Edwy Plenel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Plenel.
Edwy Plenel
Salon du livre de Paris 2011 - Edwy Plenel - 002.jpg
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (64 ans)
NantesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Père
Autres informations
A travaillé pour
Genre artistique
Site web
Blog officiel
Distinction

Edwy Plenel, de son nom complet Hervé Edwy Plenel[Note 1],[1], est un journaliste politique français, né le à Nantes, président et cofondateur de Mediapart.

Il fut directeur de la rédaction du quotidien Le Monde de 1996 jusqu'à sa démission en . Critiqué en interne et en désaccord avec les orientations prises par le journal et le groupe dirigés à l'époque par Jean-Marie Colombani et Alain Minc, il est licencié le après avoir travaillé vingt-cinq ans dans la rédaction du quotidien. Il a depuis cofondé le site Mediapart, journal payant accessible sur Internet, qui a ouvert le 16 mars 2008, et qui a joué un rôle-clé dans la révélation des affaires Woerth-Bettencourt, Cahuzac et Aquilino Morelle, entre autres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Edwy Plenel à la Fête de l'Humanité en 2008.

Parcours[modifier | modifier le code]

Edwy Plenel est le fils du vice-recteur de la Martinique Alain Plenel[2],[3], connu pour ses engagements anti-colonialistes, rétrogradé[4] de l'Éducation nationale en 1965 sous la présidence du général de Gaulle et réhabilité en 1982 avec l'intervention de Stéphane Hessel[5].

Edwy Plenel passe l'essentiel de son enfance dans cette île des Caraïbes, qu'il quitte en 1962. Après une étape en région parisienne, il vit à partir de 1965 en Algérie, termine à Alger sa scolarité et y commence ses études universitaires.

De retour en France et arrivé à Paris en 1970, il abandonne ses études et rejoint la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et en 1976 il est, sous le pseudonyme de Joseph Krasny (Красный[6]signifiant rouge en russe), journaliste à Rouge, hebdomadaire de la LCR, qui devient quotidien durant une brève période. Après son service militaire, il s'éloigne de la LCR, et entre au service éducation du Matin de Paris, puis au journal Le Monde en 1980[7]. Son livre Secrets de jeunesse (2001) revient sur une jeunesse militante trotskiste qu'il n'a jamais reniée. Il dit être resté un « trotskiste culturel »[8].

D'abord spécialiste au Monde des questions d'éducation, il s'y fait remarquer, à partir de 1982, par ses enquêtes, tout en assurant la rubrique « police » du quotidien. Il est correspondant pour le journal au ministère de l’intérieur, et ses amitiés avec des policiers lui procurent un solide réseau d'informateurs. Ses révélations sur la plupart des affaires de la présidence de François Mitterrand en feront une figure du journalisme indépendant et critique. Jusqu'en 1994, soit pendant une quinzaine d'années, il travaille à l'écart du monde journalistique parisien, en solitaire ou en tandem – essentiellement avec Bertrand Le Gendre, puis Georges Marion. L'élection de Jean-Marie Colombani à la tête du Monde, qui, à l'époque, était simplement un journal et non pas un groupe de presse, va l'amener à accepter des responsabilités. Principal animateur de la nouvelle formule du Monde sortie en 1995, il devient directeur de la rédaction en 1996.

Jusqu'en 2003, sous sa direction, les ventes du quotidien augmenteront, hissant Le Monde à un niveau qu'il n'avait jamais atteint depuis sa création en 1944, celui de premier quotidien national généraliste, devant Le Figaro. Avec une diffusion totale (France + étranger) payée de 407 085, l'année 2002 reste le record historique du Monde : premier quotidien national cette année-là, il bat son précédent record de 1979, en affichant une diffusion France payée de 361 254 exemplaires et une progression de 19,5 % depuis 1994. Cependant, le déclin des ventes à 389 249 en 2003 et à 371 803 en 2004[9], dans un contexte de crise né de la publication en 2003 de La Face cachée du Monde de Pierre Péan et Philippe Cohen, affaiblit sa position au sein du journal, et il démissionne de la direction en novembre 2004, avant de quitter définitivement le journal le 31 octobre 2005. La diffusion du Monde a continué à décliner après son départ, pour se redresser légèrement en 2011[10].

