Paul Béchard

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Paul Béchard
Image illustrative de l'article Paul Béchard
Fonctions
Sous-secrétaire d'État à l'Armement
Gouvernement Léon Blum (3)
Secrétaire d'État à la présidence du Conseil
Gouvernement Paul Ramadier (1) et Paul Ramadier (2)
Secrétaire d'État à la France d'Outre-Mer
Gouvernement Paul Ramadier (2)
Secrétaire d'État à la Guerre
Gouvernement Robert Schuman (1)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Alès (France)
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décès Montpellier (France)
Parti politique SFIO
Profession Officier militaire

Paul Léon Albin Béchard est un homme politique français, né le à Alès (France) et mort le à Montpellier (France).

Formation[modifier | modifier le code]

Après avoir étudié dans des classes préparatoires à Nîmes, Paul Béchard intègre l'École militaire de Saint-Cyr, participe aux combats de la première guerre mondiale, puis sort major de promotion. Il rentre ensuite à l'École nationale de perfectionnement des officiers de réserve du service d'État-Major (ancienne École supérieure de guerre).

Il est ensuite diplômé de l'Institut Électrotechnique de Grenoble et exerce à partir de 1922 comme ingénieur avant de créer sa propre entreprise, à Alès.

Parcours politique et engagements[modifier | modifier le code]

Il adhère au parti socialiste SFIO vers 1926 et se présente aux élections cantonales de 1928, puis aux législatives de 1932, sans être élu.

Dans la résistance[modifier | modifier le code]

Mobilisé en 1939, il s'engage dans la résistance dès qu'il est rendu à la vie civile. Recherché par la police allemande dès 1942, il finit par prendre le maquis en 1944. Il rejoint ensuite la Ière armée française et sert au sein du 6e régiment d'infanterie coloniale. Il finit la guerre avec le grade de chef de bataillon et la légion d'honneur.

Député et ministre à la Libération[modifier | modifier le code]

Elu conseiller général du Gard en septembre 1945, il entre à l'assemblée constituante le mois suivant. Il perd son siège lors de l'élection de la deuxième constituante, mais le retrouve pour la première mandature de la IVème République (1946-1951).Après avoir été Sous-secrétaire d'État à l'Armement du gouvernement Léon Blum III du 18 décembre 1946 au 16 janvier 1947, il est nommé secrétaire d'État à la Présidence du Conseil du gouvernement Paul Ramadier I le 9 mai 1947. Lors de la nomination des membres du gouvernement Paul Ramadier II le 22 octobre 1947, il est reconduit à son poste et devient en plus secrétaire d'État à la France d'Outre-Mer le 25 octobre. Il assure ces deux fonctions jusqu'à la fin de ce gouvernement, le 19 novembre 1947. Il est, sous le gouvernement Robert Schuman I, secrétaire d'État à la Guerre du 24 novembre 1947 au 28 janvier 1948.

Elu local et parlementaire socialiste[modifier | modifier le code]

Elu pour la première fois maire d'Alès en 1947, il démissionne l'année suivante pour laisser ce siège à Marcel Barreau, lorsqu'il est nommé gouverneur général de l'Afrique-Occidentale française. Il quitte alors aussi l'assemblée nationale.

À son retour en métropole, il retrouve l'assemblée nationale lors des élections législatives de juin 1951, mais échoue à conserver son mandat de conseiller général quelques semaines plus tard.

Candidat socialiste à la mairie d'Alès en 1953, sa liste obtient la majorité des sièges mais connaît des dissensions internes qui conduisent à des défections. Après une partielle, il retrouve finalement son mandat de maire, et le conserve jusqu'en 1965.

Durant son mandat, son action pour « moderniser » le centre-ville fut critiquée. En effet, une partie du centre historique a disparu pour laisser la place à de grandes barres HLM, modifiant en profondeur l'aspect du centre-ville d'Alès.

En décembre 1954, il fait partie des députés socialistes opposés à la Communauté européenne de défense qui sont suspendus de la SFIO pour avoir voté contre le traité de Paris et de Londres. En juin 1955, il se présente comme "socialiste indépendant" aux élections sénatoriales et est élu contre la candidate radicale soutenue par la SFIO. Il est alors "définitivement" exclu de la SFIO.

Il est cependant réintégré dès décembre 1956.

En février 1958, il retrouve le conseil général du Gard, à la suite d'une élection cantonale partielle.

En novembre de cette même année, il se présente aux législatives, et malgré la poussée gaulliste, est élu. Il quitte donc le Sénat. Au Palais-Bourbon, il fait preuve d'une certaine indépendance d'esprit et ne vote pas toujours suivant les consignes de son groupe parlementaire. Il s'oppose ainsi aux pleins-pouvoirs donnés au Général de Gaulle, et appelle à voter "non" au référendum constitutionnel de 1958.

Il arrive au sommet de son influence politique en 1961, lorsqu'il est élu à la présidence du Conseil général du Gard, fonction qu'il occupe jusqu'en 1973.

Fin de carrière difficile[modifier | modifier le code]

En septembre 1962, en pleine campagne électorale, il est victime d'un grave accident de la route. Réélu député en novembre malgré son hospitalisation, il ne peut reprendre ses activités parlementaires que deux ans plus tard.

En 1965, il est battu lors de la municipale d'Alès par la liste communiste, soutenue par le PSU, menée par Roger Roucaute, la droite locale refusant, cette fois-ci, de lui apporter son soutien au second tour.

N'étant pas arrivé en tête de la gauche au premier tour de l'élection législative de 1967, il suit la consigne nationale du parti et se retire au profit du candidat communiste.

Dans cette période d'incertitude quant à l'avenir de la gauche, il se rapproche d'André Chandernagor et de son courant "Démocratie socialiste".

Il ne rejoint cependant pas le nouveau Parti socialiste créé à Epinay.

En 1973, il perd la présidence du conseil général du Gard.

Lors des élections suivantes, en 1976 et 1979, il tente de retrouver le conseil général en se présentant contre un candidat investi par le PS, qui est élu.

Controverse[modifier | modifier le code]

Ayant obtenu beaucoup de succès, politique au niveau du département du Gard et fort de l'influence qu'il y exerce il n'hésites pas à s'auto proclamer "Empereur du Gard". Il engage de nombreux chantiers publics, dont la destruction du cœur historique de la ville d'Alès qualifié de "seule ville bombardée en période de paix" par certains tant l'étendue des travaux entrepris est grande et controversée.

Il acquiert très vite le sobriquet de Mr 10% suite à des soupçons d'arrangement avec les entrepreneurs qui obtiennent les marchés publics.

Autre scandale celui du petit village de Méjannes-Le-Clap, d'où il exproprie la totalité des habitants et propriétaires dans le but d'en faire une station de tourisme vert pour attirer les "riches touristes de l'Europe du nord". Les mal façons et les détournements d'argent public font scandale mais sont rapidement étouffés. Le projet est un échec, et les propriétés issues des expropriations sont revendues pour des sommes dérisoires sans faire l'objet d'annonces.[1]

  1. Alliance-Reseaux, « Au 20ème siècle - Office du tourisme Méjannes-le-Clap », sur www.tourisme-mejannes-le-clap.com (consulté le 1er février 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]