Pierre Pucheu

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Pierre Pucheu
Illustration.
Pierre Pucheu en 1941.
Fonctions
Secrétaire d'État à l'Intérieur puis ministre de l'Intérieur (à partir du )

(9 mois)
Chef de l'État Philippe Pétain
Gouvernement Darlan
Prédécesseur François Darlan
Successeur Pierre Laval
Secrétaire d'État à la Production industrielle

(4 mois et 23 jours)
Chef de l'État Philippe Pétain
Gouvernement Darlan
Prédécesseur René Belin
Successeur François Lehideux
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Beaumont-sur-Oise (France)
Date de décès (à 44 ans)
Lieu de décès Hussein-Dey (Algérie)
Nationalité Française
Diplômé de École normale supérieure
Ministres de l'Intérieur

Pierre Pucheu, né le à Beaumont-sur-Oise (Seine-et-Oise[1]) et fusillé le à Hussein-Dey (Algérie), est un industriel et homme politique français. Il a été secrétaire d'État puis ministre de l'Intérieur du gouvernement de Vichy de à [2].

Les origines[modifier | modifier le code]

Issu d'un milieu populaire, de souche béarnaise, boursier, Pierre Pucheu est reçu au concours de l'École normale supérieure. Dès l'âge de vingt-cinq ans, ce « normalien aux allures de polytechnicien »[3] quitte le monde des lettres pour rejoindre celui de l'industrie où sa carrière le conduit successivement aux Fonderies de Pont-à-Mousson (aujourd'hui Saint-Gobain), puis au Comptoir sidérurgique de France où il coordonne les exportations des sidérurgistes français dans toute l'Europe. A ce poste il supervise le financement de plusieurs groupes fascistes avec de l'argent venu essentiellement du Comité des forges.

En 1934, il adhère aux Volontaires Nationaux, liés aux Croix-de-feu du colonel de La Rocque, dont il démissionne à l'été 1935, après le rejet de son rapport « Vers une économie nouvelle » dans lequel il renvoyait dos-à-dos capitalisme et communisme, et plaidait « pour une troisième voie où les travailleurs et les syndicats seraient associés aux processus de décision »[4]. Il rejoint ensuite le Parti populaire français (PPF) que vient de créer Jacques Doriot, où il siège au bureau politique. Il en démissionne à l'automne 1938, reprochant à Doriot son approbation des accords de Munich et sa perception de fonds occultes en provenance du gouvernement fasciste italien[5]. Sa critique ne mentionne pas les fonds venus d'Allemagne.

Il s'éloigne alors provisoirement de la vie politique pour prendre en 1939 la direction des établissements Japy, dépendant du groupe Worms. Il est par ailleurs président du Comptoir sidérurgique de France. Fin 1940 il devient président du Comité d'organisation des machines de bureau, puis de celui des industries mécaniques, chargé des contacts avec les services officiels allemands[réf. nécessaire].

Ministre du gouvernement de Vichy[modifier | modifier le code]

Pucheu fait son entrée dans le gouvernement de l'amiral Darlan le en compagnie de plusieurs autres « technocrates » (François Lehideux, Jacques Barnaud), proches de la banque Worms. Nommé secrétaire d'État à la Production industrielle, « son patriotisme, écrit Robert Aron, apparaît dans le soin qu'il met à freiner l'exécution des commandes de la Wehrmacht »[6]. Il manifeste également son hostilité à l'égard de l'Allemagne en s'opposant à la signature des protocoles de Paris dans lesquels l'amiral Darlan acceptait de consentir en Afrique une aide militaire aux Allemands[7].

