Alcoolisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Alcoolodépendance ou alcoolisme
Description de cette image, également commentée ci-après
À la Mie, tableau d'Henri de Toulouse-Lautrec
Spécialité Psychiatrie, medical toxicology (en), psychologie et psychothérapieVoir et modifier les données sur Wikidata
CISP-2 P15Voir et modifier les données sur Wikidata
CIM-10 F10.2
CIM-9 303
OMIM 103780
DiseasesDB Alcoholism
MedlinePlus alcoholism
MeSH D000437

Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

Dans une enquête de 2011 auprès de 292 experts cliniques en Écosse, l'alcool a été classé 4e pour le préjudice personnel et 2e pour le préjudice causé à la société, sur 19 drogues récréatives courantes[1].

L'alcoolisme, alcoolodépendance, ou éthylisme, est l'addiction à l'éthanol (alcool éthylique) contenu dans les boissons alcoolisées.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît depuis 1978 l'alcoolisme comme une maladie et le définit comme des « troubles mentaux et troubles du comportement » liés à l’ingestion fréquente d'alcool éthylique[2].

Cette perte de contrôle s'accompagne généralement d'une dépendance physique caractérisée par un syndrome de sevrage à l'arrêt de la consommation (pharmacodépendance), une dépendance psychique, ainsi qu'une tolérance (nécessité d'augmenter les doses pour obtenir le même effet).

La progression dans le temps est l'une des caractéristiques majeures de cette addiction. L'usage sans dommage (appelé usage simple) précède l'usage à risque et l'usage nocif (sans dépendance), puis enfin la dépendance. L'alcool est une substance psychoactive à l'origine de cette dépendance mais elle est également une substance toxique induisant des effets néfastes sur la santé. L'alcoolodépendance est à l'origine de dommages physiques, psychiques et sociaux.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Les mots « poivrot », « soulard » « pochtron », « arsouille » ou « ivrogne » sont devenus en pratique relativement désuets pour désigner un « alcoolique ». Pour parler d'un malade alcoolique, les médecins préfèrent le terme d'« alcoolodépendant ». En langage médical, l'alcoolisme possède plusieurs synonymes moins connus n'ayant pas le même caractère péjoratif. Les personnels médicaux emploient ainsi les expressions « œnolisme », « éthylisme », « exogénose » ou encore « intoxication OH ». Le médecin suédois Magnus Huss a été l'un des premiers en 1849 à situer l'alcoolisme dans le champ des maladies et à l'extraire de sa connotation de « vice »[3]. Il l'introduit sous le terme d'« alcoolisme chronique ». Dans les années 1950, Pierre Fouquet décrit le malade alcoolique comme « celui qui a perdu la liberté de s'abstenir de boire ».

« Alcool » est un terme employé de façon courante pour désigner l'éthanol, l'éthanol étant un type d'alcool au sens biochimique, mais non le seul. La dépendance à l'alcool désigne in extenso la dépendance à l'éthanol contenu dans les boissons alcoolisées. La concentration en éthanol varie selon la boisson et éventuellement la dilution. Une concentration en alcool de X° correspond à X centilitres d'éthanol par litre de boisson. L'alcoologie est la science qui traite des effets de l'alcool sur la santé et des moyens d'y remédier.

Classification[modifier | modifier le code]

Depuis 1978, l'alcoolisme est reconnu comme une maladie par l'Organisation mondiale de la santé (CIM-10). L'OMS classe l'alcoolisme en deux types : la forme aiguë (l'alcoolisme aigu) et l'alcoolisme chronique correspondant à une consommation excessive régulière. L'OMS définit l'état de dépendance lorsque « certains symptômes du trouble ont persisté au moins un mois ou sont survenus de façon répétée sur une période prolongée ; au moins trois des manifestations [selon une liste de six] sont présentes en même temps au cours de la dernière année. ».

La forme aiguë se manifeste par une consommation occasionnelle, plus ou moins intense (comme le « binge drinking ») et ne comporte pas en règle générale de phénomène de dépendance, contrairement à la dipsomanie et à l'alcoolisme chronique. La forme chronique se manifeste par une consommation répétée (quotidienne, de façon générale) et habituelle, au-delà des seuils de toxicité (deux à trois verres standards par jour[4]), et n'a pas forcément comme objectif l'ivresse.

Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) classe l'alcoolisme dans les troubles liés à l'utilisation d'une substance (l'alcool). Il caractérise la maladie alcoolique comme une dépendance. Selon le DSM-IV, la « dépendance est un mode d’utilisation inapproprié d’une substance, entraînant une détresse ou un dysfonctionnement cliniquement significatif, comme en témoignent trois (ou plus) manifestations [selon une liste de sept items], survenant à n’importe quel moment sur la même période de douze mois ». La classification du DSM-IV fait une distinction entre dépendance physique (signes de tolérance ou de sevrage) et sans dépendance physique (pas de signes de tolérance ou de sevrage). D'autres formes de classifications de la maladie alcoolique existent : une forme associée à des conduites impulsives et antisociales, à des consommations de toxiques autres (héroïne, cocaïne), à début précoce, associée à des antécédents familiaux nombreux et probablement sous-tendue par des facteurs génétiques (type II de Cloninger) ; une forme à début plus tardif, sans conduites antisociales ni consommation de toxique et sans antécédents familiaux, probablement sous-tendue par des facteurs environnementaux (type I de Cloninger).

La notion de maladie tend à être remise en question, la personne alcoolique étant plutôt considérée comme sous l'emprise d'une drogue. Ce point de vue ouvre la voie à de nouvelles méthodes de sevrage qui ne déresponsabilisent pas la personne dépendante et ne considèrent plus l'alcoolisme comme une fatalité contre laquelle un individu doit lutter toute sa vie[5]. L'alcool est à la fois une substance toxique et psycho-active (à l'origine d'une dépendance, qui dépend de son usage, mais aussi du patrimoine génétique du buveur). L'usage était autrefois considéré comme :

  • simple : également appelé « usage d’alcool à risque faible ». Il peut être expérimental, occasionnel ou régulier, à condition qu'il soit modéré ;
  • à risque : susceptible d'entraîner des dommages à plus long terme dont la dépendance ;
  • nocif : est caractérisé par la consommation répétée d'alcool au-delà de la modération ;
  • avec dépendance : avec perte de contrôle de sa consommation par le sujet pouvant entraîner une tolérance plus ou moins marquée avec des signes de sevrage plus ou moins importants.

Les études ont peu à peu démontré que la morbidité et la mortalité à court et long termes augmente, même pour des consommations faibles d’alcool par jour[6]. « Ainsi, ce n’est pas l' « abus d’alcool » qui est à risque mais une consommation même faible. L’avertissement actuel sanitaire réglementaire est donc obsolète ». Un avis d'experts de 2017 relatif à l'évolution du discours public en matière de consommation d'alcool en France. recommande que « l’avertissement réglementaire obligatoire apposé sur les publicités pour l’alcool soit revu :
- en modifiant l’information qui figure actuellement « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé » ;
- en empêchant les annonceurs d’ajouter un autre message à celui imposé par la loi (tels que « À consommer avec modération »).
Le nouvel avertissement pourrait être : « 
Toute consommation d’alcool comporte des risques pour votre santé » »[7].

Étiologie[modifier | modifier le code]

La consommation excessive d'alcool et l'installation d'une dépendance est, dans la plupart des cas, facilitée par des facteurs psychologiques favorisants qui initient et entretiennent le comportement de consommation. Des exemples plus fréquemment rencontrés chez les individus en difficulté avec l'alcool sont notamment : un ou plusieurs troubles anxieux, des déficits dans les capacités à gérer le stress et l'anxiété ; un état dépressif ; des déficits dans les habiletés de communication avec autrui[8] (la consommation peut être amplifiée par des difficultés à refuser les incitations à boire ou les frustrations liées aux conflits interpersonnels) et une intolérance à la frustration plus ou moins marquée. Dans une moindre mesure, il existe également un trouble de la personnalité (personnalité borderline en particulier, mais également antisociale, dépendante, schizoïde, histrionique, trouble bipolaire), des troubles de perception et d'expression émotionnelle (alexithymie) et un état psychotique (schizophrénie)[9].

