Donald Tusk

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Donald Tusk
Donald Tusk, en 2013.
Donald Tusk, en 2013.
Fonctions
Président du Conseil européen
En fonction depuis le
(1 an 7 mois et 30 jours)
Prédécesseur Herman Van Rompuy
Président du Conseil des ministres polonais

(6 ans 10 mois et 6 jours)
Président Lech Kaczyński
Bronisław Komorowski (intérim)
Bogdan Borusewicz (intérim)
Grzegorz Schetyna (intérim)
Bronisław Komorowski
Gouvernement Tusk I et II
Législature VIe et VIIe
Coalition PO-PSL
Prédécesseur Jarosław Kaczyński
Successeur Ewa Kopacz
Président du groupe PO à la Diète

(1 an et 1 mois)
Prédécesseur Jan Rokita
Successeur Bogdan Zdrojewski
Président de la Plate-forme civique
Prédécesseur Maciej Płażyński
Successeur Ewa Kopacz
Président du groupe PO à la Diète

(1 mois et 23 jours)
Prédécesseur Maciej Płażyński
Successeur Jan Rokita
Député à la Diète

(13 ans et 12 jours)
Élection
Réélection
21 octobre 2007
9 octobre 2011
Législature IVe, Ve, VIe et VIIe
Groupe politique PO
Successeur Ewa Czeszejko-Sochacka
Sénateur de Pologne

(3 ans 11 mois et 28 jours)
En tandem avec Edmund Wittbrodt
Élection
Législature IVe
Groupe politique UW
Prédécesseur Wanda Kustrzeba
Député à la Diète

(1 an 10 mois et 19 jours)
Élection
Législature Ire
Groupe politique KLD
Biographie
Nom de naissance Donald Franciszek Tusk
Date de naissance (59 ans)
Lieu de naissance Gdańsk (Pologne)
Nationalité Polonaise
Parti politique Plate-forme civique (PO)
Conjoint Małgorzata Tusk
Enfants Michał Tusk
Katarzyna Tusk
Diplômé de Université de Gdańsk
Profession Historien
Religion Catholicisme

Signature de Donald Tusk

Donald Tusk Donald Tusk
Président du Conseil des ministres polonais
Président du Conseil européen

Donald Franciszek Tusk /'dɔnalt fran'ʨiʂɛk 'tusk/, né le à Gdańsk, est un homme d'État polonais, membre de la Plate-forme civique (PO). Il est président du Conseil européen depuis le .

Vice-président du Sénat, de 1997 à 2001, puis de la Diète, entre 2001 et 2005, il se présente à l'élection présidentielle de 2005 ; bien qu'ayant terminé premier à l'issue du premier tour, il est vaincu par le candidat conservateur Lech Kaczyński.

Après la victoire de la PO aux élections législatives de 2007, Donald Tusk est nommé Président du Conseil des ministres de Pologne par le chef de l'État, Lech Kaczyński. Il mène alors une politique de réformes libérales.

Après avoir refusé de concourir à l'élection présidentielle de 2010, Tusk mène la campagne de son parti pour le scrutin parlementaire de 2011 ; la coalition gouvernementale étant reconduite, le président du Conseil forme un nouveau gouvernement.

Le , Donald Tusk est désigné lors du sommet du Conseil européen de Bruxelles, pour devenir le deuxième président du Conseil européen[1],[2]. Il prend ses fonctions le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines cachoubes[modifier | modifier le code]

Donald Tusk appartient à la minorité cachoube de Pologne[3]. Son père, également nommé Donald Tusk (1930-1972), était charpentier, tandis que sa mère, Ewa Tusk (1934-2009), né Dawidowska, était secrétaire à l'Université médicale de Gdańsk[4]. Son oncle, Bronisław Tusk (1935-2000), était sculpteur à Gdańsk. Son grand-père Józef Tusk (1907-1987) était fonctionnaire des chemins de fer qui, en tant que citoyen de la Ville libre de Dantzig annexée au Reich, fut obligatoirement incorporé par les autorités allemandes nazies dans la Wehrmacht, le . Celui-ci a déserté quelques mois plus tard pour rejoindre l’armée polonaise de l’Ouest de .

Dans une interview avec le journal israélien Haaretz, en décembre 2008, Tusk compare l'histoire de sa propre famille avec celle des juifs, décrivant la minorité cachoube comme un peuple qui, « comme le peuple juif, est composé de gens qui sont nés et vivent dans les zones frontalières et étaient soupçonnés par les nazis et les communistes d’être déloyaux ».

