Wim Kok

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Wim Kok
Wim Kok, en 1994.
Wim Kok, en 1994.
Fonctions
Premier ministre des Pays-Bas

(7 ans et 11 mois)
Monarque Beatrix
Gouvernement Kok I et II
Législature 30e et 31e
Coalition PvdA-VVD-D66
Prédécesseur Ruud Lubbers
Successeur Jan Peter Balkenende
Vice-Premier ministre des Pays-Bas
Ministre des Finances

(4 ans, 8 mois et 15 jours)
Premier ministre Ruud Lubbers
Gouvernement Lubbers III
Prédécesseur Rudolf de Korte (vice-PM)
Onno Ruding (Finances)
Successeur Hans Dijkstal (vice-PM)
Gerrit Zalm (Finances)
Chef politique du Parti travailliste

(15 ans, 4 mois et 24 jours)
Prédécesseur Joop den Uyl
Successeur Ad Melkert
Biographie
Nom de naissance Willem Kok
Date de naissance (78 ans)
Lieu de naissance Bergambacht (Pays-Bas)
Nationalité Néerlandaise
Parti politique PvdA
Diplômé de Université de Nyenrode
Religion Agnosticisme

Signature de Wim Kok

Wim Kok
Premiers ministres des Pays-Bas

Willem Kok dit Wim Kok, né le à Bergambacht, est un homme d'État néerlandais, membre du Parti travailliste (PvdA) et Premier ministre des Pays-Bas de 1994 à 2002.

Président de la Confédération syndicale des Pays-Bas du 1er janvier 1976 au 11 septembre 1985, il prend l'année suivante la tête du PvdA et devient en 1989 vice-Premier ministre et ministre des Finances dans la grande coalition dirigée par le chrétien-démocrate Ruud Lubbers.

En 1994, malgré d'importantes pertes, il s'impose aux élections législatives et forme alors la première « coalition violette » avec les libéraux (VVD) et les démocrates (D66). Populaire et reconduit en 1998 avec une majorité renforcée ainsi qu'une avance plus confortable du PvdA, il démissionne de son poste le , un mois avant les élections législatives, après des révélations concernant le fait que les Pays-Bas n'aient pas pu intervenir pour empêcher le massacre de Srebrenica alors qu'ils étaient sur place.

Pendant ses huit années de pouvoir, le pays a connu une forte croissance économique et il est reconnu au niveau international comme l'initiateur du « modèle du polder », une forme de troisième voie. Il est retiré de la vie politique depuis 2002, mais a participé en 2007 aux travaux du groupe Amato.

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Après avoir achevé ses études secondaires, il entreprend des études supérieures à l'université de Nyenrode et accomplit dans le même temps son service militaire.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Embauché par la société commerciale Sembodja Malaja à Amsterdam en 1959, il est nommé deux ans plus tard comme assistant international du secteur du bâtiment de la Confédération syndicale néerlandaise (NVV), avant de devenir membre de l'équipe économique en 1965, et enfin secrétaire syndical en 1967.

À la suite de son retrait de la vie politique, il a rejoint le secteur privé et siégé au sein des conseils de surveillance de ING Group, TNT NV, Royal Dutch Shell ou encore KLM.

Haut responsable syndical[modifier | modifier le code]

Portrait de Wim Kok, en 1972.

En 1969, il obtient un poste de secrétaire confédéral de la NVV, dont il est élu vice-président en 1972, puis président en 1973. Il prend trois ans plus tard la présidence de la Confédération syndicale des Pays-Bas (FNV), née de la fusion de la NVV et du syndicat catholique NKV. Au cours de son mandat, qui dura neuf ans, il est également président de la Confédération européenne des syndicats (CES) de 1979 à 1982.

Vie familliale[modifier | modifier le code]

Wim Kok est le fils de Willem Kok et de Neeltje de Jager. Aujourd'hui installé à Amsterdam, il est marié depuis 1965 avec Rita Roukema, avec qui il a eu trois enfants. Il se déclare par ailleurs agnostique.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Rapide ascension[modifier | modifier le code]

Il est élu pour la première fois député à la Seconde Chambre des États généraux le , et accède le 21 juillet suivant à la direction du Parti travailliste (PvdA) et de son groupe parlementaire. Il devient alors le chef de l'opposition à la coalition gouvernementale de centre droit dirigée par Ruud Lubbers.

Ministre des Finances[modifier | modifier le code]

Kok, à la Seconde Chambre, en 1989.