Des facteurs psychosociaux peuvent exercer également une influence notable comme l'isolement ou le sentiment de solitude, le chômage, les violences conjugales. Des représentations cognitives de l'alcool comme symbole de convivialité, de plaisir ou de virilité sont aussi fréquemment retrouvées. Au niveau du fonctionnement cognitif, un faible sentiment d'efficacité personnelle est perçu (donc une faible confiance à résister à l'envie d'alcool) et des attentes élevées envers l'alcool. Les attentes envers une substance représentent la prédiction que fait l'individu de l'effet qu'il va obtenir en la consommant. Les attentes positives envers l'alcool concernent six domaines principaux : amélioration des relations sociales, diminution des sentiments et émotions négatifs, changements positifs globaux, plaisir social et physique, amélioration des performances sexuelles, agressivité et stimulation physique[10]. Boire à l'excès peut résulter de l'évitement inconscient de l'affrontement des émotions liées à l'activation de certains schémas cognitifs fondamentaux[pas clair][11]. L'alcoolisme est l'objet de nombreuses études en psychologie expérimentale avec l'approche cognitivo-comportementale. D'un point de vue simplifié, le comportement de prise d'alcool est facilité par certaines pensées caractéristiques liées à celui-ci : anticipatoires, soulageantes et permissives[12], et va se trouver renforcé par l'effet anxiolytique de l'alcool qui apaise un éventuel malaise émotionnel. Ces pensées sont généralement automatiques et échappent la plupart du temps à la conscience explicite de la personne.

Selon ce modèle, les pensées anticipatoires représentent les attentes d'effets positifs de l'alcool (« Boire quelques verres va me rendre plus drôle »), les pensées soulageantes concernent les attentes d'apaisement apporté par l'alcool (« Je me sentirai plus détendu si je bois un coup ») et les pensées permissives autorisent la consommation (« Allez, juste pour un verre, je l'ai bien mérité après le boulot... »). Il est à noter que ces pensées relèvent de processus cognitifs normaux au départ et ne sont pas spécifiques de l'alcoolisme[13].

Il est nettement établi qu'une dépendance à l'alcool est fortement accompagnée d'un haut niveau d'anxiété et de dépression qui amplifient encore davantage la consommation. Elle s'accompagne aussi fréquemment de perturbations dans l'identification des expressions émotionnelles d'autrui, notamment d'une hypersensibilité à la colère. La prise en charge psychologique cognitivo-comportementale, généralement proposée après sevrage, peut comprendre un programme de prévention de la rechute (identification des situations à risque, résolution de problème pour améliorer le sentiment d'efficacité personnelle), un entraînement à la relaxation, à l'affirmation de soi (apprendre à refuser l'alcool, à faire face aux critiques, etc.) et un accompagnement psychologique individualisé[14].

Problèmes de santé[modifier | modifier le code]

L'éthanol est absorbé via le tube digestif. Il passe directement dans le sang, diffuse dans le corps et atteint le cerveau. Il provoque donc une augmentation rapide de l'alcoolémie après l'ingestion. Une consommation abusive d'alcool peut donc entrainer des effets néfastes sur la santé, l'industrie de l'alcool est donc souvent critiquée.

Selon un rapport d'experts remis le , l'alcool doit être proscrite pour les femmes enceintes, les jeunes et les adolescents[15]. Le vendredi la revue médicale internationale The Lancet publie une méta-analyse[note 1] sur la fréquence et l’impact de la consommation de boisson alcoolisée[16] chez 28 millions de personnes dans 195 pays entre 1990 et 2016[17] qui démolit l’idée préconçue qu’« un petit verre d’alcool » tous les jours serait bon pour la santé[18],[19],[20]. Selon le Dr Emmanuela Gakidou de l’Institut de métrologie et d’évaluation de la santé de Chicago « Le mythe selon lequel un ou deux verres par jour sont bons pour vous n’est qu’un mythe »[19],[21],[22],[23]. C'est la drogue dure[note 2] qui occasionne la plus forte mortalité[25], tuant plusieurs millions de personnes par an[note 3].

Effets directs et de court terme[modifier | modifier le code]

Selon la dose ingérée et l'habitude, il induit une diminution de la vigilance ou va jusqu'à l'ivresse aiguë qui se caractérise par un ralentissement des réflexes, une perte totale de vigilance, un état d'euphorie ou, au contraire, de tristesse, une mauvaise appréciation des situations, des troubles de l'équilibre ainsi qu'une vasodilatation. À dose élevée, l'ivresse peut conduire au coma éthylique puis au décès.

Effets biologiques de moyen et long terme[modifier | modifier le code]

Une consommation chronique d'éthanol a des répercussions directes sur différentes fonctions et organes du corps :

Modification des analyses biologiques[modifier | modifier le code]

L'alcoolisme chronique induit un dérèglement général de l'organisme, avec notamment :

Alcool et cancer[modifier | modifier le code]

La consommation régulière d'alcool augmente le risque de contracter un cancer, pour plusieurs types de cancers des voies aérodigestives supérieures. Dès 1910, Lamy (sur la base de l'étude de 134 cas de cancers dont 114 hommes et 20 femmes) avait clairement identifié l'alcoolisme comme facteur de risque : 80 % de ces cancers de l'œsophage détectés l'étaient chez des alcooliques.

En 1951, on montre en Chine que ceci vaut aussi pour le cancer du cardia[31] et le cancer de l'estomac[31]. En 1955, des observations similaires seront ensuite faites au Japon[32]. Des conclusions similaires sont tirées d'études plus récentes qui montrent en outre que ce risque est fortement aggravé par le tabagisme : l'analyse de 200 cas masculins de cancers de l'œsophage comparés à 778 témoins a, en 1977, montré que la consommation d'alcool et/ou de tabac augmentent de façon indépendante le risque de cancer de l'œsophage, mais que l'exposition conjointe à ces deux cancérigènes a un effet multiplicateur sur le plan des risques, qui explique certaines différences homme/femme et ville/campagne observées dans la seconde moitié du XXe siècle[33]. Ces données seront confirmées par de nombreuses études, dont en 1962 par une enquête rétrospective[34].

On estime en 2011 qu'environ un cancer sur dix chez l'homme et un sur trente chez la femme sont attribuables à l'alcool[35]. Ce sont essentiellement des cancers du foie, cancers du pancréas, cancers des voies aérodigestives supérieures (cancer de la bouche ; langue, rhinopharynx, lèvres), cancer de l'œsophage et cancer de l'estomac. Chez les femmes, l'alcool augmente aussi le risque de cancer du sein (Selon le CIRC, une femme consommant 50 grammes d'alcool par jour (5 demis (0,25 l) de bière, 5 verres de vin (0,10 l)) augmente ce risque de 50 %. Pour 18 g/jour (2 verres) son risque se voit augmenté de 7 %[36].

En France on observe dans les années 2000-2010 une diminution spectaculaire du risque de cancers de la bouche, du pharynx, de l’œsophage et du larynx, attribuée par des chercheurs de l'Inserm en (2017) à une baisse de la consommation d’alcool (un français adulte de plus de 15 ans buvait en moyenne 36 verres par semaine en 1950, et n'en boit plus que 18 ; quantité qui est encore excessive par rapport à la recommandation de 11 verres/semaine à ne pas dépasser, étant déjà mauvaise pour l'organisme comme précisé plus haut.[37],[38].

Complications[modifier | modifier le code]

Grossesse[modifier | modifier le code]

Le principal risque lié à l'alcool est celui des effets fœtaux de l'alcoolisation (EFA), qui désignent les troubles des apprentissages et/ou du comportement au cours de la petite enfance, et dont la survenue est reliée à une ou des prises d'alcool occasionnelles par la mère (quelle qu'elle soit) durant sa grossesse. Plus rare est le syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF), observé parfois et dès la naissance chez l'enfant né d'une mère souffrant d'un problème chronique d'alcoolisation, et qui se traduit par un ensemble de signes cliniques morphologiques et neurologiques, susceptibles de handicaper l'avenir de l'enfant.

