Olivier Stirn

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Olivier Stirn
Olivier Stirn, en 1989.
Olivier Stirn, en 1989.
Fonctions
Ministre délégué au Tourisme
Gouvernement Rocard II
Prédécesseur François Doubin
Successeur Jean-Marie Rausch
Ministre délégué aux DOM-TOM
Gouvernement Rocard I
Prédécesseur Bernard Pons
Successeur Louis Le Pensec
Secrétaire d'État aux Affaires étrangères
Gouvernement Barre III
Prédécesseur Jean-François Deniau
Successeur aucun (Jean-Michel Baylet en 1984)
Secrétaire d'État aux DOM-TOM
Gouvernement Chirac I, Barre I et II
Prédécesseur Joseph Comiti
Successeur Paul Dijoud
Secrétaire d'État auprès du Ministre chargé des Relations avec le Parlement
Gouvernement Messmer II et III
Député de la Cinquième circonscription de la Manche
Élection juin 1988
Législature IXe
Groupe politique apparenté socialiste
Prédécesseur Louis Darinot (indirectement)
Successeur Bernard Cauvin (suppléant)
Député de la Manche
Élection mars 1986 (scrutin proportionnel)
Législature VIIIe
Groupe politique Socialiste
Député de la Cinquième circonscription du Calvados (Vire)
puis puis
Élection juin 1968
Réélection mars 1973, mars 1978, juin 1981
Législature IVe, Ve, VIe, VIIe
Groupe politique UDR (1968-1973)
RPR (1978)
UDF (1981-1984)
Non-inscrit (1984-1986)
Prédécesseur Marcel Restout
Successeur Charles Malouin (suppléant, 1973-78)
Antoine Lepeltier (suppléant, 1978-81)
René Garrec (député de Vire après 1988)
Président de la Communauté urbaine de Cherbourg
1989 – 1990
Prédécesseur Jean Lerouvreur
Successeur Bernard Cauvin
Maire de Vire
Élection mars 1971
Réélection mars 1977, mars 1983
Prédécesseur André Halbout
Successeur Jean-Yves Cousin
Conseiller général du canton de Vire
1970 – 1988 puis 1994 – 2001
Élection mars 1970
Réélection mars 1976, mars 1982, mars 1994
Prédécesseur Bertrand Le Chevrel
Successeur Jean-Yves Cousin (1988-1994)
Jean-Yves Cousin (2001-2002)
Biographie
Date de naissance (79 ans)

Olivier Stirn, né le à Boulogne-Billancourt, est un homme politique français, ancien ministre, qui a appartenu à plusieurs partis de droite et de gauche.

Biographie[modifier | modifier le code]

Olivier Stirn est l'arrière-petit neveu d'Alfred Dreyfus[1]. Il est l'ainé d'une famille de six frères[2], dont François-Henri, Gérard, Bernard, Pierre-Jérôme, tous fils d'Alexandre Stirn, ancien préfet et magistrat à la Cour des comptes (1911-2000). Le troisième de ses cinq frères cadets est Bernard Stirn, qui depuis 2006 est le président de la section du contentieux au Conseil d'État.

Élève au lycée Janson-de-Sailly. Diplômé d'études supérieures de droit public et de sciences politiques, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris.

À la fin de sa carrière politique, Olivier sera particulièrement actif dans l'affaire d'héritage qui l'oppose à sa jeune belle-mère, Kenza, mariée en 1996[2]. Il gagnera un procès[3].

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Tout comme son père, il choisit la préfectorale devenant chef de cabinet du préfet de la Meuse en 1961.

Il occupe des postes de chargé de mission et puis de chef de cabinet de Louis Jacquinot, ministre d'État chargé des DOM-TOM (1964), et de chef de cabinet de Jean Charbonnel, secrétaire d'État aux Affaires étrangères chargé de la Coopération (1966-1967), et de Jacques Chirac, secrétaire d'État aux Affaires sociales, chargé des problèmes de l'emploi (1967-1968).

Il s'implante à Vire à partir de 1968. Il en est député UDR (1968-1973), conseiller général (1970-1988) et maire (1971-1989). Bon orateur et parlementaire actif, il est nommé secrétaire d'État auprès du ministre chargé des Relations avec le Parlement (1973-1974), secrétaire d’État aux départements et territoires d’outre-mer (1974-1978), puis aux affaires étrangères (1978-1981). A partir du 23 décembre 1980, outre les attributions qu'il exerce en qualité de secrétaire d’État auprès du ministre des affaires étrangères, il est mis à la disposition du ministre de la défense, ministre de la coopération pour toutes les missions que celui-ci lui confie.