Selon d'autres sources, au contraire, Darlan pouvait compter sur Pucheu et sur ceux qui comme lui étaient les plus déterminés à une collaboration active avec l'Allemagne. Déjà avant guerre, comme agent du cartel sidérurgique, il s'était efforcé de promouvoir une coopération entre les industries lourdes allemandes et françaises. Il n'était pas seulement enclin, mais aussi déterminé à rejoindre l'ennemi. À la Production industrielle, il supervisa l'envoi en Allemagne de produits manufacturés[8], mais il servit aussi d'intermédiaire (comme Bichelonne) en vue du transfert sous propriété ou contrôle allemand d'usines françaises. Il en aurait personnellement tiré un bénéfice substantiel et renforcé ses propres affaires[9].

Son ambition le pousse à accepter de nouvelles fonctions. « Je ne porte intérêt dans la vie qu'aux extrêmes, déclare-t-il un jour à l'ambassadeur de Suisse. Je finirai au plus haut ou au plus bas, ou bien de mort violente. Pour moi, il n'y a pas d'autre issue »[10]. Le , il est nommé secrétaire d'Etat à l'Intérieur, puis promu ministre à ce poste le . Il est immédiatement confronté aux attentats perpétrés contre des militaires allemands par les communistes, entrés en résistance après la rupture du pacte germano-soviétique le . Le premier attentat, au cours duquel le colonel Fabien tue l'aspirant Moser sur le quai du métro Barbès, a lieu le . Pour éviter les représailles annoncées par les Allemands, Pucheu assume la création de la section spéciale de la cour d'appel de Paris et du tribunal d'État qui condamne à mort six militants communistes en vertu d'une loi rétroactive, pour des faits qui, au temps où ils avaient été commis, n'auraient été passibles que de cinq années de prison. Il avait créé par arrêté du un service de police anti-communiste. Les Allemands le considéraient comme l'homme le plus sûr[11]. Il est le ministre anticommuniste, celui dont la fonction est de rassurer l'occupant sur la sécurité alors qu'il est en train d'attaquer vers l'est et que la France possède, au moins potentiellement, le plus fort parti communiste en dehors de l'URSS et de la Chine.

Fin octobre, en représailles à l'assassinat, à Nantes, du lieutenant-colonel Holtz, chef de la Kommandantur, les Allemands décident de fusiller 100 otages, 50 immédiatement, 50 si les auteurs de l'attentat ne sont pas découverts dans les 48 heures. Pucheu intervient alors pour « obtenir des Allemands qu'ils choisissent de préférence des militants communistes avérés »[12]. Contrairement à une légende tenace, il ne fournit pour autant aucune liste aux Allemands (une liste de 61 noms est néanmoins fournie par l'un de ses conseillers, Pierre Chassagne, à son initiative personnelle[13], liste sur laquelle les Allemands retiennent 17 noms) et ne porte aucune responsabilité dans la désignation par les Allemands de Guy Môquet parmi les 48 otages qui seront fusillés (dont 27 communistes). Usant habilement de la menace brandie par Pétain de se présenter sur la ligne de démarcation pour s'offrir en otage si de nouveaux otages devaient être exécutés[14], il parvient à éviter le reste des exécutions prévues. « Indubitablement, son action gouvernementale a réduit le nombre des victimes, constate Robert Aron. D'où vient alors que, malgré ces résultats chiffrables et démontrables, Pucheu ait pu prêter à de telles équivoques ? C'est que, de formation industrielle, il apporte dans la politique et le maniement des hommes le même esprit géométrique et la même technocratie. Son tort n'est pas d'avoir fait couler plus de sang français, puisque, au contraire, grâce à lui, il y a eu moins de morts. Mais sa faute est d'avoir fait porter une sorte de calcul statistique sur ce qui ne peut pas être chiffré : la vie et la mort des hommes à qui l'on est uni par les liens de la communauté nationale. La faute de Pucheu ainsi n'est pas tellement politique que morale ou métaphysique »[15].