D'une manière générale, la quantité d'alcool susceptible d'être nocive pour l'enfant à naître est mal connue, et le risque pourrait exister même pour des quantités faibles. Il est ainsi recommandé aux femmes enceintes de s'abstenir de toute consommation pendant la durée de la grossesse (à tous les trimestres) ainsi que durant l'allaitement.

L'idée que des consommations faibles de certains alcools, notamment le Champagne, seraient moins nocives est une légende urbaine n'ayant aucun fondement scientifique.

Tabagisme[modifier | modifier le code]

Il y a une forte corrélation entre dépendance à l'alcool et dépendance au tabagisme (85 à 90 % des alcooliques sont fumeurs). Boire donne envie de fumer : la stimulation cérébrale de l'alcool est plus faible que celle liée à l'absorption de nicotine et une stimulation faible induit une envie de toujours plus fumer. Certaines techniques d'arrêt du tabagisme peuvent être utiles pour le sevrage à l'alcool. En cas de dépendance conjointe, il peut être envisagé d'arrêter le tabac en même temps, avant ou après l'alcool. Tout dépend de la situation.

Benzodiazépines[modifier | modifier le code]

L'alcoolisme est souvent lié à la consommation abusive de benzodiazépines. Selon différentes études, entre 3 % et 41 % des personnes alcooliques disent avoir eu recours à une consommation abusive de benzodiazépine à un moment donné de leur addiction, souvent pour tenter de gérer l'intoxication alcoolique ou mitiger les effets du sevrage à l'alcool[39]. La consommation de benzodiazépines peut s'associer à une consommation d'alcool, celle-ci augmentant de façon nocive l'effet sédatif des produits et le risque du développement d' une dépendance à plusieurs substances[4].

Comportement sexuel[modifier | modifier le code]

Il existe depuis l'Antiquité un certain nombre d'idées reçues relativement tenaces selon lesquelles l'alcool améliorerait les performances sexuelles, ces attentes sont d'autant plus marquées chez les alcoolodépendants.

En réalité, l'alcool produit un effet sédatif sur l'appareil sexuel dès le premier verre, faisant ainsi diminuer la réactivité sexuelle physique[40]. À l'opposé, l'alcool provoque dans le même temps une excitation psychologique subjective inversement proportionnelle[réf. nécessaire].

Il est nettement établi que l'alcool facilite les comportements sexuels à risque (rapports sexuels non protégés, agression sexuelle, etc.)[41].

Accidents et troubles imputables[modifier | modifier le code]

Une consommation d'alcool, même légère peut être responsable de morts violentes, notamment par accident de la route, accident du travail, homicides ou suicides. En France, entre 2002 et 2003 les décès par accident de la route imputables à une ivresse alcoolique représentent un total de 2 200 personnes[42].

Syndrome de sevrage alcoolique[modifier | modifier le code]

Le syndrome de sevrage alcoolique survient six à douze heures après la dernière prise d'alcool chez une personne dépendante et chez qui ce risque n'a pas été prévenu. Il évolue spontanément vers la disparition de la dépendance physique en une semaine. Il peut néanmoins rester une dépendance psychologique. Cette dernière peut être forte et conduire à une réalcoolisation ou rechute. Dans les formes mineures, de façon plus ou moins associée, sont notés des nausées, des céphalées, une agitation, des trémulations, une tachycardie, une hypertension artérielle, des sueurs, une fièvre, des symptômes anxieux et dépressifs, des troubles de la concentration. Dans les formes sévères, il y a des crises convulsives avec ou sans hallucinations. Ces formes sévères peuvent être inaugurées par des troubles visuels, auditifs et sensitifs, favorisés par des stimuli sensoriels (gène de la lumière, du bruit, démangeaisons), des idées délirantes et hallucinatoires. Elles nécessitent une hospitalisation pour surveillance.

Les éléments qui permettent de détecter les formes sévères, permettant ainsi un repérage dans le but d'une meilleure prise en charge, sont la consommation prolongée de quantités importantes en alcool, des antécédents de crises convulsives et de délirium tremens, la nécessité de boire rapidement de l'alcool après le réveil afin de soulager les formes débutantes de sevrage. L'administration de benzodiazépine, une hydratation restent les traitements de choix pour prévenir le delirium tremens. Ces traitements peuvent être pris à domicile de manière préventive. Les vitamines souvent données n'ont pas comme rôle de diminuer le délirium tremens mais de corriger les carences fréquentes.

Prévention[modifier | modifier le code]

Les méfaits de l'alcoolisme (encart de presse avant 1918).
Les méfaits de l'alcoolisme, sur un panneau scolaire après 1918.

L'éducation, la réglementation de la publicité, mais aussi l'augmentation des prix des boissons alcoolisées (par la taxation) sont des moyens permettant de diminuer la consommation globale d'alcool[43]. En France, la « loi Evin », vise à réduire les publicités sur le tabac et les alcools dans une optique de prévention.

En Amérique du Nord, au Québec plus précisément, l'organisme indépendant et à but non lucratif Éduc'alcool mènent des actions de prévention et d'éducation depuis sa création en 1989[44]. Ce type d'initiative apparaît comme étant une solution efficace et complémentaire aux efforts entrepris par les gouvernements pour diminuer l'alcoolisme au sein de leurs sociétés. Effectivement, en observant conjointement les données de 2014 de l'Organisation mondiale de la Santé et de l'Institut national de santé publique du Québec, les Québécois consommaient en moyenne 8,5 litres d'alcool pur par personne, contre 13,30 litres pour un Américain et 13,20 litres pour un Canadien[45],[46]. À titre de comparaison, un Français consommait 12,9 litres et un Allemand 14,7 litres d'alcool pur par an et par personne pour cette même année[45].

Traitements[modifier | modifier le code]

Démarche de soins[modifier | modifier le code]

Spontanément, la personne alcoolodépendante n'ira que très tardivement vers une structure de soins. Souvent, elle n'entamera cette démarche que sous la contrainte (du conjoint par exemple), lors d'une autre pathologie, lors d'un sevrage brutal non prévu, par honte de son état ou par crainte de perdre la raison, ou encore de mourir. Il lui est très difficile de parler de son problème et la personne alcoolodépendante présente souvent un déni de sa dépendance. Ainsi, ne pouvant pas parler de sa difficulté, elle restera longtemps à en souffrir, seule. Un principe de l'alcoologie réside alors à lui proposer « l'avance de la parole » : à aborder le sujet sans attendre qu'elle le fasse elle-même, et sans attendre non plus qu'elle approuve ce qui lui est dit, peut-être même qu'elle ne répondra rien. Il semble en effet que l'alcoolodépendance, et le déni, entraîne un changement du rapport à la langue au point que les modalités conversationnelles sont modifiées[47],[48].

En abordant le problème avec l'individu, l'entourage peut ainsi contribuer à l'amener plus rapidement à une démarche de soins. Actuellement, la modalité d'entretien le plus souvent préconisé est l'entretien motivationnel.

Sevrage[modifier | modifier le code]

Groupe de parole.

L'abstinence est souvent prônée afin d'arrêter l'évolution de la dépendance et de revenir à une vie « normale ». La maladie étant chronique, il n'est pas question de « guérison » mais plutôt de « rétablissement ».

En raison de la dépendance induite, le sevrage est souvent délicat, exposant à un risque important de rechute. Il est facilité si l'alcoolodépendant est accompagné socialement et médicalement, si le sevrage est programmé et si l'alcoolodépendant a déjà vécu l'expérience du sevrage et de la rechute. L'abstinence définitive résultant aussi d'un processus d'apprentissage.

Le sevrage est effectué en ambulatoire dans la plupart des cas, et en hospitalisation pour les cas les plus à risque de complications (il existe des services spécialisés en alcoologie). De nombreuses associations peuvent aider le malade alcoolique, abstinent ou non. Ces associations sont souvent des mouvements d'anciens buveurs. L'utilisation de groupes de paroles (les plus connus étant les Alcooliques anonymes, Alcool Assistance (anciennement La Croix d'Or), la Croix-Bleue, Vie Libre, Alcool Écoute Joie et Santé, le Nouveau Chemin) est d'une certaine efficacité dans le maintien d'une abstinence à long terme[49]. Certains courants prônent non pas l'abstinence mais un contrôle de la consommation alcoolique. Ces courants sont minoritaires à l'heure actuelle mais ces méthodes sont reprises parfois en psychothérapie et les résultats des tests ne permettent pas à l'heure actuelle d'invalider l'une ou l'autre des méthodes[50].

