Paribas

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Paribas
logo de Paribas

Création 1872
Disparition 2000 (fusion avec la BNP)
Fondateurs Henri Bamberger, Édouard Fould, Eugène Goüin, Édouard Hentsch, Edmond Joubert, Antoine Schnapper, Samuel de Haber, Jacques Stern, Henri Cernuschi, le baron de Soubeyran
Siège social Paris
Actionnaires BNP ParibasVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité Banque
Filiales Paribas Luxembourg
Banque de l'Union parisienne
Banque continentale du Luxembourg
Banque ottomane
Compagnie bancaire

La Banque de Paris et des Pays-Bas, devenue Paribas, était une banque française, issue de plusieurs maisons de la haute banque européenne. En 2000, elle fusionne avec la BNP pour devenir BNP Paribas.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Banque de Paris et des Pays-Bas est fondée à Paris le , et fonctionne essentiellement comme banque d'affaires, au moment où la France doit mobiliser des fonds importants pour faire face à l'indemnité de guerre exigée par les allemands [1]. La création de la Banque de Paris et des Pays-Bas s'inscrit dans le processus de concentration bancaire lancé au milieu du XIXe siècle. Fondé par Henri Bamberger, Édouard Fould, Eugène Goüin, Édouard Hentsch, Edmond Joubert, Antoine Schnapper, le baron Samuel de Haber, Jacques Stern, Henri Cernuschi, le baron de Soubeyran, elle résulte de la fusion de :

Le capital de la société est fixé à 125 millions de francs. La banque fonctionne sous l'autorité de sept administrateurs (Henri Bamberger, Édouard Fould, Eugène Goüin, Édouard Hentsch, Edmond Joubert, Antoine Schnapper et Jacques Stern) et d'un directeur, Charles Sautter.

Son premier conseil d'administration, surnommé le "Conseil des Sept", est composé de Henri Bamberger, Edmond Joubert, Édouard Hentsch, Édouard Fould, Eugène Goüin, Antoine Schnapper et Jacques Stern[2]. La direction sera assurée collégialement par le conseil d'administration jusqu'à l'élection d'un premier président, François-Ernest Dutilleul, en 1877.

Tant dans ses pratiques que dans son esprit, le nouvel établissement, installé dans l'immeuble de la Banque de Paris au 3 rue d'Antin, s'inscrit dans la ligne de la tradition de la haute banque européenne dont il est issu. Dès sa création, il s'impose en tant que chef de file de l'émission des emprunts de libération du territoire destinés à couvrir le paiement de l'indemnité de guerre due par la France à l'Allemagne à la suite de la guerre de 1870. La collecte des fonds s'effectue par l'intermédiaire de son siège parisien et de ses trois succursales européennes : Amsterdam, Bruxelles et Genève.

Ce nouvel établissement montre une particulière efficacité dans le placement des emprunts français couvrant la dette de guerre due à l'Allemagne. Pour ce faire, outre de sa position parisienne, il bénéficie de ses succursales à Genève, Bruxelles et Amsterdam. Dans la période qui suit, jusqu'en 1914, la Banque de Paris, comme on continue de l'appeler, se diversifie à l'international, en Asie, en Europe, sur le pourtour méditerranéen[3], ainsi que dans les Amériques. Elle augmente sa surface commerciale par des partenariats avec de grandes institutions comme Barings ou la Deutsche Bank et aussi par la création ou la prise de participation dans des établissements locaux comme la Banque franco-japonaise, la Banca commerciale italiana, ou encore le Banco nacional de México. Elle investit dans le secteur industriel privé (Norsk Hydro) et dans les infrastructures publiques. Elle reste un acteur majeur dans de nombreux pays pour le placement d'emprunts d'État et ainsi, en 1914-1918, elle participe à l'effort de guerre français, par son dynamisme obligataire, mais aussi en investissant dans le développement de l'industrie de l'armement[4].

Sous la direction générale d'Horace Finaly, la BPPB acquiert des positions dans différents groupes industriels européens. En 1936, Horace Finaly est le seul banquier à soutenir le Front Populaire, ce qui le fait rentrer en conflit avec son président, Emile Moreau, lequel en voulait beaucoup à Léon Blum qui l'avait privé de son siège de régent de la Banque de France. Sa démission le 7 juin 1937 annonce celle de Léon Blum le 21 juin.

