Marcel-Edmond Naegelen
| Marcel-Edmond Naegelen | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Gouverneur général de l’Algérie française | |
| – (3 ans et 26 jours) |
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| Prédécesseur | Yves Chataigneau |
| Successeur | Roger Léonard |
| Ministre de l'Éducation nationale | |
| – (2 ans et 17 jours) |
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| Président | Vincent Auriol |
| Gouvernement | Gouin Bidault I Blum III Ramadier I et II Schuman I |
| Prédécesseur | Paul Giacobbi |
| Successeur | Édouard Depreux |
| Député français | |
| – (13 ans et 29 jours) |
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| Élection | 21 octobre 1945 |
| Réélection | 2 juin 1946 10 novembre 1946 17 juin 1951 2 janvier 1956 |
| Circonscription | Bas-Rhin (1945-1946) Basses-Alpes (1951-1956) |
| Législature | Ire Constituante IIe Constituante Ire, IIe et IIIe (Quatrième République) |
| Groupe politique | SOC |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Belfort, Territoire de Belfort (France) |
| Date de décès | (à 86 ans) |
| Lieu de décès | Paris 16e (France) |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | SFIO |
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Marcel-Edmond Naegelen, né le à Belfort[1] et mort le à Paris, est un homme politique français, député socialiste, ministre et gouverneur général de l'Algérie.
Biographie
[modifier | modifier le code]Vie personnelle
[modifier | modifier le code]Fils d'un boulanger, Marcel-Edmond Naegelen fait ses études au lycée de Belfort, puis à l'École normale supérieure de Saint-Cloud. Il adhère à la SFIO en 1909 ou 1910. Il est mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, et plusieurs fois décoré. En 1919, il devient professeur de lettres à l'École normale d'instituteurs de Strasbourg, et rejoint Périgueux avec les élèves et d'autres enseignants en [2].
Débuts politiques
[modifier | modifier le code]En 1925, il est élu conseiller municipal, et constamment réélu jusqu'en 1940. Il devient conseiller général en 1937. Il est adjoint au maire de 1925 à 1929, puis de 1935 à 1940. Il échoue par contre à devenir député, battu en 1932 et 1936 par le dissident communiste autonomiste Jean-Pierre Mourer.
Seconde guerre mondiale
[modifier | modifier le code]En 1940, il dirige l'évacuation de la population de Strasbourg vers la Dordogne, puis s'engage dans la Résistance (réseau Combat). À la Libération, il est président de la Haute Cour de justice en 1944. Adjoint au maire de Strasbourg, il fut élu député socialiste du Bas-Rhin en 1945. De 1946 à 1948, il est ministre de l'Éducation nationale. Il réorganise le Conseil supérieur de l'Éducation nationale et la Comédie-Française. Il crée les séries techniques du baccalauréat. Sous son autorité est publié le plan Langevin-Wallon qui pose le principe de l’école unique et de l’égalité devant l’enseignement. De 1944 à 1947, il est membre du comité directeur de la SFIO.
Une figure coloniale à la tête de l'Algérie
[modifier | modifier le code]Adversaire déclaré des nationalistes algériens, considéré comme homme « à poigne », il remplace le modéré Yves Chataigneau, partisan de la conciliation, comme gouverneur général de l'Algérie, en 1948[3]. Naegelen « ne connaissait pas l'Algérie et rien ne le désignait pour cette tâche »[4].
Hostile à toute forme de nationalisme algérien, et notamment aux militants du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) de Messali Hadj qu'il confond dans une même opprobre avec les séparatistes alsaciens, il couvre l'administration dans la gigantesque opération de fraude électorale de l'élection de l'Assemblée algérienne qui, en avril 1948, a peuplé de candidats de l'administration dans le second collège de l'Assemblée algérienne, fraude qu'il nie puis justifie[5]. Ces « élections Naegelen » suscitent, tant en métropole qu'à l'étranger, diverses protestations que l'intéressé s'attache à minimiser.
En , il envoie une circulaire aux forces de l'ordre (police, gendarmerie, personnel pénitentiaire) rappelant que la torture et les sévices étaient proscrits par la loi. Cette instruction n'a guère d'effets. Plus généralement, Marcel-Edmond Naegelen se heurte à une forte hostilité des policiers d'Algérie[6]. En mars 1951, Naegelen, gouverneur de l'Algérie, démissionne à la suite d'une affaire d'élections truquées en 1951, et met en cause Hachemi Benchennouf dans un article publié dans Le Monde. Benchennouf, très content de cette démission, se félicitera « d'avoir eu la peau de Naegelen »[7],[8],[9],[10].
Prises de positions
[modifier | modifier le code]En 1956, il prend position pour l'Algérie française[11], mais, l'année suivante, se prononce pour la motion Defferre, favorable à une négociation avec les nationalistes algériens[12]. Sur son attitude pendant la guerre d'Algérie, l'historien Guy Pervillé a écrit : « Après le début de l’insurrection du F.L.N., Marcel Edmond Naegelen approuva les efforts de ses successeurs Jacques Soustelle puis Robert Lacoste. Il fut de 1956 à 1958 l’un des fondateurs et dirigeants de l’Union pour le Salut et le Renouveau de l’Algérie française. Sous la Ve République, il maintient sa position contre la nouvelle politique algérienne décidée par le général de Gaulle et approuvée par la majorité du parti socialiste. On dit que les organisateurs du putsch d’Alger d’avril 1961 avaient pensé à lui pour remplacer le Général à la Présidence de la République. »[13].