Edwy Plenel suscite des opinions contrastées. Certains saluent le dynamisme, l'originalité et l'indépendance de sa direction éditoriale[11]. Pierre Péan et Philippe Cohen l'ont violemment attaqué en dénonçant sa vision « complotiste », ses méthodes de direction et ses « campagnes » contre des personnalités telles que Roland Dumas. À leur suite, Bernard Poulet a contesté son utilisation du Monde comme un instrument de pouvoir[12]. Ces critiques ont été elles-mêmes dénoncées comme créant une « légende noire », qui, tout à la fois, le mythifie et le diabolise[13]. Il l'évoque dans la préface de ses Chroniques marranes (2007), sous le titre « Autoportrait ».

En novembre 2007, il annonce un nouveau projet de média participatif sur Internet, Mediapart, site lancé le 16 mars 2008.

Il est l'époux de Nicole Lapierre et le père d'Eve Plenel[14].

Affaire des écoutes de l'Élysée et autres scandales[modifier | modifier le code]

Edwy Plenel est l'une des personnalités victimes des écoutes illégales de l'Élysée dans les années 1980. Plenel a été mis sur écoute en raison de ses enquêtes sur la cellule antiterroriste de l’Élysée dirigée par Christian Prouteau, et notamment en raison de son implication dans le dévoilement de l'affaire des Irlandais de Vincennes[15],[16],[17]. Sa mise sur écoute s'est prolongée en 1985 durant l'affaire du Rainbow Warrior pour connaître ses sources alors que ses révélations provoquaient la démission du ministre de la défense, Charles Hernu, et que le chef des services secrets français, l'amiral Pierre Lacoste, était révoqué[18],[19]. Poursuivis devant la justice, les collaborateurs concernés de François Mitterrand prétextent une affaire d'espionnage des services secrets soviétiques, le dossier Farewell, pour justifier cette mise sur écoute, allant jusqu'à affirmer que l'ex-trotskiste Plenel travaillait pour la CIA.

Cette dernière assertion est reprise sans aucune distance ni précaution par certains journalistes défenseurs de Mitterrand. Le jugement rendu en 2005 par la XVIe chambre du tribunal correctionnel de Paris la balaye explicitement, et condamne à des peines d'emprisonnement avec sursis les quatre responsables de la cellule de l'Élysée pour avoir mis sur écoute Plenel. Ils ne font pas appel de ce jugement. À l'issue de ce procès, Plenel rassemble en un volume ses trois livres sur la présidence de Mitterrand (La Part d'ombre, Un temps de chien et Les Mots volés), en y ajoutant une analyse du procès des écoutes (Le Journaliste et le Président, 2006).

Edwy Plenel a également été l'une des victimes des dénonciations calomnieuses des faux listings de l'affaire Clearstream. Les faits remontent à 2003 et 2004, mais n'ont été portés à sa connaissance qu'au printemps 2006. Partie civile depuis lors, il a notamment critiqué dans ce dossier le poids que fait peser sur la justice Nicolas Sarkozy.

Scandale à Panama[modifier | modifier le code]

À l'opposé, Edwy Plenel est l'auteur d'un mémorable « loupé » : à l'été 1991, à l'occasion d'un voyage d'un mois sur les traces du « découvreur » de l’Amérique, il écrit pour Le Monde toute une série d'articles dont le titre est Voyage avec Colomb. Alors que cette série se termine, le 24e volet est présenté comme un scoop : Un scandale à Panama. Plenel avance que, quelques années plus tôt, le régime du général Noriega (comprendre l'argent de la drogue) aurait financé le Parti socialiste, notamment dans le cadre de la campagne de l'élection présidentielle française de 1988. Des lettres sont produites, à en-tête de l'ambassade de France au Panama, datées de 1987[20]. Dans les heures qui suivent la parution du Monde de ce 27 août 1991[21], le PS dément formellement les allégations de cet article, mais le rectificatif du journal n'apparaîtra que le 5 septembre suivant : Le Monde y exprime son « regret » auprès « des lecteurs et des divers intéressés » d'avoir publié des « informations non vérifiées ». Et pour cause : les fameuses lettres se sont révélées être des faux très grossiers, Plenel n'ayant même pas vérifié que le signataire de celles-ci n'était, depuis longtemps, déjà plus en poste à l'ambassade de France du Panama. Commentant cette affaire, Plenel admet « un coup dur ». « J'ai oublié que j'étais journaliste. Je me croyais romancier »[22].

Crise du Monde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Face cachée du Monde.

