François Lehideux

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François Lehideux
François Lehideux en 1940.
François Lehideux en 1940.
Fonctions
Membre du Conseil économique et social
Secrétaire d'État à la Production industrielle
Gouvernement Gouvernement Darlan
Prédécesseur Pierre Pucheu
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris
Date de décès (à 94 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Industriel

François Lehideux, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un industriel et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils de Jacques Lehideux, banquier, et de Suzanne Simon-Lorière, il est élève dans l’enseignement privé, au collège Sainte-Marie-de-Monceau, fait des études de lettres et de droit, et sort diplômé de l'École libre des sciences politiques. Il fait partie des « Équipes sociales » de Robert Garric, de 1922 à 1924, rencontrant, « au rythme d’une soirée tous les dix jours, un groupe de jeunes ouvriers et employés qui appartenaient à un foyer géré par une société, « Hospitalité de nuit », dont (son) père était administrateur[1] ».

Entrée chez Renault[modifier | modifier le code]

En 1929, il épouse Françoise Renault, fille de Fernand Renault et nièce de Louis. En 1934, il entre chez Renault dont il devient directeur général. Il fonde après 1936 « des groupements PPF, PSF, des syndicats chrétiens, et d'autres syndicats encore » au sein des usines Renault, pour faire pièce à la CGT, même s'il a fini par laisser « s'éteindre l'activité dangereuse et combative de ces groupes », selon les mots de Louis Renault[2].

Seconde Guerre mondiale : Vichy jusqu'en 1942[modifier | modifier le code]

En 1939, il est officier dans un régiment d'automitrailleuses, puis travaille dans l'équipe du ministre de l'Armement, Raoul Dautry, qui fait en sorte qu'il remplace Louis Renault[3] lequel en retour l'oblige à quitter Renault à l'été 1940 ; leur rupture est officialisée en [4].

Après la signature de l'armistice en 1940, le maréchal Pétain nomme François Lehideux « commissaire à la lutte contre le chômage » en , délégué à l'Équipement national en , puis secrétaire d'État à la Production industrielle, dans le gouvernement de l'amiral François Darlan du , succédant ainsi à Pierre Pucheu. Il conçoit avec Jacques Benoist-Méchin, Paul Marion, Pierre Pucheu et Jacques Barnaud un vaste plan d'un ordre nouveau en France remis à Otto Abetz dans les premiers jours d' ; il s'agit selon Lehideux de tenir compte du fait que le rôle de la France est assigné par sa position géographique : « Carrefour naturel entre le Nord et le Sud de l'Europe, comme entre l'Europe et l'Amérique, elle est la grande voie de transit entre les pays centraux de la Méditerranée, entre l'Allemagne de l'Ouest et l'Océan. Ce trafic doit s'effectuer suivant les deux axes principaux : Cherbourg-Bâle ; Marseille-Hambourg. Ce réseau d'autostrades devra être complété par de larges voies d'eau, reliant le Rhin à la Méditerranée, le Rhin à l'Atlantique et l'Atlantique à la Méditerranée[5] ». François Lehideux voulait intégrer la France à l'Europe par un effort gigantesque de grands travaux et de construction routière, de reconstruction de cités sinistrées, rééquipement des ports, infrastructures pour les routes aériennes internationales, aménagement des banlieues ouvrières[6]. Avec Pierre Pucheu et Jean Bichelonne, il est l’un des membres du groupe de technocrates du gouvernement Darlan, partisans d’une rationalisation de l’économie française. Avec eux et Jacques Barnaud, d'aucuns l'ont accusé d'être un « synarque », membre de la supposée synarchie. La délégation générale à l'Économie nationale que Lehideux a fondée et dirigée a préparé un plan strictement administratif. Richard F. Kuisel a montré que le plan décennal prévu était « empreint d’intentions sociales, culturelles, et même morales », à la différence du plan Monnet : « L’impulsion moderniste allait de pair avec la glorification de la famille, de la solidarité sociale, de l’élite, des vertus paysannes, de l’éthique spartiate et de la forme physique ». En outre, il « faisait la part belle au marché libre et à l’initiative privée » et ses initiateurs apparaissent comme « des néo-libéraux modérés, soucieux d’éviter à la fois l’extrême dirigisme ainsi que le libéralisme de la IIIe République[7] ».

Il est décoré de la Francisque. Il quitte le gouvernement au retour de Pierre Laval, le , et redevient jusqu’en 1944 directeur du Comité d’organisation de l’automobile — poste qu'il avait occupé à partir d'. Il est partisan d'une collaboration économique avec les Allemands, notamment au Comité d'organisation de l'automobile (COA)[8].

