Raymond Marcellin

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Raymond Marcellin
Image illustrative de l'article Raymond Marcellin
Fonctions
Député de la 1re circonscription du Morbihan
Élection
Réélection
Législature Xe et XIe
Prédécesseur aucun (scrutin départemental)
Successeur François Goulard
Élection
Législature VIIe
Prédécesseur Paul Chapel
Successeur aucun (scrutin départemental)
Élection
Législature IIe
Prédécesseur Léonce Franco
Successeur Jean Grimaud
Élection
Législature Ire
Prédécesseur aucun (création)
Successeur Léonce Franco
Député du Morbihan
(scrutin proportionnel départemental)
Élection
Législature VIIIe
Président du Conseil régional de Bretagne
Prédécesseur André Colin
Successeur Yvon Bourges
Sénateur du Morbihan
Élection
Ministre de l'Agriculture et du Développement rural
Gouvernement Pierre Messmer (3)
Prédécesseur Jacques Chirac
Successeur Christian Bonnet
Ministre de l'Intérieur
Gouvernement Pompidou (4), Couve de Murville, Chaban-Delmas, Messmer (1) et (2)
Prédécesseur Christian Fouchet
Successeur Jacques Chirac
Ministre de l'Industrie
Gouvernement Georges Pompidou (3)
Prédécesseur Michel Maurice-Bokanowski
Successeur Olivier Guichard
Maire de Vannes
Prédécesseur Francis Decker
Successeur Paul Chapel
Président du Conseil général du Morbihan
Prédécesseur Paul Ihuel
Successeur Jean-Charles Cavaillé
Ministre de la Santé publique et de la Population
Gouvernement Georges Pompidou (1) et (2)
Prédécesseur Joseph Fontanet
Successeur Jean-Marcel Jeanneney
Conseiller général du canton de Sarzeau
Prédécesseur M. de Maluquer
Successeur Henri Bénéat
Député du Morbihan
(sous la quatrième République)
Élection
Réélection ,
Législature Ire, IIe et IIIe
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Sézanne (Marne, France)
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nationalité Drapeau de la France France
Parti politique RI, puis UDF
Profession Avocat

Raymond Marcellin, né le à Sézanne (Marne), mort le à Paris, est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Avocat à la cour d’appel de Paris en 1945, il est docteur en droit. Mobilisé en septembre 1939, il est fait prisonnier lors de la déroute de l'armée française de 1940. Il s'évade et occupe des fonctions au sein du régime de Vichy. Lié à Maurice Bouvier-Ajam, directeur de l'Institut d'études corporatives et sociales, chargé de « diffuser les idées sociales de la Révolution nationale par l'illustration de la doctrine corporative du Maréchal dans les milieux professionnels et les organisations de jeunesse », il dirige le bureau d'orientation et de formation professionnelle, puis est nommé secrétaire général de l'Institut. C’est à ce titre qu’il est décoré de l’ordre de la Francisque. Mais, il s’engage par ailleurs dans la Résistance et appartient au réseau de renseignement Alliance de Marie-Madeleine Fourcade et de Georges Loustaunau-Lacau. Ce parcours complexe, de « vichysto-résistant » selon la définition désormais d’usage, lui a valu d’être décoré par Vichy puis de voir reconnaître son action résistante.

Implanté en Bretagne, il assume les fonctions de maire de Vannes, président du conseil général du Morbihan, président de la région de Bretagne, sénateur et député du Morbihan.

Ministre de seize gouvernements entre 1948 et 1974, il fut plusieurs fois sous-secrétaire d'État, secrétaire d'État sous la IVe République, secrétaire général du Centre national des indépendants et paysans, plusieurs fois ministre sous la Cinquième République.

Proche de Georges Pompidou, il incarne un courant des Républicains indépendants plus proches du pompidolisme que du giscardisme libéral, ce qui explique que sa carrière ministérielle s'arrête avec l'élection de Giscard à la présidence. Il continue alors sa carrière bretonne.

Au ministère de l'Intérieur, qu'il assume sous trois Premiers ministres, il reçoit de Georges Pompidou la mission de remettre de l'ordre après les troubles créés par les événements de mai 1968 et dissout aussi bien des groupes d'extrême droite que d'extrême gauche, obtenant une forte augmentation des effectifs de police (+ 20 %). Bon connaisseur des problèmes des collectivités locales, il s'attaque au problème du trop grand nombre des communes (38 000, soit autant que la communauté européenne et la Suisse réunis). Devant la réticence des élus, il se résigne à faire voter une loi sans obligation et faisant appel au volontariat, avec des incitations, pour fusionner les communes associées autour d'une commune-centre. Il réussit à diminuer le nombre des communes à 36 552[1].