S'il a gardé une réputation de journaliste indépendant, Plenel fut parfois accusé d'autoritarisme dans sa gestion de la rédaction du Monde. La fin de sa carrière de directeur de la rédaction du Monde a été précipitée par les accusations de Pierre Péan et Philippe Cohen dans leur livre La Face cachée du Monde, du contre-pouvoir aux abus de pouvoir (éditions Mille et une nuits, 2003). Contestant ce réquisitoire, qu'il juge comme étant une « accumulation d’erreurs, de mensonges, diffamations et calomnies »[23], Plenel s'est expliqué dans Procès (2006), où il revient à la fois sur ce livre, qu'il qualifie d'« attentat éditorial », sur sa conception du métier de journaliste, sur son engagement professionnel au Monde et sur ses divergences avec les « vrais dirigeants » de ce journal qu'étaient, selon lui, Jean-Marie Colombani et Alain Minc. Ces réponses sont contestées par l'un de ses anciens proches, Alain Rollat, qui témoigne avoir agi avec Edwy Plenel au niveau de la section syndicale SNJ-CGT et de la Société des rédacteurs afin de favoriser la prise de pouvoir de Jean-Marie Colombani [24], qui nommera ensuite Edwy Plenel directeur de la rédaction. S'exprimant au sujet des réactions d'Edwy Plenel au livre de Péan et Cohen, il dira : « Plenel est expert en dialectique. Mis en accusation, il accuse à son tour. Mais il porte sa riposte sur le terrain où il est le plus à l’aise, celle de la réflexion affective, pas sur le terrain où il est attaqué, celui des faits objectifs. Sa réaction est celle de l’homme politique confronté à un travail journalistique gênant. Son premier réflexe consiste à essayer de discréditer l’auteur de l’écrit »[25].

Au sein de la rédaction du Monde, Daniel Schneidermann sera l'un des rares journalistes à oser exprimer une réaction critique vis-à-vis du quotidien et du comportement d'Edwy Plenel, et poursuivra cette critique dans son ouvrage Le Cauchemar médiatique, où il met en cause la réaction de la direction du quotidien, en estimant que celle-ci ne répondait pas aux arguments du livre[26],[27]. En octobre 2003, Daniel Schneidermann est licencié du quotidien.

Edwy Plenel est également contesté pour avoir laissé paraître dans Le Monde des rumeurs et des accusations diffamatoires à l'encontre de Dominique Baudis[28],[29],[30]

Dans Un Monde à part (2013), Jean-Marie Colombani reviendra sur la période dénoncée par l'essai de Péan et Cohen reconnaissant avoir commis « des erreurs » et dénonçant l'appétit de pouvoir et les « enracinements trotskistes profonds » d'Edwy Plenel qui modifieront l'esprit du quotidien[31].

Mediapart[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mediapart.

Depuis fin 2007, date de la création de la SAS Mediapart, Edwy Plenel dirige Mediapart, journal d'information en ligne payant sur Internet, en tant que président de la société éditrice et directeur de publication du journal. Six fondateurs sont à l'origine de la création du journal en ligne Mediapart : outre Edwy Plenel, il s'agit de François Bonnet (directeur éditorial), Gérard Desportes, Laurent Mauduit, Marie-Hélène Smiéjan-Wanneroy (directrice générale) et Godefroy Beauvallet.

Mediapart est également à l'initiative de la création, à l'automne 2009, du Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne (SPIIL), dont Edwy Plenel est le secrétaire général[32].

En mars 2011, Edwy Plenel a annoncé le lancement de FrenchLeaks, site de documentation et d'alerte animé par Mediapart et inspiré de WikiLeaks, dont Mediapart est l'un des partenaires[33]. Edwy Plenel s'est souvent exprimé sur le thème de la protection des sources d'information des journalistes pour indiquer la nécessité de réformer la loi française.

Après avoir porté l'affaire Cahuzac — « seul[s] contre tous », écrit Marianne[34] —, il met en cause directement le 7 avril 2013, sur I-Télé, le ministre de l'Économie et des Finances Pierre Moscovici. Il affirme que ce dernier connaissait la situation illicite de son ministre délégué depuis mi-décembre 2012, et que l'enquête qu'il avait diligentée sur Jérôme Cahuzac n'aurait servi qu'à le blanchir[35].

Le 17 décembre 2016, Edwy Plenel est qualifié d'« ennemi de la nation » dans l'émission Entre les lignes sur La Chaîne parlementaire (LCP) par le géo-politologue Frédéric Encel qui répond à l'invitation de Frédéric Haziza de nommer les « ennemis de l’intérieur »[36]. Edwy Plenel saisit le lendemain le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour dénoncer une incitation à la violence puis il saisit également le 21 décembre le bureau de l’Assemblée nationale[37].

En mars 2017, il annonce pendant une interview avec l'émission Garçon - L'Interview sa volonté de se retirer de la présidence de Médiapart avant ses 70 ans et la prochaine élection présidentielle[38].

