Cisjordanie

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Cisjordanie
الضفة الغربية (ar)
יהודה ושומרון (he)
Image illustrative de l'article Cisjordanie
Administration
Statut politique Territoire administré par l'Autorité palestinienne et Israël.
Démographie
Population 3 200 000 hab. (2013)
Densité 546 hab./km2
Langue(s) Arabe et hébreu
Géographie
Coordonnées 32° 00′ 00″ nord, 35° 23′ 00″ est
Superficie 5 860 km2
Divers
Monnaie Nouveau shekel israélien
Fuseau horaire UTC +2
Sources
Ce territoire est sous juridiction palestinienne en partie et israélienne en partie

La Cisjordanie (à laquelle Israël fait référence en tant que Judée-Samarie[1]) est un territoire formé par la ligne d'armistice de la guerre israélo-arabe de 1948-1949 et délimité à l'est par la frontière de la Jordanie. Le territoire couvre une surface de 5 860 km2 et est très majoritairement peuplé de Palestiniens [2].

La Cisjordanie englobe les villes de Jérusalem-Est, Jéricho, Naplouse, Hébron, Jénine et Tulkarem, de nombreux lieux saints des trois religions abrahamiques et également des colonies israéliennes considérées comme illégales au regard du droit international, telles qu'Ariel, Ma'aleh Adumim, Betar Illit et le Goush Etzion.

La Cisjordanie fait l'objet de nombreuses résolutions de l'ONU dont la 181 et la 242. À la suite des accords d'Oslo, Israël administre une partie de son territoire conjointement avec l'autorité palestinienne, celle-ci au sein de zones autonomes. L'autorité palestinienne la revendique dans le cadre de l'État de Palestine [3],[4]. Israël y voit un territoire disputé, tandis que la communauté internationale la considère comme un territoire occupé.

Sous mandat britannique à partir de 1923, une partie du territoire est proposé pour accueillir un futur État arabe dans le cadre du plan de partage de la Palestine, Jérusalem-Est et ses environs devant être placées sous juridiction internationale. À l'issue de la Guerre israélo-arabe de 1948, elle est occupée et annexée par la Transjordanie en 1949. Cette annexion n'est pas reconnue par la communauté internationale (à l'exception du Royaume-Uni, l'Irak et le Pakistan) et par la Ligue arabe, qui menace alors d'exclure l'émirat[5]. À la suite de la Guerre des Six Jours, Israël occupe la Cisjordanie. Depuis cette époque, Israël permet l'implantation de colonies. En 1980, Israël annexe Jérusalem-Est et fait de « Jérusalem réunifiée » sa capitale. En 1988, l'OLP déclare la création d'un État palestinien en Cisjordanie et à Gaza avec Jérusalem-Est pour capitale[réf. nécessaire]. Entre 1990 et 2001, le statut et le partage du territoire ont fait l'objet de négociations infructueuses entre l'Autorité palestinienne et Israël. Depuis 2002, à la suite d'une vague d'attentats-suicides perpétrés par des Palestiniens et tuant plus de 700 civils israéliens, Israël édifie en Cisjordanie une barrière de séparation, visant à lutter contre toute « intrusion de terroristes palestiniens » sur le territoire israélien[6]. Le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice a rendu son avis sur la question que lui posait l'Assemblée générale des Nations unies. Elle a affirmé dans sa réponse [7] que : « L'édification du mur qu'Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l'intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au droit international ».

La Judée et la Samarie (recouvrant la Cisjordanie) constituent le berceau historique, culturel et religieux du peuple juif[8].

La décision consultative de la Cour internationale de justice (2004) a conclu que les événements survenus après l'occupation de la Cisjordanie par Israël en 1967, notamment la loi de Jérusalem, le traité de paix entre Israël et la Jordanie et les accords d'Oslo, n'ont pas changé le statut de la Cisjordanie. (y compris Jérusalem-Est) en tant que territoire occupé, avec Israël en tant que puissance occupante[9],[10].

La résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée le 23 décembre 2016 [11] « exige de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ».

