Grandes opérations d'architecture et d'urbanisme

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Les Grands travaux de François Mitterrand (ou Grands travaux, Grands projets culturels ; officiellement : Grandes opérations d'architecture et d'urbanisme) sont un programme architectural promouvant les monuments modernes de Paris, la ville des monuments, symbolisant le rôle de la France dans l'art, la politique et l'économie durant la fin du XXe siècle[1],[2]. Le programme est initié par François Mitterrand, 21e président de la République française. Les travaux civiques ont été estimés à 15,7 milliards de francs[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Mitterrand en 1984.

Considérés comme des éléments visibles et durables des mandats de François Mitterrand, les Grands travaux, sont officiellement connus sous le nom de Grandes opérations d'architecture et d'urbanisme[4].

Au lendemain de son élection, les médias et l'opposition s'interrogent sur le devenir de trois opérations chères à Valéry Giscard d'Estaing : le musée d'Orsay, celui de La Villette et la Tête Défense. Le 24 septembre 1981, lors de sa première conférence de presse, Mitterrand annonce les grandes lignes de sa politique culturelle, reprenant les projets de ses prédécesseurs et amorçant les siens (l'opéra Bastille, le Louvre)[5]. La présidence socialiste des années 1980 de François Mitterrand est fortement fondée sur la culture, l'une des pièces maitresses de son régime[6].

Projets nationaux[modifier | modifier le code]

Musée d'Orsay[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musée d'Orsay.

Projeté par Valéry Giscard d'Estaing, il est considéré comme le premier des grands projets de la présidence de François Mitterrand.

Palais-Royal : Les Deux Plateaux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Les Deux Plateaux.

Parc de la Villette[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc de la Villette.

Projet en sommeil relancé après l'élection présidentielle de 1981 portant la gauche au pouvoir[7]. Une Cité de la musique s'ajoute alors au projet d'un Musée des sciences et des techniques[7]. Selon l'historienne Danièle Voldman:

«  la marque socialiste s'exprime dans la volonté plus nette de rééquilibrer Paris vers l'Est avec des équipements culturels de haut niveau; en ce sens, La Villette ne se comprend pas sans l'Opéra de la Bastille[7]. »

Grande Arche de La Défense[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Arche de la Défense.

Grand Louvre[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Grand Louvre et Pyramide du Louvre.
La pyramide du Louvre, perspective sur la cour Napoléon

Au début de son premier mandat, Jack Lang, ministre de la Culture, suggère au président de la République de redonner au musée du Louvre l'aile Richelieu qui abritait alors le ministère des Finances (qui sera relogé dans un nouveau bâtiment à Bercy), projet déjà envisagé par le directeur des Musées nationaux Henri Verne en 1927[8]. François Mitterrand annonce officiellement son lancement le 24 septembre 1981[9]. Cette décision est accompagnée d'une réorganisation des collections et d'une transformation architecturale des bâtiments. Le projet « Grand Louvre » est confié à Émile Biasini qui sélectionne l'architecte sino-américain Ieoh Ming Pei (pour la première tranche) pour diriger les travaux qui s'étendent de 1981 à 1999. La Pyramide du Louvre, conçu par Pei, a été érigée dans ce cadre.

Institut du monde arabe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Institut du monde arabe.

Il a été inauguré le 30 novembre 1987 par le président Mitterrand[10], afin d'améliorer les relations entre la France et les pays arabes.

Opéra Bastille[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opéra Bastille.
Opéra Bastille

Le président François Mitterrand décide en 1982 la construction d’un nouvel opéra dans Paris afin de décharger l’Opéra Garnier. Il veut un Opéra « moderne et populaire ». Pour les besoins de l’époque, on crée en 1983 l’Établissement public Opéra-Bastille (EPOB). L'ancienne gare de la Bastille est détruite en 1984 et le nouvel opéra, construit à son emplacement, est inauguré le 13 juillet 1989.

Ministère de l'Économie et des Finances[modifier | modifier le code]

Le Ministère de l'Économie et des Finances derrière le pont de Bercy sur la Seine.

Le siège du ministère est situé à proximité immédiate du Pont de Bercy dans le quartier homonyme, à Paris (12e arrondissement), dans un complexe architectural conçu par Paul Chemetov et Borja Huidobro, d'une superficie de 230 000 m2 hors œuvre répartis sur cinq bâtiments (baptisés respectivement : « Necker », « Vauban », « Colbert », « Sully » et « Turgot »), inauguré en 1988.

Bibliothèque nationale de France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bibliothèque nationale de France.

La construction du site de Tolbiac de la BnF, annoncée lors de l'allocution présidentielle du 14 juillet 1988, a été achevée avec l'ouverture du haut-de-jardin le 20 décembre 1996, puis du rez-de-jardin le 8 octobre 1998.

Centre culturel Tjibaou[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Centre culturel Tjibaou.

Prévu dans les accords de Matignon de 1988, ce centre de la culture kanak a été édifié entre 1995 (le chantier est ouvert le 4 mars à la fin du deuxième mandat de François Mitterrand) et 1998 par l'architecte Renzo Piano (dont le projet est choisi en 1991) sur un terrain de 8 hectares cédé à titre gratuit à l'ADCK par la ville de Nouméa le .

Projets en province[modifier | modifier le code]

Dans le cadre des politiques de décentralisation culturelle, de nombreux projets sont menés en régions (classés par régions actuelles) :

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Grand Arche de la Défense », sur dukegill.com (consulté le 21 mai 2011)
  2. (en) Jacob Simpson, « Urban Design Politics » [PDF], (consulté le 21 mai 2011)
  3. (en) French cultural studies, (lire en ligne)
  4. Sue Collard, Mission impossible: les chantiers du Président, vol. 3, , 97–132 p. (lire en ligne)
  5. François Chaslin, Les Paris de François Mitterrand: histoire des grands projets architecturaux, Gallimard, , p. 114
  6. (en) DeRoo Rebecca J., The museum establishment and contemporary art: the politics of artistic display in France after 1968, Cambridge University Press, (ISBN 9780521841092, lire en ligne), p. 200
  7. a, b et c Danièle Voldman, Le Parc de la Villette entre Thélème et Disneyland, Vingtième Siècle, 1985, vol. 8, no 8, p. 19-30
  8. I. M. Pei, Émile Biasini, Jean Lacouture, L'invention du Grand Louvre, Odile Jacob, (lire en ligne), p. 69
  9. Service de la communication du Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie
  10. (fr) Tirthankar Chanda, « L'IMA, la vitrine parisienne du monde arabe », Label France, no 37, 1999, sur le site du ministère des Affaires étrangères.