Alexandre Millerand

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Alexandre Millerand
Alexandre Millerand, en 1914.
Alexandre Millerand, en 1914.
Fonctions
Sénateur de l'Orne
[1]
Élection
Réélection
Prédécesseur Robert Leneveu
Sénateur de la Seine
Élection
Prédécesseur Paul Magny
Successeur Amédée Dherbecourt
Président de la République française

(3 ans 8 mois et 19 jours)
Élection
Président du Conseil Georges Leygues
Aristide Briand
Raymond Poincaré
Frédéric François-Marsal
Prédécesseur Paul Deschanel
Successeur Gaston Doumergue
Président du Conseil des ministres français
et ministre des Affaires étrangères
Président Raymond Poincaré
Paul Deschanel
Gouvernement Millerand I et II
Législature XIIIe
Coalition Bloc national
(ARD, FR, RI, DVD)
Prédécesseur Georges Clemenceau
Successeur Georges Leygues
Ministre de la Guerre
Président Raymond Poincaré
Président du Conseil René Viviani
Gouvernement Viviani II
Prédécesseur Adolphe Messimy
Successeur Joseph Gallieni
Président Armand Fallières
Président du Conseil Raymond Poincaré
Gouvernement Poincaré I
Prédécesseur Adolphe Messimy
Successeur Albert Lebrun
Ministre du Commerce, de l'Industrie,
des Postes et Télégraphes
Président Émile Loubet
Président du Conseil Pierre Waldeck-Rousseau
Gouvernement Waldeck-Rousseau
Prédécesseur Paul Delombre
Successeur Georges Trouillot
Député de la Seine

(34 ans 11 mois et 19 jours)
Élection
Réélection 6 octobre
20 août 1893
8 mai 1898
27 avril 1902
6 mai 1906
8 mai 1910
26 avril 1914
16 novembre 1919
Prédécesseur scrutin proportionnel
Titulaire du fauteuil 5 de la Section 3
de l'Académie des sciences morales et
politiques
Prédécesseur Maurice Sabatier
Successeur Jules Basdevant
Biographie
Nom de naissance Étienne Alexandre
Millerand
Date de naissance
Lieu de naissance Paris (Xe)
Date de décès (à 84 ans)
Lieu de décès Versailles (Seine-et-Oise)
Nature du décès Maladie de Parkinson[2]
Parti politique Socialiste indépendant
Indépendant
PRS
LRN
Conjoint Jeanne Levayer
Diplômé de Université de Paris
Profession Avocat, journaliste
Religion Agnostique

Alexandre Millerand
Présidents de la République française
Présidents du Conseil des ministres français

Alexandre Millerand, né à Paris le et mort à Versailles le , est un homme d'État français, président de la République de 1920 à 1924, d'abord de tendance socialiste puis qui évolue à droite au fur et à mesure de son parcours ministériel. Il est surtout connu pour avoir été le premier socialiste (quoique indépendant) à entrer dans un gouvernement français.

Débuts[modifier | modifier le code]

Né à Paris le , Alexandre Millerand est le fils de Jean François Millerand[3] (03/12/1826 à Gentilly – 1897 à Paris), négociant en drap installé dans le quartier du Sentier, originaire de la Haute-Saône (de Roche-sur-Vanon, aujourd'hui Roche-et-Raucourt), et de Mélanie Caen (née en 1835).

(Voir plus bas le paragraphe Généalogie).

Licencié en droit, il s'inscrit au barreau de Paris en 1881 et devient un avocat d'affaires important. Il défend les révolutionnaires se réclamant de Narodnaïa Volia, 27 membres de l'organisation terroriste ont comparu devant la cour de justice, le 5 juillet 1890, en correctionnelle, à Paris ; Certains d'entre eux, défendus par Alexandre Millerand, ont été condamnés à trois ans de prison[note 1],[4]

Il entame parallèlement une carrière de journaliste - il collabore notamment au journal de Georges Clemenceau, La Justice - et une carrière d'homme politique. Il devient franc-maçon le 21 mai 1883 en adhérant à la loge L'Amitié du Grand Orient de France[5],[6].

Il épouse le à la mairie du 9e arrondissement de Paris, Jeanne Levayer, fille d'un marchand de bois de la Sarthe. Ils auront quatre enfants[7] :

Socialiste[modifier | modifier le code]

Élu député de la Seine en 1885, il siège à l'extrême gauche. Il est réélu sans interruption jusqu'en 1919. Il fait signer les « décrets Millerand » qui règlementent et réduisent le temps de travail tout en garantissant un temps de repos hebdomadaire. Il préconise en 1892 la nationalisation de toutes les mines.

Son entrée au gouvernement de Défense Républicaine de Pierre Waldeck-Rousseau en 1899, en pleine affaire Dreyfus, aux côtés du général de Galliffet, suscite la désapprobation de très nombreux socialistes, dont Jules Guesde et Rosa Luxemburg. Jaurès, ainsi que le radical-socialiste Clemenceau, le soutiennent toutefois.

Droite[modifier | modifier le code]

Il devient « patriote » à partir de 1914, et crée la Fédération des gauches puis la Ligue républicaine nationale. Sa carrière politique culmine en 1920, d'abord avec sa nomination comme président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, puis par son élection à la présidence de la République le 23 septembre, après la démission de Paul Deschanel dont il assura d'abord l'intérim à la tête du Gouvernement (du 21 au 23 septembre 1920).