Arrêté à la Libération, libéré en 1946, acquitté en 1949[modifier | modifier le code]

Caricature de François Lehideux, publiée dans le journal L'Humanité, .

À la Libération, Lehideux est arrêté, le , inculpé deux jours plus tard d’intelligence avec l’ennemi, emprisonné à la prison de la Santé, puis à Fresnes, le . Mais il est mis en liberté provisoire le et bénéficie d'un non-lieu de la Haute Cour de justice en , pour insuffisance de charges et faits de résistance[9] : il avait en effet protégé des membres de l'Organisation civile et militaire (OCM)[10].

Retour dans l'industrie[modifier | modifier le code]

Après la guerre, François Lehideux travaille à la société Ford France, dont il est membre du conseil d'administration, puis président-directeur général de 1950 à 1953[3]. Après un échec chez Ford, Lehideux devint président-directeur général des Forges et ateliers de Commentry-Oissel — Georges Villiers, président du CNPF, en est l'un des administrateurs — jusqu’à la fin des années 1960[11]. Il préside de 1959 à 1961 la société Pétro-Fouga[12] et est administrateur de l’entreprise de bâtiments et travaux publics THEG (Travaux hydrauliques et entreprise générale), entreprises toutes deux liées à Commentry-Oissel. Il est aussi administrateur de la société de cimenterie Poliet & Chausson, du motoriste ABG, puis des établissements Tunzini, intégrés à Saint-Gobain en 1965[13]. Ses activités débordent les frontières françaises : il tente en 1957 de se lancer dans l’exploitation du pétrole en Espagne, où il devient vice-président de la société « Autopistas españolas[14] ».

Liaisons politiques après 1958[modifier | modifier le code]

Lehideux semble organiser des « déjeuners » à Paris. Georges Pompidou cite ainsi un « déjeuner Lehideux » auquel il participe en . C’est par Pompidou qu’il a pu rencontrer au moins à quatre reprises le général de Gaulle dans ses locaux de la rue de Solferino entre 1955 et 1958, pendant la « traversée du désert » du général[15]. Il signe en un appel de personnalités d'horizons divers (le général Zeller, Gabriel Marcel, Gilbert Grandval, Louis Massignon, Stanislas Fumet) appelant à un « gouvernement de salut public » dirigé par le général de Gaulle pour « rétablir entre les Alliés les relations de confiance actuellement compromises », rétablir l'autorité de l'État, rebâtir l'unité nationale, réaliser une réforme des institutions et « faire en sorte que la justice sociale devienne une réalité ». Mais de 1959 à 1961, il n’est nommé que membre[3] du Conseil économique et social alors présidé par Émile Roche[a], peut-être grâce à Michel Debré qu’il connaît selon ses dires[17],[b].

Activités associatives après-guerre[modifier | modifier le code]

Lehideux est l'un des premiers membres du mouvement civique transnational « Fraternité mondiale », fondé à Paris en lors d'un congrès international, pour combattre notamment l'antisémitisme en Europe — alors qu'il a, comme ministre, contresigné plusieurs textes de loi antisémites du régime de Vichy ; il est désigné avec le syndicaliste Gaston Tessier l'un des deux Français membres du comité provisoire du mouvement à la fin du congrès[19], puis il est l'un de ses « parrains » jusqu'en 1954-1955. Il est membre de la section française de la Ligue européenne de coopération économique (LECE ou ELEC), en 1952-1953[20].

Il préside deux thinktanks :

  1. Il est vice-président du Comité européen pour le progrès économique et social (le CEPES)[c] et président-fondateur en 1952 de son groupe français ; il occupe cette fonction jusqu'en 1958-1959, puis est remplacé par Jean-Édouard Senn mais reste membre du conseil d'administration jusqu'en 1966[21] ;
  2. Il est vice-président en 1959 du Centre d'études politiques et civiques (le CEPEC)[22] puis son président dans les années 1970.

Dernières années et défense de la mémoire du Maréchal[modifier | modifier le code]

Il préside ensuite l'association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (l'AMDP) à partir de 1984 et est l'objet de poursuites avec Maître Jacques Isorni à la suite de la parution dans Le Monde du d'un encart publicitaire intitulé : « Français, vous avez la mémoire courte[23],[24] » : après avoir été condamné en première instance, condamnation confirmée par la cour d'appel de Paris, et la Cour de cassation[25], il s'adresse à la Cour européenne des droits de l'homme, qui estime, dans un arrêt rendu le , que condamner une personne ayant présenté sous un jour favorable les actions du maréchal Pétain constitue une violation du droit à la liberté d'expression, tel que défini par l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme. La Convention européenne condamne ainsi la France à verser à Messieurs Lehideux et Isorni la somme de 100 000 francs[26].