Livres, émissions et films[modifier | modifier le code]

Edwy Plenel à Montpellier, en septembre 2008.

Edwy Plenel a publié une vingtaine d'ouvrages, dont L'Effet Le Pen (en collaboration, 1984), La République inachevée sous-titré L'État et l'école en France (1985), La Part d'ombre (1992), Secrets de jeunesse (2001), qui a été distingué par le prix Médicis essai, La Découverte du monde (2002), Procès (2006), Le Président de trop (2011), Le Droit de savoir (2013) et Dire non (2014).

De 1986 à 1995, il a codirigé, puis dirigé seul une collection de livres d'actualité, d'abord chez Gallimard (« Au vif du sujet ») jusqu'en 1991, puis chez Stock (« Au vif »). Parmi les quarante-sept ouvrages qui y ont été publiés, on remarque notamment le best-seller de Gilles Perrault Notre ami le roi, deux essais d'Edgar Morin (Penser l'Europe et Mes démons), deux de Daniel Bensaïd (Moi, la Révolution et Jeanne, de guerre lasse), le témoignage précurseur d'Alain Emmanuel Dreuilhe sur le sida (Corps à corps), la trilogie d'Anne Tristan (Au Front, L'Autre monde et Clandestine) et Tibet mort ou vif, un essai du journaliste Pierre-Antoine Donnet.

Plenel est également présent dans les médias audiovisuels. De 1995 à 2007, il a présenté sur LCI une émission hebdomadaire sur les livres, intitulée Le Monde des idées, puis Entre guillemets. De janvier 2005 à juillet 2015, il tient une chronique hebdomadaire sur France Culture, d'abord Lignes de fuite diffusée le samedi[39], puis Le Monde selon Edwy Plenel diffusé le mercredi, puis le jeudi matin[40]. En décembre 2013, Meïr Waintrater, ancien directeur de la rédaction de L'Arche révèle que la lettre sur laquelle s'appuie Plenel dans un billet, diffusé dans « Les Matins de France Culture » le même mois, lettre censée avoir été adressée en 2001 par Nelson Mandela au journaliste américain Tom Friedman et dans laquelle celui-ci condamne l’attitude d'Israël envers les Palestiniens, est un faux connu depuis plus de dix ans[41]. Dans sa chronique suivante puis sur son blog de Mediapart, Edwy Plenel a reconnu publiquement son erreur mais en a expliqué le contexte et l'histoire, en rappelant la position des combattants anti-apartheid sur la question palestinienne[42].

À la télévision, Edwy Plenel a été chroniqueur dans plusieurs émissions hebdomadaires sur France Ô, chaîne qu'il affectionne particulièrement (en rapport à ses origines). Dans le domaine de la fiction audiovisuelle, il a été coscénariste, avec Georges Marion, de Une affaire d'État (1990), téléfilm de Jean Marbœuf avec Bernard Pivot dans le rôle-titre, et conseiller pour Le Rainbow Warrior (2006) de Pierre Boutron, scénario de Dan Franck. Il a aussi participé à un projet de téléfilm sur l'affaire d'Ouvéa de 1988, pour Canal+, auprès des scénaristes Gilles Taurand et Antoine Lacomblez.

Dans la presse écrite, après son départ du Monde, il a tenu une chronique bimensuelle, puis mensuelle dans le quotidien belge Le Soir (La France vue d'en dehors, puis En dehors), de septembre 2006 à juin 2008. Dans ses commentaires de l'élection présidentielle française de 2007, il a été un critique de Nicolas Sarkozy[43]. Il fut d'ailleurs le premier à employer dans les médias, à propos du président nouvellement élu, l'expression d'« hyperprésidence ». De l'automne 2007 jusqu'au début 2010, il a tenu une chronique bi-mensuelle dans l'hebdomadaire Marianne, à la rubrique « Ils ne pensent pas (forcément) comme nous ».

En 2014, il publie un essai Pour les musulmans salué par Thierry de Cabarrus pour sa dénonciation de l'« islamophobie de France » et du « repli sur soi » des Français[44]. Luc Rosenzweig, lui, parle de « délires idéologiques » et critique une vision « de l’indignité de l’homme blanc dominateur, marqué pour l’éternité de la flétrissure colonialiste, qui se transmet de génération en génération »[45]. Edwy Plenel se dit alors proche de Michel Warschawski, dans l'émission de Frédéric Haziza, Entre les lignes, sur la chaîne parlementaire, LCP[46]. Le livre est traduit en arabe avec une préface de Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine à l'Unesco, et diffusé comme supplément de Al-Doha Magazine. Cette traduction lui vaut d'être attaqué, ses détracteurs affirmant que cette revue est proche des Frères musulmans[47], ce que dément son traducteur[48] ou inféodé au pouvoir Qatari[49], pays sans presse libre[50]. En réponse à l'une de ces critiques, Edwy Plenel a rappelé que nombre d'auteurs peu suspects de sympathie pour l'intégrisme religieux – Régis Debray, Michel Serres, Tzvetan Todorov ou Etienne de la Boétie – l'avaient précédé dans la collection éditée par Al-Doha Magazine[51].