Dénominations[modifier | modifier le code]

Le nom propre féminin[12] « Cisjordanie » est la dénomination usuelle du territoire chez les francophones[13]. L'étymologie du toponyme « Cisjordanie » dénote que le territoire « (...) est situé en deçà du Jourdain »[14] et « par rapport à Israël, à l'ouest » du fleuve[14] : en effet, le terme est composé de cis-, un préfixe tiré de la préposition latine cis- (« en deçà, avant, dans la limite de ») et signifiant « en deçà de »[14], et de (-)Jordanie, toponyme[15] lui-même dérivé de jordan-, avec le suffixe -ie[16] ; l'antonyme[14] de « Cisjordanie » est « Transjordanie », toponyme composé avec le préfixe trans-[17]. Ce terme « Cisjordanie » est apparu entre 1948 et 1967 en rapport à la période d'annexion par le royaume que l'on appelait encore à l'époque la Transjordanie. Ce royaume hachémite avait été créé dans les années 1920 sur la rive orientale du fleuve et avait été transformé par la Société des Nations en mandat britannique en même temps que la Palestine sur l'autre rive.

Les anglophones utilisent plus souvent, pour cette même région, l'expression West Bank – littéralement « rive ouest » – dénomination également géographique et qui a l'avantage d'être plus neutre vis-à-vis de l'autre rive du Jourdain, mais cette expression est aussi plus imprécise par rapport à d'éventuelles frontières avec l'État d'Israël, qui fut créé en 1948 sur la même rive.

En Israël, le gouvernement et une grande partie des Israéliens adoptent, depuis 1967 et plus résolument depuis l'avènement du premier gouvernement de Menahem Begin en 1977[18], la dénomination de Yehuda véShomron יהודה ושומרון (« Judée et Samarie »), en référence aux territoires des deux royaumes bibliques issus du schisme entre la Judée, dont la capitale est Jérusalem, et Israël, dont la capitale est Samarie. D'autres utilisent en hébreu l'expression haGada haMa'aravit הגדה המערבית (la rive occidentale) ou en abrégé "haGada" (la rive). Enfin, en arabe (seconde langue officielle de l'État d'Israël), on retrouve parfois pour la désignation de cette région le terme de « Al dhifa al gharbia » الضفة الغربية qui signifie « rive ouest ».

L'ONU elle-même a également utilisé les termes de Judea et de Samaria dans le texte de la résolution 181 de novembre 1947 pour désigner précisément dans sa partie 2, les frontières des deux États, arabe et juif, à créer par le partage de la Palestine mandataire. Dans ce document officiel, l'ONU utilise comme des références les frontières connues de la Judée et de la Samarie en tant que régions, en même temps qu'elle parle de la Galilée, du Néguev, du district d'Haïfa ou du district de Gaza, ou encore des sous-districts administratifs de l'époque.

Des personnalités publiques comme Hugh Fitzgerald[19], vice-président du Jihad Watch Board, remettent en question l'utilisation du terme West Bank en expliquant que l'expression est imprécise et que potentiellement la totalité de l'État d'Israël (à l'exception peut-être du Néguev) est à l'ouest du Jourdain. Selon eux, il faut préférer utiliser une expression comme Judée-Samarie qui est plusieurs fois millénaire, plutôt que Cisjordanie qui ne date que de l'occupation jordanienne. Pour d'autres, comme le professeur de linguistique Lewis Glinert le regrette[20], « la bataille des mots est perdue pour les Israéliens » sur l'utilisation du terme West Bank car « Jordaniens, Britanniques et potentiellement le monde entier » utilisent déjà ce terme.

Le territoire est aussi connu comme la « Rive occidentale du Jourdain »[21],[22],[23],[24] (en anglais : « West Bank of the River Jordan »)[25], une expression peu usitée[25] bien qu'elle ait été présentée comme plus neutre[25].

