Raphaël Alibert

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Raphaël Alibert (Henri, Albert, François, Joseph), né le à Saint-Laurent (Lot) et mort le à Paris, est un juriste et homme politique français. Collaborateur, ministre du Régime de Vichy, il a contribué à mettre en place une législation antisémite.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une vieille famille catholique traditionaliste du Rouergue, il étudie au Caousou puis à la faculté de Droit de Paris. Monarchiste catholique, il participe à la résistance lors de la Querelle des inventaires, ce qui l'empêche de présenter des concours d'accès à la fonction publique. Juriste de formation, il soutient une thèse à la Faculté de droit de l'Université de Paris sur Les Syndicats, associations et coalitions de fonctionnaires en 1909. Spécialiste du droit administratif, il est nommé maître des requêtes au Conseil d'État.

En 1917, il est chef de cabinet d’Henry Lémery dans le Cabinet Clemenceau. En 1924, il démissionne de son poste de maître de requête et travaille pour l'industriel Ernest Mercier. Proche d’Anatole de Monzie, il rejoint le Comité technique de la réforme d'État, créé par Jacques Bardoux. Il continue d'enseigner à l'École libre des sciences politiques. Intéressé par les idées de Charles Maurras, il est proche de l'Action française. En 1928, à la demande du duc de Guise, prétendant à la couronne de France exilé à Bruxelles, il devient précepteur de son fils Henri afin de lui enseigner le droit et l'économie politique. Il écrit pour la revue du comte de Paris, Questions du Jour, en 1934. Il est invité à discourir aux dîners des Affinités françaises, en 1933 et en 1935[1],[2]. Il devient, sous le Front populaire en 1936, arbitre des négociations entre patronat et syndicats, pour les entreprises métallurgiques de la région parisienne. En décembre 1937, il est suspecté d’appartenir à la Cagoule et devient proche du maréchal Pétain.

Le , il devient directeur du cabinet civil du maréchal Pétain, nommé au cabinet Reynaud. Le 16 juin, le maréchal est nommé président du Conseil par le président Lebrun, Raphaël Alibert devient Sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil où il succède à Paul Baudouin. À propos des Juifs, Il déclare le 1er juillet 1940 au ministre du Travail, Charles Pomaret : « Je prépare un texte aux petits oignons » [3]. Il est nommé Garde des sceaux du Gouvernement de Vichy du 12 juillet 1940 au 27 janvier 1941 et met en place avec son directeur de cabinet Pierre de Font-Réaulx les textes constitutionnels du Régime de Vichy, fait réviser les naturalisations avec la loi du 22 juillet 1940 et le 22 juillet 1940, crée une commission de révision des 500 000 naturalisations prononcées depuis 1927, qui entraîne un retrait de la nationalité pour 15 000 personnes dont 40 % de Juifs. Le 13 août 1940, il promulgue la loi de dissolution des « sociétés secrètes » (Franc-maçonnerie et autres) ainsi que des lois à caractère antisémite (lois Alibert[4]). Il met en place la Cour suprême de justice. Il est signataire du statut des Juifs d'octobre 1940.

Véritable mentor politique du maréchal Pétain, il participe au renvoi de Pierre Laval le . Germanophobe (une partie de sa famille mosellane a subi la guerre de 1870), il doit démissionner de son poste le 9 février 1941, le nouveau chef du gouvernement de Vichy François Darlan considérant qu'il est hostile à la politique de collaboration.

À la Libération de la France, il fuit à l'étranger. Il est condamné à mort par contumace, à la dégradation nationale à vie et à la confiscation de ses biens[5] le 7 mars 1947.

En exil en Belgique, il est finalement amnistié en 1959 par le Général de Gaulle.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Petit-neveu du baron Jean-Louis Alibert (1768-1837), créateur de l’Académie de médecine et médecin de Louis XVIII et Charles X[6], il épouse Marguerite Chaudé. Ils vivent ensemble au 215 bis, Boulevard Saint Germain.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les Syndicats, associations et coalitions de fonctionnaires, thèse pour le doctorat, E. Larose, Paris, Faculté de droit de l'Université de Paris, 1909.
  • Commentaire pratique de la loi du 5 avril 1910 sur les retraites ouvrières et paysannes et du règlement d'administration publique du 25 mars 1911, A. Rousseau, Paris, 1911.
  • L'imprévision dans les concessions de services publics. L'évolution des faits et l'adaptation de la théorie depuis 1916, E. Durand, (Juris-classeurs.), Paris, 1924.
  • Le contrôle juridictionnel de l'administration au moyen du recours pour excès de pouvoir, Payot, Paris, 1926.
  • « Jurisprudence » du Conseil d'État statuant au contentieux, du tribunal des conflits et de la Cour des comptes, Recueil des arrêts, « Table vicennalle, 1905-1924 », Paris, 1932.
  • Conseil d'État. Assemblée générale du 24 août 1940, Royat, Puy-de-Dôme, Allocutions prononcées par M. Raphaël Alibert et par M. Alfred Porché, Clermont-Ferrand, Imprimerie générale, [1940].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]