Ruud Lubbers

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Ruud Lubbers
Ruud Lubbers, en 1985.
Ruud Lubbers, en 1985.
Fonctions
9e Haut Commissaire des Nations unies
pour les réfugiés
Prédécesseur Sadako Ogata
Successeur António Guterres
Chef politique de l'Appel démocrate-chrétien
Prédécesseur Dries van Agt
Successeur Elco Brinkman
13e Premier ministre des Pays-Bas
(47e chef du gouvernement)

(&&&&&&&&&&&0430911 ans, 9 mois et 18 jours)
Monarque Beatrix
Gouvernement Lubbers I, II et III
Coalition CDA-VVD (1982-1989)
CDA-PvdA (1989-1994)
Prédécesseur Dries van Agt
Successeur Wim Kok
Ministre des Affaires économiques
Premier ministre Joop den Uyl
Prédécesseur Harry Langman
Successeur Gijs van Aardenne
Biographie
Nom de naissance Rudolphus Franciscus Marie
Lubbers
Date de naissance (74 ans)
Lieu de naissance Rotterdam
Nationalité néerlandaise
Parti politique KVP (1964-1980)
CDA (depuis 1980)
Conjoint Ria Lubbers
Diplômé de Université Érasme de Rotterdam
Profession Économiste
Entrepreneur
Religion Catholicisme
Résidence Dalfsen

Ruud Lubbers
Premiers ministres des Pays-Bas

Rudolphus Franciscus Marie Lubbers, dit Ruud, né le à Rotterdam, est un homme politique néerlandais membre de l'Appel démocrate-chrétien (CDA).

En 1973, il est nommé ministre des Affaires économiques dans la grande coalition du travailliste Joop den Uyl. Il quitte le gouvernement à la fin de son mandat en 1977, et prend l'année suivante la présidence du groupe du CDA à la seconde chambre des États généraux. Porté à la tête du parti en 1982, il devient peu après Premier ministre des Pays-Bas avec le soutien d'une coalition gouvernementale de centre-droit entre le CDA et les libéraux (VVD). La coalition est rompue en 1989, et Lubbers forme, à l'issue des élections anticipées, une grande coalition avec les travaillistes de Wim Kok. Considéré comme ayant un tempérament politique très conservateur, il est qualifié par certains d'« héritier » de Margaret Thatcher. L'un de ses slogans électoraux les plus connus est « Plus de marché, moins d'État » (Meer markt, minder overheid).

En 1994, après avoir passé douze ans à la tête du gouvernement néerlandais, ce qui constitue aujourd'hui encore le record de longévité, il décide de se retirer de la vie politique. Il se présente en 1996 au poste de secrétaire général des Nations unies mais les États-Unis y mettent leur veto, lui préférant Kofi Annan. Quatre ans plus tard, il est désigné haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés et prend ses fonctions en 2001. Compromis dans un scandale de harcèlement sexuel en 2004, il est finalement blanchi mais démissionne tout de même en 2005, quelques mois avant le terme de son mandat.

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Après avoir accompli, de 1950 à 1957, ses études secondaires à Nijmegen, il intègre l'université Érasme de Rotterdam, où fut l'élève de Jan Tinbergen, prix Nobel d'économie. Il obtient un diplôme d'économie en 1987 avec mention bien.

L'année suivante, il intègre l'entreprise familiale de bâtiments et travaux publics Hollandia b.v., installée à Krimpen aan den IJssel, comme secrétaire de direction. Il en prend la tête en 1965 pour huit ans.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Il est marié depuis 1962 à Ria Lubbers, de son vrai nom Maria Emelie Josepha Hoogeweegen, avec qui il a eu deux fils et une fille. Il est en outre le fils de Paul Lubbers et Mina van Laack.

Débuts politique[modifier | modifier le code]

Ministre des Affaires économiques[modifier | modifier le code]

Membre du Parti populaire catholique (KVP) à partir de 1964, il est nommé le ministre des Affaires économiques dans le gouvernement de grande coalition dirigé par le Premier ministre travailliste Joop den Uyl. Au cours de son mandat, qui s'achève le , il obtient notamment le maintien de l'approvisionnement du pays en pétrole de la part des pays arabes, et fait voter une loi donnant au gouvernement le contrôle des prix et des salaires. Il favorise par ailleurs l'investissement, prend des mesures en vue de restructurer l'industrie et propose une nouvelle politique de l'énergie garantissant notamment la sécurité de l'approvisionnement du pays.

Montée en puissance[modifier | modifier le code]

Il est élu député à la seconde chambre des États généraux lors des élections du . Il ne prend possession de son mandat que le 22 décembre, suite à la formation d'un gouvernement de centre-droit par Dries van Agt, auquel il ne participe pas. Le , il succède à Willem Aantjes comme président du groupe CDA, ce dernier étant contraint à la démission à la suite d'accusations relatives à son comportement durant la Seconde Guerre mondiale.

