Antoine Pinay

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Antoine Pinay
Antoine Pinay en 1955.
Antoine Pinay en 1955.
Fonctions
Président du Conseil des ministres français
et ministre des Finances et des Affaires économiques

(9 mois et 15 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement Antoine Pinay
Législature IIe (Quatrième République)
Prédécesseur Edgar Faure
Successeur René Mayer
Ministre des Finances et des Affaires économiques
1er ministre des Finances de la Ve République

(1 an 11 mois et 20 jours)
Président René Coty
Charles de Gaulle
Gouvernement Charles de Gaulle III
Michel Debré
Prédécesseur Charles Spinasse (Affaires économiques)
Lui-même (Finances)
Successeur Wilfrid Baumgartner
Ministre des Finances

(1 mois et 22 jours)
Président René Coty
Gouvernement Charles de Gaulle III
Prédécesseur Edgar Faure
Successeur Lui-même
Ministre des Affaires étrangères

(11 mois et 9 jours)
Président René Coty
Gouvernement Edgar Faure II
Prédécesseur Edgar Faure
Successeur Christian Pineau
Ministre des Finances et des Affaires économiques

(10 mois)
Président Vincent Auriol
Gouvernement Antoine Pinay
Prédécesseur Edgar Faure (Finances)
Robert Buron (Affaires économiques)
Successeur Maurice Bourgès-Maunoury (Finances)
Robert Buron (Affaires économiques)
Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme

(1 an 7 mois et 25 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement René Pleven I
Henri Queuille III
René Pleven II
Edgar Faure I
Prédécesseur Maurice Bourgès-Maunoury
Successeur André Morice
Médiateur de la République

(1 an)
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Aimé Paquet
Député de la Loire

(1 an 11 mois et 10 jours)
Législature XVIe (Troisième République)
Groupe politique Non inscrit

(5 mois et 25 jours)
Législature 2e Assemblée nationale constituante
Groupe politique Républicains indépendants

(4 ans 7 mois et 24 jours)
Législature Ire (Quatrième République)
Groupe politique Républicains indépendants

(4 ans 5 mois et 14 jours)
Législature IIe (Quatrième République)
Groupe politique Républicains indépendants

(2 ans 11 mois et 6 jours)
Législature IIIe (Quatrième République)
Groupe politique Indépendants et paysans d'action sociale
Député de la Loire
Élu dans la 3e circonscription

(2 mois et 9 jours)
Législature Ire (Cinquième République)
Groupe politique Indépendants et paysans d'action sociale
Successeur Émile Hémain
Sénateur de la Loire

(3 ans 9 mois et 11 jours)
Maire de Saint-Chamond

(15 ans 3 mois et 15 jours)
Prédécesseur François Delay
Successeur Albert Ferraz

(29 ans 5 mois et 1 jour)
Prédécesseur Jules Boyer
Successeur Jacques Badet
Président du Conseil général de la Loire

(30 ans)
Prédécesseur Aimé Malécot
Successeur Lucien Neuwirth
Conseiller général de la Loire
Élu dans le canton de Saint-Chamond

(6 ans)
Prédécesseur Louis Chatin

(34 ans)
Successeur Jacques Badet
Biographie
Nom de naissance Antoine Pinay
Date de naissance
Lieu de naissance Saint-Symphorien-sur-Coise
(Rhône)
Date de décès (à 102 ans)
Lieu de décès Saint-Chamond (Loire)
Nationalité Française
Parti politique NI (1936-1938)
UDR (1938-1940)
RI (1946-1955)
IPAS (1956-1959)
Père Claude Pinay
Mère Marie Antoinette Besson
Conjoint Marguerite Marie Louise Fouletier (1895-1970)
Enfants Geneviève Pinay
Odette Pinay
Pierre Pinay
Profession Industriel

Signature de Antoine Pinay
Chefs du gouvernement français

Antoine Pinay, né le à Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône) et décédé le à Saint-Chamond (Loire), est un homme d'État français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et études[modifier | modifier le code]

Usine Pinay à Saint-Symphorien-sur-Coise.

Son père est Claude Pinay (1852-1919), industriel à Saint-Symphorien-sur-Coise et fabricant de chapeaux de paille. Sa mère est Marie Antoinette Besson (1861-1936).

La famille paternelle d'Antoine Pinay exerçait son activité, depuis plusieurs générations, dans l'industrie de la chapellerie dont la région lyonnaise et stéphanoise est l'un des principaux centres.

