Félix Gaillard

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Félix Gaillard
Image illustrative de l'article Félix Gaillard
Fonctions
Président du Conseil des ministres français

(5 mois et 9 jours)
Gouvernement Gaillard
Législature IIIe législature
Prédécesseur Maurice Bourgès-Maunoury
Successeur Pierre Pflimlin
Ministre des Finances, des Affaires économiques et du Plan

(3 mois et 17 jours)
Président René Coty
Président du Conseil Maurice Bourgès-Maunoury
Gouvernement Bourgès-Maunoury
Prédécesseur Paul Ramadier
Successeur Pierre Pflimlin
Secrétaire d'État à la Présidence du Conseil

(1 an, 9 mois et 10 jours)
Président Vincent Auriol
Président du Conseil René Pleven
Edgar Faure
Antoine Pinay
René Mayer
Gouvernement Pleven (2)
Faure (1)
Pinay
Mayer
Prédécesseur Maurice Bourgès-Maunoury
Successeur Pierre July
Secrétaire d'État aux Finances

(11 mois et 3 jours)
Président Vincent Auriol
Président du Conseil Edgar Faure
Antoine Pinay
Gouvernement Faure (1)
Pinay
Prédécesseur Émile Hugues
Successeur Maurice Bourgès-Maunoury (ministre)
Député 1946-1970
Gouvernement IVe République-Ve République
Groupe politique Parti radical (1946-1958)
ED (1958-1962)
RD (1962-1967)
FGDS (1967-1970)
Biographie
Nom de naissance Félix Gaillard
Date de naissance
Lieu de naissance Paris 8e (France)
Date de décès (à 50 ans)
Lieu de décès Au large de Jersey (Manche)
Nature du décès Naufrage
Nationalité française
Parti politique Parti radical
Conjoint Dolorès Delepine, veuve Patenôtre
Enfants Philippe Gaillard
Isabelle Gaillard
Béatrice Gaillard
Marie Gaillard
Diplômé de École libre des sciences politiques
Facultés de droit des Université de Paris et de Clermont-Ferrand
Profession Inspecteur des Finances
Résidence Charente
Chefs du gouvernement français

Félix Gaillard, devenu Félix Gaillard d'Aimé par relèvement de nom, est un homme d'État français né le à Paris et mort le en mer, au large de Jersey[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

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Formation[modifier | modifier le code]

Fils de Maurice Gaillard, administrateur de sociétés et ingénieur des mines, et d'Alice d'Aimé, Félix Gaillard nait dans le 8e arrondissement de Paris. Il fait ses études au Cours Saint-Louis, puis au lycée Carnot. Il entre ensuite à l'École libre des sciences politiques (ancêtre de Sciences-Po Paris) et aux facultés de droit de Paris et de Clermont-Ferrand. Il réussit sa licence en droit en 1940, et devient titulaire du diplôme d'études supérieures d'économie politique en 1942[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il devient inspecteur des finances en 1943. Il est directeur de cabinet de Jean Monnet, commissaire en mission aux États-Unis puis commissaire général du plan, de 1944 à 1946. De lui, Jean Monnet disait "Son intelligence et sa faculté d'assimilation exceptionnelle l'engageaient dans des raccourcis brillants et rapides. Il devait bientôt prendre celui de la politique, seul débouché pour son ambition impatiente et élevée."[3]. Il participe activement à la Résistance en France à partir de 1943. Il est adjoint en 1944 d'Alexandre Parodi, délégué du GPRF en France. Le , il est élu député du Parti radical-socialiste de la Charente, sur la liste Rassemblement des gauches républicaines, et conserve ce mandat jusqu'à sa mort.

Participation aux gouvernements de la quatrième République[modifier | modifier le code]

Il participe à plusieurs gouvernements sous la Quatrième République. Dans ces fonctions, il a la possibilité de peser fortement en faveur du développement du Commissariat à l'énergie atomique.

Ministre des Finances en 1957, Félix Gaillard procède à son « opération 20 % » pour combler le gouffre économique qui accompagne l'agonie de la Quatrième République : il s'agit en fait d'une dévaluation déguisée du franc, même si le gouvernement de Maurice Bourgès-Maunoury est alors trop faible pour le reconnaître.

Président du conseil[modifier | modifier le code]

Il est appelé à la présidence du conseil le 5 novembre 1957 (gouvernement Félix Gaillard) après la chute du gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury. À 38 ans, c'est le plus jeune chef de gouvernement jamais nommé en France. Cette précocité ne sera dépassée qu'avec Laurent Fabius (nomination à 37 ans 11 mois).

