Gouvernement intérimaire rwandais

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Le gouvernement intérimaire rwandais ou gouvernement Kambanda du nom du Premier ministre qui le dirigea Jean Kambanda, a été constitué le 9 avril 1994, trois jours après l'attentat du 6 avril 1994 qui a coûté la vie aux présidents rwandais Juvénal Habyarimana et burundais Cyprien Ntaryamira, et l'assassinat le lendemain 7 avril par la garde présidentielle de la Première ministre Agathe Uwilingiyimana. Ce gouvernement civil, constitué sous la houlette du chef de cabinet du ministre de la Défense, le colonel Théoneste Bagosora était sous l'influence directe du mouvement Hutu Power favorable au génocide des Tutsis rwandais. Il prend fin officiellement le 19 juillet 1994 suite à la victoire militaire du FPR et la mise place d'un gouvernement d'union nationale dirigé par Faustin Twagiramungu.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce gouvernement se disait « gouvernement des sauveurs » (« Abatabazi ») et conduisit le génocide tutsi du Rwanda[1]. Parallèlement, pendant toute cette période, bénéficiant de sa représentation comme membre élu au Conseil de sécurité de l'ONU, et du soutien de la France, il a cherché à développer une intense activité diplomatique, comprenant parfaitement que le FPR était en train de gagner la guerre militairement.

Ce gouvernement aurait chargé Paul Barril de plusieurs missions :

  • mettre sur pied l'opération insecticide (1994).
  • récupérer auprès d'un fournisseur d'armes français, Dominique Lemmonier, un trop-perçu sur des ventes d'armes non honorées (1995)[2].

Selon certaines sources[Lesquelles ?], à la fin du génocide, des membres en fuite de ce gouvernement auraient été accueillis dans les camps organisés par l'opération Turquoise et le Chef d'état major de son armée a été accueilli au sein même du camp de l'opération Turquoise[3][réf. insuffisante]. Le colonel Jacques Hogard commandant de la zone sud de l'Opération Turquoise, confirme de son côté avoir expulsé[réf. nécessaire] de la Zone Humanitaire Sûre deux membres de ce gouvernement qui se sont alors réfugiés au Zaïre [4]. Selon des sources[réf. nécessaire] présentées à la Commission d'enquête citoyenne[5], non confirmées, "des passeports français leur auraient ensuite été procurés par les autorités françaises", ce que ces autorités contestent.

17 des 21 membres de ce gouvernement ont été présentés au Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Son président, Théodore Sindikubwabo, exilé et mort au Congo, ne fut jamais arrêté ni jugé pour ses crimes génocidaires.

Le Premier ministre Jean Kambanda a quant à lui plaidé coupable de génocide devant le TPIR, suite à son arrestation au Togo où il s'était exilé.

Le rapport de la Mission d'information parlementaire française sur le Rwanda n'a pas reconnu le gouvernement intérimaire rwandais comme légitime.

Formation du gouvernement intérimaire[modifier | modifier le code]

Le gouvernement provisoire est formé à l'initiative de Théoneste Bagosora. Il entre en fonction le 9 avril 1994. Il était entièrement composé de Hutus et piloté par le mouvement extrémiste Hutu Power.

Composition du gouvernement intérimaire[modifier | modifier le code]

Fontion Nom Remarques Parti politique Lieu de naissance
Président de la République par intérim Théodore Sindikubwabo MRND Butare
Premier ministre Jean Kambanda MRND Butare
Ministre des Affaires étrangères Jérôme Bicamumpaka MRND Ruhengeri
Ministre de l'Intérieur Callixte Kalimanzira jusqu'au 25 mai 1994 MRND Kigali
Édouard Karemera à partir du 25 mai 1994 MRND Kibuye
Ministre de la Justice Agnès Ntamabyaliro Rutagwera Parti libéral Kibuye
Ministre de la Défense Augustin Bizimana MRND Byumba
Ministre de l'élevage, l'agriculture et des forêts Straton Nsabumukunzi Parti social-démocrate Butare
Ministre de l'éducation André Rwamakuba [6] MRND Kigali
Ministre de l'enseignement supérieur Daniel Mbangura jusqu'au 26 mai 1994 MRND Gikongoro
Jean de Dieu Kamuhanda à partir du 26 mai 1994 MRND Kigali
Ministre des finances Emmanuel Ndindabahizi [7] Parti social-démocrate Kibuye
Ministre de la Fonction publique Prosper Mugiraneza Parti social-démocrate Kibungo
Ministre des renseignements Éliézer Niyitegeka MRND Kibuye
Ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat Justin Mugenzi [8] Parti libéral Kibungo
Ministre de la planification Augustin Ngirabatware MRND Gisenyi
Ministre de la santé Casimir Bizimungu MRND Ruhengeri
Ministre des Transports et des communications André Ntagerura MRND Ruhengeri
Ministre du Travail et des Affaires sociales Jean-de-Dieu Habineza Parti libéral Gisenyi
Ministre des Travaux publics et de l'énergie Hyacinthe Nsengiyumva Rafiki [9] Parti social-démocrate Gisenyi
Ministre du Tourisme et de l'Environnement Gaspard Ruhumuliza [10] Parti démocrate-chrétien Gitarama
Ministre de la famille et les conditions des femmes Pauline Nyiramasuhuko MRND Ndora
Ministre de la Jeunesse Callixte Nzabonimana MRND Gitarama

[11],[12]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir décisions du Tribunal Pénal International concernant plus de la moitié de ses anciens ministres dont le premier, Jean Kambanda, et les rapports sur le Rwanda d'African Rights, des sénateurs belges, des députés français, de l'ONU, de HRW et de la FIDH, de l'OUA, de la Commission d'enquête citoyenne française Accès à tous ces rapports
  2. Patrick de Saint-Exupéry, L'inavouable, la France au Rwanda, Les Arènes (2004) (ISBN 2-912485-70-3), p.171-172.
  3. Général Dallaire - J'ai serré la main du diable
  4. Jacques Hogard, Les larmes de l'honneur
  5. organisée par plusieurs associations françaises dont Survie
  6. André Rwamakuba: [1]
  7. Emmanuel Ndindabahizi (* 1950): [2]
  8. Justin Mugenzi: [3]
  9. Hyacinthe Nsengiyumva Rafiki [4]
  10. Gaspard Ruhumuliza: [5], August 31, 2007, Rwanda urges Canada to extradite 'genocide masterminds'
  11. GOUVERNEMENTS, REPRESENTATION POLITIQUE, PRINCIPAUX CORPSD'ETAT, INSTITUTIONS DE LA SOCIETE CIVILE, RWANDA
  12. The Interim Government - Established on 8 April 1994 (PDF; 121 kB)