Arche de la Défense

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Arche de la Défense
Grande Arche
Grande Arche de la Defense.JPG

La Grande Arche.

Présentation
Type
Style
XXe siècle
Architectes
Construction
1985-1989
Hauteur
108 sur 110 sur 112 mètres
Largeur
107 mètres
Destination actuelle
Bureaux
Géographie
Pays
Région
Département
Quartier
Commune
Localisation
Coordonnées
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La Grande Arche de la Fraternité[1], connue sous le nom d'usage de l'arche de la Défense ou Grande Arche, est un monument situé dans le quartier d'affaires de La Défense à l'ouest de Paris, sur le territoire de la commune de Puteaux. Inaugurée en 1989 au moment du bicentenaire de la Révolution, et construite sur l'axe historique parisien, c'est l'un des grands travaux de François Mitterrand réalisés au cours de son premier mandat de président de la République française.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Construction de la Grande Arche.
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Deux présidents de la République eurent pour projet de marquer l'axe historique parisien par une œuvre architecturale monumentale : Georges Pompidou (avec un projet de Ieoh Ming Pei, un projet d'Émile Aillaud et surtout la Tour Lumière Cybernétique de la Défense,(345 mètres de hauteur du sculpteur Nicolas Schöffer ) et Valéry Giscard d'Estaing (avec un projet de Jean Willerval). C'est finalement le président François Mitterrand qui concrétise ce projet, sous le nom de projet Tête Défense.

L'EPAD lance donc en 1982 un concours international d'architecture. Ce concours réunit 424 projets anonymes venus du monde entier, dont quatre sont sélectionnés par le jury et présentés au président. C'est le projet d'un Danois, l'architecte Johan Otto von Spreckelsen, qui proposait de construire une grande arche, qui est sélectionné.

Conduits par l'entreprise française de travaux publics Bouygues, les travaux débutent réellement en 1985. Deux mille ouvriers qualifiés travaillent sur ce chantier (deux d'entre eux perdent la vie lors de la construction des structures supérieures). Pendant l'été 1987, Spreckelsen, ulcéré par la dénaturation de son projet, meurt et confie la responsabilité de la construction à Paul Andreu. La construction des deux piliers dure un an environ, deux équipes indépendantes travaillant en parallèle sur chacun d'eux.

L'inauguration a lieu en juillet 1989, deux ans après la mort de Johan Otto von Spreckelsen. L'an 1989 est marqué par des célébrations d'envergure telles que les cent ans de l'inauguration de la Tour Eiffel, le bicentenaire de la Révolution et de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen (l'ouverture au public le 26 août 1989 intervient justement pour célébrer ce dernier évènement). Le sommet du G7 intervient au même moment.

Exploitation[modifier | modifier le code]

En 2007, le gouvernement envisage le regroupement des administrations centrales de l'Équipement dans une nouvelle tour dans le cadre du plan de relance du quartier d'affaires de La Défense. Il envisage le financement de l'opération par la vente des locaux accueillant ces administrations dans la Grande Arche. Dans cet objectif, le classement de la Grande Arche au titre des monuments historiques est étudié, afin de préserver l'architecture de l'édifice[2].

Depuis le 24 avril 2010, l'accès au toit de la Grande Arche est fermé au public[3],[4]. En effet, la chute d'une poulie le 4 avril avait contraint le ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer à suspendre immédiatement l'utilisation des ascenseurs panoramiques pour des raisons de sécurité[5]. Du 4 au 24 avril, il a été toléré que des visiteurs se rendent dans les musées en passant par les ascenseurs situés dans les colonnes de la Grande Arche[4]. Le ministère a engagé un audit pour connaître les causes exactes de cet accident. Les ascenseurs ont néanmoins été réparés pendant l'été.

Le ministère a tout d'abord annoncé un délai de fermeture de quatre mois, puis une réouverture en janvier 2011. Il indique finalement qu'il compte fermer définitivement la Grande Arche au public et récupérer les locaux du toit de la Grande Arche pour les transformer en bureaux et salles de réunion, privant ainsi les Hauts-de-Seine du monument le plus visité du département, avec 250 000 visiteurs par an[3]. La fermeture du toit provoque le licenciement d'une quarantaine de personnes[4].

