Charles Hernu

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Charles Hernu
Charles Hernu dans le Maryland en 1983.
Charles Hernu dans le Maryland en 1983.
Fonctions
Maire de Villeurbanne
19771990
Prédécesseur Étienne Gagnaire
Successeur Gilbert Chabroux
Ministre de la Défense de la France
9e ministre de la Défense de la Ve République
Président François Mitterrand
Gouvernement Mauroy I
Mauroy II
Mauroy III
Fabius
Prédécesseur Robert Galley
Successeur Paul Quilès
Député de la Seine
2 janvier 19568 décembre 1958
Prédécesseur -
Successeur -
Député de la 6e circonscription du Rhône
19 mars 197817 janvier 1990
Prédécesseur Étienne Gagnaire
Successeur Jean-Paul Bret
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Quimper (Finistère)
Date de décès (à 66 ans)
Lieu de décès Villeurbanne (Rhône)
Nationalité Française
Parti politique PS
Enfant(s) Patrice Hernu

Eugène Charles Hernu, né le à Quimper et mort le à Villeurbanne, est un homme politique français. Député-maire PS de Villeurbanne, il devient ministre de la Défense sous la présidence de François Mitterrand, mais démissionne en 1985 à la suite de l'affaire du Rainbow Warrior.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un gendarme franc-maçon[1], arrière-petit-fils d'Eugène Hernu, député communard sous la Commune de Paris et déporté à Nouméa avec Louise Michel, lointain descendant selon certains historiens (comme Claude Manceron[2]) du comte de Hornes, lequel s'illustre dans la Révolte des gueux, il est élève de l'École primaire supérieure des Minimes, mais n'obtient aucun diplôme[3].

Sous le régime de Vichy, il est incorporé dans les Chantiers de jeunesse[3] puis il est libéré par le chef du chantier en janvier 1944 pour éviter le STO à cette promotion[réf. nécessaire] .

Marié à Jeanne Puillat, une institutrice de Villeurbanne dont il a un fils prénommé Maxence, Charles Hernu est arrêté 77 cours Tolstoï en septembre 1944, à la suite de ses activités comme délégué départemental à l'Information sociale, appelé aussi Propagande Ouvrière, pour le département de l'Isère, de mai à juillet 1944. Hernu est emprisonné à la prison de Grenoble d'octobre 1944 jusqu'au début de l'année 1945 puis libéré sans jugement. Alors qu'il est détenu politique, Hernu fait l'objet d'une plainte déposée contre le « délégué départemental à l'information sociale » le 11 octobre 1944 par Léopold Wolberg, un fourreur juif de Grenoble dont deux des fils sont morts en déportation et dont le magasin avait été placé sous séquestre en vertu des lois antijuives. Le commerçant accuse Hernu d'avoir dévalisé son magasin muni d'une réquisition délivrée par la préfecture de l'Isère le 22 juin 1944. Interrogé par la police dans sa cellule, le futur ministre de la défense nationale nie avoir occupé les lieux et dévalisé le magasin d'Arthur Wolberg mais admet avoir demandé et obtenu sa réquisition alors que son propriétaire était pourchassé par les nazis. Hernu est brièvement incorporé sous les drapeaux à sa sortie de prison dans un régiment homologué FFI avant d'être réformé. Son court passage dans ce régiment lui permet plus tard d'avancer un passé de résistant. Au milieu des années 1950, l'ancien collaborateur Georges Albertini, utilise ces éléments pour distiller des informations sur le passé de l'intéressé que celui-ci a constamment minoré ou nié. Bien que son fils, Patrice Hernu, prétende plus tard que son père a été totalement blanchi par un comité d'épuration après la guerre, aucun élément n'est jamais venu étayer cette assertion[4].

Après la guerre, Hernu rejoint son père au Parti radical dont il devient un cadre local dans la section du Rhône[3].