Prévention de la rechute[modifier | modifier le code]

Le traitement de l'addiction à l'alcool n'est pas seulement pharmacologique, il est aussi psychologique. Le soutien de la personne dépendante à l'alcool est important, quel que soit le niveau d'abstinence. Le recours à la psychothérapie peut être une possibilité. De nombreux mouvements d'anciens buveurs tels que les Alcooliques anonymes ou Vie Libre, qui fonctionnent sous la forme de groupes de paroles, jouent aussi un rôle efficace pour aider les malades alcooliques à parvenir à l'abstinence complète d'alcool.

Les spécialités médicamenteuses disponibles pour la prévention de la consommation d'alcool ont plusieurs objectifs :

  • recherche de l'effet Antabuse, par exemple avec le disulfirame : l'absorption d'alcool provoque alors des effets secondaires désagréables, mais parfois dangereux ; ce médicament n'est plus recommandé en raison de sa faible efficacité et de sa dangerosité en cas de consommation d'alcool ;
  • diminution de l'appétence : l'acamprosate et le naltrexone permettent de diminuer l'appétence pour l'alcool. Néanmoins, malgré près de vingt ans d'utilisation de ces médicaments sur des millions de sujets alcoolodépendants, aucune réduction de la mortalité ni de la morbidité de l'alcoolisme n'a été rapportée et le taux de rechute pour les patients qui réussissent à devenir abstinents est de l'ordre de 90 %[51].

D'autres molécules sont à l'essai, comme le baclofène. Il s'agit d'un myorelaxant indiqué dans le traitement de la spasticité musculaire, un trouble bénin mais hautement inconfortable observé par exemple dans les suites d'un accident vasculaire cérébral, chez les paraplégiques, les patients atteints de sclérose en plaques ou dans l'infirmité motrice cérébrale mais aussi dans le simple torticolis spasmodique[52]. Il est commercialisé sous le nom de Liorésal, mais génériqué depuis les années 1980. Il est prescrit depuis 1966 comme traitement de confort. L'AMM autorise jusqu'à 80 milligrammes par jour. Au-delà, il est question de hautes doses. Le baclofène a cependant été testé comme traitement de confort pour des troubles bénins à des doses de 300 milligrammes par jour[53] pendant plusieurs années consécutives chez l'adulte et de 180 milligrammes par jour (par exemple pour des torticolis chez l'enfant)[52] sans effets secondaires limitants. Ils soulignent n'avoir jamais rencontré d'effets secondaires importants. Les plus fréquents sont de la somnolence ou de la faiblesse musculaire qui tous deux régressent toujours en 24 ou 48 heures sans jamais laisser de séquelles.

Cette efficacité du baclofène est à prendre avec beaucoup de précaution. Les quelques études allant dans le sens d'une diminution de la consommation d'alcool sous traitement par baclofène n'ont pas un niveau de preuve scientifique suffisant[54],[55],[56], tel qu'argumenté par l'Afssaps encore à ce jour : « l'efficacité du baclofène dans la prise en charge de l'alcoolo-dépendance n'est pas encore démontrée »[57].

Epidémiologie et prévalence[modifier | modifier le code]

Epidémiologie[modifier | modifier le code]

Morbidité -ajustée à l'année de vie induite par l'alcool pour 100,000 habitants en 2004. Modèle:Refbegin
  •      no data
  •      <50
  •      50-170
  •      170-290
  •      290-410
  •      410-530
  •      530-650
  •      650-770
  •      770-890
  •      890-1010
  •      1010-1130
  •      1130–1250
  •      >1250
  • Modèle:Refend

    l'OMS estime qu'il y avait dans le monde en 2010 environ 208 million de personnes alcoolique dans le monde (4.1% des plus de 15 ans)[58],[59] Substance use disorders are a major public health problem facing many countries. "The most common substance of abuse/dependence in patients presenting for treatment is alcohol."[60]. Au Royaume-Uni plus de 2.8 millions de buveurs étaient dépendants à l'alcool en 2001[61] et environ 12% des américains adults reconnaissent être ou avoir été dépendant de l'alcool[62], de même en Europe de l'Ouest pour 10 à 20 % des hommes et pour 5 à 10 % de femmes[63]. L'Estonie a le taux de mortalité le plus élevé lié à l'alcool en Europe (en 2015)[64]. Aux Etats-Unis environ 30% des personnes admises en hôpital ont un problème avec l'alcool[65].

    L'association américaine "Medical Association" considère l'alcool comme une drogue, et affirme que «la toxicomanie est une maladie cérébrale chronique et récurrente caractérisée par une recherche et une utilisation compulsives de drogues malgré des conséquences souvent dévastatrices. Elle résulte d’un jeu complexe de vulnérabilité biologique, d’exposition environnementale et de facteurs développementaux (dont "maturité cérébrale") [66]. La proportion de femmes alcoolique a augmenté, mais les hommes restent plus nombreux[67]. Des éléments de preuves laissent penser que chez les hommes comme chez les femmes, de 50 à 60 percent des cas d'alcoolisme seraient favorisés par des facteurs génétiques, ce qui laisse 40 à 50 % des cas qui seraient liés à des facteurs socio-environnementaux purs[68] Most alcoholics develop alcoholism during adolescence or young adulthood[69]. 31 % des étudiants américains montrent des signe d'abus d'alcool, et 6% sont alcohol-dépendants ; et si l'on utilise les nouveaux critères du DSM ils seraient 37% et non pas 31% [70].

    Prévalence[modifier | modifier le code]

    En Europe, la quantité d'alcool consommée par habitant diminue depuis le début des années 1980[71],[72]. En France la consommation moyenne par personne était cependant en 2014 d'environ 74 bouteilles de vin + 137 bouteilles de bière + 9 bouteilles de whisky, soit 12 litres d’alcool pur alerte la cour des comptes en 2016[73].

    Le graphique suivant représente pour différents pays la consommation d'alcool par an et par habitant âgé de 15 ans et plus, en litres d'alcool pur, pour l'année 2003.

    À l'échelle mondiale, en 2004, l'Organisation mondiale de la santé estime à 140 millions le nombre de personnes qui étaient en 2003 en dépendance à l'alcool, la France étant le 4ème pays le plus touché.

    Consommation en litres d'alcool pur par personne de 15 ans et plus par année et par pays. OMS, 2004.

    En France[modifier | modifier le code]

    En 2002, 93 000 hospitalisations ont eu comme diagnostic principal des troubles mentaux et du comportement la consommation d'alcool [74] et en 2003, 100 000 personnes ont consulté dans un centre de cure en alcoologie[75] et 48 000 consultent un médecin pour un sevrage[76]. Vers 2006, environ 5 millions de personnes avaient un problème avec l'alcool, dont 2 millions étaient alcolo-dépendantes[77] (soit plus de 7 800 personnes pour 100 000 habitants), dont 600 000 femmes ; d'après une étude récente[78], chaque Français de 15 ans et plus a consommé en moyenne 13,4 litres d'alcool pur en 2003 (ce qui représente trois verres standards d'alcool par jour et par habitant).

    Des associations d'anciens buveurs (Alcool Assistance, Alcooliques anonymes, Croix-Bleue, Vie Libreetc.) participent au traitement de la maladie alcoolique et permettent aux malades de se rétablir durablement.

    Selon une étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire (InVS) le 7 juillet 2015, plus de 580 000 hospitalisations dues à l'alcool ont eu lieu en France en 2012. Le coût estimé de ces hospitalisations est de 2,64 milliards d'euros[79].

