Léon Faucher

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Léon Faucher
Caricature de Léon Faucher.
Caricature de Léon Faucher.
Fonctions
31e chef du gouvernement français de facto[1]
et Ministre de l'intérieur

(6 mois et 16 jours)
Gouvernement Faucher
Législature Assemblée législative
Prédécesseur Alphonse Henri d'Hautpoul (de facto)
Successeur Louis-Napoléon Bonaparte (de facto)
Émile Ollivier, le 2 janvier 1870
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Limoges, Haute-Vienne (France)
Date de décès (à 51 ans)
Lieu de décès Marseille, France
Nationalité française
Parti politique Parti de l'Ordre
Profession Économiste
Chef du gouvernement de facto

Léonard Joseph Léon Faucher, né le 8 septembre 1803 à Limoges et mort le 14 décembre 1854 à Marseille, est un journaliste, économiste et homme politique français. Député de la Marne (1847-1851), il est, sous la IIe République, ministre des travaux publics (1848) puis ministre de l'Intérieur (1848-1849) (Gouvernement Odilon Barrot (1)) avant de devenir chef de facto du gouvernement d'avril 1851 à octobre 1851 sous la présidence de Louis Napoléon Bonaparte.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tombe de Léon Faucher (cimetière du Père Lachaise, division 26)

Léon Faucher est issu d'une famille sans fortune. Agrégé de philosophie en 1827[2], il débute comme précepteur dans la famille Dailly, avec qui il est resté ami par la suite.

Engagement citoyen[modifier | modifier le code]

Engagé d'abord au côté de la gauche royaliste, il se lance dans le journalisme militant au côté des libéraux après la révolution de 1830[2]. Il écrit d'abord des articles dans le Temps (1830-1833) puis devient rédacteur en chef du Constitutionnel avant de rejoindre le Courrier français, dont il est le rédacteur en chef de 1839 à 1842[2]. Après avoir quitté le Courrier français, il s’intéresse surtout à l’économie et défend le principe de la liberté de commerce, prônant notamment la constitution d’une union douanière d'abord entre pays latins puis entre la France et la Belgique pour faire face au le Zollverein[2].

En 1845, il publie, dans la Revue des deux Mondes, une étude en 2 volumes sur le système social anglais[2].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Partisan affirmé du libre échange économique, il est élu député de Reims en 1846 et siège parmi les réformistes. Après la chute du roi Louis-Philippe 1er, il siège à l’Assemblée constituante où il s’oppose à plusieurs propositions des députés républicains concernant la limitation du temps de travail ou l'abolition de la peine de mort.

Sous la IIe République, ce républicain du lendemain est appelé, après l'élection de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République (décembre 1848), au ministère des travaux publics le 20 décembre 1848 puis à celui de l'Intérieur (28 décembre 1848). A cette fonction, il réprime énergiquement le désordre, mais est censuré par l’Assemblée à la suite de la découverte d’une circulaire adressée par lui aux préfets afin d'infléchir le résultat des futures élections, et il démissionne en mai 1849.

Il redevient ministre de l'intérieur le 10 avril 1851 tout en étant le principal ministre et chef de facto d'un gouvernement de compromis, constitué entre bonapartistes et monarchistes du Parti de l'Ordre. Le but du président de la République, Louis Napoléon Bonaparte, est alors de rallier le vote conservateur à une modification de la loi électorale pour réinstaurer le suffrage universel masculin[3] mais c'est un échec. Léon Faucher est d'ailleurs lui-même hostile à l'abrogation de la loi électorale du 31 mai 1850 dont il avait été le rapporteur devant l'assemblée nationale, un an auparavant. C'est aussi durant sous son gouvernement que l'assemblée nationale débat une proposition de loi visant à réviser la constitution et rendre rééligible le président de la République. Bien qu'obtenant une majorité de 446 voix en sa faveur contre 278 voix, la révision constitutionnelle n'est pas adoptée, faute d'avoir obtenue plus des trois-quart des suffrages des députés, seuil exigé par la constitution.