Professeur associé[modifier | modifier le code]

Ayant participé, auprès du professeur Paul Alliès, à la création du master II professionnel « Métiers du journalisme » à l'université Montpellier-I, il y a été nommé professeur associé en 2006, sur proposition des instances universitaires[52]. Jusqu'à l'année universitaire 2012-2013, il a enseigné au sein du département de science politique de l'Université Montpellier 1. Ses principaux cours ont pour intitulé : « Philosophie du journalisme », « Sociologie du journalisme », « Presse et pouvoir », « Communication et politique »[53].

De 2008 à 2015, il fut également professeur associé à l'Académie du journalisme et des médias (AJM) de l'Université de Neuchâtel (Suisse). Accueillie par la faculté des sciences économiques, l'AJM a été créée par le professeur Vincent Kaufmann, en partenariat avec le Centre de formation au journalisme et aux médias[54]. Dans le cadre de la maîtrise universitaire en journalisme, Edwy Plenel y délivrait un cours de « Perspectives historiques » ainsi qu'un cours de « Perspectives philosophiques et politiques », puis un cours intitulé « Principes du journalisme » [55].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

  • En 1986, colauréat du Prix de la fondation Mumm pour la presse écrite (France) ;
  • En 2001, lauréat du prix Médicis essai ;
  • En 2012, lauréat du treizième Prix international Omar Aourtilane de la liberté de la presse (Algérie, Prix à la mémoire du journaliste cofondateur et rédacteur en chef du quotidien El Khabar, assassiné en 1995)[56];
  • En 2014, lauréat du Prix Fetkann ! de la mémoire (France) [57];
  • En 2016, Docteur honoris causa de l'université de Mons (Belgique) ;
  • En 2017, lauréat du Prix Hermès du Forum International de Réalités (Tunisie)[58].

Publications[modifier | modifier le code]

Essais, récits et reportages[modifier | modifier le code]

  • La République inachevée. L'État et l'école en France, Paris, Payot, 1985 ; Stock, 1997 ; Biblio « Essais », 1999.
  • Voyage avec Colomb, Paris, Le Monde-Éditions, 1991 (traduit en japonais par Shobun-sha).
  • La Part d'ombre, Paris, Stock, 1992 ; Gallimard, « Folio Actuel », 1994.
  • Un temps de chien, Paris, Stock, 1994 ; Gallimard, « Folio Actuel », 1996.
  • Les Mots volés, Paris, Stock, 1997 ; Gallimard, « Folio Actuel », 1999.
  • L'Épreuve, Paris, Stock, 1999.
  • Secrets de jeunesse, Paris, Stock, 2001 (prix Médicis essai) ; Gallimard, « Folio », 2003.
  • La Découverte du monde, Paris, Stock, 2002 ; Gallimard, « Folio Actuel », 2004 (traduit en coréen par Maumsan).
  • Procès, Paris, Stock, 2006 (prix du Journal du Centre) ; Gallimard, « Folio », 2007.
  • Le Journaliste et le Président, Paris, Stock, 2006.
  • Combat pour une presse libre. Le manifeste de Mediapart, Paris, Galaade, 2009 (traduit en espagnol par Edhasa; en arabe par Sefsafa).
  • Le Droit de savoir, Paris, Don Quichotte, 2013 ; Seuil, « Points », 2014.
  • Dire non, Paris, Don Quichotte, 2014; Seuil, « Points », 2015.
  • Pour les musulmans, Paris, La Découverte, 2014 ; La Découverte/Poche, 2016 (prix Fetkann de la mémoire), (traduit en arabe par Al Doha Magazine; en anglais par Verso).
  • La Troisième Equipe. Souvenirs de l'affaire Greenpeace, Paris, Don Quichotte, 2015; Seuil, « Points », 2016.
  • Dire nous. Contre les peurs et les haines, nos causes communes, Paris, Don Quichotte, 2016; Seuil, « Points », 2017.
  • Voyage en terres d'espoir, Ivry-sur-Seine, Les Editions de l'Atelier, 2016.