Comme secrétaire d'État aux DOM-TOM pendant presque quatre ans, il négocie l'indépendance des Comores en 1975 et de Djibouti en 1977. Il désire départementaliser l'outre-mer, ce qu'il fait pour Saint-Pierre-et-Miquelon mais doit accorder l'autonomie à la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie en 1976 et 1977 face aux pressions indépendantistes[4].

Dans l'opposition libérale[modifier | modifier le code]

Le 20 janvier 1977, lorsque Jacques Chirac annonce sa candidature à la Mairie de Paris entrant ainsi en conflit ouvert avec Valéry Giscard d'Estaing, il quitte le RPR, et le 10 février crée le Mouvement des sociaux-libéraux (MSL)[5] avec le soutiens de René Lenoir et Lionel Stoléru et le concours de Didier Schuller, Christian Gerondeau, François Thual et Gérard Pince. Le 7 juillet, avec René Lenoir et Lionel Stoléru il crée le Carrefour social-démocrate[6]. Le 20 juillet ce parti fusionne avec le Parti radical valoisien, alors partie constitutive de l'UDF, et Olivier Stirn devient vice-président du parti radical[7].

En novembre 1983 il brigue la présidence du parti radical. Il obtient le 33,57 % des suffrages exprimés et est battu par André Rossinot[8]. En mars 1984, Olivier Stirn quitte le Parti radical pour créer l'Union centriste et radicale (UCR). Aux élections européennes de 1984, il est tête de liste de l’Entente radicale écologiste pour les États-Unis d'Europe (ERE), unissant l'UCR, le MRG et des écologistes, dont Brice Lalonde, et obtient 3,32 % des voix.

Retour sous François Mitterrand[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives de 1986, l'UCR, rebaptisée depuis décembre 1984 Union centriste et républicaine, participe à des listes d'alliance avec le PS puis fusionne avec ce dernier.

À l'époque, Le Canard enchaîné le surnomme « l'Andouille de Vire » puis « l'Andouille de Vire à gauche ». Il change alors de département d'élection en devenant, malgré des réticences locales, la tête de la liste socialiste dans la Manche en 1986. Il obtient un très bon score qui permet à la gauche manchoise d'avoir deux élus à l'Assemblée pour la première fois de son histoire[9]. En 1988, il succède à Louis Darinot dans la circonscription de Cherbourg.

il quitte son mandat parlementaire lorsqu'il devient Ministre du Tourisme sous le premier gouvernement Michel Rocard (1988-1990).

Fin de carrière politique[modifier | modifier le code]

Il doit renoncer à ses fonctions ministérielles le 4 juillet 1990 en raison d'un scandale : des auditeurs payés avaient été recrutés afin de faire nombre dans un colloque organisé par son association Dialogues 2000 sur l'avenir de la gauche[10] (les recrutés avaient tous quitté la salle à 18 h, heure de fin de leur contrat, pendant un discours d'orateur, laissant la salle quasiment vide hormis les personnalités du PS). Sous la pression de la majorité socialiste, il démissionne alors du conseil municipal de Cherbourg et de la présidence de la Communauté urbaine de Cherbourg.

L'année suivante, il est nommé par l'exécutif ambassadeur de France auprès du Conseil de l'Europe[11]. Il démissionne en février 1993 pour se présenter aux élection législatives[12], année de la déroute de la gauche. Après avoir échoué à redevenir député de Vire face à René Garrec (UDF) aux législatives de 1993, il rejoint en 1994 le MDR de Jean-Pierre Soisson, comme lui ancien ministre d'ouverture du gouvernement Rocard, puis annonce son soutien à Jacques Chirac à l'élection présidentielle de 1995. Aux élections régionales de 1998, il présente avec Corinne Lepage une liste dissidente à celle du président RPR sortant René Garrec sans obtenir de siège. Il intègre ensuite l'UMP où il est conseiller du président.

En 2004, il publie Mes Présidents, illustrant par ce titre un record, celui d'avoir appartenu à tous les partis présidentiels des six présidents de la Ve République. Dans ce livre, il se qualifie de « gaulliste de gauche » et exprime son soutien à Nicolas Sarkozy.