Si les rumeurs de coup d'État fomenté par l'Assemblée ou par Louis-Napoléon avaient commencé à circuler au début de l'année 1851, c'est à partir de l'échec de la révision constitutionnelle que la certitude d'une épreuve de force, dont l'initiative partirait de l'Élysée, s'impose dans le grand public[4]. Les initiés sont cependant peu nombreux et ne comptent pas Faucher parmi eux. Dans une dernière tentative, Louis-Napoléon tente d'obtenir de nouveau de l'Assemblée nationale le rétablissement du suffrage universel et l'abrogation de la loi électorale de 1850[5]. Léon Faucher, qui refuse de soutenir l'initiative présidentielle, démissionne le 12 octobre suivi des autres ministres du gouvernement. Un nouveau cabinet est formé le 27 octobre puis la proposition d'abrogation de la loi électorale déposée à l'Assemblée. Elle est une fois de plus rejetée le 12 novembre[6].

Après le coup d’État du 2 décembre 1851, Faucher refuse de siéger dans la commission consultative chargée de discuter une nouvelle Constitution et mise en place par le prince-président afin de remplacer l'Assemblée dissoute et le conseil d'État. Il se retire dès lors de la vie politique.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Admis dès 1849 à l'Académie des sciences morales et politiques, il se consacre dès lors exclusivement aux études économiques. Au retour d'une cure en Italie en 1854, il meurt de la fièvre typhoïde à Marseille. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (26e division)[7].

Postérité[modifier | modifier le code]

Après sa mort, sa veuve fait en son nom un don de 20 000 francs à l'Académie des sciences morales et politiques, destiné à fonder un prix annuel d'économie politique, et un autre à la Faculté de médecine de Paris pour quatre bourses de thèse[8]  ; Louis Wolowski, éditeur de la Revue de Jurisprudence, publie ses écrits sous le titre de Mélanges d'économie politique et de finances (1856).

Les papiers personnels de Léon Faucher sont conservés aux Archives nationales sous la cote 43AP [9]

Famille[modifier | modifier le code]

En 1837, Léon Faucher épouse Alexandra (aussi appelée Alexandrine) Wolowska (1812-1905)[10], fille de François Wolowski, juriste polonais exilé en France, et sœur de l'économiste Louis Wolowski.

Il est par ailleurs le cousin germain du trisaïeul de François Mitterrand.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Léon Faucher, De la réforme des prisons, Paris, Angé, 1838

Décorations[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il n'a jamais porté le titre de président du Conseil mais son rôle peut s'apparenter à celui d'un Premier ministre.
  2. a, b, c, d et e Biographie, Académie des sciences morales et politiques
  3. Pierre Milza, Napoléon III, Perrin, 2006, p. 237-238.
  4. Pierre Milza, Napoléon III, Perrin, 2006, p 240
  5. Louis Girard, Napoléon III, Fayard, 1986. Réédition : 2002, p. 139.
  6. Alain Decaux et André Castelot (dir.), Dictionnaire d'histoire de France, Librairie académique Perrin, 1981, p. 279.
  7. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier,‎ (lire en ligne), p. 150
  8. Cf. Gallica : La Faculté de Médecine de Paris est autorisée à accepter la donation que lui a faite Mme Alexandra-Vincentine-Sophie Wolowska, veuve Léon Faucher, d'une rente de 1,200 fr., dont les arrérages seront employés, chaque année, à acquitter les frais de scolarité, d'examen et de diplôme, ainsi que les frais d'impression de la thèse de deux étudiants français et de deux étudiants polonais. (extrait du Journal des Débats)
  9. https://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/pog/consultationPogN3.action?nopId=c614y13tqvy--1rr7s5wfyiaaz&pogId=FRAN_POG_06&search=
  10. Cf. le site Calames ; Alexandra a été élève de Chopin et est dédicataire de sa Mazurka, opus 7/1.