Pour éviter la multiplication des attentats - attentats condamnés par de Gaulle qui, tout en saluant les « courageux garçons » qui les commettent, les juge inopportuns - et d'autres prises d'otages suivies d'exécutions et, à compter du mois de , éviter la déportation de Juifs (743 Juifs, la plupart de nationalité française, sont arrêtés le par la police allemande en représailles à cinq attentats survenus entre le 2 et le ), Pucheu en traque impitoyablement les auteurs. La police parvient notamment à arrêter sept membres du groupe responsable de l'attentat de Nantes, qui sont remis au tribunal militaire allemand (compétent pour juger les auteurs d'actes portant atteinte aux troupes d'occupation), jugés au Palais Bourbon le , condamnés à mort et fusillés (il en ira de même pour 27 des membres du groupe responsable de l'attentat au cours duquel, le 1er mars, est tuée une sentinelle allemande, jugés en à la Maison de la Chimie). Pucheu devient alors la « bête noire » des communistes, qui voient en lui le bras armé de la répression allemande.

Dans le même temps pourtant, en zone libre, il traque tout aussi impitoyablement les espions allemands ou les Français travaillant pour les Allemands, arrêtés par la Surveillance du territoire dirigée par son adjoint, le commandant Henri Rollin, sur les informations données par les services de contre-espionnage du colonel Paul Paillole (637 agents allemands sont arrêtés en zone libre ou en Afrique du Nord sous son ministère, donnant lieu à 119 condamnations à mort prononcées par les tribunaux militaires de la zone libre ou de l'AFN, dont 37 sont suivies d'exécutions)[16]. De même, il « fait tout pour torpiller la Légion des Volontaires Français »[17], qui recrute des Français pour aller se battre aux côtés des Allemands sur le front russe et interdit les réunions du PPF de Doriot et de la LVF (en zone libre). De même encore, il tente (vainement) en janvier et de tisser des liens avec la résistance non communiste, et notamment les réseaux Alliance et Combat. Il ne s'agissait nullement pour lui de passer à la Résistance, bien au contraire. Dès 1942, il cherchait des contacts avec les Américains. Jouhaux, arrêté en , fut traité avec brutalité la première semaine de son incarcération à Vals-les-Bains. Pucheu le fit libérer. Diethelm fait état de contact entre lui et les milieux gaullistes (contact avec le réseau combat). Il se montra sensible aux vues américaines sur le Maghreb où il fit un voyage en . Le 7, à Alger, il y loua la politique du maréchal d'intégration à l'Europe (les infiltrations américaines étaient déjà notoires). Ce qui lui vaudra d'être refusé dans l'équipe Laval sur ordre des Allemands qui désormais voyaient en lui un agent américain.

Après son départ du gouvernement[modifier | modifier le code]

Pucheu quitte le gouvernement au retour de Laval, le . Loin de cesser ses activités politiques, il rédige courant septembre un rapport à l'attention du maréchal Pétain dans lequel il fustige « la politique inutilement humiliante » conduite par Laval depuis son retour au pouvoir. « L'effort de guerre du Reich, écrit-il, ne connaîtra plus d'ici peu que les lois aveugles de la nécessité. Devant les exigences illimitées où il sera progressivement conduit à notre égard, un gouvernement français résigné à plier prendra chaque jour davantage, devant son propre pays et devant le reste du monde, l'apparence et la réalité d'un gouvernement au service de l'étranger ». Il invite Pétain à « négocier dans le secret avec les Alliés » pour déterminer avec eux la date de leur débarquement en Afrique française du Nord, débarquement qu'il juge imminent, de manière à « préparer une opération aéronavale de grande envergure sur Toulon pour permettre à la flotte française de se dégager avec un minimum de risques ». Début octobre, il se rend à Vichy pour adjurer Pétain de partir pour Alger le moment venu afin d'y appeler et d'y accueillir les forces anglo-américaines et faire rentrer la France dans la guerre à leurs côtés[18]. « Le Maréchal, écrit-il, fut littéralement affolé par mon exposé. Il souligna d'abord qu'il se considérait comme engagé d'honneur, vis-à-vis du peuple français, à ne quitter en aucun cas le sol de la patrie et à rester solidaire du sort matériel des quarante millions de Français qui ne pourraient pas partir de la métropole. (...) Je compris nettement que ce grand vieillard reculait avec épouvante devant l'appel de l'action. Son grand âge, le côté temporisateur de son caractère qui l'avait conduit de tout temps vers les batailles défensives plutôt que vers les opérations d'assaut, le portaient irrésistiblement vers la solution d'attente. D'autre part, l'action quotidienne, habile, persistante de Laval qui le voyait chaque jour plusieurs heures depuis quelques mois contribuait à lui dissimuler l'évolution des événements et la nécessité d'agir »[19]. Il tente ensuite sa chance auprès de l'amiral Darlan qui ne croit pas à l'imminence d'un débarquement américain sur les plages d'Afrique et renvoie l'examen de sa proposition au printemps suivant ... Pucheu prend alors contact avec le général Giraud, qui s'est évadé fin avril de la forteresse où il était détenu en Allemagne et s'est retiré dans la région lyonnaise. Giraud est en contact avec les Alliés. Il sait, lui, que les préparatifs américains en vue d'un débarquement en Afrique du Nord sont en cours. Il ne cache pas à Pucheu être déterminé à partir pour Alger lorsque ces événements surviendront pour y prendre la direction des opérations et l'invite à l'y rejoindre.

