Légion française des combattants

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Insigne de la légion des combattants

La Légion française des combattants (LFC) est une organisation mise en place par le régime de Vichy et issue de la fusion de l'ensemble des associations d'anciens combattants. Cette organisation a été formellement créée par la loi du 29 août 1940 par le maréchal Pétain sur proposition de Xavier Vallat[1]. L’État français lui assigne comme mission de « régénérer la Nation, par la vertu de l’exemple du sacrifice de 1914-1918 ». Son siège se trouve à l'hôtel de Séville, boulevard de Russie, à Vichy[2]. En dépit de la dissolution de leurs associations, tous les anciens combattants ne rejoignent pas pour autant la Légion[3].

Contexte[modifier | modifier le code]

Dans l'entre-deux-guerres, de multiples amicales et organisations d'anciens combattants sont créés, la plupart regroupées au sein de deux organismes, l'Union fédérale (950 000 membres) et l'Union nationale des combattants (860 000 membres)[4]. Le 12 novembre 1939, ces deux organismes tiennent un congrès commun et proposent un regroupement au sein d'une Légion des combattants français.

Après la défaite, surviennent l'armistice et la dévolution des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Le Parlement est mis en congé et le gouvernement de Vichy se préoccupe des moyens destinés à assurer la liaison entre le nouveau chef de l'État et l'opinion. L'idée de créer un parti unique, avancée par Marcel Déat échoue. C'est alors que Xavier Vallat, secrétaire général des Anciens combattants [réf. souhaitée], reprend la proposition du 12 novembre précédent et rédige un projet de création d'un mouvement civique des combattants. Le projet est adopté sans opposition et la loi du 29 août 1940 crée la Légion française des combattants.

Missions[modifier | modifier le code]

Les missions dévolues à la Légion sont :

  1. De grouper, au service du pays, tous les anciens combattants
  2. D'organiser l'entraide combattante
  3. D'assurer la collaboration des anciens combattants à l'œuvre des pouvoirs publics

Toutes les autres associations sont dissoutes et leurs biens sont transférés à la Légion. L'adhésion est volontaire, mais réservée — au moins au début — aux anciens combattants, y compris les juifs[5]. Chaque membre est lié au maréchal par un serment prêté individuellement :

« Je jure de continuer de servir la France avec honneur comme je l'ai servi sous les armes. Je jure de consacrer toutes mes forces à la patrie, à la famille, et au travail. je m'engage à pratiquer l'amitié et l'entraide vis-à-vis de mes camarades des deux guerres, à rester fidèle à la mémoire de ceux qui sont tombés au champ d'honneur. J'accepte librement la discipline de la Légion pour tout ce qui me sera commandé en vue de cet idéal[6]. »

La direction nationale diffuse un mensuel le Légionnaire qui comportera 40 éditions et une revue illustrée la Légion. Le Légionnaire tirera à 1 000 000 d'exemplaires en 1941[7].

Organisation (1940-1941)[modifier | modifier le code]

L'insigne de boutonnière, fabrication J.Decat.

La présidence est assurée par Philippe Pétain.

Il est assisté de trois vice-présidents :

Le directeur général est Pierre Héricourt[8], assisté d'un directeur général adjoint François Valentin. Un délégué général, Georges Loustaunau-Lacau, est chargé de la liaison entre la direction générale et les directions départementales et provinciales.

Les chefs locaux sont nommés et appointés (et non plus élus et bénévoles, comme dans les associations traditionnelles d'anciens combattants). La Légion est organisée en « sections communales », « unions départementales ». Chaque union départementale comprend une série de divisions : propagande, services civiques, services sociaux, service d'ordre. Et à partir du printemps 1941 en « unions provinciales » rattachées à des « préfectures régionales »[9].

L'organisation est limitée à la zone libre, les Allemands ayant refusé son extension à la zone occupée.

Évolution[modifier | modifier le code]

Le 8 février 1941 sont créés par une circulaire « les Amis de la Légion » où sont encadrés les soutiens du régime qui sont trop jeunes pour avoir combattu en 18 ou en 40 et donc faire partie de la Légion[10]. En mars 1941, les Allemands refusent que Pierre Héricourt (un membre trop évident de l'Action française) dirige le mouvement, c'est ainsi que l'avocat François Valentin (directeur de cabinet de Xavier Vallat) devient le chef de la Légion[11]. Le colonel de La Rocque consent à la fusion du PSF et ses 350 000 adhérents avec la Légion française des combattants en août 1941.

