Pierre Milza

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Pierre Milza
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Fonctions
Président
Comité franco-italien d'études historiques (d)
jusqu'en
Président
Centre d'études et de documentation sur l'émigration italienne
jusqu'en
Professeur des universités
Biographie
Naissance
Décès
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Saint-MaloVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Enfant
Olivier Milza (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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A travaillé pour
Domaines
Partis politiques
Directeur de thèse
Distinctions
Œuvres réputées
L'Italie fasciste devant l’opinion française (1920-1940) (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Pierre Milza, né le à Paris et mort le à Saint-Malo, est un historien français.

Ses nombreux travaux se concentrent principalement sur l'histoire de l'Italie, l'histoire de l'immigration italienne en France et l'histoire du fascisme, dont il est l'un des spécialistes reconnus.

Il est professeur émérite à l’Institut d'études politiques de Paris, où il a enseigné l'histoire contemporaine des années durant.

Pierre Milza est notamment l'auteur de Voyage en Ritalie, Mussolini (prix Guizot-Calvados, grand prix d’histoire de la Société des gens de lettres, grand prix du Collège de France, prix Paul-Michel Perret de l’Académie des sciences morales et politiques), Napoléon III (prix des Ambassadeurs, prix de la biographie du Point), Histoire de l’Italie des origines à nos jours (prix Joseph du Teil de l’Académie des sciences morales et politiques) et Garibaldi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Agrégé d'histoire (major, 1964)[1], docteur ès lettres (1977)[2], Pierre Milza a fréquenté l'école normale d'instituteurs de la Seine au début des années 1950, où il rencontre Serge Berstein[1]. Ce dernier deviendra, dès lors, son « meilleur ami », avec qui il collaborera ensuite pour l'écriture de nombreux livres[1]. Après avoir envisagé un temps d'enseigner l'EPS[1], il devient instituteur d'école d'application (1953-1960), puis professeur de collège (1961-1963).

Par la suite, il est professeur agrégé d'histoire au lycée Michelet de Vanves (1964-1966), puis attaché de recherches au CNRS (1966-1968).

Assistant, puis maître assistant à l'Institut d'études politiques de Paris (IEP) (1968-1977), devenu un spécialiste de l’Italie contemporaine et plus précisément du fascisme, il est de 1978 à 2000 professeur à l’IEP, puis accède à l'éméritat.

En 1984, il fonde le Centre d’histoire de l’Europe au XXe siècle (CHEVS) à la Fondation nationale des sciences politiques. Jusqu'en 2000, année où Jean-François Sirinelli lui succède, il en est directeur. Il a aussi enseigné une année à l'Institut universitaire de hautes études internationales (IUHEI) de l'université de Genève[3].

Il a dirigé la Revue d'histoire moderne et contemporaine. Il a aussi présidé jusqu'en 1982 le Comité franco-italien d’études historiques et le centre d'études et de documentation sur l'émigration italienne (CEDEI).

Il était membre du conseil scientifique de l'Institut François-Mitterrand[4].

Positions[modifier | modifier le code]

Il a été « compagnon de route » du Parti communiste français dans les années 1950, avant d'adhérer au Parti socialiste[1].

Il est, en 2005, l'un des signataires de la pétition Liberté pour l'histoire[5].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Pierre Milza est le père de deux enfants: l'ainé, Olivier Milza, également historien[1] et le cadet, Stéphane Milza, agent immobilier à Saint-Malo.

Dans les années 1980, il s'installe à Miniac-Morvan, près de Saint-Malo[4].

Mort et hommages[modifier | modifier le code]

Pierre Milza meurt à Saint-Malo le 28 février 2018[4]. Sergio Romano lui rend hommage dans le Corriere della Sera, journal auquel Pierre Milza avait collaboré[6]. D'autres personnalités, dont le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, saluent également la mémoire de l'éminent spécialiste de l'Italie et du fascisme[7].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Apports[modifier | modifier le code]

Pierre Milza est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire de l’Italie, du fascisme, des relations internationales et de la France aux XIXe et XXe siècles, dont il est considéré comme l'un des plus grands spécialistes[10]. Il est également un spécialiste de l'histoire de l'immigration italienne en France et des questions d'intégration[11].

Il est aussi l’auteur de manuels de la collection « Initial » chez Hatier, en collaboration avec Serge Berstein[1]. Considérés par de nombreux professeurs de Sciences Po et de prépa comme des manuels de référence alliant rigueur, synthèse et exhaustivité, ces ouvrages appelés couramment par le surnom « les Berstein-Milza » sont encore de nos jours recommandés aux élèves souhaitant présenter les différents concours des IEP. Avec Serge Berstein, il a également dirigé les collections « Nations d'Europe » chez Hatier, et « Questions au XXe siècle », chez Complexe[1].