Le , les Alliés débarquent en Afrique du Nord. Un sous-marin britannique vient chercher Giraud au Lavandou pour l'y conduire. Le , Pucheu franchit clandestinement la frontière espagnole. Le , les Allemands envahissent la zone libre. La flotte française est contrainte de se saborder à Toulon, le , pour ne pas tomber aux mains des Allemands. Cette erreur fatale et dramatique incombe à l'amiral de Laborde qui à refusé d'obéir à l'amiral Darlan lorsque celui ci lui a donné l'ordre d'appareiller pour le rallier en Afrique du nord. L'amiral de Laborde considérant que Darlan avait trahi en choisissant le camp des alliés, il n'avait donc pas à obéir à un ordre de lui.

L'Afrique du Nord[modifier | modifier le code]

Dès son arrivée à Madrid, Pucheu contacte Giraud et propose de prendre un poste dans l'armée correspondant à son grade de capitaine de réserve. « Si j'ai quitté la France, c'est pour servir, écrit-il. Ma seule ambition est de pouvoir rentrer sur le sol national sous l'uniforme avec le premier corps de débarquement »[20] Mais, pour des raisons indépendantes de sa volonté, son passage en Afrique du Nord ne peut s'effectuer dans des délais rapides... Il ne peut embarquer que début mai à destination du Maroc avec, dans sa poche, une lettre du général Giraud, reçue en mars, dans laquelle était écrit : « Mon cher ami, votre venue se heurte à des difficultés que je préfère, en toute amitié, vous exposer nettement. Vous avez appartenu au gouvernement de Vichy et, à tort ou à raison, accumulé contre vous beaucoup d'inimitiés de la part des éléments qui, en France, entendaient résister à l'Allemand. […] C'est un fait que je regrette, mais vous ne pouvez l'ignorer. Par ailleurs, j'estime que pour mener actuellement la lutte contre l'ennemi, toutes les bonnes volontés doivent être utilisées. Je suis donc tout prêt à vous accueillir et à vous donner une place dans une unité combattante sous réserve que vous ne ferez aucune politique. Je vous demande de passer ici sous un nom d'emprunt pour éviter tout incident. Avec de la persévérance, nous réussirons. À bientôt j'espère, avec l'assurance de mes plus cordiaux sentiments. Henri Giraud »[21].