À la suite des élections anticipées du , où le CDA cède de justesse son statut de première force politique néerlandaise aux travaillistes avec 45 députés contre 47, il est nommé « formateur » par la reine Beatrix le 30 octobre.

Premier ministre (1982 - 1994)[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Article connexe : Cabinet Lubbers I.

Ayant réussi à conclure une coalition, disposant de 81 sièges sur 150, avec le Parti populaire libéral et démocrate (VVD), Ruud Lubbers est nommé Premier ministre des Pays-Bas le 4 novembre suivant.

Son cabinet a alors procédé à de profondes coupes budgétaires, notamment dans le domaine de la santé, de l'éducation et de la protection sociale, ce qui a permis une spectaculaire réduction du déficit public. Il a d'ailleurs conduit la privatisation des télécommunications, des postes, des chemins de fer et d'autres entreprises publiques, tout en baissant les impôts et la durée du temps de travail.

En 1984, suite à sa visite un an plus tôt aux États-Unis et sa rencontre avec Ronald Reagan, il accepte que l'OTAN déploie des missiles de croisière sur le territoire néerlandais, dans le cadre de la crise des euromissiles, ce qui entraîne une énorme manifestation à La Haye. Cette même année, il participe au dénouement de la crise née de la demande faite par Margaret Thatcher d'obtenir un rabais sur la contribution du Royaume-Uni au budget de l'Union européenne, accord scellé lors du Conseil européen de Fontainebleau. Il s'est par ailleurs rendu en URSS en 1986, afin d'y évoquer le désarmement, et engagé l'évolution institutionnelle d'Aruba et des Antilles néerlandaises.

La grande coalition[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Cabinet Lubbers II et III.

Reconduit en 1986 avec le bon score de 54 députés sur 150 pour le CDA, contre 27 pour le VVD, ce qui assure toujours 81 sièges à sa coalition gouvernementale, il est contraint de convoquer des élections anticipées en 1989, du fait d'un désaccord avec les libéraux sur le financement du plan national pour l'environnement. Le jour du scrutin, les chrétiens-démocrates conservent le même nombre de sièges tandis que leurs partenaires en perdent cinq. Lubbers finit par constituer une grande coalition avec le Parti du travail (PvdA) de Wim Kok, qui devient ministre des Finances, à partir du . Ce nouveau cabinet a notamment dû assurer la reprise de l'économie, plombée par la chute de la croissance et la hausse du chômage, ce qui le conduit à adopter une politique de rigueur budgétaire et à réviser le système des invalidités du travail afin de favoriser le retour à l'emploi.

L'année 1990 est riche sur le terrain diplomatique puisque les Pays-Bas annulent leur participation à la guerre du Golfe, favorisent la coordination des politiques énergétiques membres de la Communauté économique européenne, et rétablissent leurs relations avec l'Afrique du Sud, qui a commencé le démantèlement de son régime d'apartheid. Un an plus tard, les membres de la CEE signent à Maastricht le traité sur l'Union européenne, qui renforce leurs liens politiques.

Il ne se représente pas lors des élections de 1994, perdues par le CDA, et se retire alors de la vie politique néerlandaise. Il détient aujourd'hui encore le record de longévité à la tête du gouvernement avec un mandat total de onze ans et neuf mois.

Depuis 1994[modifier | modifier le code]

Après avoir quitté le gouvernement, il fut candidat, en 1996, au poste de secrétaire général de l'ONU. Mais les États-Unis mirent leur veto à sa candidature, lui préférant, pour succéder à l'égyptien Boutros Boutros-Ghali, le ghanéen Kofi Annan.

Quatre ans plus tard, il obtint toutefois une sorte de lot de consolation, puisqu'il fut nommé, à compter du , Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés. En , son mandat de trois ans fut prolongé de deux ans, soit jusqu'au . Il a été compromis, au milieu de l'année 2004, dans un scandale de harcèlement sexuel à l'encontre d'une fonctionnaire du HCR. Une enquête interne, ordonnée par Kofi Annan, l'a blanchi de ces accusations, mais il a été toutefois sévèrement critiqué par le secrétaire général pour sa « gestion » de la crise, Lubbers ayant pris l'initiative d'écrire à son accusatrice pour lui demander de retirer ses allégations tout en lui faisant une promesse d'impunité. Il finit cependant par démissionner le .

Il a été chargé d'une mission d'informateur en par la reine Beatrix des Pays-Bas, après l'éclatement de la coalition de Jan Peter Balkenende. Suite aux élections législatives de 2010 et à l'absence d'accord de coalition au bout de six semaines, il est de nouveau désigné comme informateur le 23 juillet[1].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Samen onderweg, 1991
  • Geloof in de samenleving: christen-democratie in drie generaties: Ruijs, Klompé, Lubbers, 1998
  • Vluchtelingen in onze tijd, mijn hart voor vluchtelingen, 2005
  • De vrees voorbij: een hartenkreet/Ruud Lubbers in gesprek met Carolina Lo Galbo, 2007

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]


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Président du Conseil européen
1er janvier 1986 -
-
Margaret Thatcher
Aníbal Cavaco Silva