8 mai 1945

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Le 8 mai 1945 est la date, dans le calendrier grégorien, de deux événements historiques :

  • la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe marquée par l'annonce de la capitulation de l'Allemagne. Ce jour est appelé par les anglophones le Vee-Day-Europe ou VDE pour « Jour de la Victoire en Europe », « vee » étant la prononciation de la lettre V en anglais ; le mot Europe est ajouté par les Américains pour le différencier du VDA, le Vee-Day-Asia qui correspond au , jour de la signature de la capitulation du Japon ;

Cette date historique est rappelée notamment par de nombreux odonymes en France (Rue du 8-Mai-1945etc.).

Capitulation de l'Allemagne[modifier | modifier le code]

Signature de la reddition de l'armée allemande à Reims, 7 mai 1945
Deux jeunes femmes lisant la une du Montreal Daily Star annonçant la capitulation allemande et la fin imminente de la Deuxième Guerre mondiale, 7 mai 1945

L'amiral Dönitz, désigné par Hitler comme son successeur, ainsi que son état-major, ont compris que toute résistance est vaine. Dönitz consacre son énergie à ce que les troupes allemandes se rendent aux Alliés occidentaux et non aux Soviétiques, avant tout pour que les prisonniers allemands soient traités selon les conventions internationales, et non massacrés ou déportés en Sibérie. Aussi souhaite-t-il des capitulations partielles[1] à l'ouest et la poursuite des combats à l'est afin de soustraire à l'emprise de l'Armée rouge autant de troupes que possible et de rapatrier le maximum de population[2].

C'est dans cette intention que Dönitz envoie une première fois, à Reims, au PC avancé du SHAEF d'Eisenhower, l'amiral Hans-Georg von Friedeburg pour tenter de convaincre les Occidentaux de conclure une capitulation séparée. Le général américain l'éconduit, tout en prévenant Staline des tentatives allemandes. Le Royaume-Uni, les États-Unis et l'Union soviétique se sont en effet mis d'accord sur une capitulation totale et inconditionnelle du gouvernement allemand et de l'OKW sur tous les fronts, n'acceptant que des redditions ponctuelles dans le cadre des engagements (unités déposant les armes et se constituant prisonnières) et non dans le cadre d'un traité. Dönitz réitère ses avances le 6 mai en désignant alors le général Jodl, son chef d'état-major, mais ce dernier essuie le même refus. L'intransigence d'Eisenhower est en effet implacable depuis le 12 avril 1945, date à laquelle il découvre horrifié les charniers d'Ohrdruf, annexe du camp de concentration de Buchenwald qui vient d'être libéré[3].

C'est donc le , à h 41, que la reddition de l'armée allemande est signée à Reims dans une salle du Collège technique et moderne (actuel lycée Roosevelt) abritant le Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force, par le maréchal allemand Alfred Jodl[4], en présence des généraux américains Walter B. Smith et Eisenhower, du général français François Sevez et du général soviétique Sousloparov, les combats devant cesser le 8 mai à 23 h 1. L'acte signé est purement militaire.

Ceci provoque la fureur de Staline qui veut que la capitulation de l'Allemagne soit signée dans sa capitale, à Berlin, où les soldats de l'Armée rouge règnent en maîtres[5]. Les journalistes occidentaux répandent rapidement la nouvelle de la capitulation, précipitant ainsi les célébrations. Les combats continuent cependant sur le front de l'Est.

L'exigence de Staline est honorée et une nouvelle signature a lieu le 8 mai, dans la nuit du 8 au 9 mai à h 16 heure russe (23 h 16 heure de l'Ouest), dans une villa de Karlshorst, quartier général du maréchal Georgi Joukov dans la banlieue Est de Berlin (aujourd'hui le musée germano-russe Berlin-Karlshorst). Les représentants de l'URSS, de la Grande-Bretagne, de la France et des États-Unis arrivent peu avant minuit. Après que le maréchal Georgi Joukov eût ouvert la cérémonie, les représentants du Haut commandement allemand, dont le maréchal Wilhelm Keitel, sont invités à signer l'acte de capitulation entrant en vigueur à 23 h 1, heure locale[6] (heure d'Europe centrale), soit le 9 mai à h 1, heure de Moscou. C'est l'amiral Hans-Georg von Friedeburg et le maréchal Keitel qui signèrent l'acte de capitulation.

