Camille Chautemps

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Camille Chautemps
Camille Chautemps, ministre de l'Intérieur, en 1925.
Camille Chautemps, ministre de l'Intérieur, en 1925.
Fonctions
président du Conseil des ministres français
et Ministre de l'intérieur
21 février 193025 février 1930
Gouvernement Gouvernement Camille Chautemps (1)
Législature XIVe législature
Prédécesseur André Tardieu
Successeur André Tardieu
26 novembre 193327 janvier 1934
Président Albert Lebrun
Gouvernement Gouvernement Camille Chautemps (2)
Législature XVe législature
Prédécesseur Albert Sarraut
Successeur Édouard Daladier
président du Conseil des ministres français
29 juin 193713 mars 1938
Président Albert Lebrun
Gouvernement Gouvernement Camille Chautemps (3)
Législature XVIe législature
Prédécesseur Léon Blum
Successeur Léon Blum
Vice-président du conseil et coordination
10 avril 193818 mai 1940
Président Albert Lebrun
Gouvernement Edouard Daladier
Paul Reynaud
Prédécesseur Edouard Daladier
Successeur Philippe Pétain
Ministre d'État, Vice-président du conseil
16 juin 194012 juillet 1940
Président Albert Lebrun
Gouvernement Philippe Pétain
Prédécesseur Philippe Pétain
Successeur Pierre Laval
Ministre d'État
4 juin 193621 juin 1937
Président Albert Lebrun
Gouvernement Blum (1)
Maire de Tours
Prédécesseur Albert Letellier
Successeur Ferdinand Morin
Député d'Indre-et-Loire
Député de Loir-et-Cher
Sénateur de Loir-et-Cher
Biographie
Nom de naissance Camille Chautemps
Date de naissance
Lieu de naissance Paris (France)
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès Washington, D.C. (États-Unis d'Amérique)
Nationalité française
Parti politique RRRS (1919-1934)
GD (1934-1940)
Père Émile Chautemps
Fratrie Félix Chautemps
Entourage Alphonse Chautemps (oncle)
Profession Magistrat
Présidents du Conseil des ministres français

Camille Chautemps, né dans le 3e arrondissement de Paris le [1] et mort à Washington le (à 78 ans), est un homme politique français, fils d'Émile Chautemps[1], frère de Félix Chautemps et neveu d'Alphonse Chautemps.

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé de la faculté de droit. Il est initié franc-maçon[2] le 8 décembre 1906 aux Démophiles (Grand Orient de France), à Tours. Il sera accusé par l'extrême droite d'être un instrument de la maçonnerie et présenté comme étant un haut gradé à la suite d'une erreur de l'abbé Tourmentin, qui le désigne comme un 32° du Rite écossais[3]. Il entre au conseil municipal de Tours en 1912, devient député radical-socialiste d’Indre-et-Loire en 1919 et le reste jusqu’en 1928. Il est ensuite élu député du département de Loir-et-Cher de 1928 à 1934, puis sénateur de ce même département de 1934 à 1940 (sur l'aile droite du parti), maire de Tours de 1919 à 1925, plusieurs fois ministre (1924 à 1926), il devient président du Conseil de la Troisième République en 1930 et de à , appelé par Albert Lebrun.

Il démissionne de la présidence du Conseil après l'affaire Stavisky.

Il est ministre d'État du Front populaire, puis succède à Léon Blum de à à la tête du gouvernement.

À partir de 1938, tentant de poursuivre l'expérience du Front Populaire, il procède à la nationalisation des chemins de fer et à la création de la SNCF. Il se retire deux jours après l'Anschluss. Cette démission fut de sa propre initiative, sans que le Parlement n'ait mis en cause sa responsabilité : ce départ illustre très bien l'impossibilité pour les institutions françaises de l'époque de gérer une crise internationale. Il est vice-président du Conseil des gouvernements Édouard Daladier, puis du gouvernement Paul Reynaud, au sein duquel il pèse en faveur de l'armistice[4],[5]. Il fait partie du gouvernement de Philippe Pétain jusqu'au .

En , chargé d'une mission officieuse, il part pour Washington, et choisit d'y demeurer jusqu'en 1944, date à laquelle il gagne l'Afrique du Nord. Malgré les protestations écrites qu'il a émises contre les rafles de juifs[6], il est, dans le cadre de l'épuration, condamné en mars 1947 par contumace à cinq ans de prison par la Haute cour[7],[8]. Il bénéficie d'un décret d'amnistie en 1954 [9]. Il partage alors sa vie entre Paris et Washington, où réside sa famille.

Il repose au Rock Creek Cemetery (en) de Washington, D.C.[10].

