Jean Baylot

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Jean Baylot
Illustration.
Fonctions
Député de la 17e circonscription de la Seine
Législature Ire (Ve République)
Groupe politique IPAS
Prédécesseur circonscription créée
Successeur Jacques Marette
Secrétaire général au Ravitaillement
Gouvernement Ramadier I
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Pau (France)
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Parti politique CNIP
Profession Préfet

Jean Baylot, né le à Pau (France) et mort le à Paris, est un homme politique et franc-maçon français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Après une scolarité à Pau, au Collège de l’Immaculée Conception, il sort diplômé de l’école supérieure du bois de Paris. Il est engagé volontaire du 1er septembre 1917 à l’armistice du 11 novembre 1918[1].

Postier et syndicaliste[modifier | modifier le code]

Jean Baylot, avant de tenir une fonction préfectorale sous la IVe République, fait une carrière administrative aux PTT.

Il entre aux PTT à l'âge de 17 ans, après avoir réussi le concours des surnuméraires[1]. Nommé à Bordeaux, il est titularisé en tant que commis, à Paris en juin 1919. Il s'inscrit au Syndicat national des agents des PTT, affilié à la CGT. Il est gérant du journal de ce syndicat, Syndicalisme des P.T.T. en 1920. En 1924, il est secrétaire général du syndicat, dont les effectifs avoisineraient 25 000 adhérents. D'après Nicolas Sarkozy, dans un livre sur Georges Mandel, Jean Baylot s'est heurté à Mandel lors d'une grève des postiers à Nice, qui a fait venir des postiers de Paris pour briser une grève des postiers niçois.[réf. nécessaire]

En 1925, il est élu CGT au Conseil supérieur des PTT : pour 63 674 inscrits dans la catégorie des agents, et 37 990 votants, il obtient 32 692 voix, alors que son concurrent de la CGTU ralliait 2 209 suffrages. Son cursus syndical prend fin vers 1930. Il reprend alors son parcours professionnel. Il est rédacteur principal, puis inspecteur, quand la guerre survient[1].

Résistant, puis préfet de police[modifier | modifier le code]

Résistant pendant la guerre, Jean Baylot débute ensuite une carrière préfectorale et ministérielle ascensionnelle : préfet délégué des Basses-Pyrénées de 1944 à 1946, préfet de la Haute-Garonne de 1946 à 1947, il intègre le 14 juin 1947 le gouvernement Paul Ramadier (1) en tant que Secrétaire général chargé du ravitaillement, en remplacement de Georges Rastel[2].Préfet des Bouches-du-Rhône de 1948 à 1951, il est enfin préfet de Police de Paris de 1951 à 1954. Il quitte son poste le 14 juillet de cette année, à l'occasion d'un mouvement préfectoral décidé par François Mitterrand, ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Mendès France depuis le 19 juin[3]. Quelques semaines auparavant, Baylot a remis à Mitterrand des tracts provenant, dit-il, du Parti communiste et appelant à des manifestations violentes le 14 juillet. Après une enquête discrète menée par les renseignements généraux, Mitterrand apprend que les tracts ont été imprimés par la préfecture de police elle-même[4].

Après avoir décliné l'offre d'un haut poste diplomatique[5], Jean Baylot est nommé préfet hors cadre à partir de 1955 et préfet de police honoraire en 1959. Il est mis en cause à l'occasion de l'Affaire des fuites car sous son autorité, le commissaire Jean Dides a mis en place une cellule chargée de la surveillance du Parti communiste. Dides a été victime, puis complice d'une manipulation visant à faire croire à la trahison d'un ministre des gouvernements Laniel puis Mendès France[6].

C'est sous sa responsabilité que la police réprime violemment une manifestation d'Algériens, le 14 juillet 1953, où sept manifestants sont tués.

Mis en disponibilité en 1955, il se tourne vers la vie politique et se porte candidat à la première élection législative de la Cinquième République, à Paris, contre le gaulliste Roger Barberot. Élu facilement au second tour, il rejoint temporairement le CNI. De par sa faible activité législative, il est battu lors de l'élection de 1962 par Jacques Marette.

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Il se consacre aussi à la franc-maçonnerie. En septembre 1938 il est élu pour la première fois au conseil de l'ordre du Grand Orient de France, où il siégera encore deux fois dans les années 1950 et dont il sera le grand maître adjoint. En 1959 il devient un dignitaire de la Grande Loge nationale française, dont il a été grand orateur (1961-1963), deuxième grand surveillant (1963-1965) et grand maître provincial de Guyenne (1965-1968). En 1948 il fonde à Marseille la loge « Rectitude », travaillant au Rite écossais rectifié et en 1953 à Paris la loge « L'Europe unie », ouverte aux frères persécutés de l'Europe de l'Est, dont il devient le premier vénérable maître, en 1961 il fonde en Belgique la loge « Marianne » no 75 et ensuite en 1968 la loge « La Pierre angulaire » no 129. Le , avec le frère Marius Lepage, il est membre fondateur de la loge « Ambroise Paré » à l'orient de Laval, travaillant au Rite écossais ancien et accepté. Avec Paul Naudon, Jean Granger, Pierre Mariel, Jean Saunier et d'autres il fonde en 1964 la loge d'étude et de recherches de la Grande Loge nationale française « Villard de Honnecourt » no 81[7].