Président de la République[modifier | modifier le code]

Alexandre Millerand, qui était le président du Conseil de Paul Deschanel, lui succède le 23 septembre 1920 en obtenant de l'Assemblée nationale (le Sénat et la Chambre des députés réunis) 695 suffrages sur 892 voix.

Il connaît des relations difficiles avec les présidents du Conseil en raison de son intention d'appliquer la Constitution à la lettre et qui de fait donne une importance réelle au chef de l'État ; il se heurte au refus du président du Conseil, Raymond Poincaré, de soumettre une réforme de la Constitution en 1923. Mais c'est avec le président du Conseil Aristide Briand que les relations sont les plus difficiles car Briand voulait tendre la main à l'Allemagne alors que Millerand était pour une politique de fermeté, au sujet des réparations notamment.

Millerand s'engage dans la politique intérieure notamment dans son discours d'Évreux en 1923, dans lequel il témoigne son attachement à la majorité sortante. Le Cartel des gauches, qui gagne les élections législatives de 1924, le lui reproche et demande sa démission. Dans un premier temps, Millerand refuse car rien ne l'y oblige ; par provocation, il charge même un député de droite, ministre des Finances du gouvernement Poincaré, Frédéric François-Marsal, de former le nouveau gouvernement. La Chambre des députés lui refuse sa confiance.

La droite nationaliste propose à Millerand de faire un « coup d'État » mais il s'y refuse[réf. nécessaire]. Il présente alors sa démission dans une lettre aux deux Chambres en ces termes : « Monsieur le Président [du Sénat], j'ai l'honneur de vous présenter ma démission de Président de la République. »

Georges Clemenceau en a brossé ce portrait : « Il a l'air idiot, mais méchant (...) une tête carrée, fermée à tout, des yeux de myope, et pourtant il a des lueurs de bon sens »[8].

Dix mois plus tard, en , il est élu sénateur de la Seine, jusqu'en janvier 1927, où il est battu par Pierre Laval[9], puis à la suite du décès de Leneveu, sénateur de l'Orne avec 536 voix sur 845 exprimés, dès le 1er tour, en [10]. Il le reste jusqu'à sa mort. Le 10 juillet 1940, âgé et affaibli, il ne prend pas part au vote entraînant l'investiture du maréchal Pétain à la présidence du Conseil.

Il décède à son domicile, rue Mansart à Versailles, le 7 avril 1943.

Synthèse des fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Mandats parlementaires[modifier | modifier le code]

Fonctions ministérielles[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvert Benoît (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p.
  • Alexandre Millerand, La guerre libératrice. Conférence faite à Versailles le 22 octobre 1916, Paris, Librairie Hachette et Cie. 1916. 27 pages.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. le provocateur Abraham Hackelman ou Hekkelman alias Landesen, de son vrai nom Arkady Mikhaïlovich Harting qui plus tard dirigera la direction parisienne de l’Okhrana entre 1905 et 1909 avait établi au Raincy, avec Piotr Ratchkovski, un atelier de fabrication de bombes destinées à tuer Alexandre III. Lorsque les bombes furent prêtes, Harting dénonça à la Sûreté parisienne, le 29 mais 1890, le groupe de révolutionnaires se réclamant de Narodnaïa Volia, qu'il avait recruté.Le but de l’opération était d’ouvrir une brèche dans le soutien dont jouissaient dans l’opinion française les révolutionnaires russes

Références[modifier | modifier le code]

  1. De facto, puisque durant la période de l'Occupation, le parlement ne fut pas dissous, mais Sénat et Chambre des députés furent « ajournés jusqu'à nouvel ordre », seul le chef de l'État pouvant les réunir (voir « Acte constitutionnel no 3 du 11 juillet 1940 », sur le site mjp.univ-perp.fr, consulté le 25 juin 2009). Le Parlement ne se réunit plus durant toute l'Occupation, entérinant dans les faits le caractère autoritaire du régime de Vichy.
  2. Dominique Frémy, Quid des présidents de la République... et des candidats, éditions Robert Laffont, Paris, 1987, p. 40, (ISBN 2-221-05360-5).
  3. Le patronyme Millerand serait un dérivé du mot milière : « champ de mil » ou « champ de milet ». On trouve aussi des variantes du patronyme avec la même signification : Millerant, Meillerand, Millerat, Milleraud, Millerault, Milleraut, Milleray, Millereau, Millereaux, Milleret, Millereux, Milleret, Millerin, Milleriot, Millerioux, Milleron, Millerot, Millerou, Millery. C'est en Bourgogne et en Franche-Comté que le nom a toujours été le plus répandu (Sources : Généanet.org/onomastique).
  4. Victor Méric, Les Hommes du jour, Wladimir Bourtzeff, 25 septembre 1909 disponible sur Gallica
  5. Sur geneanet.org
  6. Dans Faucher et Ricker, Histoire de la Franc-maçonnerie en France
  7. « Les parlementaires de la Seine sous la Troisième République » de Jean Marie Mayeur et Arlette Schweitz - Publications De La Sorbonne - 2001 - (ISBN 2859444335) - Page 424
  8. (cité par son secrétaire Jean Martet dans Le silence de M. Clemenceau, Plon, 1929)
  9. Le Petit Parisien, 10 janvier 1927. Laval est élu dès le 1er tour. Millerand obtient 368 voix au 1er tour, 404 au second, et se retire au 3e.
  10. Le Petit Parisien, 31 octobre 1927. p.1 Au renouvellement de janvier 1927, Leneveu avait obtenu 515 voix.
  11. Généastar : Ascendants d'Alexandre Étienne MILLERAND
  12. Archives nationales

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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