Famille[modifier | modifier le code]

Sa nièce Martine Lehideux, proche du Front national et de Jean-Marie Le Pen est membre du Parti de la France et son neveu Bernard Lehideux est membre du bureau exécutif national du Modem.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Roche est également administrateur de Poliet et Chausson, Commentry-Oissel et de Pétro-Fuga[16].
  2. Lehideux est convié à une réception à l’Élysée avec les autres membres du Conseil économique et social en , et avec des grands noms du patronat privé, de l’acier, de la banque, de la chimie, de l’automobile, du textile, etc.[18] : Emmanuel de Vitry, Paul-Cavallier de Pont-à-Mousson, le baron Petiet, François et Jean-Pierre Peugeot, François Michelin, Raoul de Vitry, Marcel Boussac, Jean Prouvost, Charles Gillet, etc.
  3. Le CEPES est un organisme de réflexion transnational proeuropéen, néolibéral et atlantiste, présidé par l'Italien Vittorio Valletta, président de FIAT, et fondé sous les auspices de la fondation Ford et d'une organisation patronale américaine, le CED.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. ses mémoires. Les Équipes sociales ont été fondées par Garric en 1920 et visaient à constituer une élite sociale et à former la population ouvrière. Le père de Lehideux était « profondément catholique ». La « foi héritée » de son fils « se transforme et s’approfondit » selon ses dires (postface de ses mémoires, p. 460). Et à la fin de vie, il écrit : « J’essayai de rendre ma vie cohérente avec cette foi (catholique). Si je n’y ai pas toujours réussi, j’ai toujours retrouvé en celle-ci la lumière de l’espérance. Mais, quoi qu’il en soit, si je m’efforçais, dans ma vie professionnelle et politique, de chercher dans ma foi le guide et le sens de mon action, ma foi restait, si j’ose dire, une valeur intime, une recherche faite dans le silence de ma conscience pour la détermination de mon action ».
  2. « Rejet de l'extrême droite et choix industriels. Une lettre inédite de Louis Renault à François Lehideux », , site louisrenault.com, .
  3. a, b et c Biographie sur le site des Annales des mines.
  4. Histoire sociale et politique sur le site louisrenault.com.
  5. Jacques Benoist-Méchin, De la défaite au désastre, t. 1, Albin Michel, 1984, p. 53.
  6. Dominique Venner, Histoire de la Collaboration, éd. Pygmalion, Gérard Watelet, p. 241-242.
  7. BNF/gallica: Richard F. Kuisel, « Vichy et les origines de la planification économique (1940-1946) » in Le Mouvement social, janvier-, no 98.
  8. BNF/gallica: Le Matin, ,  : Claude Popelin (chef du service de presse du Comité d’organisation de l’automobile, il a ensuite fait partie du cabinet de Lehideux, comme chargé de mission, en 1941 ; Lehideux l’a nommé attaché de direction générale de Ford-France pour les relations publiques, de 1950 à 1953) reçoit les journalistes du Matin à propos d’un accord entre les entreprises automobiles françaises, allemandes et italiennes, mené à bien côté français par Lehideux, président du COA. Il déclare que cet accord « apparaît aussi gros de conséquence que l’entrevue de Montoire (…) (et) le pendant, l’équivalent de la poignée de main qu’y échangea le maréchal avec le chancelier Hitler » et se déclare fier « que ce soit l’industrie automobile qui soit la première à s’engager sur la voie d’un ordre nouveau ». « Rétropédalage » deux jours plus tard : sa pensée aurait été « inexactement traduite » et il s’interdit « toute déclaration d’ordre politique » dans ses fonctions. Cf. ses mémoires Arènes politiques, Fayard, 1974, ainsi que Talbot C. Himlay, Résistance ou collaboration de l'industrie automobile française pendant la Seconde Guerre mondiale : le cas de Ford SAF, XXe siècle, 2015/1, no 125. Sur le passé de Popelin (1899-1981) avant la guerre, cf. notamment Philippe Burrin, La dérive fasciste, Seuil, 1986. Cf. aussi le témoignage de Benoist-Méchin, introduit par Popelin dans le petit « groupe de jeunes hommes » formé autour de Lehideux, Pucheu, Barnaud, Le Roy Ladurie, etc. : De la défaite au désastre, vol. 1, Albin Michel, 1984, p. 53.
  9. Henry Coston, Dictionnaire de la politique française, t. 2, 1972. Voir p. 297 où sont énumérées les décisions de la Haute cour de justice relatives à l'épuration, Bénédicte Vergez-Chaignon, Vichy en prison : les épurés à Fresnes après la Libération, Gallimard, 2006.