Recueils[modifier | modifier le code]

  • L'Effet Le Pen (en collaboration avec Alain Rollat), Paris, La Découverte-Le Monde, 1984.
  • Mourir à Ouvéa. Le tournant calédonien (en collaboration avec Alain Rollat), Paris, La Découverte-Le Monde, 1988.
  • La République menacée. Dix ans d'effet Le Pen (en collaboration avec Alain Rollat), Paris, Le Monde-Éditions, 1992.
  • Chroniques marranes, Paris, Stock, 2007.
  • Le Président de trop. Vertus de l'antisarkozysme, vices du présidentialisme, Paris, Don Quichotte, 2011.

Entretiens[modifier | modifier le code]

Préfaces et contributions[modifier | modifier le code]

  • à Jean-Pierre Favereau, Blues Outremer, Paris, Contrejour, 1991.
  • à Joseph Fouché, Mémoires, Paris, Arléa, 1993.
  • à François Maspero, L'honneur de Saint-Arnaud, Paris, Seuil, « Points » 1995.
  • à Christine Daure-Serfaty, Lettres du Maroc, Paris, Stock, 2000.
  • à Seymour Hersh, Dommages collatéraux, Paris, Denoël, 2005.
  • à Des nouvelles de La Fontaine, recueil collectif, Paris, Gallimard, 2007.
  • à Robert E. Park, Le journaliste et le sociologue, Paris, Seuil, 2008.
  • à Edgar Morin, plans rapprochés, revue Communications, no 82, Paris, Seuil, 2008.
  • à Jean-Georges Chali, Vincent Placoly, un créole américain, Fort-de-France, Desnel, 2008.
  • à Michel Vinaver, Côté texte / Côté scène, hors série Revue d'études théâtrales, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2008.
  • à François Maspero et les paysages humains, Lyon, A plus d'un titre/La fosse aux ours, 2009.
  • à Rosa, la vie. Lettres de Rosa Luxemburg, choisies et traduites par Anouk Grinberg, Paris, Éditions de l'Atelier, 2009.
  • à Yoran Brault, Concevoir et déployer ses sites web avec Drupal, Paris, Eyrolles, 2009.
  • à la rédaction de Mediapart, N'oubliez pas! Faits et gestes de la présidence Sarkozy. Décryptage au jour le jour d'une contre-révolution, Paris, Don Quichotte, 2010.
  • à Daniel Bensaïd, revue Lignes, no 32, Paris, Nouvelles Éditions Lignes, 2010.
  • à la rédaction de Mediapart, L'affaire Bettencourt. Un scandale d'État, Paris, Don Quichotte, 2010.
  • à Thierry Ternisien d'Ouville, Réinventer la politique avec Hannah Arendt, Paris, Éditions Utopia, 2010.
  • à Pierre Puchot, Tunisie, la révolution arabe, Paris, Galaade, 2011.
  • à la rédaction de Mediapart, Finissons-en! Faits et gestes de la présidence Sarkozy (tome 2). Décryptage au jour le jour de la faillite d'un système, Paris, Don Quichotte, 2012.
  • à Jean-Noël Cuénod, Quinquennat d'un plouc chez les bobos, Genève, Slatkine, 2012.
  • à Patrick Artinian, Visages de France 2012, Ma campagne électorale, Paris, Manitoba / Les Belles Mettres, 2012.
  • à Jean-Pierre Vernant Dedans Dehors, revue Le genre humain, no 53, Paris, Seuil / Maison de l'Amérique latine, 2013.
  • à Fabrice Arfi, L'Affaire Cahuzac – En bloc et en détail, Paris, Don Quichotte, 2013.
  • à Jean Baubérot, Une si vive révolte, Paris, Éditions de l'Atelier, 2014.
  • à la rédaction de Mediapart, Qu'ont-ils fait de nos espoirs ? Faits et gestes de la présidence Hollande. Décryptage au jour le jour d'un stupéfiant reniement, Paris, Don Quichotte, 2015.
  • à Roberto Scarpinato, Le Retour du Prince, Pouvoir et criminalité, Lille, La Contre Allée, 2015.
  • à Fabrice Arfi, La République sur écoute. Chroniques d'une France sous surveillance, Paris, Don Quichotte, 2015.
  • à Jean-Michel Le Boulanger, Manifeste pour une France de la diversité, Brest, Dialogues, 2016.
  • à María Santos-Sainz, Albert Camus, periodista, Madrid, Libros.com, 2016.
  • à Costa-Gavras, Costa-Gavras : Intégrale Vol. 1 (1965-1983), Paris, Arte Editions, 2016.
  • à Croire, s'engager, chercher, autour de Jean Baubérot, du protestantisme à la laïcité, Belgique, Brepols/EPHE, 2016.