Tusk sort diplômé du lycée Nicolas Copernic, à Gdańsk en 1976. Il s'inscrit, peu après, en tant qu’étudiant d'histoire à l’université de Gdańsk au cours du professeur Roman Wapiński, où il obtient son diplôme en 1980, avec un mémoire consacré à Józef Piłsudski.

Donald Tusk et son épouse, Małgorzata, ont deux enfants : un fils, Michał (né en 1982) et une fille, Katarzyna (née en 1987). Ils sont également grands-parents de Mikolaj Tusk (né en 2009), le fils de Michał. La famille Tusk réside à Sopot, près de Gdańsk.

Ascension fulgurante[modifier | modifier le code]

Ascension parlementaire[modifier | modifier le code]

Il participe en 1990 à la fondation du Congrès libéral-démocrate (KLD), un parti politique libéral dont il prend la présidence le , à la suite de Janusz Lewandowski.

Aux élections législatives du 27 octobre suivant, il postule à la Diète dans la circonscription de Gdańsk. Il y cumule alors 38 778 votes préférentiels, soit le deuxième résultat après Bogdan Borusewicz, et obtient ainsi son mandat parlementaire. Il est l'un des initiateurs, en 1992, de la coalition à sept partis qui assure l'investiture d'Hanna Suchocka.

Il échoue à se faire réélire lors des élections législatives anticipées du 19 septembre 1993, le KLD n'ayant pas franchi le seuil de représentativité des 5 % des suffrages exprimés. Il organise alors la fusion de son parti avec l'Union démocratique (UD), donnant naissance à l'Union pour la liberté (UW) en . Il devient à cette occasion l'un des vice-présidents de l'UW.

Dans la perspective des élections sénatoriales du 21 septembre 1997, il est investi dans la circonscription de Gdańsk. Il remporte l'un des deux mandats en jeu, totalisant 221 343 voix et prend le siège occupé au début de la décennie par Lech Kaczyński. À l'ouverture de la législature, le , il est désigné vice-président du Sénat. Au début de l'année 2001, il quitte l'UW après avoir perdu l'élection à la présidence contre Bronisław Geremek.

Il participe alors à la fondation d'un nouveau parti libéral, baptisé Plate-forme civique (PO), avec Andrzej Olechowski et Maciej Płażyński. Pour les élections législatives du 23 octobre 2001, il se présente dans la nouvelle circonscription de Gdynia. Il y assure son retour à la Diète avec un total de 56 048 suffrages de préférence, ce qui constitue le meilleur score de la circonscription devant Izabela Jaruga-Nowacka et le deuxième meilleur résultat de la voïvodie après Maciej Płażyński. Quand la législature débute, le , il est choisi comme vice-président de la Diète.

Nommé président du groupe PO en remplacement de Płażyński le , Donald Tusk lui succède à la présidence de la PO le .

Échec à la présidentielle de 2005[modifier | modifier le code]

Le , il annonce officiellement sa candidature à l'élection présidentielle des 9 et 23 octobre. En cas de victoire aux élections parlementaires du 25 septembre, la Plate-forme civique prévoit donc de désigner Jan Rokita président du Conseil des ministres.

Il est alors donné en tête avec le candidat de Droit et justice (PiS) Lech Kaczyński et celui de l'Alliance de la gauche démocratique (SLD) Włodzimierz Cimoszewicz, qui se retire de la course le . Lors du scrutin législatif, où il postule de nouveau dans la circonscription de Gdańsk, il est réélu à la Diète avec 79 237 voix préférentielles, meilleur résultat de la circonscription et de la voïvodie. Au niveau national, PiS devance la PO de 22 députés, et finira par former un gouvernement minoritaire.

Au soir du premier tour, il domine L. Kaczyński en totalisant 5 429 666 voix, soit 36,33 % des suffrages exprimés. Il devance ainsi le candidat conservateur de 481 700 bulletins. Il réalise ses meilleurs résultats dans l'ouest du pays et reçoit le soutien du Parti démocrate (PD) et de la Social-démocratie de Pologne (SDPL).

Au cours de l'entre-deux-tours, le journaliste Jacek Kurski (en), député du PiS, écrit dans l'hebdomadaire Angora que Józef Tusk, grand-père de Donald, aurait combattu comme volontaire au sein de la Wehrmacht, ce que dément le candidat libéral. Il sera avéré plus tard que Józef Tusk n'avait pas intégré volontairement l'Armée allemande, mais avait été enrôlé en tant que citoyen allemand après l'annexion de la Ville libre de Dantzig par le Troisième Reich.

Le , Lech Kaczyński – qui a reçu l'appui d'Andrzej Lepper, arrivé troisième du premier tour – l'emporte avec 8 257 468 voix, soit 54,04 % des suffrages exprimés. Avec 7 022 319, Tusk est nettement distancé et recule même dans l'ouest de la Pologne.

