Joseph Lécussan
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Joseph Gilles Lécussan, né le à Gourdan-Polignan (département de Haute-Garonne)[1], mort fusillé le au fort de Montessuy à Caluire-et-Cuire (département du Rhône)[2], est un milicien français, assassin de Victor Basch dans le cadre des exactions commises par cette organisation supplétive de l'occupant nazi durant la Seconde Guerre mondiale.
Biographie
[modifier | modifier le code]Son père, Basile Lécussan, est instituteur.
Au début de la Grande Guerre, Joseph Lécussan, alors polytechnicien, s'engage volontairement par devancement d'appel et est incorporé au 8e régiment de cuirassiers. En 1916, il est admis à l'École navale en 1916[3]. Il parvient au grade de capitaine de corvette, commande une escadrille de patrouilleurs en 1940 et est officier de la Légion d'Honneur.
Durant l'Occupation, Joseph Lécussan, proche de la Cagoule (organisation terroriste d'extrême droite) et portant de convictions antisémites et anticommunistes, adhère à la politique collaborationniste du régime de Vichy. En , il est nommé directeur régional du Service des questions juives créé à Toulouse, et conserve cette fonction jusqu'à .
Il est ensuite nommé par Joseph Darnand au poste de chef régional de la Milice française à Lyon, où il côtoie Paul Touvier, chef du 2e service. Il y est responsable de l'assassinat[4] de Victor et Hélène Basch, le , à Neyron. C'est lui qui alerte[5] de la présence de Victor Basch à Lyon le lieutenant Moritz, alors à la tête d'une des deux branches du Sicherheitsdienst de Lyon (l'autre branche était dirigée par Klaus Barbie ; la responsabilité du Sicherheitsdienst de Lyon dans son ensemble, le dixième Einsatz Kommando, incombait à Werner Knab).
Le , en compagnie de Moritz mais également de Touvier, de Gonnet et d'autres miliciens (une dizaine de personnes au total), il participe à l'arrestation de Hélène et Victor Basch à leur domicile.
Après avoir conduit Hélène et Victor Basch à Neyron, Lécussan reconnaîtra y avoir assassiné[5] Victor Basch, Gonnet se chargeant d'assassiner Hélène Basch[5].
Il est ensuite envoyé dans le Cher, où il cumule ses responsabilités dans la milice avec les fonctions de sous-préfet de Saint-Amand-Montrond qu'il s'approprie de son propre chef le . Il est responsable du massacre des puits de Guerry, un autre responsable de ce massacre est l'agent français de la Gestapo allemande de Bourges Pierre Paoli adjoint du chef de la section 4 ; bien renseignés, sous le commandement de Roger Thévenot le chef départemental de la milice mais sous la responsabilité de la Gestapo Fritz Merdsche assisté par Fritz Woldbrandt à Orléans et Erich Hasse à Bourges avec sa maîtresse Annie Fourmann qui est secrétaire et interprète. Fritz Merdsche dirige et contrôle une région qui va de Bourges à Chartres et Blois. Le site de Guerry avait été sélectionné par l’agent Max Winterling du SD de Bourges[6] où 36 détenus juifs ont été assassinés en en représailles à l'enlèvement de la prise en otages de miliciens berrichons par les résistants de Saint-Amand Montrond et aussi sous le coup de l'assassinat du collaborationniste Philippe Henriot. La gestapo ayant quitté Bourges à partir du et la milice de Saint-Amand le , en direction de l’Allemagne.
Arrêté à Constance (Allemagne) après la chute de l'Allemagne nazie, où il s'était réfugié, Joseph Lécussan est inculpé pour trahison. À la question « L'accusé est-il coupable d'avoir sur le territoire français, en temps de guerre, étant Français, depuis le , et notamment de 40 à 44 entretenu des intelligences avec une puissance étrangère ou avec ses agents en vue de favoriser les entreprises de cette puissance contre la France ? », il est jugé coupable et condamné à mort à Lyon le . Aussitôt après le prononcé de l'arrêt, le président de la cour de justice a dit au condamné : « Lécussan, vous avez manqué à l'honneur. Au nom de la Légion d'Honneur, je déclare que vous avez cessé d'en être membre. Je déclare également que vous avez cessé d'être décoré de la Croix de guerre. »[7] Le condamné est passé par les armes le suivant.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Archives départementales de Haute-Garonne, « État civil de Gourdan-Polignan, naissances mariages et décès de 1893 à 1899, vue 98 / 181, 2 E IM 1130 »
, sur https://archives.haute-garonne.fr (consulté le )
- ↑ Archives départementales du Rhône, « État civil de Caluire-et-Cuire, registre des décès de 1946, vue 50 / 59, 4E18999 »
, sur https://archives.rhone.fr (consulté le )
- ↑ Archives départementales de la Gironde, « Bureau de recrutement de Bordeaux, classe 1914, registre matricule n°4458, 1 R 1543 4458 »
, sur https://archives.gironde.fr (consulté le )
- ↑ Jacques Derogy, « L'Express retrouve Paul Touvier », L'Express, publié le 5 juin 1972, mis à jour le 16 octobre 2003 (consulté le ).
- Documentaire Milice, film noir d'Alain Ferrari, témoignage de Françoise Basch, 1997.
- ↑ [PDF]Jean-Yves Ribault, « La tragédie des puits de Guerry (été 1944) : étapes, rouages et mobiles d’une répression raciale », sur fondationresistance.org, .
- ↑ Fabrice d' Almeida, Archives secrètes des armées, Gallimard Ministère des Armées, (ISBN 978-2-07-287334-8).
- Naissance en Haute-Garonne
- Naissance en juillet 1895
- Décès en décembre 1946
- Décès à 51 ans
- Décès à Caluire-et-Cuire
- Arrestation et assassinat d'Hélène et Victor Basch
- Collaborateur français des nazis exécuté en France
- Milicien à Lyon
- Personnalité liée à la Shoah en France
- Officier de la Légion d'honneur (date non précisée)
- Personne fusillée en France
- Élève de l'École navale
- Paul Touvier