  • à la rédaction de Mediapart, Sonnons l'alarme ! Faits et gestes de la présidence Hollande. Décryptage au jour le jour d'une catastrophe annoncée, Paris, Don Quichotte, 2017.
  • à Paul Alliès, Le rêve d'autre chose. Changer la République ou changer de République, Paris, Don Quichotte, 2017.
  • à Daniel Bensaïd, Jeanne, de guerre lasse. Chroniques de ce temps, Paris, Don Quichotte, 2017.
  • à Mathieu Magnaudeix, Macron & Cie. Enquête sur le nouveau président de la République, Paris, Don Quichotte, 2017.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lors de la déclaration à l'état civil, son père Alain lui a choisi le prénom d'Edwy mais le fonctionnaire refuse de le valider car il n'est pas répertorié dans les calendriers, contraignant Alain à opter pour un prénom composé qui commence par celui d'un saint.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Edwy Plenel : "Une enquête, c'est toujours un puzzle" » ; Philippe Vandel, émission Tout et son contraire, France Info, sur le site www.franceinfo.fr, 30 avril 2014 - 3e extrait a 00:08.
  2. Lire sur son blog, l'hommage rendu par Edwy Plenel à son père, en novembre 2013 : In Memoriam Alain Plénel, 1922-2013
  3. En devenant journaliste, Edwy Plenel a abandonné l'accent sur son nom, issu de la graphie en langue française d'un patronyme breton.
  4. Du grade d'inspecteur académique à celui de professeur muté à Clermont-Ferrand.
  5. Alain Plénel : « J'étais vu comme un représentant des révoltes coloniales » - France-Antilles Martinique, 31 octobre 2012
  6. (ru) « Traduction Lingvo.ua », sur Lingvo.ua, (consulté le 10 novembre 2014)
  7. « Edwy Plenel », sur Acrimed | Action Critique Médias (consulté le 29 juillet 2017)
  8. Edwy Plenel, interviewé par Frédéric Taddeï, « Edwy Plenel : "Je ne veux pas abattre la République" », GQ n° 65, juillet 2013, pages 102-107.
  9. Le Monde : Diffusion et audience
  10. Fiche Le Monde - OJD
  11. cf. par exemple Jacques Thibau, Le Monde 1944-1996, Plon, 1996 (ISBN 2-259-18299-2)
  12. Bernard Poulet, Le Pouvoir du Monde: Quand un journal veut changer la France, Éd. La Découverte, 2003 (ISBN 978-2-7071-3701-2)
  13. cf. Laurent Huberson, Enquête sur Edwy Plenel : De la légende noire du complot trotskyste au chevalier blanc de l'investigation, Le Cherche Midi, 2008 (ISBN 978-2-7491-0577-2)
  14. « Eve Plenel, virus militant », sur liberation.fr,
  15. « L'affaire des écoutes de l'Elysée en dates », sur www.20minutes.fr (consulté le 29 juillet 2017)
  16. « Ecoutes : un numéro sur les Irlandais », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  17. « L’affaire des irlandais de Vincennes », RTL.fr,‎ (lire en ligne)
  18. « Rainbow Warrior : la troisième équipe », RTL.fr,‎ (lire en ligne)
  19. « Pierre Lacoste, amiral coulé par l'affaire Greenpeace alors qu'il dirigeait la DGSE, publie ses mémoires. Il n'aime pas la politique. Il a glissé dans la Piscine. », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  20. L'épisode est retracé par Bernard Poulet dans son livre Le Pouvoir du Monde : quand un journal veut changer la France (La Découverte, 2003, et réédité en 2004 chez le même éditeur, avec un avant-propos et une postface inédits, sous le titre Le Pouvoir du Monde ou Les Illusions perdues).
  21. A posteriori, certains passages de cet article d'Edwy Plenel résonnent cruellement :
    « Tout est possible, même l'impossible, même l'improbable : la rencontre fortuite d'un scandale français à Panama. Un hasard taquin a voulu que cette étape engrange un colis bien encombrant qui annonce le retour au pays. Ce sont deux lettres.
    Bigre ! Ce périple se voulait une échappée loin du marais politico-financier français, et voici qu'il débusque une vilaine histoire de pourcentages panaméens dans la campagne présidentielle de 1988.
