Konrad Adenauer

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Konrad Adenauer
Konrad Hermann Joseph Adenauer, en 1949.
Konrad Hermann Joseph Adenauer, en 1949.
Fonctions
1er chancelier fédéral allemand
(27e chancelier d'Allemagne)

(14 ans et 1 mois)
Président fédéral Theodor Heuss
Heinrich Lübke
Gouvernement Adenauer I, II, III, IV et V
Législature 1re, 2e, 3e et 4e Bundestag
Coalition CDU/CSU-FDP-DP (1949-1953)
CDU/CSU-FDP-DP-BHE (1953-
1956)

CDU/CSU-FVP-DP (1956-1957)
CDU/CSU-DP (1957-1960)
Absolue CDU/CSU (1960-1961)
Noire-jaune (1961-1963)
Prédécesseur Occupation alliée de 1945 à 1949
Conseil de contrôle allié
Lutz Schwerin von Krosigk (président de gouvernement) (indirectement)
Successeur Ludwig Erhard
Président fédéral de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Prédécesseur Création du parti
Successeur Ludwig Erhard
Ministre fédéral des Affaires étrangères d'Allemagne
1er ministre fédéral des Affaires étrangères depuis 1951
Chancelier Lui-même
Prédécesseur Aucun
Successeur Heinrich von Brentano
Biographie
Nom de naissance Konrad Hermann Joseph Adenauer
Date de naissance
Lieu de naissance Cologne, Reich allemand
Date de décès (à 91 ans)
Lieu de décès Bad Honnef, RFA
Nationalité allemande
Parti politique CDU
Religion Catholique

Signature

Konrad Adenauer
Chanceliers fédéraux d'Allemagne

Konrad Hermann Joseph Adenauer (prononcé, en allemand, [ˈkɔn.ʁaːt ˈhɛɐman ˈjoː.zɛf ˈaː.də.naʊɐ] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter), né le à Cologne et mort le à Rhöndorf, est un homme politique allemand chrétien-démocrate.

De 1949 à 1963, premier chancelier fédéral de la République fédérale d’Allemagne, auteur de son redressement et de son ancrage atlantiste et européen, il peut être aussi considéré comme le « père » de l'Allemagne contemporaine.

Il est également considéré comme l'un des Pères de l'Europe et, avec le général de Gaulle, comme l'un des promoteurs de la réconciliation franco-allemande.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

  • Le  : naissance à Cologne de Konrad Adenauer, issu de la grande bourgeoisie catholique.
  • Après des études de droit et d'économie, il choisit une carrière dans l'administration.
  • Marié à Emma Weyer : elle meurt en 1917, avant qu'il n'accède aux fonctions de maire de Cologne.
  • De 1919 à 1948, Augusta « Gussie » Zinsser est son épouse. Fille du dermatologue Ferdinand Zinsser, Gussie n'est connue qu'en 1958 du grand public, quand le photographe allemand Heinrich Gergerusi publie avec son accord un portrait de l'épouse du chancelier fédéral.

Carrière politique largement déterminée par ses origines[modifier | modifier le code]

Un élu de la Prusse opposé au Soviet de Cologne puis au nazisme[modifier | modifier le code]

Membre et président du Conseil d'État de Prusse de 1920 à 1933, il joue un rôle important dans la tentative d'une certaine autonomie de la Rhénanie vis-à-vis de la Prusse.

Toutefois, il ne se rallie pas au séparatisme rhénan (visant à une indépendance de la République rhénane) au début des années 1920.

Sous la République de Weimar de 1931 à 1933, il est vice-président de la Société Coloniale Allemande (Deutsche Kolonialgesellschaft) pour la défense de la pensée coloniale.

En 1933, démis par Goering de toutes ses fonctions, en raison de son hostilité affichée au nazisme (il refusait par exemple d'arborer le drapeau nazi à côté du drapeau allemand), il est emprisonné brièvement après la nuit des Longs Couteaux, en 1934, puis entre juillet et novembre 1944 après l'attentat contre Hitler du .

Au pouvoir, patient travail de redressement national[modifier | modifier le code]

Activité politique sous l'occupation alliée[modifier | modifier le code]

Après la guerre, l'administration militaire américaine lui confie à nouveau le poste de maire de Cologne, mais les Britanniques le congédient peu après, ne le considérant pas à la hauteur. Il est très actif dans le parti CDU nouvellement créé et en devient vite le chef : en 1946, il est élu président de la CDU dans la zone britannique, et de 1950 à 1966, pour la RFA (République fédérale allemande).

