Pierre-Antoine Cousteau

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Pierre-Antoine Cousteau
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Naissance
Saint-André-de-Cubzac, Gironde, France
Décès (à 52 ans)
Paris, France
Nationalité Drapeau de la France française
Profession
Autres activités
Famille

Pierre-Antoine Cousteau, né le , à Saint-André-de-Cubzac et mort le à Paris, est un journaliste français. Collaborationniste convaincu pendant l'occupation allemande, il est l'une des plumes du journal Je suis partout. Condamné à la libération, il reprend ensuite sa carrière et travaille dans des journaux comme Rivarol. Il est par ailleurs le frère aîné de l'océanographe Jacques-Yves Cousteau.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'abord homme « à l'extrême gauche de l'extrême gauche » (selon ce qu'il dit lui-même dans En ce temps-là), « le plus voltairien de nous tous », selon Lucien Rebatet, il est un pacifiste convaincu[1]. Il évoluera peu à peu vers le fascisme. Il renoue dans les années 1930 avec la tradition des canulars, promouvant par exemple Édouard Herriot, alors que celui-ci est en visite officielle en URSS, au grade fantaisiste de « colonel de l'Armée rouge ». Cette farce poursuivra l'ancien Président du Conseil longtemps après (cf. Mines de rien).

En avril 1932, Pierre Gaxotte le fait rentrer à Je suis partout, journal auquel il participera activement, en compagnie de Lucien Rebatet et de Robert Brasillach. Il succédera à ce dernier en 1943, prenant la direction du journal collaborationniste. Antisémite, c'est un « ultra de la Collaboration » jusqu'à la fin de la guerre. Il s'engage dans la Milice d'abord, puis dans le corps militarisé de cette dernière, la Franc-garde, en juin 1944[2], qui traque les résistants et assiège les maquis. Il participa notamment à une expédition contre des résistants[3]. S'en défendant, il avança à son procès qu'il avait suivi ses compagnons de la Milice pour un reportage en Bretagne couvrant l'arrestation de trois résistants[4].

Il considérait que l'Allemagne nazie représentait à l'époque, « malgré tous ses crimes, la dernière chance de l'homme blanc »[5]. Lors de son procès pour ses actes de collaboration, en 1946, il apparaît ainsi comme un des rares inculpés à assumer ses actes[6]. Il recevra toutefois le soutien du futur écrivain Jacques Yonnet, résistant, membre du Parti communiste français, qui témoignera à décharge et écrira : « C'était un ennemi loyal »[7].

Il est condamné à mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité, après l'intervention d'un certain nombre de personnalités du monde littéraire qui veulent leur éviter, à lui et Lucien Rebatet, la peine de mort (Marcel Aymé, Jean Anouilh, Jean Galtier-Boissière, André Gide et Albert Camus, par exemple)[2]. Il purge sa peine à la prison de Clairvaux. Il est gracié en 1953 par Vincent Auriol.

Pierre-Antoine Cousteau est libéré en 1953. Il collabore ensuite à l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol et à la revue Lectures françaises. Il publiera à nouveau quelques ouvrages, toujours dans un style détaché et ironique, notamment sur ses arrestations successives lorsqu'il est traqué dans toute l'Europe après la Libération (Les lois de l'hospitalité). À sa mort des suites d'un cancer en 1958, Le Monde écrira : « Fidèle à son passé, à ses idées et à ses amis, Pierre-Antoine Cousteau n'avait rien perdu de son talent de polémiste ».

Publications[modifier | modifier le code]

  • L'Amérique juive, Les Éditions de France, 1942
  • Hugothérapie ou comment l'esprit vient aux mal-pensants, Éditions E.T.L., Bourg, 1954
  • Mines de rien ou les grandes mystifications du demi-siècle, préface de Lucien Rebatet, illustrations de Ralph Soupault, Éditions Ethéel, Paris, 1955
  • Après le déluge, pamphlets, La Librairie Française, 1957
  • Les lois de l'hospitalité, La Librairie Française, 1957
  • En ce temps-là, La Librairie Française, 1959
  • Dialogue de vaincus (prison de Clairvaux, janvier-décembre 1950), texte inédit présenté par Robert Belot, (avec la collaboration de Lucien Rebatet), Paris, Berg international, 1999
  • Proust digest (préfacé par Lucien Rebatet), Via Romana, 2013 (ISBN 979-10-90029-55-2) [présentation en ligne]
  • Intra Muros, Suivi de : Pensées et Aphorismes, Via Romana, 2017

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tous n'étaient pas des anges, lefigaro.fr, 14 mai 2008
  2. a et b Pascal Ory, Le dossier Rebatet, Paris, Robert Laffont, , 1131 p.
  3. Pascal Ory, Les collaborateurs 1940-1945, Éditions du seuil 1976, p. 240.
  4. Pierre-Antoine Cousteau, « En Bretagne avec la Milice », Je suis partout,‎
  5. Extrait du testament politique de Pierre-Antoine Cousteau, confié à Rebatet peu avant sa mort.
  6. Le Parisien Libéré, 21 novembre 1946, sous la signature d'Armand Gatti et sous le titre : Après deux lâches (Rebatet et Jeantet NdR), enfin un dur : « Cousteau prend des risques, exploite avec beaucoup d'humour ses démêlés avec Laval et ses contacts avec Abetz. Il parvient à provoquer le rire ce qui, pour un accusé en si fâcheuse posture — et dont l'avenir paraît si singulièrement limité — est une véritable gageure »
  7. Le Figaro, 23 novembre 1946

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]