Le , l'aviation française bombarde le village tunisien de Sakiet Sidi Youssef, afin de détruire un camp de repli du FLN, causant la mort de 69 personnes dont 21 enfants. L'émotion internationale est très vive et le 17 février, le gouvernement de Félix Gaillard est contraint d'accepter une médiation anglo-américaine sur la question tunisienne. Cette rencontre tripartite a lieu dans la résidence privée de Félix Gaillard à Barbezieux en Charente. Il suscite de ce fait l'hostilité des militaires et des partisans de l'Algérie française ainsi que de sa majorité[4].

Après avoir annoncé en 1957 que la République française refuse le principe de double clef pour les armes atomiques mises à disposition par les États‑Unis dans le cadre de l'OTAN, il déclare le 11 avril 1958 la décision de préparation des premières explosions atomiques françaises pour le premier trimestre de 1960[5].

Il est renversé à l'Assemblée nationale le , accusé de faiblesse face à la pression américaine.

Un mois durant, la France ne parvient pas à trouver un nouveau gouvernement. Le 13 mai 1958, Pierre Pflimlin est nommé pour un éphémère gouvernement de 15 jours. Gaillard se prononce en faveur du retour du général de Gaulle le .

Sous la Cinquième République

De 1958 à 1961, Félix Gaillard est président du Parti radical. Il appartient à la première délégation française à l'Assemblée consultative (aujourd'hui parlementaire) du Conseil de l'Europe en 1949.

Félix Gaillard est réélu député dans la 2e circonscription de la Charente aux élections de novembre 1958. Il conserve ce mandat lors des renouvellements de 1962, 1967 et 1968.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Il s'est marié avec Dolorès Delépine (1924-2010) - dite « Lolette » - veuve de l'ancien ministre de l'Économie nationale Raymond Patenôtre et a eu quatre enfants de ce mariage : Philippe (né en octobre 1956 - mort en 2014), Isabelle née en janvier 1958, Béatrice née en mars 1959 et Marie née en novembre 1960.[réf. nécessaire]

Il est autorisé à ajouter « d'Aimé » à son nom de famille Gaillard, par un jugement du tribunal de la Seine du 24 juillet 1942, conformément à la loi du 2 juillet 1923, tendant à perpétuer le nom des citoyens morts pour la patrie durant la Grande Guerre. C'est un hommage à son oncle maternel, Achille, mort sans descendance en 1936, des suites de blessures liées à la guerre[6].

Décès[modifier | modifier le code]

Le 9 juillet 1970, il meurt dans le naufrage de son bateau de plaisance de 12 mètres, la Marie-Grillon, au large de Jersey en compagnie de 3 coéquipiers : Yvonne de la Brosse - 44 ans, Dominique Cirotteau et sa fiancée Anne Dumont - 22 ans[7]. Le bateau aurait explosé à cause d'un court-circuit[8]. Personne n'a vu l'accident, en raison d'une grève des ferrys[9]. Il repose au cimetière de Lachaise en Charente.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Autres mandats[modifier | modifier le code]

  • Député (radical, puis FGDS) de la Charente (1946-1970)
  • Conseiller général de la Charente (1965-1970)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Page Félix Gaillard - Assemblée nationale », sur assemblee-nationale.fr
  2. « Félix Gaillard - Centre des Archives Economiques et Financières », sur economie.gouv.fr
  3. Benoît Yvert, Premiers ministres et présidents du conseil depuis 1815, Paris, Perrin, , 732 p. (ISBN 9782262013547)
  4. Samuel Cazenave, Félix Gaillard: le président, Ginkgo Editeur, 2011, p. 185-200
  5. Robert Michel (général de division et officier d'essais SEREB), Histoire des Pierres Précieuses et des Artilleurs du C.I.E.E.S., Première partie : La naissance de notre Industrie Balistique et spatiale. Rappel chronologique. [1]
  6. Samuel Cazenave, Félix Gaillard, Le Président, Paris, Ginko, p. 11
  7. (en) Felix Gaillard led the French - New York Times, July 12, 1970
  8. Chronique du XXème siècle, 9 juillet 1970, Par Éditions Chronique (lire en ligne)
  9. Samuel Cazenave, Félix Gaillard - Le Président, Paris, Ginko (ISBN 978-2-84679-090-1), p. 12

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]