Les expressions « Rive occidentale de la Jordanie »[26] (en anglais : « West Bank of Jordan »)[25] et « ancienne Rive occidentale de la Jordanie » (en anglais : « former West Bank of Jordan »)[25] sont attestées.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de la Cisjordanie (ou Judée-Samarie) ne se distingue en rien de celle de l'ensemble de la région jusqu'en 1948. La Judée-Samarie couvre les provinces historiques de Samarie et de Judée. La chute successive de ces deux royaumes place ces territoires dans les domaines des empires babylonien, puis perse et enfin grec. La royauté hasmonéenne restaure provisoirement une souveraineté juive sur des frontières de plus en plus grandes avant de s'incliner face à l'empire romain. Les dernières révoltes juives sont écrasées au IIe siècle. Le christianisme s'impose à l'Empire romain puis byzantin.

Comme pour le reste du Proche-Orient, un large pan de la population est convertie de force à l'islam lors de l'invasion arabe au VIIe siècle qui détruira plus de 2 000 évêchés du Moyen-Orient jusqu'au Maghreb. Toutefois, il subsistera continuellement des minorités significatives de chrétiens, de Juifs, de Samaritains et de Druzes. Jérusalem devient au XVIe siècle une province de l'Empire ottoman, avant de subir, au XIXe siècle, l'influence croissante du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande[27].

Après le démembrement de l'Empire ottoman, la Société des Nations confie au Royaume-Uni un mandat sur la Palestine en 1920. Dès 1917, la déclaration Balfour se donnait la charge d'y constituer un « foyer national juif », tout en souhaitant veiller à la préservation des droits civils et religieux de la population arabe.

Devant la croissance de l'immigration juive depuis la fin du XIXe siècle, la population arabe organise à plusieurs reprises des émeutes, massacres et révoltes (notamment les émeutes de Jérusalem de 1920, le massacre d'Hébron de 1929), et même un véritable soulèvement entre la fin de 1935 et 1939.

Plan de partage de 1947.

Le plan de partage de la Palestine de novembre 1947 prévoit l'intégralité des monts de Judée et de Samarie dans les frontières de l'État arabe dont il planifie la création (à l'exception de Jérusalem, avec un statut séparé). L'année 1947 voit s'affronter violemment les populations juive et arabe de Palestine. Au lendemain du départ des Britanniques, l'État d'Israël proclame son indépendance le sur les territoires qui lui sont attribués par la résolution 181. Les armées des pays arabes voisins fondent immédiatement sur le nouvel État. La Transjordanie, qui a l'armée arabe la plus puissante de la région (la Légion arabe), a le projet d'annexer la plus grande partie possible de la Palestine en arrivant par l'Est. Les Israéliens résistent puis repoussent leurs adversaires jusque dans la ville de Jérusalem. L'armistice obtenu fige les lignes de front et la ligne verte entoure la région toujours occupée par la légion arabe à l'issue du conflit.

La Transjordanie, où le mandat britannique ne s'applique déjà plus depuis mai 1946, proclame l'annexion de la région désormais connue sous le nom de Cisjordanie et s'étend sur les deux rives du Jourdain. Le , lors de sa session inaugurale, le nouveau Parlement jordanien « arrête » l'acte connu comme le « décret d'Unification » qui confirme l'annexion de la Cisjordanie par la Transjordanie[28]. La Cisjordanie partage alors l'histoire de la Jordanie de cette époque. Abd Allah ibn Hussein en devient le premier roi. Le Royaume-Uni reconnaît l'unification le [29]. Les États-Unis l'avaient déjà reconnue le , à la suite au congrès de Jéricho de [29]. Sa reconnaissance par le Pakistan, souvent mentionnée, est discutée[29]. Dans les années qui suivent, des fedayin traversent la ligne verte depuis la Cisjordanie pour opérer des raids en territoire israélien.