Domaine sportif[modifier | modifier le code]

Il fut aussi, dans sa jeunesse, un joueur de rugby à XV évoluant au poste de pilier[11]. Après avoir débuté en 1920 avec l'Union sportive Tours rugby[12], il rejoint l'équipe première senior du Stade français[11]. Le – par décret, dans sa fonction de président du Conseil et malgré l'opposition de son sous-secrétaire d'État aux sports, aux loisirs et à l’éducation physique – il accorde l'agrément du gouvernement (S.A.G. : Société agréée par le gouvernement) à la Ligue française de rugby à XIII, agrément qui lui était refusé depuis sa création en [13].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Mandat local[modifier | modifier le code]

Mandat parlementaire[modifier | modifier le code]

Groupe politique[modifier | modifier le code]

Ministères[modifier | modifier le code]

  • ministre de l'Intérieur de juin 1924 à avril 1925
  • ministre de la Justice d'octobre 1925 à novembre 1925
  • ministre de l'Intérieur de novembre 1925 à mars 1926
  • ministre de l'Intérieur du 19 au 21 juillet 1926
  • ministre de l'Intérieur du 30 janvier au 9 février 1934
  • ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts de décembre 1930 à janvier 1931
  • ministre de l'Intérieur de juin 1932 à novembre 1933
  • ministre des Travaux publics de janvier à juin 1936
  • ministre d'État de juin 1936 à juin 1937
  • président du Conseil
  • du 21 fév. 1930 au 25 fév. 1930
  • du 26 nov. 1933 au 27 jan. 1934
  • du 29 juin 1937 au 14 jan. 1938
  • du 18 jan. 1938 au 10 mars 1938
  • vice-président du Conseil et Coordination des Services
  • du 12 avr. 1938 au 11 mai 1939
  • du 11 mai 1939 au 14 sept. 1939
  • du 14 sep. 1939 au 20 mars 1940
  • du 20 mars 1940 au 17 juin 1940
  • du 17 juin 1940 au 10 juillet 1940

Publications[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Gaucher, Une grande famille parlementaire : les Chautemps, Paris, Société nouvelle d'éditions parisiennes, (lire en ligne). La diffusion de ce livre en Savoie est citée par Félix Chautemps, dans une protestation remise officiellement à l'Assemblée nationale, comme un des éléments constitutifs de la campagne de diffamation dont il a été victime, et qui a conduit à son échec électoral en 1914[14].
  • Paul Jankowski, Cette vilaine affaire Stavisky : histoire d'un scandale politique, Paris, Fayard, coll. « Chroniques », , 467 p.
  • Benoît Yvert, Premiers ministres et présidents du Conseil : histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernements en France (1815-2007), Paris, Perrin, coll. « Tempus », , 916 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Archives de l’état civil de Paris en ligne, acte de naissance no 3/191/1885, avec mentions marginales des mariages : en 1909 avec Renée Landais, puis en 1939 avec Juliette Claudine Eugénie Durand
  2. Encyclopédie de la franc-maçonnerie (Sous la direction d'Eric Saunier)
  3. Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Le Livre de poche, article « Camille Chautemps », p. 144.
  4. Gérard Boulanger, À mort la gueuse !, Calmann-Lévy, , p. 97-98.
  5. Pierre Montagnon, La France dans la guerre de 39-45, Flammarion, , 944 p. (présentation en ligne)
  6. Philippe Valode, Le destin des hommes de Pétain, Nouveau Monde éditions, , 416 p. (ISBN 978-2-36583-989-1, présentation en ligne)
  7. Jérôme Cotillon, Ce qu'il reste de Vichy, Armand Colin, , 252 p. (ISBN 978-2-20035-629-3, présentation en ligne)
  8. Edouard Leduc, Une affaire d'État : le dossier Stavisky, Paris, Publibook, (présentation en ligne), p. 68
  9. Décret du 11 juin 1954, cf. « Ministère de la Justice. Décrets de grâce et d'amnistie 1940-1957, cote BB/24/2395 », sur Archives nationales (consulté le 20 octobre 2015)
  10. « Camille Chautemps 1885 ... 1963 » [jpg], sur Bruce Guthrie Photos (consulté le 25 octobre 2015)
  11. a et b Henri Haget, « Le rugby est-il de droite? », sur www.lexpress.fr, L'Express,‎ (consulté le 20 janvier 2010)
  12. « Histoire du club », sur www.ustours-rugby.fr, Union sportive Tours rugby (consulté le 20 janvier 2010)
  13. Henri Garcia, Fabuleuse histoire du rugby, La Martinière, , 1218 p. (présentation en ligne)
  14. « Rapport d'élection ... : département de la Savoie, circonscription d'Albertville », Journal officiel de la République française - débats parlementaires,‎ , p. 2737-2739 (lire en ligne)