Partant pour Paris sur le conseil de Pierre Mendès France[réf. nécessaire], il travaille en 1947 comme journaliste au Centre national du commerce extérieur (CNCE). Jacques Mitterrand, Grand Maître du Grand Orient de France[réf. nécessaire], lui en ayant confié les patentes originelles, il réanime en 1953 le « Club des jacobins », proche de la gauche radicale et qui soutient Pierre Mendès France, club qu'avaient fréquenté les jeunes turcs avant la guerre.

Le 2 janvier 1956, il est élu député du 6e secteur de la Seine (Aubervilliers, Saint-Denis, Montreuil, Vincennes), sous l'étiquette Front républicain. Après l’arrivée du Général de Gaulle au pouvoir, il perd son mandat de parlementaire.

En 1956, Georges Albertini, à l'époque animateur de la revue anticommuniste Est-Ouest et proche de Guy Mollet et de Jean-André Faucher, ancien collaborateur sauvé par Hippolyte Worms dont il a partagé la cellule, distille dans la presse les révélations sur le passé d'Hernu sous l'occupation. C'est le dossier Albertini que fait connaître le journaliste d'extrême droite Nicolas Tandler tant pour alimenter les informations sur son passé vichyste d'Hernu, que celles concernant son rôle supposé d'espion à la solde de l'Est.

Le 18 juin 1957, lors de la commémoration de l'appel du général De Gaulle, Charles Hernu est giflé publiquement au Mont Valérien par l'ancien résistant Georges Jouvent qui, ulcéré de n'avoir pas été élu sur la liste d'élu et manipulé par l'officine d'Albertini[réf. nécessaire], le traite de collaborateur. L'incident est relaté par Paris-Presse l'Intransigeant[5].

En 1958, Hernu fait partie, avec Pierre Mendès France et François Mitterrand des 5 députés non communistes qui ne votent pas l'investiture du Général de Gaulle. Dès lors, les jeux sont faits. C'est à cette occasion que naît la transmission de témoin entre Mendès-France et Mitterrand.

Si en 1962, Hernu rejoint donc le PSU par fidélité mendèsiste, il se rapproche de plus en plus de François Mitterrand : il est le directeur de communication de la campagne du candidat socialiste lors de l'Élection présidentielle de 1965, contraint par Mitterrand d'être secondé par un ami de celui-ci, Jean-André Faucher, bien qu'il a été ancien collaborateur condamné à mort par contumace par la cour d'assise de la Haute-Vienne en 1944 et a participé à la diffusion dans les ateliers de la Grande Loge de France des informations relayées par Albertini[réf. nécessaire]. Selon certains membres du Club des Jacobins, il faut sans doute voir dans ce fait, la véritable origine des ennuis futurs de Charles Hernu.

Il adhère ensuite à la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) puis au PS et, bien qu'ayant été réformé à deux reprises, devient tout au long des années 1970, le spécialiste des questions de défense au sein du Parti socialiste. Il crée en avril 1974 « le Coran », Convention des officiers de réserve pour l'armée nouvelle, qui fusionne ensuite avec la Commission de la défense du PS. Il devient le responsable de la politique du parti pour les questions militaires et nucléaires. Alors que le Programme commun de Gouvernement entre le PS et le Parti communiste, entre 1972 et 1978, puis, le Projet Socialiste de 1981 prévoyaient la renonciation à l'arme nucléaire par la France, Charles Hernu engage une réflexion, au sein du PS, qui conclut très rapidement à son maintien, avec le soutien tacite de Mitterrand et de Jean-Pierre Chevènement. Cette contradiction renforce Mitterrand sur sa droite et provoque des protestations de son aile gauche .

Ses activités sous Vichy sont utilisées comme un argument électoral par le gaulliste François Gerbaud lors de l'élection législative de juin 1968 à Châteauroux, où Charles Hernu s'était présenté, et reprises par le journaliste Martin Salvadori dans Juvénal à la même époque[6].