Sous le nom d'ordre de « Eques a Libertate » il est armé Chevalier bienfaisant de la Cité sainte par le grand prieur du Grand Prieuré des Gaules, dont il devient en 1962 le grand chancelier et en 1973 le grand prieur national et grand maître de l'ordre rectifié en France. En 1959 il a aussi été affilié à la Grande Loge « Amon-Râ » pour la France du Suprême Conseil des rites orientaux et primitifs de Memphis et de Misraïm réunis et en 1963 il a été reçu dans l'Ordre martiniste sous le nom de « Libertas »[8].

Grand collectionneur, il légua à la Bibliothèque nationale de France près de 2 500 ouvrages, documents et pièces maçonniques. La mise en vente publique de 649 lots, les 30 juin et 1er juillet 1984, chez Drouot, fut l’une des plus importantes ventes françaises d’objets maçonniques[9],[7].

Le 31 mars 1976, le grand maître de la Grande Loge nationale française Auguste-Louis Derosière consacre à Neuilly une loge de Rite écossais rectifié portant son nom: la loge « Jean Baylot » no 190, mise en sommeil pendant plusieurs années, elle est réactivée en 2004 pour devenir une loge de recherche provinciale en relation avec la loge nationale de recherche Villard de Honnecourt[10].

Critiques[modifier | modifier le code]

Influencé par la lecture des ouvrages de René Guénon et d'Oswald Wirth, en 1968 il publie La voie substituée, ouvrage sur l'évolution du Grand Orient de France au XIXe siècle où il dénonce ce qu'il considère comme des erreurs et les errements du Grand Orient de France dans les années 1800-1870, ouvrage qui a eu un grand retentissement dans les milieux maçonniques français et a soulevé beaucoup de critiques dans les milieux de la franc-maçonnerie « libérale », mais qui a été aussi très apprécié dans ceux de la franc-maçonnerie dite « régulière »[11].

Mandats[modifier | modifier le code]

  • Secrétaire général au Ravitaillement du gouvernement Paul Ramadier (1) (du 14 juin au 22 octobre 1947)
  • Député (Indépendants et paysans d'action sociale) de la Seine (1958-1962)

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La voie substituée. Recherche sur la déviation de la Franc - Maçonnerie en France et en Europe, Préface de Marius Lepage, Paris, Dervy - Livres, 1968 [nouvelle éd. 1985].
  • Oswald Wirth 1860-1943: rénovateur et mainteneur de la véritable franc-maçonnerie, Paris, Dervy Livres, 1975.
  • Histoire du R.E.R. en France au XXe siècle, Paris, Éditions Villard de Honnecourt, 1976.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Notice Jean Baylot », sur sfhp.fr (consulté le 27 avril 2017).
  2. Décret du 14 juin 1947 délégant un préfet dans les fonctions de secrétaire général du ravitaillement.
  3. « Le gouvernement nomme M. DUBOIS préfet de police M. MAIREY directeur de la sûreté nationale », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. Philippe Bernert, Roger Wybot et la bataille pour la DST, Paris, Presses de la Cité, , 544 p.
  5. « La nomination du nouveau préfet de police », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. Claude Clément, L'affaire des fuites objectif Mitterrand, Paris, Olivier Orban, , 237 p. (ISBN 2-85565-134-4)
  7. a et b Yves Hivert-Messeca (Dir. Eric Saunier), Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Le Livre de poche, coll. « La Pocothèque » (réimpr. 2008), 2e éd. (1re éd. 2000), 984 p. (ISBN 9782253132523), « Baylot, Jean », p. 69.
  8. Jean Baylot, in : Grande Loge Nationale Française, Le livre du Centenaire, Paris, Scribe, 2013, p. 250-253.
  9. Catalogue de vente aux enchères - Drouot - Collection Jean Baylot - Franc-maconnerie et compagnonnage - Salle 9 - 29 juin 1984. Guy Loudmer.
  10. « La loge Jean Baylot », sur francmaconnerieexposee.wordpress.com (consulté le 8 février 2017).
  11. Daniel Ligou, Dictionnaire de la franc-maçonnerie, Presses universitaires de France, 3e éd., 1991, p. 117.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]