C'est avec confiance qu'il embarque en conséquence à Setúbal (Portugal) sur le Sidi Brahim, navire qui doit le conduire en compagnie de 900 autres « évadés de France » en Afrique du Nord. Il débarque à Casablanca le . Mais à Alger, le rapport des forces entre Giraud, les gaullistes et les communistes a changé. Pucheu ayant été reconnu à bord du Sidi Brahim, ces derniers sont informés de sa présence. Ils réclament aussitôt son arrestation, son jugement et sa tête. Giraud le lâche piteusement, arguant que l'anonymat dans lequel Pucheu devait se rendre en Afrique du Nord n'a pas été respecté... Pucheu est arrêté et transféré à Alger. Une instruction est ouverte. Une campagne de presse d'une rare violence est lancée contre lui et c'est dans une atmosphère d'arène que s'ouvre son procès le .

Procès[modifier | modifier le code]

Le procès se déroule devant une juridiction d'exception nommée « tribunal d'armée à compétence particulière », composée de trois généraux et de deux magistrats choisis directement par de Gaulle et le commissaire à la guerre du Comité français de libération nationale (CFLN), André Le Troquer. Le colonel Passy, chef des services secrets de la France libre, écrira à ce sujet : « De Gaulle m'a dit : “Pucheu sera condamné, vous avez vu ses juges, ils attendent une étoile de plus, ils l'auront” »[22].

Dans ce procès, où la quasi-totalité des témoins, dont les avocats de Pucheu, ayant demandé l'audition au juge d'instruction, n'ont pas été entendus[23], Pucheu se défend pourtant pied à pied. « Il domine totalement les débats », note le correspondant du Sunday Express[24]. « Éloquent, athlétique, courageux, il est ce qu'on appelle un chef », écrit Jean Lacouture[25].

Après cinq jours d'audience, les juges se retirent pour délibérer. Le matin même, La Marseillaise a titré à leur intention : « Le devoir est d'être implacable. Pucheu a trahi. Cette tête doit tomber ». Moins d'une heure plus tard, le verdict est rendu. Pucheu est condamné à mort. Le colonel Passy commentera ainsi la sentence : « Je sortis [de la salle d'audience] écœuré et, pour la première fois depuis les jours sombres de juin 1940, plein d'une folle anxiété. Ce jour-là en effet, je sentis que les espoirs que la plupart d'entre nous avaient conçus, au sein des Forces françaises libres, seraient brutalement déçus. Je réalisai pleinement, d'un seul coup, comme par une gifle étourdissante, que ce monde meilleur, rénové par la souffrance et le combat en commun, auquel nous avions rêvé, était mort avant que d'éclore. »[26]

Les juges expriment cependant le vœu que la sentence ne soit pas exécutée. Plusieurs démarches (dont celle du général Giraud) sont effectuées en ce sens auprès du général de Gaulle. Recevant en dernier lieu les avocats du condamné venus lui demander la grâce, de Gaulle leur dit : « Je garde mon estime à monsieur Pucheu ; faites lui savoir que je suis persuadé que ses intentions étaient bonnes, qu'il était sincère. Mais dans la période où nous vivons, nos personnes ne comptent pas, notre seul guide doit être la raison d'État. »

Le , Pucheu est fusillé sur l'hippodrome d'Alger. Il exige de commander lui-même le peloton d'exécution, ce qui lui est accordé, comme cela l'avait été au Maréchal Ney. « Mort superbe et ressemblante, commente Alfred Fabre-Luce. Tant qu'il reste un souffle de vie, rien n'est jamais fini. Tel est le message de Pucheu. Car ses derniers gestes reprennent et magnifient les grands thèmes de sa vie. Quand, face au peloton, il commande le feu, il est, comme dans son bureau de ministre, le chef qui prend pour lui les responsabilités. La mort, qui nous saisit d'ordinaire au plus bas de notre courbe, le fixe à ce sommet. Ce chef sans éloquence, cet homme sans poésie ébranle pour la première fois les imaginations. »[27]