    Dans une étude financée par la Direction générale de la santé, pilotée par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) et publiée en 2015, l'économiste Pierre Kopp, qui s'est appuyé sur des données épidémiologiques et sanitaires se rapportant à 2010, évalue le coût social de l'alcool pour la société française à 118 milliards d'euros, prenant en compte le coût des vies perdues (66 milliards pour les 49 051 décès annuels liés à l'alcool[80]), des pertes de production (9 milliards) ou de la qualité de vie (39,1 milliards) des 3,8 millions de « consommateurs à problèmes », le montant des dépenses publiques de soins (7,7 milliards d'euros pour soigner 1 418 237 malades liés à la consommation d'alcool), de prévention et de répression (283 millions), mais aussi les recettes des taxes (3,2 milliards) et les économies que représentent les retraites non versées (1,7 milliard)[81].

    Dans les années 1950 c'était en France qu'on consommait le plus d'alcool (22 litres d'alcool pur par habitant et par an en 1951)[82], et dans le pays, lan Bretagne détenait le record de consommation[82].

    Au Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

    Le Gouvernement Britannique estime que 9 % des hommes britanniques résidants manifestent des signes de dépendance à l'alcool[83],[84]. Le nombre de nuitées d'hôpital dues à l'alcool est d'environ un million[85],[86]. En 2012, le premier ministre David Cameron a souhaitait un prix minimum par unité d'alcool vendue[87] afin de combattre le « binge drinking » (absorption rapide de grandes quantités d'alcool) qui est un problème de santé publique[87].

    En Russie[modifier | modifier le code]

    Article détaillé : Alcoolisme en Russie.

    Histoire et société[modifier | modifier le code]

    Coût socioéconomique de l'alcoolisme[modifier | modifier le code]

    Il est considérable, par ses couts directs et indirects de conséquences sanitaire, par l'absentéisme et la perte de productivité au travail et par la criminalité qui y est associée. Il serait presque de 39 milliards de dollars par an en Grande-Bretagne[49] et 17,4 milliards d'euros en France, dépassant 200 milliards de dollars annuel aux États-Unis[88]. Il atteindrait 1 % du produit national brut des pays développés[89].

    Divers accidents et criminalité[modifier | modifier le code]

    En France, il est estimé que 10 à 20 % des accidents du travail sont imputables à l'alcool[90] et 10 % des salariés ont une consommation problématique d'alcool[91]. Chez les jeunes, 50 % des accidents mortels de la circulation sont associés à une consommation d'alcool. L'alcool est associé dans 50 % des bagarres et 50 à 60 % des crimes et délits. Ces statistiques sont particulièrement sujettes à caution (ne pas confondre association et cause-conséquence) : l'évaluation rigoureuse est très difficile en raison d'une dénégation quasi constante des faits.

    Alcoolisme et mortalité[modifier | modifier le code]

    L'alcoolisme a causé environ 1 800 000 morts par an dans le monde vers 2004 (soit autour de 3 % des décès[92]), dont 45 000 en France (deuxième cause de mortalité évitable en France après le tabac)[77] (73 pour 100 000 habitants) — 23 000 décès directs — 11 000 cancers des lèvres, de la bouche, du pharynx et du larynx, 9 000 cirrhoses, 2 500 par alcoolodépendance, et 22 000 morts indirectes (troubles mentaux, maladies cardiovasculaires, accidents, etc.).

    Tous les ans, de 5 000 à 7 000 bébés naissent en France avec des malformations graves (syndrome d'alcoolisation fœtale) en raison de l'alcoolisation de la mère ; dans le Pas-de-Calais, cela représente 1 naissance sur 3 000. En France, il est considéré que l'alcoolisme est la quatrième cause de mortalité après le suicide, l'obésité et le tabac, et devant les maladies infectieuses et les accidents de la route.

    Les risques de cirrhose et d'accidents sont bien connus de la majorité des Français, mais il n'en est pas de même des risques de cancers et de maladies cardio-vasculaires. Pour les maladies cardio-vasculaires, les études scientifiques montrent qu'une consommation modérée (un verre par jour) diminue le risque cardio-vasculaire, mais qu'une consommation de plus de trois verres l'augmente rapidement. L'excès d'alcool crée également des carences en vitamines, ce qui diminue la résistance aux maladies. L'association alcool–tabac est un facteur d'aggravation du risque, qui devient alors supérieur à la somme des risques de l'alcool et du tabac pris séparément.

    Aspects juridiques[modifier | modifier le code]

    Conseil de l'Europe[modifier | modifier le code]

    L'article 5 de la Convention européenne des droits de l'homme dit : « Toute personne a droit à la liberté et à la sûreté. Nul ne peut être privé de sa liberté, sauf dans les cas suivants et selon les voies légales :
    [...]
    s'il s'agit de la détention régulière d'une personne susceptible de propager une maladie contagieuse, d'un aliéné, d'un alcoolique, d'un toxicomane ou d'un vagabond ;
    [...]
    Toute personne arrêtée doit être informée, dans le plus court délai et dans une langue qu'elle comprend, des raisons de son arrestation et de toute accusation portée contre elle.
    [...]
    Toute personne privée de sa liberté par arrestation ou détention a le droit d'introduire un recours devant un tribunal, afin qu'il statue à bref délai sur la légalité de sa détention et ordonne sa libération si la détention est illégale.
    Toute personne victime d'une arrestation ou d'une détention dans des conditions contraires aux dispositions de cet article a droit à réparation. »

    Ce texte n'impose pas que la détention d'un alcoolique soit décidée par une autorité judiciaire : en effet, la disposition de cet article selon laquelle « Toute personne arrêtée ou détenue, dans les conditions prévues au paragraphe 1.c du présent article, doit être aussitôt traduite devant un juge ou un autre magistrat habilité par la loi à exercer des fonctions judiciaires et a le droit d'être jugée dans un délai raisonnable, ou libérée pendant la procédure » s'applique uniquement aux personnes « arrêté[es] et détenu[es] en vue d'être conduit[es] devant l'autorité judiciaire compétente, lorsqu'il y a des raisons plausibles de soupçonner qu'[elles ont] commis une infraction ou qu'il y a des motifs raisonnables de croire à la nécessité de l[es] empêcher de commettre une infraction ou de s'enfuir après l'accomplissement de celle-ci ».

    Jurisprudence[modifier | modifier le code]

    Arrêt Witold Litwa c. Pologne, 4 avril 2000 : « les personnes dont la conduite et le comportement sous l'influence de l'alcool constituent une menace pour l'ordre public ou pour elles-mêmes, même si aucun diagnostic d'« alcoolisme » n'a été posé les concernant, peuvent être détenues à des fins de protection du public ou dans leur propre intérêt, par exemple leur santé ou leur sécurité personnelle.

    62. Il ne faut pas en déduire que l'article 5 § 1 e) de la Convention peut être interprété comme autorisant la détention d'un individu simplement parce qu'il consomme de l'alcool. Toutefois, pour la Cour, dans le texte de l'article 5, rien n'indique que cette disposition interdit à un État de prendre cette mesure à l'égard d'un individu qui abuse d'alcool afin de restreindre les effets néfastes de sa consommation pour lui-même et pour la société, ou pour empêcher un comportement dangereux après l'ingestion d'alcool. »

    Histoire[modifier | modifier le code]

    Lutte contre l'alcoolisme avec appel aux femmes, épouses et mères de famille.
    Conférence anti-alcoolique donnée aux détenus de la prison de Fresnes (couverture du Petit Parisien illustré, 1903).

    Les boissons alcoolisées étaient autrefois plus pauvres en alcool, mais les conduites d'alcoolisation sont anciennes. On en retrouve trace dans la mythologie et les récits anciens. Les ivresses de Dionysos (dieu de la vigne, du vin et de ses excès) et celles de Noé sont célèbres. En 3000 av. J.-C., les Sumériens avaient déjà inventé les pictogrammes bière et brasseur. En hiéroglyphes égyptiens, le mot repas est représenté par l'association du pain et de la bière. À Pompéi, environ deux cents tavernes sont encore identifiables. Marc Antoine était connu pour son alcoolisme. Horace est à l'origine du proverbe latin : « Nunc est bibendum » signifiant « c'est maintenant qu'il faut boire ». Tibère était surnommé Biberius Caldius Mero : le Buveur de vin pur et chaud et Attila est décédé d'un syndrome de Mallory-Weiss.

