellentes relations - y compris personnelles[réf. souhaitée] - avec George W. Bush qu'il soutient contre son opinion publique lors de la guerre d'Irak en mars 2003. Son engagement dans la guerre en Irak est rejeté par une écrasante majorité d'Espagnols, des manifestations d'une ampleur jamais vue en Espagne, rassemblent plusieurs millions de personnes[9].

Le président vénézuélien Hugo Chávez l'accuse d'avoir soutenu la tentative de coup d'État menée contre lui en 2002[10] ; ce qui est certain c'est qu'Aznar n'a pas apporté son soutien explicite à Chávez[11] après les faits et que son gouvernement ne les a jamais condamnés[12]. Les relations de l'Espagne avec le Maroc se dégradent tout au long de son mandat (crise de l'îlot Persil en juillet 2002).

En 2002, le gouvernement fait l'objet de critiques pour son peu de réactivité devant le naufrage du pétrolier Prestige, considéré comme la pire catastrophe écologique vécue par l'Espagne[13].

Ayant annoncé qu'il n'effectuerait pas plus de deux mandats, il choisit Mariano Rajoy comme candidat à sa succession aux élections du . En dépit de sa décision de soutenir l'invasion de l'Irak, contre l'opinion de plus de 80 % des Espagnols, Mariano Rajoy est donné vainqueur avec une courte avance par la quasi-totalité des sondages et des médias jusqu'au , jour des attentats de Madrid. La désignation hâtive et péremptoire d'ETA comme responsable des attentats (différentes déclarations du ministre de l'Intérieur, Ángel Acebes, attribuaient jusqu'au samedi 13 mars au début de l'après-midi les attentats à ETA) est perçue par l'opinion espagnole comme une tentative de manipulation. De plus, on saura par la suite qu'Aznar avait téléphoné personnellement aux directeurs des principaux journaux espagnols pour s'assurer qu'ils accuseraient bien ETA sur leurs premières pages[14]. En trois jours, la tendance des sondages s'inverse et le PSOE de José Luis Rodríguez Zapatero remporte les élections.

Corruption du gouvernement[modifier | modifier le code]

En 2015, après une série d'affaires étalées sur plusieurs années, 11 des 14 membres que comptait le gouvernement de José María Aznar pour la période 2002-2003 sont emprisonnés ou poursuivis en justice pour des faits de trafic d'influence, de blanchiments de capitaux et de fraude fiscale. Aznar est lui-même soupçonné par la justice espagnole d’avoir bénéficié d’une caisse noire du parti entre 1990 et 1996 pour un montant de 782 695 euros[15].

Critiques[modifier | modifier le code]

Le magazine américain Foreign Policy le classe parmi les « cinq pires ex-présidents du monde » pour son comportement postérieur à sa présidence. Selon le magazine, José María Aznar se distinguerait par sa « rhétorique extrémiste » pour ses positions négationnistes sur la question du réchauffement climatique, son rejet des efforts de dialogue inter-religieux ou pour avoir déclaré que l'élection d'un afro-américain à la présidence des États-Unis conduirait à un « désastre économique prévisible »[16].

Activités économiques[modifier | modifier le code]

José María Aznar en 2010

Après sa retraite politique en 2004, José María Aznar met à profit ses réseaux et amitiés politiques pour entamer une lucrative carrière[17] de conseiller auprès d'entreprises multinationales privées comme :

  • Centaurus Capital (fonds de placement)
  • Doheny Global Group (secteur de l'énergie en Europe de l'Est)
  • JER Partners (groupe immobilier en Amérique du Sud)

Depuis le , il est administrateur (membre du "Board of Directors") de la société NewsCorp, dirigée par le milliardaire Rupert Murdoch[18]. Ce poste lui assure un salaire annuel de 148 000 €[17].

Il est également professeur-associé à l'université de Georgetown de Washington.

Il donne enfin de nombreuses conférences autour du globe (27 000 € de cachet plus les frais), dans lesquelles il explique sa vision politique du monde[17].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Prix de l'« Homme d’État de l’année » en 2003 : « honore les dirigeants qui soutiennent la paix et la liberté, par la promotion de la tolérance, la dignité humaine et les droits de l’homme ». Prix remis par la fondation Appeal of Conscience.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lettre au directeur d'une publication phalangiste datant de 1969
  2. « Espagne: Aznar menacé par un scandale. », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  3. « José Maria Aznar, un Madrilène austère et déterminé », sur lesechos.fr,
  4. « L'Espagne décrète la privatisation généraleAznar veut désengager l'Etat de toute l'économie. Et réduire le déficit budgétaire. », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  5. http://mobiroderic.uv.es/bitstream/handle/10550/52099/JVB665_c.pdf?sequence=2&isAllowed=y
  6. « La grève généraletrès suivie en Espagne », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  7. Texte de l'accord
  8. Texte de la Ley de Partidos Políticos
  9. (es) Ediciones El País, « Los organizadores cifran en más de tres millones los manifestantes en Madrid y Barcelona », EL PAÍS,‎ (lire en ligne)
  10. Chávez acusa a Aznar de haber apoyado el golpe de 2002
  11. Aznar declina expresar un apoyo explícito al presidente
  12. El Gobierno de Aznar no condenó el golpe de Estado
  13. « ESPAGNE. Le naufrage du gouvernement Aznar », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  14. 11-M: Mentira de Estado (Los tres días que acabaron con Aznar), Pepe Rodríguez, Ediciones B., Barcelona, 2004. (présentation en ligne)
  15. « La quasi totalité du gouvernement Aznar version 2002 inquiétée par la justice », sur Le Monde.fr
  16. « Foreign Policy coloca a Aznar entre los cinco peores ex presidentes del mundo », La Vanguardia,‎ (lire en ligne)
  17. a, b et c « Aquí estoy yo », reportage du quotidien El País du 28/02/2010 sur la mue de l'ex président après six ans de retraite politique (lire en ligne)
  18. News Corporation Appoints José María Aznar To Board Of Directors

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]