La guerre des Six Jours en 1967 entre Israël et ses pays voisins fait perdre au royaume de Transjordanie, renommé depuis 1949 Jordanie, les territoires qu'il contrôlait à l'ouest du Jourdain : la Cisjordanie (dont Jérusalem-Est). Israël prend le contrôle de la région et les premières colonies israéliennes sont implantées dans ces territoires qui sont soumis à une administration militaire. Le royaume hachémite continue de contrôler les lieux saints islamiques. Entre 280 000 et 325 000 Palestiniens fuient les combats ou préfèrent rester sous l'autorité jordanienne [30].

En décembre 1980, Israël annexe Jérusalem-Est par une loi fondamentale qui fait de Jérusalem « une et indivisible », la capitale de l'État.

Le éclate la première intifada, d'abord dans la bande de Gaza, avant de s'étendre à la Cisjordanie. C'est en juillet 1988 que le royaume de Jordanie renonce officiellement aux territoires de Cisjordanie, mettant fin à la représentation électorale des populations au sein du parlement jordanien, et faisant redessiner les cartes du royaume pour le limiter à la rive Est du Jourdain, dans les frontières qu'on lui connaît aujourd'hui. L'Organisation de libération de la Palestine s'impose progressivement comme représentation des populations arabes palestiniennes.

Le processus de paix israélo-palestinien installe dans les années 1990 une Autorité palestinienne sur la bande de Gaza et sur certaines villes de Cisjordanie. Une grande partie du territoire reste sous le contrôle intégral des Israéliens et fait l'objet de négociations qui n'ont pas encore abouti. Les frontières entre l'État d'Israël et la Cisjordanie ne sont pas encore clairement fixées et résultent toujours des accords d'armistice israélo-arabes de 1949 à la suite de la guerre israélo-arabe de 1948. La communauté internationale considère qu'Israël occupe les territoires de Cisjordanie et Jérusalem-Est, alors que le gouvernement israélien considère le territoire « disputé ». Israël avance l'argument que ce territoire était sous une souveraineté jordanienne, non reconnu internationalement, et donc qu'Israël ne pourrait occuper un État légitime sur ce territoire.

La Cisjordanie fait dès lors l'objet d'un processus d'installations de colonies de populations juives depuis les années 1970. Ces installations sont considérées illégales au regard du droit international [11].

Évolutions territoriales de la Cisjordanie entre 1947 et 2010

Ce processus a entraîné la fragmentation des territoires [31],[32]. La construction par Israël en Cisjordanie d’un mur et d’une barrière de près de 700 km qui annexent de fait au territoire israélien les principaux blocs de colonisation déchire le tissu économique, social, culturel de la société palestinienne et mine toute possibilité de constitution d'un état palestinien homogène [33].

Démonstration palestinienne contre les forces militaires israéliennes en Cisjordanie

À partir de 2001, le durcissement des positions au cours des négociations et surtout la seconde Intifada mettent à mal le processus de paix. En Cisjordanie, de nombreuses incursions israéliennes ont lieu (en réaction ou en représailles) aux attentats-suicides palestiniens. La plus importante de ces incursions (nommée « Opération Rempart ») est déclenchée à la suite d'un attentat palestinien particulièrement meurtrier dans la ville de Netanya le , revendiqué par le mouvement islamiste Hamas et faisant 29 morts. « Rempart » a consisté en une réoccupation de la plupart des villes palestiniennes de Cisjordanie, principalement Ramallah (où le complexe présidentiel de Yasser Arafat a été largement détruit, ainsi que le centre de la sécurité préventive palestinienne situé à Beitounya), Naplouse (où des combats particulièrement violents dans la casbah ont occasionné la mort de 78 Palestiniens), et Jénine.


En 2002, le gouvernement israélien (à l'époque un gouvernement de coalition comprenant aussi bien le Likoud que les travaillistes) a décidé la construction d'une barrière de séparation dont le but annoncé est de protéger les citoyens israéliens des attentats-suicides. La construction de cette barrière est condamnée par la communauté internationale[34].

En , dans le processus lié à la décision israélienne de se désengager d'une partie de la Cisjordanie et de l'intégralité de la bande de Gaza, la Cour suprême d'Israël a déclaré que ces territoires étaient une « possession belligérante » (occupés par fait de guerre[réf. nécessaire]) et ne faisaient pas partie du territoire national.