    Le voyageur est tenté de prolonger l'étape pour poursuivre l'investigation. Mais les passions colombiennes sont exclusives.
    En cinq minutes, montre en main, n'importe quelle officine d'avocats panaméens vous dévoile les ressorts de la piraterie moderne. Comme chez les magiciens, le véritable secret, c’est qu'il n’y en a pas. Tout est transparent, immédiat et évident. »
  22. Le possédé, liberation.fr, 7 octobre 1997
  23. Alain Rollat : « Plenel est expert en dialectique » - Acrimed, 11 mars 2003
  24. Les coulisses de la conquête du Monde, Patrick Lemaire, acrimed.org, 19 août 2003
  25. Alain Rollat : «Plenel est expert en dialectique» Entretien avec Alain Rollat, Propos recueillis par Jacques Molénat, Marianne, 10-16 mars 2003
  26. Le Monde : la chronique censurée de Daniel Schneidermann - Daniel Schneidermann, Acrimed, mars 2003
  27. Schneidermann n'est plus de ce «monde», liberation.fr, 30 septembre 2003
  28. « Plenel au centre du viseur » - Le Journal du dimanche, 9 juillet 2010
  29. Contre Plenel, le gouvernement ressort l'affaire Baudis, arretsurimages.net, 22 juin 2010
  30. Dominique Baudis, la vie au galop, parismatch.com, 20 avril 2014
  31. Le Monde: Jean-Marie Colombani passe Edwy Plenel au hachoir, lopinion.fr, 3 juin 2013
  32. [1], strategies.fr
  33. Le site de FrenchLeaks : [2]
  34. Bruno Rieth, « Affaire Cahuzac : quand la presse se faisait enfumer »,
  35. [3], lesechos.fr, 21 mai 2013
  36. Anne-Sophie Jacques, Traité d'"ennemi de la nation", Plenel saisit le CSA, arretsurimages.net, 20 décembre 2016.
  37. Edwy Plenel, «Ennemi de la nation» : ma lettre au CSA, puis au bureau de l’Assemblée nationale, blogs.mediapart.fr, 19 décembre 2016.
  38. « Garçon l'Interview N°17 : Spéciale 2 ans avec Edwy Plenel », sur youtube.fr
  39. La page de Lignes de fuite sur le site de France Culture.
  40. Sur le site de France Culture, la page http://www.franceculture.fr/emission-le-monde-selon-edwy-plenel.
  41. Edwy Plenel et la fausse «lettre de Mandela», Meïr Waintrater, mwaintrater.tumblr.com, 11 décembre 2013
  42. http://blogs.mediapart.fr/blog/edwy-plenel/141213/mandela-et-la-palestine-une-erreur-et-quelques-rappels
  43. Edwy Plenel s'engage contre Sarkozy, Edwy Plenel décrit les dangers de la candidature de Nicolas Sarkozy avant son élection.
  44. Edwy Plenel dans "Salut les terriens" : un discours salutaire contre l'islamophobie, Thierry de Cabarrus, nouvelobs.com, 28 septembre 2014
  45. Edwy Plenel : misère du trotsko-djihadisme, Luc Rosenzweig, causeur.fr, 25 septembre 2014
  46. Entre les Lignes : Edwy Plenel, journaliste, président et co-fondateur de Médiapart, auteur de « Pour les musulmans » (La Découverte), LCP
  47. Edwy Plenel bien en cour au Qatar, Luc Rosenzweig, causeur.fr, 10 juin 2015.
  48. Mise au point : Edwy Plenel en arabe, la version vraie, Abdellatif El Korchi, mediapart.fr, 15 juin 2015.
  49. http://mondafrique.com/lire/editos/2015/06/14/edwy-plenel-nouveau-precheur-du-qatar - Edwy Plenel, le nouveau prêcheur du Qatar Par Jacques Marie Bourget dans Mondafrique
  50. http://mondafrique.com/cherchez-lerreur-qatar-sponsorise-colloque-liberte-de-presse/ Cherchez l’erreur: Le Qatar sponsorise la presse libre. par Jacques Marie Bourget - 3 février 2016
  51. L’art pour lutter contre l’intégrisme, Edwy Plenel, mediapart.fr, 12 juin 2015.
  52. cf. le site du Master 2 « Métiers du journalisme »
  53. Voir hautcourant.com, le site des étudiants en journalisme de Montpellier[4]
  54. http://www.cfjm.ch/
  55. cf. le site de l'Académie du journalisme et des médias
  56. Mediapart honoré en Algérie
  57. « Prix FETKANN! | Mémoire des pays du Sud, Mémoire de l'Humanité », sur www.prix-fetkann.fr (consulté le 2 août 2015)
  58. [5]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]