  10. Le capitaine Marc O'Neill (Biographie de Marc O'Neill sur le site de l'ordre de la Libération), membre du réseau, avait demandé sa libération en 1944 auprès du ministre de l’Intérieur André Le Troquer, pour l’aide que François Lehideux lui avait fournie en l’aidant à faire passer du matériel en zone libre
    Voir à ce sujet Histoire orale. Inventaire analytique des sous-séries 3K et 4K, t. 1, p. 100 et 102, disponible sur le site du ministère de la Défense et Bénédicte Vergez-Chaignon, Les vichysto-résistants : de 1940 à nos jours, Perrin, 2008, p. 522-528 (plus critique sur les relations entre Lehideux et O'Neill).
  11. Commentry-Oissel, fondée en 1919, est une firme d'importance moyenne, une société anonyme au capital de 156 millions de francs dans les années 1950, puis de 5 340 000 francs nouveaux en 1961. Ses activités dans l’Allier sont touchées par la crise de la sidérurgie : ses effectifs fondent de 311 ouvriers à 90 en 1968 (Les villes du Massif central, Université de Saint-Étienne, 1971, p. 305).
  12. La société Pétro-Fouga est constituée en 1958 pour la reprise de l’usine de Béziers des établissements Fouga et Cie. Son capital est de 5 millions de francs. Elle est liquidée en 1962, entraînant le licenciement de plusieurs centaines d’ouvriers et les critiques de la gauche pour qui « les crédits apportés (par l’État) à des groupes financiers (comme Pétro-Fouga) n’ont rien apporté à l’économie locale » : cf. Économie et politique, 1964, p. 109, qui souligne que « la Cour des comptes elle-même s’est étonnée dans son rapport de la facilité avec laquelle elle encaissa un milliard et demi d’anciens francs de crédit public avant de déposer le bilan en laissant un passif de 4 milliards pour un actif de 300 millions » et Raoul Balso, Les Éts Fouga de Béziers (1920-1966), in Revue d'histoire des chemins de fer, 28-29/2003 (Georges Villiers et Emile Roche sont cités).
  13. Lehideux s’est lié à Bernard Tunzini en 1939, selon ses Mémoires, alors qu’ils étaient tous deux officiers durant la « drôle de guerre » ; Tunzini lui avait succédé au commandement de son peloton du 3e régiment d’artillerie motorisée. Tunzini avait reprie ses fonctions aux côtés de son père durant l’occupation.
  14. Rafael Castro Balaguer, Genesis y transformacion de un modelo de inversion international: el capital frances en la Espana del siglo XX p. 146.
  15. Georges Pompidou, Lettres, notes et portraits, 1928-1974, Robert Laffont, 2012, carnet du 7 au et note no 58 ; Bernard Lachaise, « Les visiteurs du général de Gaulle au 5 rue de Solferino au temps de la traversée du désert », Espoir, no 131, (en ligne sur le site charles-de-gaulle.org). Seules soixante personnes ont été reçues au moins quatre fois.
  16. Erling Bjol, La France devant l'Europe, Munksgaard, 1966, p. 335.
  17. Le Monde, , Philippe Alméras, Vichy, Londres, Paris, Éd. Dualpha, 2002, p. 220.
  18. Jean-Paul Alexis, Au protocole du général de Gaulle, Perrin, 2010.
  19. Article extrait du New York Times, .
  20. LECE, supplément à la publication no 13, « La reconstruction monétaire de l'Europe et sa contribution au progrès économique et social », p. 14 : il fait partie des « participants de la section française de la LECE » qui n'ont pas pu participer à la conférence monétaire internationale de Bruxelles en .
  21. Collectif, L’Europe du patronat : de la guerre froide aux années soixante : actes du colloque de Louvain-la-Neuve des 10 et , Peter Lang, 1993.
  22. Il a fréquenté ses réunions auparavant ; on le trouve à une réunion de son bureau d'études le , pour une conférence de l'amiral Gabriel Auphan sur les bases d'un redressement français : Les Dossiers du CEPEC, no 2, p. 42.
  23. Présentation sur la site de l'ADMP.
  24. Le titre de l'encart fait référence à une phrase, restée célèbre, de l'allocution du maréchal Pétain du .
  25. « CEDH : trois arrêts récents sur la liberté d'expression et d'information », sur le site de l'Observatoire européen de l'audiovisuel.
  26. Publication de l'arrêt sur le site de l'ADMP.

Annexes[modifier | modifier le code]

Source primaire[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]