Robert Lacoste

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'homme politique de la Dordogne et ancien ministre. Pour le syndicaliste du Lot-et-Garonne, voir Robert Lacoste (syndicaliste). Pour les homonymes, voir Lacoste.
Robert Lacoste
Fonctions
Sénateur de la Dordogne
Groupe politique Socialiste
Député de la 4e circonscription de la Dordogne
Législature IIe, IIIe (Cinquième République)
Prédécesseur Michel Diéras
Successeur Pierre Janot
Député de la Dordogne
Législature Ire, IIe, IIIe (Quatrième République)
Maire d'Azerat
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Azerat
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès Périgueux
Nationalité Drapeau : France Française

Robert Lacoste, né le à Azerat (Dordogne) et mort le à Périgueux[1], est un syndicaliste et homme politique français, député socialiste de la Dordogne de 1945 à 1958 et de 1962 à 1967, sénateur de 1971 à 1980, mais surtout connu comme gouverneur général et ministre de l'Algérie de février 1956 (gouvernement de Guy Mollet) à mai 1958.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Robert Lacoste fait des études de droit à l'université de Paris.

Il devient ensuite fonctionnaire des finances et militant syndical CGT.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Signataire du Manifeste des Douze, il participe à la Résistance.

En 1944, il est délégué général adjoint du Comité français de Libération nationale pour la France occupée et devient ministre à la Production industrielle dans le gouvernement provisoire du général de Gaulle. Il accompagne ce dernier lors de sa visite à Oradour-sur-Glane, le .

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Élu maire d'Azerat en 1945, il le reste jusqu'en 1983[2].

Membre des deux assemblées constituantes, député socialiste de la Dordogne, il est ministre de l’Industrie jusqu'en 1950. En 1948, il supprime des avantages acquis à la Libération par les mineurs, et doit faire face aux importantes grèves des bassins houillers qui sont sévèrement réprimées[3].

Il est nommé ministre des Finances et de l’Économie en 1956.

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Tout juste après la visite en Algérie de Guy Mollet, accueilli par des Français d'Algérie qui lui jettent des tomates (la « journée des tomates »), des œufs pourris et aussi des billes d'acier, Lacoste remplace le général Catroux en février 1956, en devenant ministre résident et gouverneur général de l'Algérie. Il conserve le ministère de l’Algérie jusqu'au coup du 13 mai à Alger. Partisan du maintien de l'Algérie dans la République française, implacable, il est un des principaux acteurs de la répression du peuple algérien durant la guerre d'Algérie. Pour cela, il n'hésite pas à défendre l'usage de la torture par l'armée française et la police, en déclarant par exemple le 7 juillet 1957 à Alger devant des anciens combattants :

sont responsables de la résurgence du terrorisme, qui a fait à Alger, ces jours derniers, vingt morts et cinquante blessés, les exhibitionnistes du cœur et de l'intelligence qui montèrent la campagne contre les tortures. Je les voue à votre mépris.[4]

Témoignant pour la défense du général Salan lors de son procès, le 19 mai 1962, Robert Lacoste déclare à propos des partisans du FLN et des Accords d'Évian[5]:

J’ai quand même le droit de dire cette espèce d’écœurement que j’ai aujourd’hui parce que ceux-là qui ont tué femmes et enfants à la terrasse des cafés, aux arrêts d’autobus, à la sortie des écoles, dans les stades et dans les bals populaires, sont amnistiés[5]. »

Après 1962[modifier | modifier le code]

Il siège à nouveau à l’Assemblée nationale de 1962 à 1967. De 1971 à 1980, il est élu sénateur socialiste de la Dordogne, tout en assumant, de 1974 à 1979, la vice-présidence du Conseil régional d’Aquitaine.

Président du Conseil supérieur de l’électricité et du gaz de France en 1950, il a été maire d’Azerat jusqu’en 1983. Son épouse, née Marcelle Mahut le 5 septembre 1901, est décédée, le 19 mai 1980, à Périgueux.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

  • Secrétaire général à la Production industrielle du gouvernement Charles de Gaulle (1) (du 26 août au 4 septembre 1944)
  • Ministre de la Production industrielle du gouvernement Charles de Gaulle (1) (du 4 au 10 septembre 1944)
  • Ministre de la Production industrielle du gouvernement Charles de Gaulle (1) (du 10 septembre 1944 au 21 novembre 1945)
  • Ministre de la Production industrielle du gouvernement Léon Blum (3) (du 16 décembre 1946 au 22 janvier 1947)
  • Ministre de la Production industrielle du gouvernement Paul Ramadier (1) (du 22 janvier au 11 août 1947)
  • Ministre du Travail et de la Sécurité sociale (par intérim) du gouvernement Paul Ramadier (1) (du 4 au 9 mai 1947)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Paul Ramadier (1) (du 11 août au 22 octobre 1947)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Paul Ramadier (2) (du 22 octobre au 24 novembre 1947)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Robert Schuman (1) (du 24 novembre 1947 au 26 juillet 1948)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement André Marie (du 26 juillet au 5 septembre 1948)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Robert Schuman (2) (du 5 au 11 septembre 1948)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Henri Queuille (1) (du 11 septembre 1948 au 28 octobre 1949)
  • Ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement Georges Bidault (2) (du 29 octobre 1949 au 7 février 1950)
  • Ministre des Affaires économiques et financières du gouvernement Guy Mollet (du 1er au 9 février 1956)
  • Ministre Résident en Algérie du gouvernement Guy Mollet (du 9 février 1956 au 13 juin 1957)
  • Ministre de l'Algérie du gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury (du 13 juin au 6 novembre 1957)
  • Ministre de l'Algérie du gouvernement Félix Gaillard (du 6 novembre 1957 au 14 mai 1958)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Il a été inhumé à Azerat, cf. cimetière d'Azerat
  2. Pays-Perigord-Noir.com - Azerat
  3. La face obscure du socialisme, entretien, marianne.net, 4 mai 2014
  4. Étienne Maquin, Le parti socialiste et la guerre d'Algérie, L'Harmattan, 1990.
  5. a et b André Figueras, Salan, Raoul: ex-général..., La Table ronde, 1965, p.245