Il reste alors président de la PO et du groupe parlementaire, abandonnant cette dernière fonction le à Bogdan Zdrojewski.

Président du Conseil des ministres[modifier | modifier le code]

Le président Lech Kaczyński et Donald Tusk, au palais présidentiel de Varsovie, le .

Le , après deux années chaotiques, la Diète vote sa dissolution et les élections parlementaires anticipées du 21 octobre 2007 sont convoquées. Tusk décide à cette occasion de se présenter dans la circonscription de Varsovie-I, pour concurrencer Jarosław Kaczyński, président du Conseil des ministres et frère jumeau du président de la République.

Le jour du scrutin, la PO atteint 41,5 % des suffrages exprimés à la Diète, ce qui correspond à 209 députés sur 460. Au Sénat, elle recueille 39,1 % des voix, soit 60 sièges sur 100. Tusk est lui-même réélu avec 534 241 votes préférentiels, le meilleur résultat de tout le pays, et devance J. Kaczyński de 260 600 suffrages favorables. Cette victoire reste cependant relative, puisqu'il manque 22 mandats aux libéraux pour avoir la majorité absolue à la chambre basse. Tusk se tourne alors vers le Parti paysan polonais (PSL) de Waldemar Pawlak, qui dispose de 31 députés.

Le , le président de la République Lech Kaczyński confie à Donald Tusk la mission de former le nouveau gouvernement polonais[5]. Une semaine plus tard, le , Donald Tusk et son premier gouvernement prêtent serment au palais présidentiel de Varsovie devant le président Kaczyński. Le 24 novembre, après avoir prononcé son discours de politique générale dans lequel il prône un « rétablissement de la confiance entre la société et le pouvoir » et le « retour de la Pologne au cœur de l'UE » comme il l'a promis au cours de la campagne, le nouveau chef du gouvernement remporte un vote de confiance par 238 voix sur 442 députés présents[6]. Cette équipe de dix-huit membres compte quatre ministres de moins que celle précédemment au pouvoir, dont cinq femmes et sept indépendants. Radosław Sikorski, ministre de la Défense sous la précédente mandature, devient ministre des Affaires étrangères.

Politique intérieure libérale[modifier | modifier le code]

La politique intérieure du gouvernement Tusk repose essentiellement sur une politique pro-européenne de libre-marché, l'adoption à long terme d'une gouvernance stable, une réduction d'impôts pour attirer des entreprises commerciales étrangères ainsi que des privatisations d'entreprises publiques.

Par ailleurs, la construction d'un vaste réseau routier national et les préparations du Championnat d'Europe de football 2012 ont été déclarées priorités gouvernementales.

Lors de la Grippe A (H1N1) de 2009, Tusk et son gouvernement prennent la décision de ne pas acheter de vaccins contre la pandémie, invoquant l'absence de tests de compagnies pharmaceutiques. Après ses propos qui ont déclenché une polémique, le président du Conseil des ministres critique les attaques dont il fait l'objet, affirmant que « l’empressement de certains pays semble être excessif et disproportionné à la situation réelle épidémiologique », se référant au taux de la pandémie, relativement faible. La décision du gouvernement Tusk provoqua la colère de plusieurs députés de l'opposition.

Le , le président du Conseil des ministres déclare qu'il souhaite interdire les jeux de hasard de façon partielle, sur Internet. L'opposition s'est déclarée contre ce projet, insinuant qu'une telle censure équivaudrait à surveiller les connexions Internet des citoyens.

Politique étrangère pro-européenne[modifier | modifier le code]

Donald Tusk, en compagnie du président de la Fédération de Russie, Dmitri Medvedev, en 2010.

La politique étrangère du gouvernement Donald Tusk vise à améliorer les relations avec les autres pays, gravement endommagées par le gouvernement précédent, eurosceptique, notamment avec l'Allemagne et la Russie. Après avoir critiqué les propos de la députée allemande Erika Steinbach, celle-ci ayant exprimé en février 2009 son opinion concernant l'expulsion des Allemands de Pologne après la Seconde Guerre mondiale, Donald Tusk a souligné la nécessité de relations chaleureuses avec Berlin.

S'agissant de la Russie, Tusk a plaidé pour une relation plus réaliste avec Moscou, en ce qui concerne notamment la politique énergétique.

Donald Tusk est également réputé pour son sens du dialogue au niveau international, et pour son désir de rapprochement avec les États-Unis. Il a, ainsi, rencontré à plusieurs reprises le président américain Barack Obama.