En mars 1977, il est élu maire de Villeurbanne, dont il devient député l'année suivante après avoir été battu quatre fois de suite aux législatives.

En , il devient ministre de la Défense après la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1981. Il est contraint à la démission en septembre 1985, à la suite de l'affaire du Rainbow Warrior, le dynamitage par les services secrets français d'un navire de GreenPeace en Nouvelle-Zélande.

Charles Hernu est réélu député du Rhône aux élections législatives en 1986 et réélu à celles de 1988.

Charles Hernu, à droite, en compagnie de Caspar Weinberger, secrétaire américain à la Défense, en au Pentagone.

Marié cinq fois, Hernu connaît une vie compliquée au point que ses trois fils cadets, ne rencontrent que très tardivement l'aîné issu d'une première union.

Le , il meurt à 66 ans d'une crise cardiaque alors qu'il prononce une allocution lors d'un meeting à Villeurbanne, alors que son médecin était dans la salle. Bien des observateurs auront trouvé suspecte cette mort en public[réf. nécessaire] alors que le lendemain il devait se rendre en Roumanie pour consulter certaines archives concernant l'action des vrais espions de la Guerre froide.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Marié en premières noces en 1944 à Jeanne Puillat, puis en 1963 à Jacqueline Chabridon et en 1975 à Dominique Tréteau.

Les révélations de L'Idiot international[modifier | modifier le code]

En 1989, le journal satirique L'Idiot international, publication que dirige le journaliste et écrivain Jean-Edern Hallier, publie un long article qui sous le titre Hernu cul nu veni vedi Vichy[7] détaille les accusations portées contre Charles Hernu à propos de son passé sous l'Occupation, mais ce dernier ne dépose jamais plainte. En septembre 1989, à l'occasion des cérémonies du 45e anniversaire de la Libération de Villeurbanne, Hernu est apostrophé publiquement sur son passé par Hallier et par l'auteur de l'article Jacques Lambert, pseudonyme du journaliste Jean-Moïse Braitberg. Charles Hernu dépose plainte juste avant sa mort[réf. nécessaire].

L'émission Rendez-vous avec X de France Inter diffusée le 9 mars 2013, reprenant les informations contenues dans le livre de Frédéric Charpier Les Valets de la guerre froide a évoqué le rôle de l'officine dirigée par Georges Albertini dans la diffusion des révélations sur le prétendu passé d'espion de Charles Hernu, affirmant par ailleurs qu'en ce qui concernait la plainte déposée contre lui par Arthur Wolberg il n'existait pas de preuves. Or dans son numéro 24 paru en mai 2013 le magazine Franc-maçonnerie magazine a publié un long article de Jean-Moïse Braitberg qui, sous le titre « Hernu-Faucher des collabos en loge » donne des références précises sur la plainte déposée contre Hernu par Arthur Wolberg, l'interrogatoire d'Hernu à la prison de Grenoble et l'ordre de réquisition qu'il avait obtenu. Pour autant, Patrice Hernu continue d'affirmer que ces informations inédites jusque là sont des calomnies tirées du dossier constitué par Albertini. Patrice Hernu a aussi prétendu, sans pouvoir en apporter la preuve, que Jean-Edern Hallier l'avait invité dans son émission Paris Première, après la mort de son père, pour lui confier l'origine réelle des informations et lui dire toute l'admiration qu'il avait en fait pour Charles Hernu.

En 2013, le livre de Frédéric Charpier, journaliste d'investigation, Les valets de la guerre froide - Comment la République a recyclé les collabos, détaille comment Albertini opérait, en toute discrétion, sous couvert d'une organisation que ses employés surnomment la Centrale, au sein de laquelle se camouflaient nombre d'anciens collaborateurs pour la plupart anciens communistes et anciens socialistes, pour atteindre les proches de Pierre Mendès France, dès 1947, en trafiquant au besoin des documents originaux. Dans l'émission Rendez-vous avec X de France Inter diffusée le 9 mars 2013, le journaliste Patrick Pesnot et son mystérieux interlocuteur ont longuement évoqué le rôle de « la Centrale » dans les accusations d'espionnage portées contre Hernu, sans pour autant démentir son passé vichyste tout en le minimisant.

