Fouad Ali Saleh

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Fouad Ali Saleh
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (59 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité

Fouad Ali Saleh, né à Paris le de parents tunisiens, est un terroriste islamiste de nationalité tunisienne considéré comme l'organisateur du réseau logistique de la mouvance chiite intégriste du Hezbollah en France, responsable de la vague d'attentats commis entre et le à Paris[1],[2],[3]. Ces attentats sont revendiqués sous le nom de « Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient » (CSPPA) dans le but d'obtenir la libération des trois terroristes détenus en France : Anis Naccache (réseau iranien), Georges Ibrahim Abdallah (réseau libanais FARL) et Varadjian Garbidjan (réseau arménien Asala)[4].

Liste des attentats perpétrés par le groupe Fouad Ali Saleh[modifier | modifier le code]

La procédure criminelle instruite par le juge anti-terroriste Gilles Boulouque a conduit à la condamnation par la cour d'assises de Paris de neuf individus, dont cinq par contumace à la réclusion criminelle dite à perpétuité pour quatorze attentats et tentatives d'attentats perpétrés en France. Le bilan humain de ces attentats est de quatorze morts et 303 blessés[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Islamiste sunnite converti au chiisme, Fouad Ali Saleh est formé à l'Université théologique de Qom, la ville sainte iranienne, sous la férule de Rouhollah Khomeini de février 1981 à juin 1982[6]. Il possédait une idéologie qui voyait les juifs et les chrétiens comme des ennemis[7]. Recruté par le Hezbollah libanais, « Ali le Tunisien » apprend à manipuler les explosifs et constitue un réseau qui lui permet d'importer illégalement en France du nitrate de méthyle, alors utilisé comme munition dans le domaine militaire, et dont le composé pré-conditionné signera la marque de fabrique commune aux attentats perpétrés sur le sol français. Fouad Ali Saleh choisit lui-même les cibles des attentats, reçoit en personne les poseurs de bombe envoyés depuis le Liban par le Hezbollah[4]. Il recrute également des individus peu soupçonnables directement sur le sol français qui fréquentent comme lui la mosquée Omar, sise Rue Jean-Pierre Timbaud dans le 11e arrondissement de Paris[8].

Dénoncé par un complice en échange d'une somme d'argent conséquente[4], Fouad Ali Saleh est piégé et arrêté en compagnie de son chauffeur rue de la Voûte à Paris le par la DST, dans le coffre douze litres de nitrate de méthyle. Une importante saisie d'explosifs de ce type réalisée fin 1986 en forêt de Fontainebleau au cours d'un flagrant délit de trafic destiné au réseau de Saleh a permis de couper court à une troisième campagne d'attentats après le plus meurtrier d'entre eux, rue de Rennes. Le réseau de Saleh, proche de l'Iran, voulait entre autres punir la France de son soutien à Saddam Hussein dans sa guerre contre l'Iran ; il déclarait peu après : « La forteresse de l'islam est l'Iran. Votre pays, en aidant l'Irak, combat l'Iran, c'est donc un ennemi. Notre principal objectif est de ramener la France à la raison par des actions violentes. » L'enquête aboutit également à la suspicion de l'implication d'un interprète de l'ambassade d'Iran, Wahid Gordji, dont la demande d'audition par le juge sera à l'origine d'une guerre des ambassades entre la France et l'Iran.

La cour d'assises spéciale de Paris condamne le Fouad Ali Saleh à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 18 ans. Hassan Aroua, le chauffeur tunisien de 38 ans, Abdelhamid Badaoui, 33 ans, et Omar Agnaou, 30 ans, les deux « étudiants » marocains qui ont stocké les explosifs, ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité mais sans période de sûreté[9]. Les cinq principaux protagonistes de ces attentats, en fuite, sont condamnés par contumace le à la réclusion criminelle à perpétuité : il s'agit du « cerveau », Abdelhadi Hamade, de ses deux lieutenants, Ibrahim Akil et Hassan Goshn, et les deux « artificiers », Hussein Mazbouh et Haidar Habib[2].

Fouad Ali Saleh était toujours incarcéré à l'isolement total[Quand ?]. La Cour d'appel de Paris s'était opposée le 28 juin 2007 à sa libération conditionnelle et à son expulsion vers la Tunisie. Le juge d'application des peines avait notamment refusé la demande de libération aux motifs qu'il n'exprimait pas de regrets et n'avait pas indemnisé les victimes[10]. L'un de ses avocats était Isabelle Coutant-Peyre[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sylvie Lemasson, « La libération des otages allemands au Liban : analyse politique et judiciaire (partie 2) », Cultures et Conflits, no 5,‎ (DOI 10.4000/conflits.758).
  2. a, b et c « SOS Attentats », sur www.sos-attentats.org (consulté le 19 juillet 2015)
  3. « DANS LE RETRO. Il y a 30 ans, une série d'attentats semait la terreur à Paris », sur leparisien.fr,
  4. a, b et c Jean-Pierre Bat, Jean-Marc Le Page et Floran Vladillo, Les espions français parlent: Archives et témoignages inédits des services secrets français, Nouveau Monde éditions, , 620 p. (ISBN 2-36583-844-8)
  5. « Mémorial en ligne des policiers français morts en service: Jean-Louis BRETEAU & Bertrand GAUTIER | PREFECTURE DE POLICE (75) », sur policehommage.blogspot.fr (consulté le 22 juillet 2015)
  6. « Comité de Solidarité aux Prisonniers Politiques Arabes (CSPPA) », sur www.globalterrorwatch.ch (consulté le 22 juillet 2015)
  7. Yves Lacoste, « Géopolitique des religions », Hérodote, no 106,‎ , p. 3–15 (DOI 10.3917/her.106.0003).
  8. (en) Mohamed-Ali Adraoui, « Radical Milieus and Salafis Movements in France: Ideologies, Practices, Relationships with Society and Political Visions », Max Weber Programme,‎ (ISSN 1830-7728, lire en ligne)
  9. Les attentats de 1986 à Paris, devant la cour d'assises : La perpétuité pour Fouad Ali Saleh, Le Soir du 15 avril 1992.
  10. Le parquet général opposé à la libération de Fouad Ali Saleh, 28 juin 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]