Donald Tusk a toujours soutenu l'intégration politique et économique de la Pologne au sein de l'Union européenne. C'est pourquoi il soutient activement le traité de Lisbonne, contrairement au président Lech Kaczyński, connu pour son euroscepticisme et ses positions nationalistes.

D'autre part, Tusk s'est prononcé en faveur de l'entrée de son pays dans la zone euro, d'ici à 2012, toujours contre l'avis du président Kaczyński. Finalement, l'objectif du gouvernement polonais est de faire entrer la Pologne dans la zone euro en 2015, « un but réaliste et pas trop ambitieux » a affirmé le président du Conseil des ministres polonais.

Donald Tusk, qui parle couramment l'allemand, s'est vu remettre en 2010 le prix Charlemagne de la ville d’Aix-la-Chapelle, le pour sa politique européenne et son « grand patriotisme européen ». Il a dédié ce prix à toutes les personnes décédées dans l'accident d'avion qui, le 10 avril 2010, avait coûté la vie à plusieurs dignitaires de l'État, dont le président polonais Lech Kaczyński et son épouse.

Volonté avortée de réformes constitutionnelles[modifier | modifier le code]

Peu après la nomination de Donald Tusk à la présidence du Conseil des ministres, en novembre 2007, les relations entre le président Lech Kaczyński et son chef de gouvernement ont souvent été conflictuelles, en raison de différentes idéologies politiques et le rôle constitutionnel de la présidence. Utilisant son droit de veto présidentiel, Lech Kaczyński a bloqué un bon nombre de projets de loi rédigés par le gouvernement Tusk, y compris la réforme des retraites, la réforme des plans de zones agricoles et urbaines, et la réforme de la télévision publique. Donald Tusk et Lech Kaczyński se sont également affrontés sur plusieurs sujets allant de l'homosexualité à l'Union européenne en passant par les questions constitutionnelles.

Donald Tusk a proposé plusieurs réformes de la Constitution polonaise. En 2009, il propose des modifications quant au rôle qu'occupe le président de la République, affirmant notamment que « le président ne devrait pas avoir droit de veto, de sorte à ne pas avoir de conflit au sein du pouvoir ».

Par ailleurs le gouvernement Tusk a proposé de faire passer le nombre de députés à la Diète de 460 à 300, avançant « des raisons économiques » mais aussi une volonté de réduire « le nombre excessifs de membres » des deux chambres du Parlement polonais. Quant au Sénat, le président du Conseil des ministres a proposé de supprimer la Chambre haute ou de faire passer le nombre de ses membres de 100 à 49, tout en faisant siéger les anciens présidents de la République pour leurs compétences et leur expertise à la tête de l'État. Par ailleurs, l'immunité parlementaire pour les députés et les sénateurs serait abrogée, sauf situation particulière. Le chef du gouvernement soutient par ailleurs l'idée de transférer le pouvoir exécutif au président du Conseil des ministres, dans l'idée de ne pas confondre les institutions et de ne déléguer qu'un seul représentant lors des sommets internationaux. L’opposition conservatrice critiqua vivement ces initiatives,

Soutien de Bronisław Komorowski[modifier | modifier le code]

Dans une interview accordée au quotidien britannique Financial Times, en janvier 2010, Tusk, répondant à une question concernant son éventuelle candidature à l'élection présidentielle polonaise prévue pour octobre, affirme qu'il ne compte pas être le candidat de la PO pour la présidence. « Je ne serai pas candidat pour la course au palais présidentiel » déclare le chef du gouvernement dans cet entretien, qui assure se consacrer pleinement à la présidence du Conseil jusqu'aux élections législatives de 2011[7],[8]. À la suite d'une primaire interne, le président de la Diète, Bronisław Komorowski, est désigné candidat de la Plate-forme civique face au ministre des Affaires étrangères, Radosław Sikorski.

Le , l'avion du président polonais Lech Kaczyński s'écrase à Smolensk en Russie. Komorowski est alors chargé de l'intérim. Donald Tusk lui apporte ensuite son soutien en vue de l'élection anticipée des 20 juin et 4 juillet, que le président par intérim remporte au second tour avec 53,01 % des voix contre 46,99 % à Jarosław Kaczyński, frère jumeau du chef de l'État défunt.

En octobre, la Plate-forme civique arrive en tête des élections locales avec 39,6 % des voix, et sa coalition gouvernementale décroche 56,2 % des suffrages. Ce scrutin était considéré comme le premier test depuis la présidentielle et avant les élections législatives de l'automne 2011[9],[10].