La Cour suprême d'Israël n'emploie jamais la mot « occupation » (kibbush en hébreu) pour qualifier la présence israélienne en Cisjordanie[35] ; elle n'emploie pas davantage la locution « Territoires occupés » à laquelle elle substitue l'expression « la Zone » (ha-Ezur en hébreu)[35] ; elle traduit la locution « occupation belligérante » par l'expression « possession belligérante » (tfisah lohmatit en hébreu)[35].

Géographie[modifier | modifier le code]

La Cisjordanie est un territoire de 5 860 km2[36] situé au Proche-Orient, entouré à l'ouest du Jourdain[37],[38] et au nord-ouest de la mer Morte[39]. Bien que proche du bassin Levantin, il est sans accès à la mer[40].

Il couvre, au nord, la Samarie[39] et, au sud, une partie[41] de la Judée[39], deux régions historiques du versant occidental du bassin endoréique de la vallée du rift du Jourdain. Il est délimité, à l'ouest et sur 307 kilomètres, par la « Ligne verte », ligne de démarcation résultant de la convention jordano-israélienne d'armistice général signée Rhodes, le , au terme de guerre israélo-arabe de 1948-1949 et, à l'est, par la frontière résultant du traité de paix israélo-jordanien signé à Arabah le [42].

Village en Samarie

Le point le plus bas se situe près de la mer Morte à une altitude de −408 m au plus bas de la dépression de la vallée du Jourdain. Les Monts de Judée culminent au Mont Hazor à 1 022 m, suivi par les monts Ebal (940 m) et le Garizim (881 m).

Vue des monts de Judée depuis la ville de Ramallah

Les principaux cours d'eau sont :

Population[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Démographie de la Palestine et Palestiniens.

La population totale estimée à 3 200 000 personnes en 2013 (y compris à Jérusalem-Est)[36],[43].

La population de Cisjordanie est composée :

  • d'environ 3 millions de Palestiniens dont 208 000 à Jérusalem-Est[43] ;
  • d'environ 192 800 Israéliens à Jérusalem-Est[36] ;
  • d'environ 296 700 Israéliens dans le reste de la Cisjordanie[36].

La population totale de l'ensemble varie de 2 514 845[36] à 2 858 000 personnes[44],[45].

Paysage urbain[modifier | modifier le code]

Les principales villes israéliennes sont :

Les principales villes palestiniennes de Cisjordanie sont :

Habitants Arabes palestiniens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Palestiniens.
Palestiniens au marché à Hébron

Selon l'institut de statistiques palestiniens PCBS, la population arabe palestinienne de Cisjordanie atteint 2 719 112 habitants en 2013 (y compris à Jérusalem-Est). Le dernier recensement complet de la population a eu lieu en 1967, et recensait environ 700.000 Arabes. Les données publiées ultérieurement sont basés en grande partie sur des estimations et des hypothèses

Habitants Juifs israéliens[modifier | modifier le code]

La région israélienne de la Judée-Samarie correspond au territoire de la Cisjordanie

Selon l'institut de statistiques israélien, en 2009, la population juive israélienne de Cisjordanie est évaluée à 220 000 personnes à Jérusalem-Est et 293 000 dans le reste du territoire[45] et connait un taux de croissance élevé du fait de l'immigration et d'un très fort taux de natalité (+4,1 % en rythme annuel en 2009) chez les Juifs de Cisjordanie, dépassant celui des Palestiniens.

Selon le démographe Youssef Courbage, les israéliens représentent 20 % de la population totale en 2005 et probablement 25,5 % en 2025[47].

L'implantation d'installations israéliennes en Cisjordanie a été encouragée depuis son occupation par Israël en 1967, avec une accélération du mouvement depuis 1977, sous le gouvernement de Menahem Begin. La politique d'implantations s'est poursuivie au long de la période du processus de paix, même si en quelques occasions, les Israéliens, en signe de bonne volonté, ont gelé leur implantation de manière temporaire. Le nombre d'Israéliens a plus que doublé entre 1993 et 2006[48]. Les implantations israéliennes sont illégales selon les résolutions votées à l'ONU[49], [50].