L'affaire du Rainbow Warrior[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire du Rainbow Warrior.

Le , le navire de Greenpeace le Rainbow Warrior est dynamité dans le port d'Auckland en Nouvelle-Zélande par des agents de la DGSE. Cet attentat coûte la vie à Fernando Pereira, photographe néerlandais, d'origine portugaise. Le scandale du Rainbow Warrior éclate et entraîne sa démission deux mois plus tard. La plupart des observateurs s'accordent pour dire que Charles Hernu a servi à cette occasion de « fusible » pour de « plus hautes autorités » certainement informées de l'opération. À sa mort, visant Laurent Fabius qui l'avait alors sacrifié en restant dans ses fonctions, son épouse déclara que certaines personnes ne seraient pas les bienvenues à ses obsèques.

En 2005, le journal Le Monde publie des extraits d'un rapport daté de 1986 écrit par l'ancien chef de la DGSE, l'amiral Pierre Lacoste. D'après le quotidien, l'amiral Lacoste affirme que les espions français qui ont posé les bombes ont agi sous l'ordre de François Mitterrand lui-même.

Pour être précis Lacoste déclare en mai 1985 : « il aurait rencontré le président Mitterrand pour lui faire part d'une action de « neutralisation » du navire de Greenpeace que le président aurait approuvée… Mais Lacoste ne prétend pas que Mitterrand en connaissait les détails… Seul le cabinet d'Hernu savait… Mitterrand savait simplement sans en connaître les détails (le fait de poser une bombe) et la date mais en gros qu'une action allait être menée contre le Rainbow Warrior… Aurait-il accepté s'il en avait connu les détails ? Peut-être pensait-il naïvement que l'action serait la même qu'en 1973 à savoir un abordage ? »

Pour une raison encore inconnue, Jacques Chirac, qui connaissait l'implication du président, ne s'est pas servi de cette information contre lui lors de la campagne électorale de 1988.

La raison en était probablement que la France ne disposait pas des capacités de simulation des essais nucléaires, qui auraient permis d'éviter les essais souterrains dans l'atoll de Moruroa. Jacques Chirac ne voulait probablement pas révéler ce retard technologique par rapport aux États-Unis. Dès son élection, le président Chirac a donc mis la priorité sur ces recherches.

Accusations d'espionnage[modifier | modifier le code]

En octobre 1996, le magazine L'Express publie une enquête selon laquelle Charles Hernu aurait été pendant dix ans durant la guerre froide, sous le nom de code « Dinu », un agent des services de renseignement soviétiques et des services satellites de l'URSS[8],[9], notamment du Darzhavna Sigurnost bulgare[10].

Les fils de Charles Hernu portent plainte pour diffamation et demandent la non parution du livre. Sur ce point, la jurisprudence sur la liberté de la presse ne permettant à des ayants droit de n'agir que s'ils sont explicitement visés eux-mêmes par la calomnie ou la diffamation, ils sont déboutés. Ils retirent donc la plainte, non sans avoir au préalable avoir obtenu la levée du secret défense sur les documents invoqués dans les accusations. Ceux-ci, désormais libres d'accès, ne montrent qu'un tissu de contradictions et de copiés-collés mal ficelés. Un accord intervient avec Le Monde qui publie le démenti final. L'un des fils, Patrice Hernu, faute que le droit n'ouvre une action en justice, a publié en 1997 un ouvrage (Affaire Hernu. Histoire d'une calomnie), qui démonte les affirmations reprises par Jean-Marie Pontaut et Jérôme Dupuis dans leur livre Enquête sur l'agent Hernu publié lui aussi en 1997 : les deux journalistes réaffirmaient leur accusation sur la foi de documents remis en 1992 à la DST par Mihaïl Caraman, alors chef des services secrets roumains et qui avait été en post en France pendant onze ans jusqu'en 1969. D'après eux Charles Hernu fut recruté en mars 1953 par un agent secret de l’ambassade de Bulgarie à Paris, Raïko Nikolov, et rétribué mensuellement de 40 000 à 50 000 anciens francs par les ser­vi­ces secrets de l’Est (par le KGB d'abord, puis, après que l'OAS ait plastiqué son appartement dans la nuit du 26 au 27 juillet 1961, par la Securitate) pour ses notes et synthè­ses[10].

