Pierre Boisson

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Pierre Boisson
Nom de naissance Pierre François Boisson
Naissance
Saint-Launeuc (Côtes-d'Armor)
Décès (à 54 ans)
Chatou (Yvelines)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Administrateur colonial
Formation

Pierre François Boisson (-) est un haut fonctionnaire français. Administrateur colonial, il a été gouverneur général de l'AEF et de l'AOF. Ayant soutenu le régime de Vichy, il a été condamné après la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'instituteurs, ancien combattant et mutilé de la Première Guerre mondiale, Pierre Boisson intègre en février 1917 l'École coloniale. Il en sort major de sa promotion. Chef de cabinet d'Albert Sarraut au ministère des colonies en 1933, ce-dernier le fait nommer gouverneur et lui ouvre l'accès aux plus hautes fonctions de l'Empire colonial.

Il est nommé, par Georges Mandel, gouverneur général de l'Afrique-Occidentale française (AOF) du au . Il occupe ensuite la même fonction en Afrique-Équatoriale française (AEF) du au . L'AEF passe ensuite à la France libre.

S'étant déclaré fidèle au maréchal Pétain, il est nommé Haut-Commissaire de l'Afrique française, avec autorité sur l'AOF, l'AEF et les territoires sous mandat du Cameroun et du Togo le [1]. Il occupera ces fonctions jusqu'au . Il s'oppose, lors de la bataille de Dakar en , à la tentative de débarquement des forces alliées conduites par le général de Gaulle. Pour mettre en œuvre les principes de la « Révolution nationale », il crée en la « Légion française des combattants d’Afrique Noire »[2]. Destinée d'abord aux seuls anciens combattants, elle est rapidement ouverte à tous les « Aoffiens ». Après , Boisson refuse que la Légion se charge d'« apurer » l'AOF des Juifs, communistes, etc. Il est alors dépossédé d'une partie de ses pouvoirs au profit du « Service d’ordre légionnaire » (SOL) qui se radicalise.

Après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, et le ralliement de l'Armée d'Afrique, le , Boisson rallie l’AOF aux Alliés. Resté à la tête de la Fédération, il y continue la même politique[évasif] tout en essayant d'augmenter la production agricole destinée à ravitailler les troupes alliées. En , la législation républicaine est rétablie, et Boisson est contraint de quitter son poste après la création du Comité français de Libération nationale (CFLN) en .

En novembre 1943, il est inculpé par le tribunal militaire d'Alger, révoqué sans pension et renvoyé chez lui[Où ?]. Pour sa défense, il affirme avoir protégé l'empire des convoitises étrangères, aussi bien allemandes que britanniques[3]. Au lendemain de la Guerre, il est inculpé du crime d’indignité nationale, puis condamné par la Haute cour de justice en juillet 1948. Il meurt peu après.

Décorations[modifier | modifier le code]

Il a été décoré de l'ordre de la Francisque[4]. Il a été commandeur de la Légion d'Honneur[5] et exclus par décret du [6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 25 juin 1940, signé conjointement du président de la République, Albert Lebrun et président du Conseil Philippe Pétain
  2. Ousmane Ahmed Mbaye 2005.
  3. William I. Hitchcock 2001.
  4. Henry Coston (préf. Philippe Randa), L'Ordre de la Francisque et la révolution nationale, Paris, Déterna, coll. « Documents pour l'histoire », , 172 p. (ISBN 2-913044-47-6), p. 30 — première édition en 1987.
  5. Commandeur de la Légion d'Honneur par décret du 31 octobre 1938.
  6. Décret du 10 mai 1946 sur le site de la Légion d'Honneur.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]