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie palestinienne.

L'économie de la Cisjordanie était essentiellement agricole sous l'occupation jordanienne. L'occupation par Israël à partir de 1967 a favorisé le développement d'une main-d'œuvre industrielle en faisant appel à des dizaines de milliers de travailleurs palestiniens employés dans l'industrie israélienne, et notamment dans le secteur du bâtiment. Aujourd'hui[Quand ?], l'agriculture réalise moins de 20 % du PNB, contre 40 % pour l'industrie et les services. L'activité industrielle se limite à l'industrie légère parfois très proche de l'activité artisanale.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Dans le Caveau des patriarches à Hébron ont été enterré selon la tradition, Abraham et Sarah, Isaac et Rebecca, et Jacob et Léa. La grotte est également un lieu sacré pour les musulmans.

Le tombeau des personnages bibliques sont répartis sur l'entièreté du territoire. En Samarie: le tombeau de Joseph, de Samuel, de Joshua, de Caleb, de Givat Pinchas et du juge Gidéon. Tandis qu'en Judée se trouve le tombeau de Rachel, de David, de Othniel et de Nathan. Nabi Musa, est le tombeau de Moïse dans la tradition musulmane.

De nombreux sites archéologiques sont éparpillés sur le territoire comme les piscines de Salomon et la forteresse d'Hérodion.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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  3. http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=29428&Cr=Palestine&Cr1=statut#.ULuVPteg6pA
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    • Myron J. Aronoff, Israeli Visions and Divisions: Cultural Change and Political Conflict, Transaction Publishers, , p. 10 [...] “Judea and Samaria”, the biblical terms that the Likud government succeeded in substituting for what had previously been called by many the West Bank, the occupied territories, or simply the territories. The successful gaining of the popular acceptance of these terms was a prelude to gaining popular acceptance of the government’s settlement policies.
    • Shlomo Gazit, Trapped Fools: Thirty Years of Israeli Policy in the Territories, Routledge, , p. 162 [...] the Likud Government was not satisfied with the name ‘Administered Territories’. Even though the name ‘Judea and Samaria’ had been officially adopted as early as the beginning of 1968 instead of the ‘West Bank’, it has hardly been used until 1977.
    • Emma Playfair, International Law and the Administration of Occupied Territories: Two Decades of Israeli Occupation of the West Bank and Gaza Strip, Oxford University Press, , p. 41 On 17 December 1967, the Israeli military government issued an order stating that “the term “Judea and Samaria region” shall be identical in meaning for all purposes . .to the term “the West Bank Region”. This change in terminology, which has been followed in Israeli official statements since that time, reflected a historic attachment to these areas and rejection of a name that was seen as implying Jordanian sovereignty over them.
    • Ran HaCohen, Influence of the Middle East Peace Process on the Hebrew Language, Undoing and Redoing Corpus Planning, Michael G. Clyne (ed.), , p. 385–414, 397 During a short period immediately after the 1967 war, the official term employed was ‘the Occupied Territories’ (ha-shetahim ha-kevushim). It was soon replaced by ‘the Administered Territories’ (ha-shetahim ha-muhzakim) and then by the (biblical) Hebrew geographical terms “Judea and Samaria”. The latter were officially adopted and successfully promoted by the right wing governments (since 1977) and are still the official terms in use.
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  32. http://www.liberation.fr/debats/2016/06/13/les-colonies-israeliennes-obstacle-a-la-paix_1459164
