Pierre-Antoine Cousteau

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Pierre-Antoine Cousteau
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 52 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Journaliste, météorologue, journaliste d'opinionVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Daniel Cousteau (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Frère

Pierre-Antoine Cousteau, né le , à Saint-André-de-Cubzac et mort le à Paris, est un polémiste et un journaliste collaborationniste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le frère aîné de Jacques-Yves (le célèbre commandant Cousteau). D'abord homme « à l'extrême gauche de l'extrême gauche » (selon ce qu'il dit lui-même dans En ce temps-là), « le plus voltairien de nous tous », selon Lucien Rebatet, il évoluera peu à peu vers le fascisme, avec la rencontre de plusieurs journalistes de droite, en particulier Pierre Gaxotte, son mentor de l'époque (Gaxotte ensuite coupera tout lien avec ses anciens amis en 1944, et témoignera à charge lors des procès de l'épuration). Il renoue dans les années 1930 avec la tradition des canulars, promouvant par exemple Édouard Herriot, alors que celui-ci est en visite officielle en URSS, au grade fantaisiste de « colonel de l'Armée rouge ». Cette farce poursuivra l'ancien Président du Conseil longtemps après (cf. Mines de rien).

Il participe ensuite activement au journal collaborationniste Je suis partout en compagnie de Lucien Rebatet et de Robert Brasillach, puis dirige le journal, succédant à ce dernier, en 1943. Antisémite, c'est un « ultra de la Collaboration » jusqu'à la fin de la guerre. Il s'engage dans la Milice d'abord, puis dans le corps militarisé de cette dernière, la Franc-garde, en juin 1944[1], qui traque les résistants et assiège les maquis. Il participa notamment à une expédition contre des résistants[2]. S'en défendant, il l'avança à son procès qu'il avait suivi ses compagnons de la Milice pour un reportage en Bretagne couvrant l'arrestation de trois résistants[3].

Il considérait que l'Allemagne représentait à l'époque, « malgré tous ses crimes, la dernière chance de l'homme blanc »[4]. Lors de son procès pour ses actes de collaboration, en 1946, il apparaît ainsi comme un des rares inculpés à assumer ses actes[5]. Il recevra aussi le soutien du futur écrivain Jacques Yonnet, résistant, membre du parti communiste français, qui témoignera à décharge et écrira : « C'était un ennemi loyal » (Le Figaro, 23 novembre 1946).

Il est condamné à mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité, après l'intervention d'un certain nombre de personnalités du monde littéraire qui veulent leur éviter, à lui et Lucien Rebatet, la peine de mort (Marcel Aymé, Jean Anouilh, Jean Galtier-Boissière, André Gide et Albert Camus, par exemple)[1]. Il est gracié par Vincent Auriol.

Pierre-Antoine Cousteau est libéré en 1953. Il collabore ensuite à l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol et à la revue Lectures françaises. Il publiera à nouveau quelques ouvrages, toujours dans son style détaché et ironique, notamment sur ses arrestations successives lorsqu'il est traqué dans toute l'Europe après la Libération (Les lois de l'hospitalité). Le Monde rendra compte de sa mort, survenue, des suites d'un cancer, en 1958, en ces termes : « Fidèle à son passé, à ses idées et à ses amis, Pierre-Antoine Cousteau n'avait rien perdu de son talent de polémiste ».

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pascal Ory, Le dossier Rebatet, Paris, Robert Laffont,‎ , 1131 p.
  2. Pascal Ory, Les collaborateurs 1940-1945, Éditions du seuil 1976, p. 240.
  3. Pierre-Antoine Cousteau, « En Bretagne avec la Milice », Je suis partout,‎
  4. Extrait du testament politique de Pierre-Antoine Cousteau, confié à Rebatet peu avant sa mort.
  5. Le Parisien Libéré, 21 novembre 1946, sous la signature d'Armand Gatti et sous le titre : Après deux lâches (Rebatet et Jeantet NdR), enfin un dur : « Cousteau prend des risques, exploite avec beaucoup d'humour ses démêlés avec Laval et ses contacts avec Abetz. Il parvient à provoquer le rire ce qui, pour un accusé en si fâcheuse posture — et dont l'avenir paraît si singulièrement limité — est une véritable gageure »

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Benoît Loeuillet, Pierre-Antoine Cousteau. Un journaliste engagé (1932-1944), publications Henry Coston, 2001.
  • Michaël Lenoire, sous la direction de Pierre-André Taguieff, L'antisémitisme de plume - 1940-1944, Berg International, Paris, 1999, (ISBN 978-2911289163).
  • Pierre-Marie Dioudonnat « Je suis partout » (1930-1944). Les maurrassiens devant la tentation fasciste, éd. La Table ronde, 1973, rééd. 1987 ; Les 700 rédacteurs de « Je suis partout », éd. Sedopols, 1993

Liens externes[modifier | modifier le code]