Lors des débats publics qui ont suivi, un seul témoin roumain a été invoqué, un prétendu agent roumain qui se serait livré à la France. Patrice Hernu a pu démontrer en direct dans une émission animée par Michèle Cotta sur Antenne 2 qu'il n'était pas roumain mais un agent bien français instrumentalisé par ceux-là qui prétendaient s'appuyer sur ses fausses confessions. Les enquêtes menées depuis par les historiens, comme les déclarations de Pacepa, ont apporté la preuve de l'inanité de ces accusations qui ont joué un rôle dans les dernières années de guerre froide des services précédant la chute du rideau de fer.

Charles Hernu, parlementaire membre de la commission des affaires extérieures, est de plus le seul député à avoir été autorisé à visiter en 1956 les bases du Strategic Air Command. Il y est reçu par le jeune colonel Caspar Weinberger, futur secrétaire de la Défense des États-Unis. Celui-ci loue alors une villa proche de Gordes et de celle de Charles Hernu après les années 1980, d'où sans doute la confiance accordée au régime d'union de la gauche malgré la présence des communistes. Il était donc peu probable, pour tout observateur averti des précautions prises par les américains, compte tenu des enquêtes approfondies faites par la CIA en 1956, que les allégations de collaboration avec le KGB ait la moindre réalité.

Le Journaliste Vincent Nouzille, après avoir étudié les archives de la CIA couvrant la période de la Cinquième République jusqu'à 1981, écrit dans son livre que Charles Hernu fut au contraire un informateur de l'agence de renseignement américaine durant la fin des années 1960. La CIA aurait incité nombre d'opposants à Charles de Gaulle à informer les États-Unis sur la vie politique française[11].

Charles Hernu et la franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Charles Hernu a été initié en 1947 à la loge "La tradition Jacobite", devenue "La tradition jacobine" de la Grande Loge de France à Saint-Germain-en-Laye. Il sera également affiliée à la loge Aristide Briand du Grand Orient de France à Paris à partir de 1950, ainsi qu'à partir de 1953 à la loge no 556 Chéops de la Grande Loge de France, puis rejoint en 1955 la loge "Locarno" du Grand Orient de France. À partir de 1959, il est membre à part entière de la loge "Locarno" du Grand Orient de France, loge renommée "Locarno 28" en 1972, et donc membre du Grand Orient de France. A la loge Locarno où se retrouve l'état major du Club des Jacobins au premier rang desquels Guy Penne, Charles Hernu deviendra vénérable à la fin des années 1960 avant d'être radié en 1979 pour défaut de paiement après plusieurs lettres de relance conservées aux archives de cette loge. Après son élection à la mairie de Villeurbanne en 1977, Charles Hernu est retourné à la Grande Loge de France en 1978 et s'est affilié à la loge no 155 Tolérance et Cordialité à Lyon.

Franc-maçonnerie Magazine révèle également le contenu du procès-verbal d'un jury maçonnique convoqué en juillet 1956 pour examiner les accusations portées contre Hernu en regard de son passé. Ce jury est composé de francs-maçons anciens résistants et déportés parmi lesquels l'ancien déporté proche de Serge Klarsfeld Julien Aubard -Obarjansky-. Charles Hernu reconnaîtra que ses ennuis ont fait suite à la plainte d'un commerçant juif et prétendra que cette accusation avait été « reconnue fausse ». Alors que les membres du jury ont signé ce procès-verbal, il est mentionné qu'Hernu a refusé de signer, avançant qu'il n'avait « aucun intérêt à le faire ». Par la suite Julien Aubard qui appartenait aux instances dirigeantes de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) demandera à Hernu d'en abandonner la vice-présidence.