En 2009, il devient conseiller de la présidence de la République pour l’Union pour la Méditerranée puis, l'année suivante, secrétaire national de l'UMP chargé de la diversité[13]. C'est en tant que secrétaire national à la diversité qu'il annonce, le 18 mars 2011, la création de « l'Union des Français musulmans »[14]. L'UMP annonce que « les musulmans de France favorables à (...) la majorité présidentielle décident de créer l'UFM ». L'initiative n'aura cependant pas de succès : le communiqué de presse est retiré du site de l'UMP le jour même[15].

Affiliations[modifier | modifier le code]

Olivier Stirn est président d'honneur de l'Union pour la diversité républicaine (affilié à l'UMP) ainsi que du Club Nouveau Siècle de la Manche.

Il est membre du comité France-Israël[16].

D'après le Dictionnaire historique des Francs-Maçons du « frère » Jean-André Faucher, paru en 1988, il serait initié au sein de la Grande Loge nationale française. Emmanuel Ratier évoque un possible passage par le Grand Orient de France auparavant[17].

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Député du Calvados (5e circonscription, Vire) 
Député de la Manche
Député de la Manche (5e circonscription, Cherbourg)
  • 12 juin 1988 - 29 juin 1988 : apparenté socialiste
Conseiller général du Calvados
  • 1970-1988 et 1994-2001
Maire de Vire
  • mars 1971 - 19 mars 1989
Président de la Communauté urbaine de Cherbourg
  • 1989 - 1990

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Secrétaire d'État auprès du Ministre chargé des Relations avec le Parlement
  • 5 avril 1973 - 1er mars 1974
  • 1er mars 1974 - 27 mai 1974
Secrétaire d'État aux DOM-TOM (autonome)
  • 28 mai 1974 - 25 août 1976
Secrétaire d'État aux DOM-TOM (auprès du Ministre de l'Intérieur)
  • 29 août 1976 - 29 mars 1977
  • 29 mars 1977 - 31 mars 1978
Secrétaire d'État aux Affaires étrangères
  • 31 mars 1978 - 11 septembre 1978
Ministre délégué aux DOM-TOM (auprès du Premier ministre)
  • 10 mai 1988 - 22 juin 1988
Ministre délégué au Tourisme (auprès du Ministre de l'Industrie et de l'Aménagement du territoire)
  • 23 juin 1988 - 5 juillet 1990

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Auffray, « Une cérémonie nationale pour Alfred Dreyfus », Libération, 6 juillet 2006.
  2. a et b [www.liberation.fr/societe/2001/08/29/le-riche-prefet-la-jeune-heritiere-et-l-ancien-ministre_375336 Renaud Lecadre, « Le riche préfet, la jeune héritière et l'ancien ministre », Libération, 29 août 2001]
  3. Le Parisien : Olivier stirn relaxé
  4. Dictionnaire des ministres
  5. « M. Olivier Stirn lance le Mouvement des sociaux-libéraux », Le Monde, 10 février 1977.
  6. « Précedent : l'ouverture en 1977 », Le Monde, 2 juin 1988.
  7. « Les sociaux libéraux de M. Stirn rejoignent le parti radical », Le Monde, 21 juillet 1977.
  8. « Plusieurs personnalités du MRG et du parti radical ont engagé une démarche commune », Le Monde, 30 novembre 1983.
  9. Lors des élections législatives françaises de 2012, deux députés socialistes sont de nouveau élus dans le département : Stéphane Travert et Bernard Cazeneuve
  10. « Qui va nous payer ? », Le Monde, 6 juillet 1990.
  11. Décret du 16 septembre 1991, sur Légimobile.
  12. « La préparation des élections législatives - D'une région à l'autre - Basse-Normandie Calvados : le retour d'Olivier Stirn », Le Monde, 24 février 1993
  13. « Olivier Stirn chargé de la diversité à l'UMP », Le Parisien, 8 août 2010.
  14. « L'UMP crée une “Union des Français musulmans” », Le Monde, 18 mars 2011.
  15. Al-Kanz, L’UMP se débarrasse de ses "Français musulmans"
  16. https://www.france-israel.org/bqimages/Instances-France-Israel.pdf
  17. Emmanuel Ratier, Encyclopédie politique française, 1992
  18. Décret du 31 décembre 1993 portant promotion et nomination, JORF no 1 du 1er janvier 1994, p. 22–33 (26), NOR PREX9310861D, sur Légifrance.