En 2013 aboutit le processus juridique d'expulsion de la société d'exploitation du toit de la Grande Arche, qui rend le ministère officiellement propriétaire du toit[6].

Le , Olivier de Guinaumont, directeur de la maîtrise d'ouvrage d'Eiffage, annonce le lancement d'un chantier de rénovation de la Grande Arche, pour un budget estimé à 192 millions d'euros. Il s’agit de réaménager complètement l'intérieur du pilier Sud, de rouvrir le toit et de remplacer les marbres des façades et des escaliers par du granit. Cette rénovation doit s’achever fin 2016. L’État devient nu-propriétaire et rembourse Eiffage sous forme d’un loyer versé pendant vingt ans[7],[8].

Monument[modifier | modifier le code]

Forme[modifier | modifier le code]

Les ascenseurs panoramiques.
Vue de l'Arc de triomphe depuis la Grande Arche.
Décoration de Noël de la Grande Arche.

Johan Otto von Spreckelsen et Erik Reitzel conçoivent la Grande Arche comme une version du XXe siècle de l'Arc de triomphe de l'Étoile : un monument consacré à l'humanité et aux idéaux humanitaires plutôt qu'aux victoires militaires.

La Grande Arche a à peu près la forme d'un cube évidé en son centre, mesurant 112 m de long, 106,9 m de large, pour une hauteur de 110,9 m[9]. Le vide intérieur permettrait d'abriter la Cathédrale Notre-Dame de Paris[10]. Il a été suggéré que la structure ressemble à un hypercube en quatre dimensions (un tesseract) qui est projeté sur le monde tridimensionnel[11].

Matériaux[modifier | modifier le code]

Johan Otto von Spreckelsen et Erik Reitzel utilisent des matériaux de grande qualité pour l'œuvre : béton précontraint à base de fumée de silice, alliant solidité et flexibilité (une densité de 350 kg/m3 contre 120 kg/m3 pour un pont normal)[réf. nécessaire], 2,5 ha de verre anti-reflets, 3,5 ha du même type de marbre que celui utilisé par Michel-Ange pour ses œuvres : le marbre de Carrare[12]. Trop poreux, le marbre absorbe l’eau, se bombe et se décroche. Le marbre gris des façades nord et sud a dû être remplacé par un granit dix ans après la construction, et le marbre blanc des façades est et ouest connaît le même problème[8].

Sur ses faces extérieures, la Grande Arche est recouverte de plaques de verre de 5 cm d'épaisseur, traitées spécialement pour empêcher toute déformation optique et résister à des vents de forte puissance. Les autres parements sont recouverts de plaques de marbre blanc de Carrare et de granite gris. Elle est montée sur douze piliers qui s'enfoncent à trente mètres dans le sol et qui supportent sa masse de 300 000 tonnes.

Le monument possède une mégastructure conçue de telle sorte que les forces soient exercées dans toutes les directions : tel un dé, la Grande Arche pourrait reposer sur n'importe quelle face[réf. nécessaire]. Chaque face horizontale du cube est composée de quatre fois quatre traverses de béton de 75 mètres de long.

Axe historique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Axe historique parisien.

Le monument est construit dans l'axe historique parisien, ou voie royale, rejoignant d'autres monuments tels que l'Arc de triomphe de l'Étoile, l'Obélisque sur la place de la Concorde, les jardins des Tuileries, l'Arc de triomphe du Carrousel, et la statue équestre de Louis XIV dans la cour Napoléon du palais du Louvre.

Toutefois, la Grande Arche fait un angle de 6,33° avec l’axe. La raison est double :

  • d'un point de vue technique d'abord : Erik Reitzel n'a pu installer les fondations de la structure de la Grande Arche qu'en respectant l'autoroute et les lignes ferroviaires existantes au sous-sol, ainsi que le projet de prolongement de la ligne 1 du métro de Paris,
  • d'autre part d'un point de vue symbolique : Johan Otto von Spreckelsen a entériné le décalage de la Grande Arche de 6° 33″ qui mettait en valeur le volume du cube et recréait le décalage existant déjà entre la cour carrée du Louvre et l'axe historique.