ASVEL[modifier | modifier le code]

Charles Hernu est président du club de basket-ball de l'ASVEL de 1988 à sa mort. Durant sa présidence, il engage Yvan Mainini, ancien arbitre international et futur président de la Fédération française de basket-ball, au poste de directeur général, avant de le remercier après quelques semaines seulement[12].

Mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Ministre de la Défense dans les gouvernements suivants :

Mandat national[modifier | modifier le code]

Mandat local[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

  • La ville natale de Charles Hernu est Quimper, préfecture du Finistère. Une rue y porte son nom, à proximité du quartier de la Terre Noire.
  • Charles Hernu ayant été maire de Villeurbanne de 1977 à 1990, la ville a donné son nom à une place qui elle-même a donné son nom à la station de métro Charpennes-Charles Hernu, qui est la première station des lignes A et B située sur la commune de Villeurbanne. Depuis janvier 1990, il existe également à Lyon une Place Charles Hernu, ce contre quoi un site libertaire d'informations locales (Rebellyon.info) a protesté[13].

Publications[modifier | modifier le code]

  • La Colère usurpée, Éditions CH, 1959 ;
  • Priorité à gauche, Denoël, 1969 ;
  • Soldat-citoyen. Essai sur la défense et la sécurité de la France, Flammarion, 1975 ;
  • Chroniques d'attente. Réflexions pour gouverner demain, Téma-éditions, 1977 ;
  • Villeurbanne, cité bimillénaire. 50 ans avant JC-1945, GAEV, 1977 ;
  • Nous... Les Grands, Press-Fernand Galula, 1980
  • Le Socialisme municipal (Bernard Meuret), Presses universitaires de Lyon, 1982 ;
  • Défendre la paix, JC Lattès, 1985 ;
  • Lettre ouverte à ceux qui ne veulent pas savoir, Albin Michel, 1987.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Mitterrand et les francs-maçons, l'histoire secrète », Le Nouvel Observateur no 1537, 21 avril 1994
  2. Claude Manceron, Les hommes de la liberté, éditions Robert Laffont, 1972, ISBN 978-2221500873.
  3. a, b et c Biographie sur le site de l'Assemblée nationale
  4. http://www.lyonmag.com/article/53991/droit-de-reponse-de-patrice-hernu-suite-a-notre-article-du-23-mai-2013
  5. "M. Charles Hernu Gifflé au Mont Valérien", Paris Presse l'Intransigeant, P 1, 22 juin 1957
  6. La Main Droite de Dieu, p. 48)
  7. L'idiot International No 8, 28 juin 1989
  8. « Comment Hernu est devenu agent du KGB » par Jérôme Dupuis, Jean-Marie Pontaut, Alla Chevelkina, et Philippe Coste, L'Express du 16 janvier 1997
  9. « Rémunéré par le KGB » par Jérôme Dupuis et Jean-Marie Pontaut, L'Express du 31 octobre 1996
  10. a et b Charles Hernu était un agent de l'Est par Jérôme Dupuis, Jean-Marie Pontaut, L'Express du 31 octobre 1996
  11. Vincent Nouzille, Des secrets si bien gardés : Les dossiers de la Maison-Blanche et de la CIA sur la France et ses présidents 1958-1981, Fayard, 450 p. (ISBN 2213636117, lire en ligne)
  12. "20 ans de basket pro" éditions BasketNews (2007) p. 65
  13. Article sur le site Rebellyon.info, 20 septembre 2008

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Liens externes[modifier | modifier le code]