La loi du 19 novembre 1941 transforma la Légion initiale en « Légion française des combattants et des volontaires de la Révolution nationale », de façon à y inclure les partisans du régime qui n'avaient pas combattu. L'ancien député Raymond Lachal en devient directeur général en juin 1942, succédant à François Valentin, qui rejoindra les rangs de la Résistance française. À son apogée, la LFC atteindra un chiffre de 900 000 adhérents en métropole, 500 000 outre-mer auxquels s'ajouteront 350 000 volontaires de la Révolution nationale[12].

En janvier 1942, est créé l'Institut national de formation légionnaire sous la direction d'Yves UrvoyPaul Marion, Thierry Maulnier et François Perroux délivreront des cours.

De cette légion ont émergé successivement deux formations :

  • En janvier 1942, le Service d'ordre légionnaire (SOL) créé par Joseph Darnand, rattaché à la Légion, mais avec une forte autonomie ; ses 18 000 militants constitueront le vivier de la Milice française[12].
  • En janvier 1943, la Milice française, crée à partir du S.O.L, sous l'autorité virtuelle de Laval mais réelle de Darnand.

À la fois un parti politique, un service de renseignement, le "Deuxième Service", une armée de 5000h, la "Franc Garde". De janvier à août 1944, la Milice prend le contrôle des organisations, préfectorale, judiciaire, policière et carcérale.

Dès lors, la LFC voit ses effectifs se réduire peu à peu. Dépassée par ses éléments actifs (SOL puis Milice), désorientée par les événements de novembre 1942 et par l'éviction de son directeur Valentin, la LFC va vivoter avant de disparaître en août 1944[12]

Insignes[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Giolitto, Histoire de la Milice, p. 13, Paris, Perrin, 1997.
  2. Giolitto, op. cit. p. 18
  3. Giolitto, op. cit. p. 21
  4. Giolitto, op. cit., p. 11
  5. Amouroux, op. cit. p. 653
  6. Henri Amouroux, La Grande Histoire des Français sous l'occupation Robert Laffont, réed. 1976, T1 p. 647
  7. Amouroux, op. cit. p. 649
  8. Journaliste et publiciste, mutilé de guerre, lieutenant puis capitaine de réserve, il s'est fait connaître en 1919 par son interpellation de Marcel Cachin d'une tribune de la Chambre des députés:L'Action française, 3 juillet 1919, Ibid., 14 juin 1919, L'Echo de Paris, 14 juin 1919, "Un mutilé de la guerre proteste contre les provocations révolutionnaires" ( biographie d'Héricourt, mobilisé en décembre 1914, sous-lieutenant en juillet 1918, cinq fois blessé, titulaire de la croix de guerre et de la médaille militaire ). Héricourt ( 1895-1965 ) a été membre du comité directeur de la Ligue des chefs de section. Il collabore au quotidien La Journée industrielle de 1919 à 1924 ( il en chassé selon ses dires en raison de ses convictions politiques: L'Action française, 12 mars 1924 ), puis au Charivari et à l'Action française de 1919 à 1939, comme secrétaire général de la rédaction ( L'Action française, 22 octobre 1926 ) puis rédacteur parlementaire. Il écrit ensuite sur la Guerre d'Espagne, et prend parti pour le camp franquiste: P. Héricourt, Pourquoi Franco vaincra, Baudinière, 1936, préface de Charles Maurras, Pourquoi mentir ? L'aide franco-soviétique à l'Espagne rouge, Baudinière, 1938, Pourquoi Franco a vaincu, Baudinière, 1939. Il a été le secrétaire général de l'Association Marius Plateau, l'association des anciens combattants d'Action française ( Almanach de l'Action française, 1932, p. 361. A l'appel de cette association, il prend part à la manifestation contre le théâtre de l'Ambigu: Ibid., p. 178 ). Consul à Barcelone ( 1943-44 ), il meurt en exil en Espagne.
  9. Giolitto, op. cit. p. 19
  10. Idem p. 22
  11. Idem p. 18-19
  12. a, b et c http://www.crhq.cnrs.fr/images-axe1/atlas/p92_93.pdf