Antoine a été scolarisé chez les maristes au collège Sainte-Marie à Saint-Chamond, comme en témoigne une carte postale qu'il adresse en avril 1905[1]. Mais il ne se présente pas au baccalauréat et quitte l'école sans diplôme.

Il est incorporé au 5e régiment d'artillerie le 1er octobre 1912, nommé brigadier en avril 1913 puis maréchal-des-logis en septembre de la même année.

Après la mobilisation du 2 août 1914, il est resté aux armées un mois, puisqu'il est blessé par éclats d'obus, le 8 septembre 1914, au nord de Meaux, lors de la bataille de la Marne. Antoine Pinay est alors évacué du front. Il est ensuite réformé, déclaré invalide et pensionné[2].

Le 25 avril 1917 à Saint-Chamond, il épouse Marguerite Marie Louise Fouletier (1895-1970) fille de Louis Fouletier (1862-1922) directeur de la tannerie Fouletier, entreprise établie à Saint-Chamond depuis fort longtemps puisqu'elle fut fondée en 1772, et employant une centaine d'ouvriers.

Il est père de trois enfants :

  • Geneviève Pinay épouse Epstein (née en 1918).
  • Odette Pinay épouse Roy (1920-2015).
  • Pierre Pinay (1922-1964)[3].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Un industriel qui entre en politique sous la IIIe République[modifier | modifier le code]

Antoine Pinay devient le collaborateur d'un des administrateurs puis directeur de la tannerie à partir de 1919. Sous son impulsion, grâce à de nouveaux procédés de fabrication qu'il lance, l'établissement prend un nouvel essor. Son activité contribue à réanimer dans la région l'industrie des cuirs et peaux qui traversait alors une crise.

Il a été maire de Saint-Chamond de 1929 à 1944 puis de 1947 à 1977. En 1934, il devient conseiller général du canton de Saint-Chamond et préside la commission départementale de 1934 à 1936. Sa carrière nationale commence en 1936 quand il est élu député de la Loire de l'Alliance démocratique, jusqu'en 1938. Il est ensuite élu sénateur de la Loire en 1938.

Sous Vichy[modifier | modifier le code]

Le 10 juillet 1940, il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. En 1941, il est nommé au Conseil national de Vichy, puis décoré de l'ordre de la Francisque, faisant partie selon sa biographe Christiane Rimbaud des notables de province sur lesquels le régime de Vichy voulait s’appuyer. Il refuse pourtant les propositions qui lui sont faites de servir Vichy et démissionne en 1942 du Conseil national de Vichy.

En 1943, il rejette la proposition qu’on lui fait de la préfecture de l’Hérault. Il contribue également à faire passer des juifs et des résistants en Suisse et à Alger. Sylvie Guillaume, auteur d'une thèse sur Pinay, estime que la volonté d'associer Pinay à Vichy malgré la réalité est le fruit de la volonté de ses « adversaires communistes »[4]. De même, Christiane Rimbaud estime que les communistes lui firent un « mauvais procès » en l'associant au régime de Vichy alors qu'il a résisté[5].

Sous la IVe République[modifier | modifier le code]

Membre du Centre national des indépendants et paysans (CNIP), il constitue un exemple de ces « modérés », nom préféré jusqu'aux années 1960 au terme « droite » pour désigner des républicains à la fois socialement conservateurs et théoriquement favorables au libéralisme économique. Il poursuit sa carrière politique pendant la IVe et la Ve République. Député de 1946 à 1958, il entre au gouvernement comme secrétaire d'État en 1948, puis ministre en 1950. Il fonde le SIEL en 1950. En 1951, il fonde, avec Jean Violet, Le Cercle (plus connu sous le nom de « Cercle Pinay »), dont il sera président de 1953 à 1971.

Président du Conseil des ministres du 8 mars au 23 décembre 1952, il lance un premier emprunt national, gagé sur l'or. Il lutte efficacement contre l'inflation dans le contexte économique très favorable de la fin de la guerre de Corée, et signe en mai 1952 le traité de Paris instituant la Communauté européenne de défense (CED).

Il est candidat à la présidence de la République en 1953. En 1955, il est ministre des Affaires étrangères et permet l'indépendance du Maroc (accords de La Celle-Saint-Cloud) et ouvre la voie à l'autonomie tunisienne.

Sous la Ve République[modifier | modifier le code]

Ministre des Finances de De Gaulle[modifier | modifier le code]

Charles de Gaulle, président de la République française, le choisit pour le ministère des Finances en juin 1958. Antoine Pinay lance un second emprunt national et préside au passage au nouveau franc.