Cependant, le réalisateur Larbi Chikh donne une nouvelle explication concernant cette inclinaison de 6,33° dans son court-métrage La Voie Royale[13]. La grande Arche de la Défense est orientée précisément vers la Grande pyramide de Khéops en Égypte. Ce que toutes les observations confirment[réf. nécessaire].

Usages[modifier | modifier le code]

Personnes assises sur la Grande Arche de la Défense à l'heure du déjeuner.

Le ministère de l’Équipement, devenu ministère de l’Écologie et du Développement durable en 2007 est propriétaire du pilier sud, du toit et des deux escaliers monumentaux. Axa et la Caisse des dépôts sont propriétaires du pilier nord[8].

Le toit de la Grande Arche hébergeait, jusqu'à sa fermeture au public, un centre de congrès et d'exposition, le musée de l'informatique, le musée du jeu vidéo, le Toit citoyen (un club d'élus de comités d'entreprise), le ô110 (un restaurant gastronomique), ainsi qu'un belvédère offrant une vue panoramique sur tout le quartier de la Défense et l'ouest de Paris. Ces aménagements étaient accessibles par une batterie d'ascenseurs panoramiques presque entièrement vitrées et situées dans le creux de la Grande Arche.

À partir de la rentrée 2009, l'Institut d'économie scientifique et de gestion — School of Management (IÉSEG) installe son campus parisien dans ses locaux situés dans le socle de la Grande Arche. Une partie de ces locaux ont aussi été temporairement occupés par une antenne de la Faculté libre de Droit de l'Institut catholique de Lille. Ils remplacent le centre d'informations sur l'Europe dit « Sources d'Europe », fermé en juin 2004 mais dont le fonds a été transféré à La Documentation française[14].

La Grande Arche et les arts[modifier | modifier le code]

Le drame personnel de Johan Otto von Spreckelsen et la lutte politique entre la droite et la gauche dont l'Arche fut l'enjeu, jusqu'à ce jour encore, sont le sujet du roman-enquête La Grande Arche de Laurence Cossé paru en 2016 aux éditions Gallimard.

Accès[modifier | modifier le code]

La Grande Arche est desservie par :

Les correspondances entre ces modes de transports sont assurées par la salle d'échange (Cœur Transports) située sous le parvis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Julien Barrias, Les lieux-dits de Paris : Petits pièges et grands malentendus, Horay, coll. « Cabinet de curiosités », (ISBN 2-7058-0341-6), p. 47 : « On notera avec ironie que la Grande Arche de la Défense a été nommée au départ "Grande Arche de la Fraternité". L'usage a fait, qu'encore une fois, c'est la phraséologie toponymique guerrière typiquement française qui a prévalu. Tout le monde dit maintenant "Arche de la Défense". ».
  2. Michel Brodovitch et Isabelle Vaulont, « Rapport no 004798-01 : Faisabilité d'une procédure de protection de la Grande Arche », Conseil général des ponts et chaussées,‎ .
  3. a et b « Le toit de l'Arche va-t-il rouvrir ? », sur leparisien.fr,‎ .
  4. a, b et c Éric Le Bourlout, « Le musée de l'Informatique expulsé de l'Arche de la Défense », sur 01net.com,‎ .
  5. Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, « Communiqué de presse : Fermeture temporaire des ascenseurs panoramiques desservant le toit de la Grande Arche de la Défense »,‎ .
  6. [PDF] Compte rendu du jugement du Tribunal de Grande Instance de Nanterre le 28 mars 2013.
  7. « Eiffage va rénover l'Arche de la Défense pour 192 millions », sur Challenges.fr,‎ .
  8. a, b et c Sibylle Vincendon, « La Défense, arche à l’ombre »,‎
  9. « Grande arche de la Défense », sur Structurae,‎ .
  10. « Grande Arche, La Défense », Insecula.
  11. (en) Marcus Du Sautoy, « A 4 Dimensional Cube in Paris », The Number Mysteries, sur Maths in the City (consulté le 17 juin 2012).
  12. Philippe Romain, « Fragile, l'Arche de la Défense reste sous étroite surveillance », Le Figaro,‎ , p. 13.
  13. La Voie Royale sur Vimeo.
  14. « Le fonds documentaire de Sources d'Europe accueilli par la Documentation française », Documentaliste, vol. 41, no 3,‎ , p. 169.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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