Seconde victoire aux élections parlementaires[modifier | modifier le code]

Lors des élections parlementaires du 9 octobre 2011, la PO arrive largement en tête, avec 39,18 % des voix, et sa coalition avec le PSL conserve la majorité absolue à la Diète. C'est la première fois depuis la fin du communisme, en 1989, qu'une majorité sortante est reconduite. Personnellement, Tusk est réélu avec un total de 374 920 suffrages de préférence, soit une avance de 172 700 bulletins de vote sur J. Kaczyński.

Le , le président de la République Bronisław Komorowski lui confie de nouveau la mission de former le gouvernement[11]. Il se présente dix jours plus tard avec une équipe de dix-neuf ministres, dont dix nouveaux, quatre femmes et six indépendants. Les principaux ministres sont ainsi reconduits, et l'ancien social-démocrate Bartosz Arłukowicz obtient le poste de ministre de la Santé.

À la fin du mois de , la PO connaît un important conflit entre sa tendance libérale et son aile conservatrice, au sujet du projet gouvernemental de partenariat enregistré[12]. Tusk pose alors un ultimatum aux conservateurs, emmenés par le ministre de la Justice Jarosław Gowin, dont il questionne le maintien au gouvernement[13], décidant finalement de le maintenir dans ses fonctions après deux entretiens avec lui[14]. Il annonce, finalement, la révocation du ministre Gowin, le 30 avril suivant. Le 6 mai, Marek Biernacki, un ancien ministre de l'Intérieur, se voit confier le portefeuille vacant de la Justice.

Scandale des écoutes illégales[modifier | modifier le code]

Le , l'hebdomadaire Wprost fait état d'un accord conclu, en 2011, entre le ministre de l'Intérieur, Bartłomiej Sienkiewicz, et le président de la Banque centrale, Marek Belka, celui-ci promettant de soutenir la politique économique du gouvernement de Donald Tusk si le président du Conseil se décidait à se séparer de son ministre des Finances, Jacek Rostowski[15] ; cet accord est révélé grâce à des enregistrements illégaux diffusés par l'hebdomadaire, qui à la suite de ces révélations, commence à subir des pressions judiciaires et policières.

C'est alors que Donald Tusk, suivi par le président Komorowski, déclare que si la crise de confiance née de ces événements devait s'avérer plus longue et plus forte, des élections législatives pourraient être convoquées de manière anticipée. Se soumettant à un vote de confiance le 25 juin, il l'emporte par 237 voix contre 203 à la Diète[16].

Président du Conseil européen[modifier | modifier le code]

Le 30 août 2014, Donald Tusk est désigné lors du sommet du Conseil européen de Bruxelles pour devenir le deuxième président du Conseil européen, succédant à Herman Van Rompuy[17]. Il remet sa démission de la direction du gouvernement polonais au président Bronisław Komorowski le 9 septembre suivant[18]. Il prend ses fonctions le .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le Polonais Donald Tusk, nouveau président du Conseil européen », sur Le Monde,‎ (consulté le 30 août 2014).
  2. (en) « Special meeting of the European Council », sur European Council,‎ (consulté le 1er septembre 2014)
  3. « Stratpol », sur Stratpol (consulté le 30 septembre 2015)
  4. (pl) « Zmarła matka Donalda Tuska », sur Newsweek.pl (consulté le 7 avril 2016)
  5. (fr) « Donald Tusk nommé Premier ministre », Le Soir,
  6. (fr) « POLITIQUE - Donald Tusk donne sa feuille de route », Le Petit Journal,
  7. (fr) « ELECTIONS : Pas de fauteuil présidentiel pour Donald Tusk », Le Petit Journal,
  8. (fr) « Pologne/présidentielle : Tusk y renonce », Le Figaro,
  9. (fr) « Pologne : les élections locales devraient conforter le Premier ministre », Radio France internationale,
  10. (fr) « Pologne : victoire des libéraux au pouvoir aux élections locales », AFP,
  11. (fr) « Pologne: Tusk chargé de former le nouveau gouvernement », Le Soir,
  12. (en) « Ruling party liberal and conservative wings at war over civil partnerships », The News of Poland, le
  13. (en) « Justice minister's fate to be decided Monday », The News of Poland,
  14. (en) « Justice minister remains in government after civil partnerships row », The News of Poland,
  15. (fr) « Scandale de trafic d’influence en Pologne », Euronews,
  16. (fr) « Pologne/Affaire des écoutes: vote de confiance », Le Figaro, le
  17. Piotr Smolar, « Donald Tusk, nouveau président du Conseil européen », sur le site lemonde.fr, 30 août 2014.
  18. (en) « PM Tusk tenders resignation », The News.pl, le

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]