Le refus de De Gaulle de le gracier fut sans doute aussi lié aux mauvaises relations entre De Gaulle et les Américains (crainte du projet AMGOT) ; le BCRA était parfaitement informé que Pucheu était un pion des Anglo-Saxons. De Gaulle lève définitivement par là l'hypothèque Giraud qui avait succédé à Weygand dans les plans américains.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Dans le film Section spéciale, son rôle est interprété par Michael Lonsdale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans le Val-d'Oise depuis 1968.
  2. « L'épuration », dans Historia, hors série no 41, 1975.
  3. Alfred Fabre-Luce, Journal de la France 1939-1944, Fayard, 1969, p. 585.
  4. Gilles Antonowicz, L'Enigme Pierre Pucheu, Nouveau monde, 2018, p. 30.
  5. Victor Barthélemy, Du Communisme eu fascisme,Albin Michel, p. 141, et Claude Popelin, Arènes politiques, Fayard, 1974, p. 127.
  6. Robert Aron, Histoire de Vichy, Fayard, 1954, p. 387.
  7. Gilles Antonowicz, L’Énigme Pierre Pucheu, op. cit. pp. 75-80.
  8. Pour plus de détail voir « La contribution économique de l'Afrique du Nord française à l'Axe » (département de la guerre économique, section du blocus et du ravitaillement), Rapport 12 septembre 1942.
  9. (en) William Langer, Our Vichy Gamble, New York, Alfred Knoff, , p. 168.
  10. Walter Stucki, La Fin du régime de Vichy, La Baconnière, 1947.
  11. Archives OSS rapport « Portrait d'un collaborationniste à double sens », 23 juillet 1943.
  12. Mémoire du capitaine Beigbeder au général de Gaulle, 21/07/1943, cité par Gilles Antonowicz, L’Énigme Pierre Pucheu, op. cit. p. 175.
  13. Gilles Antonowicz, L’Énigme Pierre Pucheu, op. cit. p. 213.
  14. Gilles Antonowicz, L’Énigme Pierre Pucheu, op. cit. p. 209.
  15. Robert Aron, Histoire de Vichy, Fayard, 1954, p. 388.
  16. Gilles Antonowicz, L’Énigme Pierre Pucheu, op. cit. pp. 100-117 et 417 et Simon Kitson, Vichy et la chasse aux espions nazis, Autrement, 2005.
  17. Angelo Tasca, Denis Peschanski, Quaderni e documenti inediti, 1988, p. 617.
  18. Gilles Antonowicz, L’Énigme Pierre Pucheu, op. cit. pp. 307-314.
  19. Pierre Pucheu, Ma Vie, Amiot-Dumont, 1948.
  20. Lettre au général Bergeret du 16 février 1943, citée par Gilles Antonowicz, L’Énigme Pucheu, p. 319.
  21. Cité par Gilles Antonowicz, L’Énigme Pucheu, p. 320.
  22. Entretien Tournoux-Passy, fonds Tournoux, Archives Nationales 492 AP 13.
  23. Gilles Antonowicz, L’Énigme Pucheu, p. 338.
  24. Sundau Express, 12/03/1944.
  25. De Gaulle, vol. 1, Le Rebelle, Seuil, 1990.
  26. La Semaine économique, politique, financière, , p. 2.
  27. Alfred Fabre-Luce, Journal de la France, op. cit. pp. 585-597.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Pucheu, Ma vie, Amiot-Dumont, Paris (écrit en 1944, paru en 1948).
  • Paul Buttin, Le Procès Pucheu, Amiot-Dumont, 1948.
  • Général Schmitt, Toute la vérité sur le procès Pucheu, Plon, 1963.
  • Fred Kupferman, Le Procès de Vichy – Pucheu, Pétain, Laval, éd. Complexe, Bruxelles, 1982 ; rééd. 2006.
  • Roger Maudhuy, Les Grands procès de la Collaboration, Lucien Souny, 2009, 378 p. (ISBN 978-2848862286).
  • Roger Maudhuy, Les Procès de la collaboration, Ixelles éd., Bruxelles, 2011, 410 p. (ISBN 978-2875151193).
  • Gilles Antonowicz, L’Énigme Pierre Pucheu, éd. Nouveau Monde, Paris, 2018.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]