    Les Gaulois achetaient des vins grecs et romains. Parfois était échangée une amphore de vin contre un esclave. Des vétérans de l'armée romaine lors de leur retraite militaire pouvaient recevoir des terres à cultiver, vignes éventuellement. Les Gaulois experts en ferronnerie développèrent l'utilisation du tonneau[93].

    Dès le XVIe siècle apparaissent des sociétés de tempérance[94]. Au XVIIIe siècle, les boissons alcoolisées coûtent cher. Deux modes de consommation s'opposent. Les maîtres et leurs valets ont une alcoolisation régulière et le peuple s'alcoolise les jours chômés (dimanche, fêtes). À la veille de la Révolution française, le prix du vin triple quand il franchit la porte de Paris. Le 12 juillet 1789, le mur des fermiers généraux (barrières pour payer l'octroi à l'entrée de Paris) est pillé et le vin peut ainsi passer librement quelques jours. Dès la fin de la révolution, le prix du vin réaugmente. Le vin consommé sur l'eau (la Seine) échappe cependant à cette taxe. C'est le cas du vin d'Argenteuil appelé Picolo d'où le terme picoler[réf. nécessaire].

    La révolution industrielle bouleverse la production et le transport d'alcool (avec l'apparition du chemin de fer) entraînant irrémédiablement une augmentation massive des ventes (en 1850, la France compte un débit de boisson pour 100 habitants). L'exode rural plonge des millions de gens dans la précarité, et les nouvelles régions industrielles sont les premières régions d'alcoolisation de masse. L'eau potable se développe aussi, via des sociétés spécialisées dans la désinfection et la distribution d'eau (ex : Compagnie générale des eaux créée en 1853). <vr>Contrairement à une idée répandue, le paysan jusqu'au XIXe siècle boit essentiellement de l'eau ou un vin très léger issu de la deuxième ou troisième presse[95].

    La production d'alcool triple presque entre 1820 (350 mille hectolitres) et en 1869 (978 mille hectolitres) selon le journal la Tempérance qui s'implique contre ce « fléau »[96].

    L'hygiénisme triomphant de la fin du XIXe siècle se traduit par la loi du 23 janvier 1873 qui réprime l'ivresse publique et manifeste en France.

    Au cours de la Première Guerre mondiale, le vin est baptisé pinard dans les tranchées et l'eau-de-vie appelée la gnôle des combattants. Ces produits sont particulièrement appréciés sur les champs de bataille en raison de leurs propriétés désinhibitrices et anxiolytiques. Ce conflit est, comme le service militaire ou les guerres coloniales, l'occasion pour les hommes de faire l'apprentissage de l'alcool lorsqu'il n'a pas eu lieu avant la conscription[97]. De l'époque ancienne jusqu'au milieu du XXe siècle, l'espérance de vie étant faible, l'impact au long cours des conduites d'alcoolisation l'était aussi. Les pathologies d'apparition tardive, comme les cancers des voies aérodigestives supérieures, les cirrhoses, etc. étaient des problèmes de santé beaucoup moins répandus que la famine ou certaines épidémies. Avec l'augmentation de l'espérance de vie, ces problèmes de santé prirent une place de plus en plus importante dans la société jusqu'à être actuellement la deuxième cause de mortalité évitable en France après la consommation de tabac[95].

    En 1954, le gouvernement français de Pierre Mendès France définit, pour la première fois, une certaine politique hygiéniste sur l'alcool sous tous ses aspects : production, distribution, consommation[98]. Par le décret du 13 novembre 1954, Mendès France crée le Haut Comité d'études et d'information (HCEIA, instance dissoute en 1991), et nomme à sa tête Robert Debré. La circulaire du 26 novembre 1954 puis le décret du 27 juillet 1956 rend obligatoire en France la distribution du verre de lait sucré à l’école, au profit des enfants âgés de moins de douze ans (ce qui suscite railleries de la presse et des chansonniers alors que le verre d'alcool donné pendant les repas au collège était jusque-là considéré comme normal), contrer la dénutrition mais aussi assurer un débouché au « fleuve blanc »[99].

    Médias[modifier | modifier le code]

    Arts[modifier | modifier le code]

    Affiche du peintre Frédéric Christol (1850-1933), intitulée L'Alcool ! Voilà l'ennemi.

    L'alcoolisme est très présent dans les lettres et les arts. Il constitue un ressort dramatique permettant la modification, soit progressive et de fond, soit au contraire temporaire mais brutale, du caractère d'un personnage. Permettant notamment de donner lieu à des événements extraordinaires (un crime sous l'emprise de l'alcool) ou de montrer une lente dégradation (comme dans L'Assommoir de Zola).

    Littérature[modifier | modifier le code]

    Cinéma[modifier | modifier le code]

    Notes et références[modifier | modifier le code]

    Notes[modifier | modifier le code]

    1. Elle associe plus de 1800 chercheurs de 127 pays sous l'égide de l'OMS.
    2. Culturellement intégré à notre mode de vie et totalement légale, l'alcool est pourtant classé en drogue dure par les experts en toxicologie et addictions[24].
    3. L'alcool a causé la mort de plus de 3 millions de personnes en 2012 et l'ONU estime que l'alcool est responsable d'un décès sur 20 dans le monde, soit plus que le sida, la tuberculose et la violence réunis[26].

    Références[modifier | modifier le code]