  33. « L’Assemblée générale de l’ONU a massivement adopté une résolution condamnant l’édification par Israël d’un mur défensif empiétant sur les terres palestiniennes. », RFI, 22 octobre 2003 : [1]
  34. a, b et c Sultany 2007, p. 91.
  35. a, b, c, d et e CIA-The World Factbook
  36. EB, West Bank, introduction.
  37. EL, Cisjordanie, introduction.
  38. a, b et c EL, Cisjordanie, géographie.
  39. Elsa Peyrony, « Les pays enclavés et la mer », Cargo Marine, Centre d'études stratégiques de la Marine (France), no 7,‎ , 14 p. (lire en ligne [PDF]), p. 4, n. 2 [consulté le 7 mai 2017].
  40. Droz-Vincent et Rondot.
  41. Chloé Berger, Palestine, Louvain-la-Neuve, De Boeck Supérieur, coll. « Monde arabe – Monde musulman », , 1e éd., 1 vol., 141 p., 19 cm (ISBN 2-80418531-1 et 978-2-80418531-2, OCLC 900190102, notice BnF no FRBNF44388899, SUDOC 183048377, présentation en ligne, lire en ligne), chap. 1er (« Histoire et géographie »), sec. 3 (« Géographie »), § 3.3 (« Les frontières »), p. 29 (lire en ligne) et 30 (lire en ligne) [consulté le 7 mai 2017].
  42. a et b Palestinians grow by a million in decade, Jerusalem Post, 2 septembre 2008
  43. http://www.pcbs.gov.ps/Portals/_pcbs/census2007/ind_loca_09.pdf
  44. a et b http://www1.cbs.gov.il/population/new_2010/table1.pdf
  45. http://www.jerusalem.muni.il/jer_main/defaultnew.asp?lng=1
  46. http://www.ceri-sciencespo.com/publica/critique/article/ci31p23-38.pdf
  47. Géopolitique et Maghreb et du Moyen-Orient p. 174.
  48. http://www.un.org/french/Depts/palestine/issues_colonies.shtml
  49. Selon un rapport sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens présenté le 15 mars 2000 par le Rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme des Nations unies, « la proportion de terres palestiniennes confisquées par Israël serait d'environ 60 % en Cisjordanie et 33 % dans la bande de Gaza, ainsi que 33 % des superficies palestiniennes à Jérusalem – soit au moins 32,5 km2 –, et ce à des fins publiques, semi-publiques ou privées, dans le but de créer des zones militaires israéliennes, des installations de peuplement, des zones industrielles, des routes de contournement ou des carrières et de mettre des terres sous le contrôle de l’État à l’usage exclusif d’Israël »[2] Rapport sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, présenté par M. Giorgio Giacomelli, Rapporteur spécial, conformément à la résolution 1993/2 A de la Commission des droits de l'homme], 22 p.— Voir en page 3 du document.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Israël et Jordanie 1949] (en+fr) « Convention d'armistice général (avec annexes), signée à Rhodes, le  », dans Recueil des traités : traités et accords internationaux enregistrés ou classés et inscrits au répertoire au Secrétariat de l'Organisation des Nations Unies, vol. 42, (lire en ligne [PDF]), 1re partie (« Traités et accords internationaux enregistrés du au  »), texte no 656 (« Israël et Jordanie »), p. 302-325 :
    En pages paires : texte officiel en anglais communiqué par le représentant permanent d'Israël auprès de l'Organisation des Nations Unies.
    En pages impaires : traduction en français.
  • [Gerson 1973] (en) Allan Gerson, « Trustee-occupant : the legal status of Israel's presence in the West Bank », Harvard International Law Journal (en), vol. 14,‎ , p. 1-49 (extrait).
  • [Legrand 2005] Vincent Legrand, « La question de l'inconstitutionnalité de la décision jordanienne de désengagement de Cisjordanie du  », Égypte / Monde arabe, 3e série, no 2 : « Les architectures constitutionnelles des régimes politiques arabes : de l'autoritarisme à la démocratisation »,‎ , art. no 11, 28 p. (DOI 10.4000/ema.1745, lire en ligne [html]).
  • [Sultany 2007] (en) Nimer Sultany, « The legacy of justice Aharon Barak : a critical review », Harvard International Law Journal Online (en), vol. 48,‎ , p. 83-92 (résumé, lire en ligne [PDF]).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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