Il est investi le tête de liste (lijsttrekker) du PvdA pour les législatives du 6 septembre suivant. Le jour du scrutin, l'Appel démocrate-chrétien (CDA) de Lubbers arrive en tête avec 54 élus sur 150, contre 49 aux travaillistes, en recul de trois députés. Toutefois, les 22 sièges du Parti populaire libéral et démocrate (VVD) ne permettent pas une reconduction stable de la coalition gouvernementale sortante, ce qui conduit Lubbers et Kok à former une grande coalition disposant de 103 sièges et dans laquelle le chef de file du PvdA occupe les postes de vice-Premier ministre et ministre des Finances à partir du 7 novembre.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Cabinet Kok I et II.

De nouveau chef de file des travaillistes pour les législatives du , il remporte le scrutin avec seulement 37 élus, contre 34 pour le CDA, soit sa plus faible représentation parlementaire en 25 ans. De même, la coalition sortante subit un échec cuisant en perdant près d'un tiers de ses sièges.

Les Démocrates 66 (D66), grands vainqueurs du scrutin, rejettent alors l'idée d'une coalition de centre droit avec le CDA et le Parti populaire libéral et démocrate (VVD). Ils suggèrent plutôt une « coalition violette » entre le PvdA, le VVD et eux. Nommé « informateur » le , le président de la Première chambre Tjeenk Willink confirme dans son rapport que cette option semble être la seule envisageable, étant également appuyée par l'Appel chrétien-démocrate. Après 108 jours de discussions, un accord est trouvé entre les trois formations pour constituer une coalition alors forte de 92 sièges sur 150.

Le , Wim Kok est nommé à 55 ans Premier ministre des Pays-Bas par la reine Beatrix. Premier travailliste à occuper cette fonction depuis et la fin du mandat de Joop den Uyl, il est également le premier chef de l'exécutif issu du PvdA à gouverner sans le soutien d'un parti « confessionnel ».

Durant ses huit années au pouvoir, sa coalition engage notamment l'assainissement des finances publiques, autorise le mariage homosexuel et légalise en partie l'euthanasie. Profitant de la forte croissance économique de cette époque, le pays a connu un grand nombre de création d'emplois, à un point tel que les secteurs de l'éducation et de la santé publique ont connu des pénuries de main-d'œuvre, ce qui a conduit à la mise en place d'impopulaires listes d'attente dans le secteur médical. Il a également engagé une réduction de la fiscalité pour les particuliers et les entreprises. C'est ce mélange harmonieux entre libéralisme économique, libéralisme politique et protection sociale qui a valu à la politique menée par Kok et sa coalition violette le surnom de « modèle du polder ».

La présidence néerlandaise de l'Union européenne, au second semestre de 1997, peut également être regardée comme un succès du chef du PvdA dans la mesure où c'est au cours de cette période qu'est signé le traité d'Amsterdam, qui renforce les pouvoirs de l'UE en matière de justice, de police ou de libre-circulation. Reconduit à l'issue des élections de 1998, au cours desquelles son parti progresse de 8 élus, et la coalition violette passe de 92 à 97 représentants, il annonce en 2001 qu'il compte se retirer de la vie politique à l'issue des élections du . Il cède ainsi la direction du PvdA à Ad Melkert le 15 décembre 2001.

Wim Kok et Vladimir Poutine, en 2001.

Le , un mois avant la tenue du scrutin, lui et son gouvernement démissionnent en bloc après la publication d'un rapport de l'Institut néerlandais d'études militaires, selon lequel les Pays-Bas étaient indirectement responsables des milliers de morts du massacre de Srebrenica dans la mesure où le pays, pour des raisons humanitaires et politiques, avait décidé de « se lancer dans une mission de paix irréfléchie et pratiquement irréalisable »[1].

Retrait de la politique[modifier | modifier le code]

Président d'un groupe de travail sur la stratégie de Lisbonne entre avril et , il a remis à la Commission européenne un rapport qui contenait diverses pistes pour donner une nouvelle impulsion à ce programme destiné à augmenter la croissance économique de l'Union européenne. Ce rapport a ensuite été utilisé par la commission Barroso pour défendre une approche purement économique de la stratégie de Lisbonne.

En 2007, il fait partie du groupe Amato chargé de proposer un nouveau traité après l'échec de la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe. Il est par ailleurs membre du conseil consultatif de l'Association européenne des historiens (EUROCLIO).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]