René Belin

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René Belin
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René Belin, né le à Bourg-en-Bresse (Ain) et mort le à Lorrez-le-Bocage, est un syndicaliste et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après le décès de son père lorsqu'il avait six ans et alors que sa mère était abandonnée par sa famille directe, René Belin a été confronté à la misère très jeune. Il commence à travailler dès l'âge de quatorze ans comme facteur télégraphiste aux PTT. Au sein de cette administration, par voie de concours, il progresse jusqu’à devenir « rédacteur », un emploi de cadre en direction. Parallèlement il s'engage dans le syndicalisme postier, militant au Syndicat national des agents des PTT, une des organisations composantes de la Fédération nationale des travailleurs des PTT. Celle-ci, lors de la scission syndicale de 1922, était majoritairement restée dans la CGT de Léon Jouhaux. L’activité syndicale de René Belin et sa participation à une grève, lui valent en mai 1930 d'être révoqué. Réintégré peu de temps après, alors qu'il venait de prendre des responsabilités nationales au Syndicat des agents, c'est dans le militantisme qu'il s'investit.

Remarqué par Léon Jouhaux, il est l'un des principaux responsables de la CGT avant la Seconde Guerre mondiale : élu en 1933 au Bureau confédéral, il devint, pour les observateurs, le « secrétaire général adjoint » de l'organisation. Il anime une tendance anticommuniste autour de l'hebdomadaire Syndicats avec Georges Dumoulin (UD-Nord), André Delmas et Ludovic Zoretti (Fédération générale de l'Enseignement[1]), Marcel Roy (Métaux), M. Savoie (Alimentation), Pierre Vigne, Bard et Bertron (Mines), P. Milan et Bonnet (Habillement) et Raymond Froideval (Bâtiment). Bélin fut « débauché » du syndicalimse d'autant plus facilement par le synarque et administrateur de la Banque Worms Jacques Barnaud que les confédérés avec à leur tête Jouhaux dont Bélin était le numéro deux luttaient contre l'influence croissante des « unitaires » proches du PCF. À ce titre Bélin participait aux rencontres de l'Abbaye de Pontigny avec des responsables patronaux. Il devait y croiser et se lier d'amitié avec Robert Lacoste, autre confédéré, à la tête de la fédération des agents de la fonction publique et futur ministre de la production industrielle à la Libération.

Après la débâcle militaire de 1940, René Belin choisit la voie de la Révolution nationale et devient ministre du Travail de Pétain du au , poste qu'il cumule avec la charge de la production industrielle du au de la même année. Son directeur de Cabinet fut Jacques Barnaud qui rédigea la loi du décembre 1940 liquidant la CGT signée de Bélin lui-même.

Il signe la loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs, (Journal Officiel du 18 octobre 1940), aux côtés de Philippe Pétain, Pierre Laval, Raphaël Alibert, Marcel Peyrouton, Charles Huntziger, Yves Bouthillier, Paul Baudouin et François Darlan.

Il est le principal rédacteur de la Charte du travail, un corporatisme à la française qui doit unir patrons et salariés (il en va de même à la campagne pour les propriétaires terriens et leurs fermiers). Sous son mandat furent dissoutes les confédérations syndicales et patronales (décret du ), et instituée la retraite par répartition[2]. Bélin est décoré de la Francisque n° 808 avec le parrainage de deux cagoulards Du Moulin de La Barthète et le docteur Ménetrel, chef du secrétariat particulier du maréchal Pétain. À son poste de ministre du Travail Bélin met en place dès janvier 1942, soit un an avant le décret sur la STO, la propagande officielle pour le recrutement de travailleurs français en Allemagne. La réunion a lieu avec les autorités d'occupation allemandes, qui pressent le gouvernement français depuis l'été précédent, où Barnaud et Lehideux accompagnent Bélin. Les termes de la propagande sont arrêtés par Bélin lui-même.

C'est le , que le 1er mai est officiellement désigné comme la « Fête du Travail et de la Concorde sociale » et devient un jour chômé et payé[3]. La Saint-Philippe (Pétain) était fêtée le 1er mai, jour déplacé au 3 mai ensuite.

À la Libération, il se cache à Paris, puis en Suisse, mais il est traduit en justice et mis hors de cause le par un arrêt de Commission d'instruction de la Haute Cour sans avoir à comparaître, eu égard à « son attitude d'opposition aux demandes des Allemands et son souci d'assurer la défense des intérêts français. »

Exclu des organisations auxquelles il appartenait avant guerre, il rejoint le Parti socialiste démocratique de Paul Faure et tente de relancer un syndicalisme indépendant et anticommuniste en aidant à la création de la Confédération générale des Syndicats indépendants. Lui et son adjoint Laurat jouèrent un rôle discret mais efficace dans la scission de 1947 entre la CGT et Force ouvrière. Il fonde secrètement Front syndicaliste puis La Revue syndicaliste, proche de FO. Il collabore sous son nom ou sous divers pseudonymes (Bertrand Gauderic, Paul Brière) à plusieurs périodiques, au sujet essentiellement de questions sociales et syndicales : Travail et liberté, La Vie française, Paroles françaises d'André Mutter, le bulletin de la SEDEIS de Bertrand de Jouvenel, le Bulletin de Paris, France indépendante, l’hebdomadaire du CNIP, à la demande Roger Duchet, Nouvelle revue de l'économie contemporaine d'Achille Dauphin-Meunier. Sans oublier les diverses publications de Georges Albertini, ancien bras droit de Marcel Déat dont il était proche. Il participe d'ailleurs aux déjeuners mensuels du Centre des hautes études américaines de ce dernier, dont les activités étaient financées conjointement par la CNPF, la banque d'Indochine et la CIA. Il intègre aussi en 1952 un club de réflexion patronal, le Comité européen pour le progrès économique et social, dont il devient le secrétaire général du groupe français de 1954 à 1959. Il est ensuite maire de Lorrez-le-Bocage de 1959 à 1965[4].

L'alternative[modifier | modifier le code]

En réaction au choix de Belin et sa décision de dissoudre les syndicats, douze syndicalistes rendent public le le texte titré : Principes du syndicalisme français, connu sous le nom de Manifeste des Douze[5], acte public d'opposition à la politique du gouvernement de Vichy.

Publication[modifier | modifier le code]

  • Du secrétariat de la C.G.T. au gouvernement de Vichy, mémoires 1933-1942, Éditions de l'Albatros, Paris, 1978 ( préface de Georges Lefranc ).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La FGE (Fédération générale de l'Enseignement) prendra le nom de Fédération de l'Éducation nationale (FEN) en 1946. À cette date, elle est encore affiliée à la CGT qu'elle ne quittera en 1948 qu'au moment de la scission confédérale entre CGT et FO.
  2. Philippe Simonnot, L'erreur économique, Comment économistes et politiques se trompent et nous trompent, rapporté par Herodote.net : [1].
  3. QUID 2002 et Loi du 12 avril 1941, modifiée par la loi du 26 avril 1941, instituant le 1er mai, jour férié, fête du travail et de la concorde sociale. Art. 1er : le 1er mai est jour férié Art. 2 : ce jour sera chômé comme fête du travail et de la concorde sociale sans qu’il en résulte une réduction du salaire des travailleurs. Dans les cas où, en raison de la nature du travail, celui-ci ne pourrait être interrompu, le travailleur bénéficiera d’une indemnité compensatoire à la charge de l’employeur.
  4. Biographie de René Belin sur maitron.
  5. « biosoc.univ-paris1.fr, Le manifeste des douze »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).

Liens externes[modifier | modifier le code]