    1. (en) M. Taylor, K. Mackay, J. Murphy, A. McIntosh, C. McIntosh, S. Anderson et K. Welch, « Quantifying the RR of harm to self and others from substance misuse: results from a survey of clinical experts across Scotland », BMJ Open, vol. 2, no 4,‎ , e000774–e000774 (DOI 10.1136/bmjopen-2011-000774, lire en ligne)
    2. Classification internationale des maladies de l'OMS, Liste de codes CIM-10 (F10)
    3. À propos du concept de Magnus Huss
    4. a et b INPES / Mildt, Drogues & dépendances, le livret d'information, état des connaissances, éditions INPES, , 179 p., relié
    5. Amnon Jacob Suissa (2008) Pourquoi l'alcoolisme n'est pas une maladie, 231 pages, Éditions FIDES.
    6. Expertise collective. Alcool. Effets sur la santé. Paris : Les éditions Inserm ; 2001, p. 358.
    7. Recommandation n°8 du rapport de Santé publique France : Avis d’experts relatif à l'évolution du discours public en matière de consommation d'alcool en France |voir p.14
    8. Perea F. et Morenon J., 2009, Langage et clinique de l'alcoolisme, éd. Presses Universitaires de la Méditerranée
    9. Adès J. & Lejoyeux M. (2003) Alcoolisme et psychiatrie, données actuelles et perspectives, Paris: Masson.
    10. (en) Brown S.A., Goldman M.S., Inn A. & Anderson L.R. (1980) Expectations of reinforcement from alcohol: Their domain and relation to drinking patterns. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 48 (4), 419-426.
    11. Young J.E., Klosko J.S. et Weishaar M.E. (2005) La thérapie des schémas, approche cognitive des troubles de la personnalité. Bruxelles: De Boeck.
    12. Beck et al. 1993; validé par Hautekèete et al. 1999 Hautekèete M., Cousin I. & Graziani P. (1999) « Pensées dysfonctionnelles de l'alcoolo-dépendance: Un test du modèle de Beck : schémas anticipatoire, soulageant et permissif » Journal de Thérapie Comportementale et Cognitive 9(4):108-112.
    13. (en) Beck A.T., Wright F.D, Newman C.F. & Liese B.S. (1993) Cognitive Therapy of Substance Abuse. New York : Guilford Press.
    14. Cottraux J. (2004) Les Thérapies Comportementales et Cognitives, Paris: Masson.
    15. « Santé publique France - Avis d'experts relatif à l'évolution du discours public en matière de consommation d'alcool en France organisé par Santé publique France et l'Institut national du cancer », sur www.santepubliquefrance.fr (consulté le 15 septembre 2018).
    16. (en) « Alcohol use and burden for 195 countries and territories, 1990–2016: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2016 », sur The Lancet (consulté le 15 septembre 2018)
    17. « Boire un verre de vin par jour n'est pas sans danger pour la santé », sur France 3 Bourgogne-Franche-Comté, (consulté le 15 septembre 2018).
    18. « Santé: Pas une goutte d'alcool sans danger - Vivre - tdg.ch », sur tdg.ch/ (consulté le 15 septembre 2018).
    19. a et b « Alcool : selon une étude, boire un verre par jour n'est pas du tout «bon» pour la santé - 24/08/2018 », sur ladepeche.fr (consulté le 15 septembre 2018)
    20. « Même avec un seul verre par jour, l'alcool nuit à la santé », sur www.20minutes.fr (consulté le 15 septembre 2018)
    21. https://www.facebook.com/RadioFranceInternationale, « Aucune consommation d’alcool n’est sans danger pour la santé d’après une étude - Science - RFI », sur RFI, RadioFranceInternationale, (consulté le 15 septembre 2018)
    22. BFMTV, « Etude: il n'y a pas de niveau minimum d'alcool qui soit sans danger pour la santé », sur BFMTV (consulté le 15 septembre 2018)
    23. Le Point, magazine, « Alcool : une étude démolit « le mythe » du petit verre bon pour la santé », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 15 septembre 2018)
    24. Topsante.com, « L'alcool, une drogue dure - Top Santé », sur Topsante.com, (consulté le 15 septembre 2018).
    25. « Addictions: L'alcool en tête des drogues les plus mortelles », sur www.20minutes.fr (consulté le 15 septembre 2018)
    26. « L'alcool a causé la mort de plus de 3 millions de personnes en 2012 », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 15 septembre 2018).
    27. JJ Denimal « Étude des pathologies survenant chez une population de pêcheurs de Boulogne-sur-Mer » Les cahiers de l'analyse des données tome 9, no 1 (1984), p. 67-82, version numérisée par NUMDAMDam
    28. Valeix P, Faure P, Bertrais S, Vergnaud A.C, Dauchet L & Hercberg S (2008) Effects of light to moderate alcohol consumption on thyroid volume and thyroid function. Clinical endocrinology, 68(6), 988-995 (résumé).
    29. Garaycoechea J.I, Crossan G.P, Langevin F, Mulderrig L, Louzada S, Yang F... & Stratton M.R (2018) Alcohol and endogenous aldehydes damage chromosomes and mutate stem cells. Nature | résumé
    30. Fiorenza Gracci (2018) A l'origine des dégâts de l'alcool : il endommage l'ADN des cellules souches, article de Science et vie, publié le 1er février 2018 ; consulté le 2 février 2018
    31. a et b (en) Wu YL, Loucks HH. « Carcinoma of esophagus or cardia of stomach. Analysis of 172 cases with 81 resections » Ann Surg. 1951;134:946-56.
    32. (en) Hirayama T. « Epidemiology of cancer of oesophagus » Jap J Pub Health 1955;2:658-63.
    33. AJ Tuyns, G Péquignot et OM Jensen… « Le cancer de l'œsophage en Ille-et-Vilaine en fonction des niveaux de consommation d'alcool et de tabac » Bulletin du Cancer 1977;64(1):45-60. univ-lyon1
    34. D Schwartz et al. « Alcool et cancer: résultats d'une enquête rétrospective » Revue Française d'Études Cliniques Biologiques. 1962
    35. (en) Schütze M, Boeing H, Pischon T et al. Alcohol attributable burden of incidence of cancer in eight European countries based on results from prospective cohort study, BMJ, 2011:7;342:d1584
    36. Conclusions du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC).
    37. Alcohol Guidelines ReviewReport from the Guidelines Development Group to the UK Chief Medical Officers (published January 2016 with the consultation on the langage and understanding of the UK Chief Medical Officers low-risk alcohol guidelines)
    38. Ribassin-Majed, L., Le-Teuff, G., & Hill, C. (2017). La fréquence des cancers en 2016 et leur évolution.) , Bulletin du Cancer, 104(1), 20-29
    39. (en) Lance P. Longo & Brian Johnson, « Addiction: Part I. Benzodiazepines -- Side Effects, Abuse Risk and Alternatives », American Family Physician,‎ (lire en ligne)
    40. Wilson G.T. (1977) Alcohol and human sexual behavior, Behavior Research and Therapy, 15 (3), 239-252.
    41. (en) Brown J.L. & Vanable P.A. (2007) Alcohol Use, Partner Type, and Risky Sexual Behavior among College Students: Findings from an event-level Study, Addictive Behaviors, 32 (12), 2940-2952.
    42. (en) Laumon et al., Cannabis and fatal road crashes in France, Bristish Medical Journal, 2005
    43. (en) Anderson P, Chisholm D, Fuhr DC, Effectiveness and cost-effectiveness of policies and programmes to reduce the harm caused by alcohol, Lancet, 2009;373:2234-2246
    44. « À propos de nous », sur educalcool.qc.ca, s.d. (consulté le 5 janvier 2017)
    45. a et b Organisation mondiale de la Santé, Global status report on alcohol and health, Genève, , 392 p. (lire en ligne), p. 289-296
    46. Institut national de la santé publique du Québec, Portrait de la consommation d’alcool au Québec de 2000 à 2015, Québec, , 32 p. (lire en ligne), p. 8
    47. L'alcoolisme sous silence: Approche linguistique du déni de l'alcoolique, sur le site inist.fr, consulté le 5 janvier 2016.
    48. L’entretien de liaison alcoologique : abords langagiers, sur le site cairn.info, consulté le 5 janvier 2016.
    49. a et b (en) Parker AJ, Marshall EJ, Ball DM, Diagnosis and management of alcohol use disorders, BMJ, 2008;336:496-501
    50. Peele S, Au plus profond d'un verre, sur le site peele.net.
    51. (en) Heinz A, Beck A, Grüsser SM, Grace AA, Wrase J. Identifying the neural circuitry of alcohol craving and relapse vulnerability. Addict Biol. 2008 Oct 9.
    52. a et b (en) Greene P. Baclofen in the treatment of dystonia. Clin Neuropharmacol. 1992 Aug;15(4):276-88
    53. (en) Ameisen O. Complete and prolonged suppression of symptoms and consequences of alcohol-dependence using high-dose baclofen: a self-case report of a physician, Alcohol Alcohol, 2005;40:147-50
    54. (en) Bucknam W, Suppression of symptoms of alcohol dependence and craving using high-dose baclofen, Alcohol Alcohol 2007;42:158-60
    55. (en) Agabio R, Marras P, Addolorato G, Carpiniello B, Gessa GL, Baclofen suppresses alcohol intake and craving for alcohol in a schizophrenic alcohol-dependent patient: a case report, J Clin Psychopharmacol, 2007;27:319-20
    56. (en) Addolorato G, Leggio L, Ferrulli A et Als. Effectiveness and safety of baclofen for maintenance of alcohol abstinence in alcohol-dependent patients with liver cirrhosis: randomised, double-blind controlled study, Lancet, 2007; 370:1915-1922
    57. "Sevrage alcoolique : la bataille du baclofène n'est pas finie", Dépêche AFP du 25 avril 2012.
    58. (en) Global status report on alcohol and health 2014, Organisation mondiale de la santé, (ISBN 9789240692763, lire en ligne), p. 51
    59. (en) « Global Population Estimates by Age, 1950–2050 », sur pewglobal.org, (consulté le 27 novembre 2018)
    60. Glen O. Gabbard, Treatments of psychiatric disorders, Washington, DC, American Psychiatric Press, (ISBN 978-0-88048-910-2, lire en ligne)
    61. « Alcohol misuse: How much does it cost? » [archive du ] [PDF], Cabinet Office Strategy Unit,
    62. DS Hasin, FS Stinson, E Ogburn et BF Grant, « Prevalence, Correlates, Disability, and Comorbidity of DSM-IV Alcohol Abuse and Dependence in the United States », Archives of General Psychiatry, vol. 64, no 7,‎ , p. 830–42 (PMID 17606817, DOI 10.1001/archpsyc.64.7.830)
    63. « alcoholism » [archive du ], Encyclopædia Britannica,
    64. Dimitris Ballas, Danny Dorling et Benjamin Hennig, The Human Atlas of Europe, Bristol, Policy Press, (ISBN 9781447313540, lire en ligne), p. 73
    65. Luisa Vonghia, Lorenzo Leggio, Anna Ferrulli, Marco Bertini, Giovanni Gasbarrini, Giovanni Addolorato et Alcoholism Treatment Study Group, « Acute alcohol intoxication », European Journal of Internal Medicine, vol. 19, no 8,‎ , p. 561–567 (ISSN 1879-0828, PMID 19046719, DOI 10.1016/j.ejim.2007.06.033)
    66. (en) Nora Volkow, « Science of Addiction » [PDF], sur aaa-assn.org,
    67. H Walter, K Gutierrez, K Ramskogler, I Hertling, A Dvorak et OM Lesch, « Gender-specific differences in alcoholism: implications for treatment », Archives of Women's Mental Health, vol. 6, no 4,‎ , p. 253–8 (PMID 14628177, DOI 10.1007/s00737-003-0014-8)
    68. DM Dick et LJ Bierut, « The genetics of alcohol dependence », Current Psychiatry Reports, vol. 8, no 2,‎ , p. 151–7 (ISSN 1523-3812, PMID 16539893, DOI 10.1007/s11920-006-0015-1)
    69. Mary-Anne Enoch, « Genetic and environmental influences on the development of alcoholism: resilience vs. risk », Annals of the New York Academy of Sciences, vol. 1094, no 1,‎ , p. 193–201 (PMID 17347351, DOI 10.1196/annals.1376.019, Bibcode 2006NYASA1094..193E)
    70. « About 37 percent of college students could now be considered alcoholics » [archive du ], sur Emerald Media
    71. (en)Global Status Report on Alcohol 2004, sur le site who.int
    72. (en)[PDF]Global overviews: Alcohol consumption and beverage preferences, page 12.
    73. Cour des comptes (2016) Un Français consomme près de 12 litres d’alcool pur par an, juin 2016
    74. Données du PMSI
    75. Lutte contre l'alcoolisme, le dispositif spécialisé en 2003, Direction générale de la santé, 2003
    76. Observatoire français des drogues et toxicomanies, Paris, 2005
    77. a et b Julie Lasterade, « L'alcoolisme sur la table », dans Libération, 07/10/2006, [lire en ligne]
    78. Tableaux de l'Économie Française : Consommation d'alcool - Édition juillet 2007 publié par l'Insee
    79. « Plus de 580000 hospitalisations dues à l'alcool en 2012 », sur lesechos.fr (consulté le 7 juillet 2015)
    80. Ce coût se mesure par la valeur de l’année de vie perdue (115 000 ) qu’il est recommandé d’utiliser en France dans les calculs socio-économiques, Cf.(en) Single E., Collins D., Easton B., Harwood H., Lapsley H., Kopp P., Wilson E., « International guidelines for estimating the costs of substance abuse », Ottawa, CCSA-CCLAT, 2001, 69 p., et Quinet E., « L'évaluation socioéconomique des investissements publics », Paris, Commissariat général à la stratégie et à la prospective, 2013, 354 p.
    81. [PDF] Étude de Pierre Kopp, « Le coût social des drogues en France », Observatoire français des drogues et des toxicomanies, 10 septembre 2015, p. 6
    82. a et b Thierry Fillaut, Les Bretons et l'alcool (XIXe - XXe siècle), Rennes, ENSP, , 351 p. (ISBN 2-85952-507-6), p. 233
    83. https://www.alcoholconcern.org.uk/help-and-advice/statistics-on-alcohol/
    84. https://www.bbc.com/news/health-20498044
    85. https://www.theguardian.com/society/2014/oct/14/fewer-people-hospital-but-alcohol-harm-costs-nhs
    86. http://www.ambafrance-uk.org/Alcoolisme-l-inquietude-grandit-au
    87. a et b http://www.maxisciences.com/alcoolisme/le-royaume-uni-veut-lutter-contre-le-binge-drinking_art23069.html
    88. (en) Bouchery EE, Harwood HJ, Sacks JJ, Simon CJ, Brewer RD, Economic costs of excessive alcohol consumption in the U.S., 2006, Am J Prev Med, 2011;41:516-524
    89. (en) Rehm J, Mathers C, Popova S, Thavorncharoensap M, Teerawattananon Y, Patra J, Global burden of disease and injury and economic cost attributable to alcohol use and alcohol-use disorders, Lancet, 2009;372:2223-2233
    90. Cécile Prieur, « Combattre l'alcool au travail », dans Le Monde web, 23 mai 2006
    91. Synthèse d'études menées auprès de PME-PMI de Bretagne et Midi-Pyrénées par l'Anpaa, publié dans L'Express du 9 mars 2006, article Alcool : 1 salarié sur 10.
    92. (en)[PDF] WHO, Global status report on alcohol, 2004.
    93. Jean Paul Lacroix, Bois de la tonnellerie : de la forêt à la vigne et au vin, Gerfaut, (lire en ligne), p. 25
    94. Depuis celle fondée en 1524 par les grands Electeurs de Trèves et du Palatinat jusqu'à l'Union française anti-alcoolique fondée en 1897 par Paul Maurice Legrain.
    95. a et b Didier Nourrisson, Crus et cuites : Histoire du buveur, Librairie Académique Perrin, , 386 p.
    96. gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5407202n/f10.image.r=Schrammel.langFR
    97. Michel Craplet, À consommer avec modération. Alcool et dépendance, Odile Jacob, , 87 p.
    98. Politique d'assainissement du marché par des politiques d'arrachages ou d'orientation de la production, diminution de 40 % des privilèges des bouilleurs de cru, surtaxe des débitants de boissons, réglementation des points de vente (sur les lieux de travail notamment : les employeurs doivent désormais mettre de l'eau potable à disposition de leurs salariés) et en milieu scolaire (interdiction dans les repas pris à l'école, de la consommations de boissons alcoolisées jusqu'à la fin du collège, c'est-à-dire jusqu'à l'âge limite de la scolarisation obligatoire de quatorze ans), lancement de campagnes publicitaires anti-alcool. D'après Jacques Riquier, La Vie quotidienne des Français au XXe siècle, Booster-LPM, , p. 320
    99. Didier Nourrisson, Crus et cuites. Histoire du buveur, Perrin, , p. 236-261.