Pour échapper à la nationalisation prévu par la loi du , la BPPB opte pour le statut de banque d'affaires. Elle oriente son activité vers les entreprises et participe au développement et à la restructuration du tissu industriel français (Bull, CSF, Thomson,...). Sous l'impulsion de Jean Reyre, directeur général puis président de 1948 à 1969, la banque s'internationalise et se développe en particulier dans le financement des exportations de biens. Elle est fortement présente un peu partout dans le monde. À la fin des années 1960, elle prend le contrôle du Crédit du nord et de la Banque de l'Union parisienne, établissements qui sont alors fusionnés avant que leur capital commun ne soit ouvert à la National Westminster Bank et à la Bayerische Vereinsbank.

La banque est nationalisée en 1982 par le gouvernement de Pierre Mauroy, sous François Mitterrand. La loi du décide la nationalisation de cinq grandes sociétés industrielles, de trente-neuf banques inscrites et des deux compagnies financières, Suez et Paribas. C'est avec la nationalisation de 1982 qu'apparaît le nom de PARIBAS (adresse télégraphique de la banque depuis le début du siècle) : Compagnie financière de Paribas, Banque Paribas. Pierre Moussa doit quitter la présidence. Pendant quatre ans, nationalisée, Paribas continue cependant de progresser sous la présidence de Jean-Yves Haberer qui préserve aussi l'activité de la Compagnie bancaire.

La banque est privatisée en par le gouvernement Chirac, par une OPV. Paribas compte désormais 3,8 millions d'actionnaires individuels. Avec l'arrivée d'André Lévy-Lang en 1990, une nouvelle organisation structurelle en lignes de métier mondiales est mise en place : banque commerciale, activités de marché, gestion institutionnelle et privée, conseil, tandis que Paribas affaires industrielles gère les participations industrielles et commerciales. Parallèlement, une nouvelle structure juridique est instaurée en 1991 avec un Conseil de surveillance et un Directoire, présidés respectivement par Michel François-Poncet et André Lévy-Lang.

À partir de 1996, la Banque Paribas mène une politique active d'acquisitions et de cessions : après avoir cédé la Banque ottomane au groupe turc Dogus, elle lance en 1997 des OPE sur le Cetelem et la Compagnie bancaire dont elle est le principal actionnaire depuis 1969. Elle cède dans le même temps le Crédit du Nord à la Société générale et vend ses filiales à réseau en Belgique et aux Pays-Bas au groupe belge Bacob-Arco. Sous le seul nom de Paribas, un nouvel ensemble voit le jour le  : l'Assemblée générale des actionnaires ratifie la fusion de la Compagnie financière de Paribas, de la Banque Paribas et de la Compagnie bancaire, ainsi que de la Compagnie de navigation mixte. Cette opération aboutit à une nouvelle organisation en trois secteurs d'activités : banque d'affaires, gestion d'actifs, épargne et services financiers spécialisés.

La banque fusionne le avec la BNP pour former BNP Paribas.

Identité visuelle (logo)[modifier | modifier le code]

Controverses[modifier | modifier le code]

Préfinancements pétroliers[modifier | modifier le code]

Historiquement, la banque Paribas a été très impliquée dans le financement des marchés pétroliers, par des relations notamment avec la Standard Oil. Cela explique certainement le choix de la banque BNP Paribas dans le financement de l'accord 'Pétrole contre nourriture' pour alléger l'embargo irakien décidé par l'ONU (voir aussi 'affaire pétrole contre nourriture').

La technique de préfinancement pétrolier consiste en des prêts gagés sur des revenus pétroliers à venir. Elle a été développée dans les années 1970 par les compagnies de courtage comme RichCo de Marc Rich ou Glencore. Elle a été désignée par l'ONU et la Banque mondiale comme une des causes d'appauvrissement des pays pauvres producteurs de pétrole et comme une des clés des phénomènes de kleptocratie[réf. nécessaire].

Paribas Luxembourg[modifier | modifier le code]

Paribas Luxembourg a été étroitement lié à la Banque continentale du Luxembourg, de Nadhmi Auchi, banque de plusieurs dictateurs kleptocrates africains[réf. nécessaire].