Échec d'une candidature fédérant la droite anti-gaulliste[modifier | modifier le code]

En désaccord avec la politique algérienne et extérieure du gouvernement, Antoine Pinay remet sa démission en janvier 1960. Il abandonne ensuite toute activité politique nationale.

Dans les années suivantes, Antoine Pinay est à l'origine d'une des tentatives montées pour structurer l'opposition à De Gaulle dans la perspective d'une élection présidentielle au suffrage universel qui vient d'être introduite dans la Constitution.

L'idée d'une candidature Pinay fait son chemin, sur une ligne libérale, atlantiste et pro-européenne, susceptible de rassembler les critiques de droite à la politique gaulliste. Mais Antoine Pinay est empêché de se présenter par la menace que soient exploités contre lui des dossiers de « ballets roses », qu'aurait étayée la « main courante » déposée contre lui à la suite d'un prétendu « attouchement sur mineur »[6].

Ce fait politique, connu dans les milieux politiques et à Saint-Chamond, n'a été porté à la connaissance du grand public, qu'en 2011 par la publication du livre Sexus Politicus[7], pour laquelle les auteurs s'appuyèrent sur les travaux de Sylvie Guillaume[8].

Antoine Pinay ayant renoncé à se présenter, son électorat potentiel éclata entre le soutien à Jean-Louis Tixier-Vignancourt, marqué par l'Algérie Française, et le rassemblement centriste autour de Jean Lecanuet, lancée par le MRP. D'autres, enfin, purent, derrière Valéry Giscard d'Estaing et les Républicains indépendants, rester dans l'alliance majoritaire avec l'UNR-UDT.

Il fut député européen délégué par la France de 1958 à 1979.

Le « sage de Saint-Chamond »[modifier | modifier le code]

Délaissant désormais toute ambition politique nationale, Antoine Pinay se consacre à ses mandats de maire de Saint-Chamond jusqu'en 1977 et de président du Conseil général de la Loire jusqu'en 1979.

De 1973 à 1974, il est le premier médiateur de la République, fonction créée par le gouvernement Messmer sous Georges Pompidou.

Il a laissé l'image d'un gestionnaire prudent et efficace. Jusqu'à la fin de sa longue vie, celui que l'on surnomma « le sage de Saint-Chamond » fut consulté par de nombreux hommes politiques qui se sont réclamés de son expérience et de son pragmatisme reconnu.

Il est le doyen des anciens présidents du Conseil français.

Lieu de villégiature[modifier | modifier le code]

Il fut un hôte assidu de Sainte-Maxime (Var).

Mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Secrétaire d'État[modifier | modifier le code]

Ministre[modifier | modifier le code]

Mandats parlementaires[modifier | modifier le code]

  • 3 mai 1936 - 13 avril 1938 : Député de la Loire
  • 2 juin 1946 - 27 novembre 1946 : Député de la Loire
  • 10 novembre 1946 - 4 juillet 1951 : Député de la Loire
  • 17 juin 1951 - 1er décembre 1955 : Député de la Loire
  • 2 janvier 1956 - 8 décembre 1958 : Député de la Loire
  • 30 novembre 1958 - 8 février 1959 : Député de la 3e circonscription de la Loire
  • 20 mars 1938 - 31 décembre 1941 : Sénateur de la Loire
  • 1958 - 1979 : Député européen délégué par la France

Mandats locaux[modifier | modifier le code]

Autres mandats[modifier | modifier le code]

Autre fonction[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Décorations officielles[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une carte de l'élève Antoine Pinay à son ami (cousin ?) Jean Pinay, le 16 avril 1905.
  2. Fiche du registre matricule 1911, Rhône-sud.
  3. Mort de M. Pierre Pinay fils de l'ancien président du conseil
  4. Sylvie Guillaume, Antoine Pinay ou la confiance en politique, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1984, p. 15
  5. Christiane Rimbaud, Pinay, Perrin, 1990, p. 37 et suivantes
  6. La Provence - 16 mai 2011.
  7. Christophe Dubois et Christophe Deloire, Sexus Politicus, chapitre 4 [1].
  8. Note publiée sur le site « Lumières sur Rhône-Alpes » en accompagnement du portait d'« Antoine Pinay », émission d'Antenne 2 le 13 décembre 1994 [2]
  9. Pierre de Cossé Brissac, La suite des temps, (1939-1958), Grasset, , 336 p. (ISBN 9782246798514, lire en ligne)
  10. Généastar : Ascendants d'Antoine PINAY

Liens externes[modifier | modifier le code]

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