    Annexes[modifier | modifier le code]

    Bibliographie[modifier | modifier le code]

    Par ordre chronologique :

    • Paul Sérieux, avec Mathieu Félix, L’alcool, composition et effets des boissons alcooliques, l’hygiène de la boisson, la lutte contre l’alcoolisme, Alcan, coll. « Bibliothèque utile », 1895, 191 p.
    • Georges Malignac et Robert Colin, L'alcoolisme, préface d'Alfred Sauvy, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? » no 634, 1954, 128 p.
    • Alain de Mijolla avec Salem Shentoub : Pour une psychanalyse de l'alcoolisme, Éd. Payot, coll. « Science de l'homme », 1973, 418 p. Réédition coll. « Petite bibliothèque Payot », 2004, 540 p. (ISBN 2-228-89911-9)
    • Haut comité d’information et d’étude sur l’alcoolisme, L’alcoolisme, morbidité, mortalité, La documentation française, 1986, 47 p.
    • Bernard Hillemand, L'alcoolisme, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? » no 634, 1999, 127 p.
    • Expertise collective (Inserm), Alcool, effets sur la santé, Paris, Les éditions Inserm, , 49 p., PDF/broché (ISBN 2-85598-797-0, ISSN 1264-1782, lire en ligne)
    • Jean Maisondieu, Les femmes, les hommes, l'alcool : Une histoire d'amour, Payot, 2004, 350 p.
    • Paul Kiritzé-Topor, Aider les alcooliques et ceux qui les entourent, Éd. Abrégés-Masson, 2004, 240 p. (ISBN 2-294-01780-3)
    • Jean-Paul Descombey, L'économie addictive - L'alcoolisme et autres dépendances, Éd. Dunod, 2005. (ISBN 978-2-10-048837-7)

    Articles connexes[modifier | modifier le code]

    Liens externes[modifier | modifier le code]

    Sur les autres projets Wikimedia :