Retour en France
[modifier | modifier le code]Il revint en France métropolitaine et représenta les Basses-Alpes à l’Assemblée nationale de 1951 à 1958. Il représente l'Assemblée nationale française à l'Unesco. En 1953, il fut candidat de la gauche à la présidence de la République, d'abord opposé à Joseph Laniel, il réunit au treizième et dernier tour 328 voix contre 477 à René Coty. En 1954, il refusa le poste de résident général de France au Maroc. Battu aux élections législatives de 1958, il se retire de la vie politique.
En 1964, il reçoit le prix Clovis-Hugues pour son poème L'Immortelle espérance.
Il fut membre de l’Académie des sciences coloniales.
Fonctions gouvernementales
[modifier | modifier le code]- Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Gouin (du au )
- Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Bidault I (du au )
- Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Blum III (du au )
- Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Ramadier I (du au )
- Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Ramadier II (du au )
- Ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Schuman I (du au )
Ouvrages
[modifier | modifier le code]Marcel-Edmond Naegelen est l’auteur de nombreux ouvrages :
• Grandeur et Solitude de la France (1956, Ed. Flammarion)
- Mission en Algérie. Expériences et opinions d’un gouverneur général
- L’Attente sous les armes
- Une route plus large que longue
- L’Hexagonie, essai fantaisiste d'histoire contemporaine
- La France d'outre-mer, sa situation actuelle
- Histoire et figures d'Alsace
- Tito
- La Révolution assassinée Hongrie OCT.-NOV. 1956
Distinctions
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Chevalier de la Légion d'honneur ;
Médaille militaire ;
Croix de guerre - ;
Croix de guerre - ;
Médaille de la Résistance française avec rosette.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Les papiers personnels de Marcel-Edmond Naegelen sont conservés aux Archives nationales sous la cote 518AP[14].
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Léon Strauss, « Marcel Edmond Naegelen », in Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 28, p. 2796.
- Hélène Bigot (dir.), Jean-Claude Richez (dir.) et Léon Strauss (dir.), Résistantes et résistants strasbourgeois, Strasbourg, , 226 p. (ISBN 978-2-493781-33-8, ISSN 2970-0108), p. 135.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Archives conservées par : Archives nationales (518AP, p-ml7jwm95-1u29hlpt7aksh)
- Ressource relative à la recherche :
- Ressource relative à la vie publique :
- Ressource relative à la musique :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Acte de naissance n°35 avec mentions de mariage et décès », Archives départementales du Territoire de Belfort (consulté le ), p. 180/494
- ↑ « Naegelen, Marcel-Edmond (1892-1978) », IdRef - Identifiants et Référentiels pour l'ESR
- ↑ Bernard Droz, La Fin des colonies françaises, Gallimard-Découvertes, Paris, 2009, p. 52.
- ↑ Jean Maitron (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, éd. de l'Atelier, cédérom, 1997, article « Naegelen (Marcel-Edmond) »
- ↑ Bernard Droz, Naegelen, Marcel-Edmond (1892-1978), in L'Algérie et la France, Robert Laffont 2009, (ISBN 978-2-221-10946-5), p. 629 (et p. 66, article Assemblée algérienne du même auteur)
- ↑ Mohammed Harbi (dir.) et Benjamin Stora (dir.), La guerre d'Algérie, Paris, Hachette Littératures, coll. « Pluriel », , 1039 p. (ISBN 978-2-012-79279-1, OCLC 420611294), p. 146 et 550
- ↑ « Le ministère de l'intérieur tient pour définitive la démission de M. Naegelen », Le Monde, (lire en ligne
)
- ↑ « Une lettre de M. Benchennouf », Le Monde, (lire en ligne
)
- ↑ Naegelen reprochait à l’administrateur de la commune mixte de Khenchela, Charles Laussel, d’avoir faussé les élections à l’Assemblée algérienne pour y faire élire frauduleusement le bachaga Benchenouf, député apparenté au MRP. En réalité, comme le précise Pierre Cazejust, c'est Naegelen qui avait tenté de truquer l'élection, ce qui provoqua sa démission.
- ↑ Pierre Cazejust, Beauvau, 1944-1985, Lettres du Monde, 1995, p. 36, lire en ligne
- ↑ « Un exposé de M. Naegelen », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, op. cit.
- ↑ Marcel-Edmond Naegelen, sur guy.perville.free.fr (notice publiée dans la revue de l'ARDBA, no 12, mai 1990, p. 77-81).
- ↑ Archives nationales.
- Naissance à Belfort
- Naissance en janvier 1892
- Élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud
- Résistant du mouvement Combat
- Conseiller général du Bas-Rhin
- Canton de Strasbourg-6
- Député des Basses-Alpes
- Membre de l'Assemblée consultative provisoire
- Membre de l'Assemblée constituante de 1945
- Membre de l'Assemblée constituante de 1946
- Député du Bas-Rhin (Quatrième République)
- Député de la première législature de la Quatrième République
- Député de la deuxième législature de la Quatrième République
- Député de la troisième législature de la Quatrième République
- Ministre de la Quatrième République
- Ministre français de l'Éducation nationale
- Gouverneur de l'Algérie
- Candidat à une élection présidentielle en France (Quatrième République)
- Député membre de la Section française de l'Internationale ouvrière
- Titulaire de la croix de guerre 1914-1918
- Titulaire de la croix de guerre 1939-1945
- Titulaire de la médaille militaire
- Titulaire de la médaille de la Résistance française avec rosette
- Décès dans le 16e arrondissement de Paris
- Décès en avril 1978
- Décès à 86 ans