Pierre Milza a aussi consacré une partie de ses travaux d'historien à la rédaction de biographies sur des personnages politiques ou autres qui l'avaient marqué. Il est ainsi l'auteur de biographies sur Mussolini, Voltaire, Garibaldi ou encore Napoléon III.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • L’Italie fasciste devant l’opinion française, 1920-1940, Paris, Armand Colin, « Kiosque », 1967 (réédition Bruxelles, Complexe, 1987).
  • En collaboration avec Serge Berstein, L’Italie fasciste, Paris, Armand Colin, 1970.
  • En collaboration avec Serge Berstein, Histoire de la France au XXe siècle (série en 5 tomes), Bruxelles, Éditions Complexe.
  • En collaboration avec Serge Berstein, L’Italie contemporaine. Des nationalistes aux Européens, Paris, Armand Colin, 1973.
  • En collaboration avec Marianne Benteli, Le Fascisme au XXe siècle, Paris, Richelieu-Bordas, 1973.
  • En collaboration avec Serge Berstein, Le Fascisme italien, 1919-1945, Paris, Le Seuil, 1980.
  • Français et Italiens à la fin du XIXe siècle, Rome, École française de Rome, 2 volumes, 1981.
  • Le Nouveau Désordre mondial, Paris, Flammarion, 1983.
  • Les Fascismes, Paris, Imprimerie Nationale, 1985.
  • Fascisme français, passé et présent, Flammarion, 1987[12]
  • En collaboration avec Marianne Amar, L’Immigration en France au XXe siècle, Paris, Armand Colin, 1990.
  • En collaboration avec Serge Berstein, L’Allemagne 1870-1991, Paris : Masson, 1992 ; coll. « Un siècle d'histoire »
  • Voyage en Ritalie[13], Paris, Plon, 1993.
  • En collaboration avec Marie-Claude Blanc-Chaléard, Le Nogent des Italiens, Paris, Autrement, 1995.
  • Les Relations internationales de 1918 à 1939, Paris, Armand Colin, coll. « Cursus », 1995.
  • En codirection avec Antoine Marès, Le Paris des étrangers depuis 1945, Paris, Publications de la Sorbonne, 1995.
  • Les Relations internationales :
    • Tome I. De 1945 à 1973, Paris, Hachette, 1996.
    • Tome II. De 1973 à nos jours, Paris, Hachette, 1997.
  • Sources de la France au XXe siècle, Paris, Larousse, 1997.
  • En collaboration avec Serge Berstein, Axes et méthodes de l’histoire politique, Paris, PUF, 1998.
  • En collaboration avec Serge Berstein, L’Allemagne de 1870 à nos jours, Armand Colin, Paris, 1999 (dernière édition).
  • Mussolini, Paris, Fayard, 1999, 985 p. - prix Guizot-Calvados, grand prix d’histoire de la Société des gens de lettres, grand prix du Collège de France, prix Paul-Michel Perret de l’Académie des sciences morales et politiques 2000.
  • Verdi et son temps, Paris, Perrin, 2001, 308 p. - 25e prix Fondation Pierre-Lafue 2001.
  • En collaboration avec Serge Berstein, Histoire de l’Europe contemporaine, Hatier, Paris, 2002.
  • L'Europe en chemise noire, 2002 [détail des éditions].
  • Napoléon III, Paris, Perrin, 2004 - prix des Ambassadeurs, prix de la biographie du Point 2004.
  • Histoire de l’Italie des origines à nos jours, Paris, Fayard, 2005. [détail des éditions] - prix Joseph du Teil de l’Académie des sciences morales et politiques
  • Voltaire, Paris, Perrin, 2007.
  • L'Année terrible :
    • Tome 1, La Guerre franco-prussienne, septembre 1870 - mars 1871, Paris, Perrin, 2009.
    • Tome 2, La Commune, Paris, Perrin, 2010.
  • Les Relations internationales de 1871 à 1914, Paris, Armand Colin, coll. « Cursus », 2009.
  • Les Derniers Jours de Mussolini, Paris, Fayard, 2010, 290 p.
  • En collaboration avec Serge Berstein, Dictionnaire historique des fascismes et du nazisme, Bruxelles, André Versaille, 2010, 782 p.
  • Garibaldi[14], Paris, Fayard, 2012, 628 p.
  • Conversations Hitler-Mussolini[15], Paris, Fayard, 2013, 408 p.
  • Pie XII, Paris, Fayard, 2014, 480 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Antoine Flandrin, « Mort de l’historien Pierre Milza », Le Monde, 1 mars 2018 (consulté le 28 février 2018).
  2. Thèse de doctorat ès lettres, notice Sudoc [1].
  3. [PDF] Source : entretien avec Pierre Milza dans le journal de l'Unige.
  4. a, b et c « L'historien Pierre Milza est mort », Ouest-France, 28 février 2018 (consulté le 28 février 2018).
  5. « Liberté pour l'histoire », Libération, (consulté le 1er mars 2018).
  6. « Morto Pierre Milza, storico francese attento all'Italia e biografo del Duce », par Sergio Romano, Corriere della Sera, 28 février 2018.
  7. « Mort de Pierre Milza, grand spécialiste de l'histoire de l'Italie et du fascisme », Le Figaro, 1er mars 2018.
  8. Décret du 12 juillet 2013.
  9. Notice du Who's Who.
  10. « L'historien Pierre Milza est mort », Le Point, 28 février 2018 (consulté le 28 février 2018).
  11. « Mort de Pierre Milza, l'historien rital qui avait tout compris à l'immigration », par David Caviglioli, L'Obs, 28 février 2018 (consulté le 28 février 2018).
  12. Fascisme français, passé et présent, présentation. Persée.fr.
  13. Compte-rendu, par Ralph Schor, sur persee.fr.
  14. « Garibaldi, de Pierre Milza », par Jacques de Saint Victor, Le Figaro, 6 septembre 2012.
  15. « Hitler et Mussolini : leurs Conversations vues par Milza », par Frédéric de Monicault, Le Figaro, 13 février 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]