Affaire des ventes d'armes à l'Angola[modifier | modifier le code]

Le juge Philippe Courroye a enquêté sur le rôle joué par la banque Paribas dans l'affaire des ventes d'armes à l'Angola. Entre 1995 et 1997, le département compensation de la banque, dirigé alors par Alain Bernard, a financé à hauteur de 573 millions de dollars la vente d'armes entre la Russie et l'Angola, selon les enquêtes du juge Courroye. Jean-Didier Maille, adjoint d'Alain Bernard, a mis en place le montage financier: les deux hommes auraient perçu 30 millions de dollars en commissions sur des comptes étrangers pour leurs actions: « la direction de Paribas avait connaissance des activités d'Alain Bernard (...) Tout le monde savait qu'il payait des commissions (...) On appelait ces activités : les affaires spéciales. », a révélé Jean-Didier Maille lors de son audition. De son côté, André Levy-Lang a affirmé ne pas avoir été au courant de cette affaire et des commissions perçues par Alain Bernard et Jean-Didier Maille[5].

Direction[modifier | modifier le code]

Président du Conseil d'administration[modifier | modifier le code]

Présidents directeurs généraux[modifier | modifier le code]

Président du conseil de surveillance[modifier | modifier le code]

Président du directoire[modifier | modifier le code]

Directeur Général (Avant-Guerre)[modifier | modifier le code]

Directeurs généraux[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Colling 1949, p. 288
  2. Quand deux brillants établissements européens donnent naissance à la Banque de Paris et des Pays-Bas
  3. 1914 - 1952 blanchiment des bénéfices du cannabis marocain et tunisien du gouvernement français « Bien avant de s'adonner à la chasse au haschich marocain comme il le fait aujourd'hui, le gouvernement français en organisa la commercialisation et en assura même la production. Ce monopole fut confié, entre 1914 et 1952, à une filiale de la très respectable Banque de Paris et des Pays-Bas, qui prendrait plus tard le nom de Paribas. Le même schéma se mit en place en Tunisie, où un monopole de cannabis fut établi dès 1881. » article : Régie du Kif, page 285, Drogues Store par Arnaud Aubron (2012)
  4. « Histoire de BNP Paribas », BNP Paribas (consulté le 2 mars 2011)
  5. Affaire Falcone : un ancien responsable de Paribas en examen, Le Figaro, 9 juin 2005

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Aron, Une Grande banque d'affaires : la Banque de Paris et des Pays-Bas, 1959
  • Robert Aron, Banque de Paris et des Pays-Bas. 20 ans d'activité 1948-1968
  • Éric Bussière et Pierre de Longuemar, 1872-1972. Paribas, l'Europe et le monde,Anvers, Fonds Mercator, 1992
  • Éric Bussière, Entre la banque mixte et la banque d'affaires : la Banque de Paris et des Pays-Bas et sa stratégie industrielle 1900-1930, 1992
  • Jean Baumier, La Galaxie Paribas, 1988
  • Henri Claude, Histoire, réalité et destin d'un monopole. La BPPB et son groupe 1872-1968, 1968
  • Alfred Colling, La Prodigieuse Histoire de la Bourse, Société d'Éditions Économiques et Financières, . 
  • Jacques de Fouchier, La Banque et la vie, 1989
  • Édouard Geffray, Les Relations bancaires et d'affaires entre Paribas et les pays d'Europe de l'Est dans les années 50 et 60 : exemples de la Yougoslavie et de la Roumanie, 2000
  • Aurelia Jean, La Banque de Paris et des Pays-Bas et la crise mondiale 1929-1934, 1997
  • Emmanuel Monick, 'Paribas 1872-1972
  • Pierre Moussa, La Roue de la fortune. Souvenirs d'un financier, 1989
  • Manfred Pohl et Sabine Freitag, Handbook on the History of European Banks, European Association for Banking History, 1994
  • M'hamed Sagou, Paribas. Anatomie d'une puissance, 1981
  • Charles Salles, La Banque de Paris et des Pays-Bas et sa succursale de Bruxelles (1944-1961) : adaptation et transition, 2000
  • Catherine Schwarz, Histoire du réseau France de la Banque Paribas (1967-1991) : stratégies, structure, identité, 1991
  • Tatiana Speranskaia, Les relations économiques et commerciales franco-soviétiques des années 1960 au début des années 1980 à travers l'activité du groupe Paribas en U.R.S.S., 2002
  • Félix Torrès, Banquiers d’avenir. Des comptoirs d’escompte à la naissance de BNP Paribas, Paris, Albin Michel, 2000.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]