En 1971, le ministre prépare un projet loi visant à instaurer un contrôle administratif a priori sur la déclaration des associations. Le projet sera retoqué par le conseil constitutionnel.

Le ministère de l’Intérieur[modifier | modifier le code]

Ministre de l'Intérieur du au , il succéda à Christian Fouchet à ce poste suite aux événements de Mai 68. Le général de Gaulle salua son arrivée par la phrase « Enfin Fouché, le vrai », en référence au très autoritaire ministre de la police de Napoléon Bonaparte.

Marcellin fut plusieurs fois croqué par les caricaturistes sous les traits d'un CRS, en raison de ses démêlés avec les mouvements gauchistes, consécutifs aux événements de mai 68. Il y gagna aussi le surnom de « Raymond la matraque ».

Le , il obtint par décret présidentiel la dissolution de 11 mouvements d'extrême gauche. Le , il fit prononcer par le conseil des ministres la dissolution d'Occident, mouvement d'extrême droite, puis, le , la dissolution simultanée de la Ligue communiste (extrême gauche) et du mouvement Ordre nouveau (extrême droite).

En 1972, il cosigna des circulaires qui subordonnaient la délivrance d’une carte de séjour à l'obtention d'un contrat de travail et d’un logement décent. Ces circulaires mirent fin aux régularisations automatiques. Marquant une étape dans le durcissement de la politique d'immigration française, elles firent aussi l'objet des premières manifestations d'étrangers en situation irrégulière et elles furent assouplies.

Il fut à l'origine de l'affaire des plombiers : le , des agents de la Direction de la surveillance du territoire, déguisés en plombiers, furent surpris en train d'installer un micro espion dans les bureaux de l'hebdomadaire Le Canard enchaîné[2], ce qui fut la cause de son exfiltration vers le ministère de l'Agriculture, quelques mois plus tard.

Une cause seulement apparente, car son transfert s'explique en réalité par le choix d'un Georges Pompidou se sachant condamné par la maladie, de mettre en place rapidement au ministère de l'Intérieur son homme de confiance Jacques Chirac alors ministre de l'Agriculture pour faire face à des moments difficiles et contrôler l'élection présidentielle à venir en faveur de Giscard d'Estaing au détriment de Chaban-Delmas.[réf. nécessaire]

Fait divers[modifier | modifier le code]

En mai 2000, victime du « gang des saucissonneurs » dans son appartement parisien, il est retrouvé bâillonné et ligoté[3].

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Mandats[modifier | modifier le code]

Mandats nationaux[modifier | modifier le code]

Mandats locaux[modifier | modifier le code]

Décorations[5][modifier | modifier le code]

  • Croix de guerre 1939-1945
  • Médaille des évadés
  • Commandeur de la Santé publique
  • Commandeur du Mérite commercial
  • Commandeur du Mérite artisanal
  • Commandeur du Mérite agricole
  • Grand-croix du Mérite de l’ordre souverain de Malte
  • Chevalier-commandeur du Victoria order (Grande-Bretagne)
  • Grand officier des ordres nationaux d’Italie, d’Espagne, de Grèce, des Pays-Bas, de Suède

Œuvre écrite[modifier | modifier le code]

  • L'Ordre public et les groupes révolutionnaires, éditions Plon, Paris, 1968
  • L'Importune Vérité - Dix ans après mai 68, un ministre de l'Intérieur parle, éditions Plon, Paris, 1978
  • La Guerre politique, éditions Plon, Paris, 1985
  • L'Expérience du pouvoir, éditions La Table ronde, Paris, 1990

Références[modifier | modifier le code]

  1. Code officiel géographique au 1er janvier de l'année (après les évolutions datées du 1er janvier), sur le site de l'Insee. Consulté le 16 avril 2012.
  2. Voir lecourrier.ch.
  3. « R. Marcellin “saucissonné” dans sa lingerie », Le Nouvel Observateur, 16 mai 2000.
  4. Élu le 18 septembre 1978.
  5. Biographie du Who's Who.

Liens externes[modifier | modifier le code]