La reddition a donc lieu le 9 mai 1945 pour les Soviétiques et les pays centre-orientaux[Où ?] alliés. De ce fait les Soviétiques, puis les Russes, et leurs alliés centre-orientaux, commémorent cette capitulation le 9 mai.

Il faudra cependant attendre la capitulation officielle du Japon le (« V-J Day », pour « Victory over Japan Day », annoncé le ), lorsque le ministre des Affaires étrangères Mamoru Shigemitsu signe les articles de la reddition des forces japonaises sur le pont de l'USS Missouri dans la baie de Tokyo, pour que la Seconde Guerre mondiale prenne fin.

Jour férié en France[modifier | modifier le code]

Le 8 mai a été déclaré jour férié de commémoration en France le .

Le président Charles de Gaulle supprime le caractère férié de ce jour par le décret du [7]

En 1975, pour se placer dans une logique de réconciliation avec l'Allemagne, le président Giscard d'Estaing supprime également la commémoration de la victoire alliée de 1945.

C'est à la demande du président François Mitterrand que cette commémoration et ce jour férié seront rétablis, par la loi du [8].

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Massacre de Sétif[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Massacres de Sétif et Guelma.

Le 8 mai 1945 est aussi la date du début des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, qui sont les répressions sanglantes des émeutes nationalistes qui sont survenues en 1945 dans le département de Constantine en Algérie durant la période coloniale française, à l'occasion de manifestations qui visaient à réclamer l'indépendance du pays et la libération du chef du Parti populaire algérien (PPA) Messali Hadj.

Pour fêter la fin des hostilités et la victoire des Alliés sur les forces de l'Axe, des défilés sont organisés le 8 mai, y compris en Algérie, alors département français. Les partis nationalistes algériens, profitant de l'audience particulière donnée à cette journée, décident de rappeler leurs revendications patriotiques par des manifestations.

Mais, à Sétif, un policier tire sur un jeune algérien tenant le drapeau algérien et le tue, ce qui déclenche des émeutes. Il y aura, parmi les Européens, plus de cent morts et autant de blessés.

Le nombre des victimes autochtones faites en représailles reste sujet à débat. Les autorités françaises de l'époque fixèrent le nombre de tués à 1 165 ; un rapport des services secrets américains à Alger en 1945 notait 17 000 morts et 20 000 blessés ; le gouvernement algérien avance le nombre de 45 000 morts ; alors que suivant les historiens français le nombre varie de 6 000 ou 8 000 (Charles-Robert Ageron[9], Charles-André Julien) à « des milliers de morts »[10].

Commémorée chaque année en Algérie, la date « a servi de référence et de répétition générale à l'insurrection victorieuse de 1954 »[11].

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Telle la capitulation partielle des troupes allemandes actives aux Pays-Bas, au Danemark et en Allemagne du nord, demandée par l'amiral Hans-Georg von Friedeburg au général Montgomery. Ce dernier qui ne peut s'engager aussi loin, ne signe qu'un cessez-le-feu le 5 mai 1945.
  2. Ian Kershaw, La Fin, Allemagne, 1944-1945, Éditions du Seuil
  3. (en) Stephen Goodell, Sybil Milton, 1945: the year of liberation, U.S. Holocaust Memorial Museum,‎ 1995, p. 143
  4. Voir scoop Associated Press avant l'annonce officielle[réf. insuffisante].
  5. Beevor, La Chute de Berlin, 2002, éditions de Fallois, p. 427.
  6. Earl F. Ziemke, The US Army in the Occupation of Germany, 1944-1946, Chapitre XV : « The Victory Sealed », p. 258.
  7. Le 8 Mai : Fête de la victoire de 1945 Chemins de mémoire.
  8. Etablissement du 8 mai comme fête légale fériée - Légifrance.gouv.fr.
  9. Charles-Robert Ageron, Mai 1945 en Algérie. Enjeu de mémoire et histoire, Matériaux pour l'histoire de notre temps, 1995, v. 39, no 39-40, p. 52, note 1.
  10. La guerre d’Algérie a commencé à Sétif - Mohammed Harbi, Le Monde diplomatique, mai 2005.
  11. Charles-Robert Ageron, Les troubles du Nord Constantinois en mai 1945 : une tentative insurrectionnelle ?, XXe siècle, no 4, octobre 1984, p. 112.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]