Le premier chancelier fédéral d'après-guerre[modifier | modifier le code]

Le , le Conseil parlementaire (chargé de la rédaction d'une constitution) le choisit pour président. Avec une voix d'avance, il est élu chancelier le , poste qu'il occupe jusqu'en 1963. Par trois fois, en 1953, 1957 et 1961 il remporte les élections législatives avec la CDU/CSU, toujours à une distance notable du SPD. En 1957 il obtient même la majorité absolue.

Affiche pour la CDU et Adenauer.

Il a marqué la politique de son époque au point que l'on parle d'une « ère Adenauer » (en rapport aussi à sa longévité au pouvoir). Ses actions portent essentiellement sur le regain de la souveraineté allemande et le rétablissement de la confiance des Alliés envers l'ancien ennemi, passant ainsi par l'intégration de la RFA dans le bloc de l'Ouest. Ce dernier point entraîne un vif combat avec l'opposition.

Si cette politique aggrave en effet le fossé séparant les deux Allemagnes, Adenauer la considérait comme indispensable : seule une Allemagne forte face à l'Union soviétique pouvait mener à une réunification. L'Allemagne de l'Ouest (RFA) est membre-fondateur de la CECA en 1951, puis de la CEE en 1957 lors de la signature du traité de Rome. Elle entre au Conseil de l'Europe en 1951 et à l'OTAN en 1955.

Après sa nomination en tant que premier chancelier fédéral, Konrad Adenauer fit pression pour que Bonn devienne la capitale « provisoire » de la nouvelle République fédérale d'Allemagne.

Dès 1949, Adenauer sent l'Allemagne de l'Ouest prête à une coopération dans le domaine de la défense dans un cadre européen. Cette coopération démarre lors de la guerre de Corée et des discussions internationales qu'elle entraîne (CED en 1952, dissoute en 1954). Il demande en échange la souveraineté de la RFA (accords de Paris).

Adenauer est l'objet d'un attentat manqué le , organisé par des anciens membres de l'Irgoun s'opposant au rapprochement entre le nouvel État d'Israël et la République fédérale d'Allemagne[1].

Redressement et renonciation à la « grandeur politique »[modifier | modifier le code]

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Diplomatiquement, Adenauer recrée des liens avec le nouvel État d'Israël et se réconcilie avec la France. Le traité de l'Élysée, signé le , annonce une coopération avec la France dans tous les domaines. Lors de sa visite à Moscou en 1955, Adenauer obtient la libération des 10 000 prisonniers de guerre allemands restants et accepte les liens diplomatiques proposés par l'URSS. En 1958, il participe avec le maire de Berlin-Ouest, Willy Brandt, aux protestations contre « l'ultimatum de Khrouchtchev » qui marque le début de la crise de Berlin. Pourtant, il ne peut que subir l'édification du mur de Berlin en 1961.

La volonté et la mise sur pied du réarmement de la RFA[modifier | modifier le code]

Konrad Adenauer en 1956.

Lorsqu'elle voit le jour en 1949, la République fédérale d'Allemagne est un État sans armée. La guerre est à peine terminée et nombre de politiciens et de militaires sont réticents à remettre un uniforme aux Allemands. Cette réticence est perceptible en RFA même, et parmi les partis chrétiens-démocrates et socialistes de la majorité, les plans de réarmement de Konrad Adenauer ne font pas l'unanimité.

Pour le chancelier, la volonté de son pays de se défendre aux côtés d'autres nations occidentales contre une attaque venue de l'Est n'est rien de plus que l'expression du droit d'exister de la République, qui avait pour voisins directs deux États satellites du bloc soviétique : la Tchécoslovaquie et la République démocratique allemande. Avec ses 50 millions d'habitants, soit près du triple de la RDA, la RFA figure en outre à la première place du classement démographique européen. L'idée du réarmement connaît de nombreuses étapes.

Il faut attendre que le parlement français rejette le plan Pleven (en) en août 1954, pour qu'Adenauer et ses collaborateurs disposent de la liberté de manœuvre nécessaire. Le , la RFA adhère officiellement à l'OTAN et en novembre de la même année, la Bundeswehr est constituée. Au début, elle ne compte que des volontaires, parmi lesquels de nombreux vétérans de la Wehrmacht, enrôlés dans la BGS et qu'une promotion et un salaire à l'avenant ont achevé de convaincre.

Bien que les candidats aient subi un examen approfondi sur leur attitude pendant la guerre et de leur attachement à la démocratie, on reproche à Adenauer d'avoir mis des fidèles du régime nazi à la tête des forces armées ouest-allemandes. Le chancelier répond aux critiques que l'OTAN n'a pas demandé des généraux de dix-huit ans.

C'est ainsi que la Bundeswehr devient, en termes numériques, la composante la plus importante des forces armées de l'OTAN en Europe et que l'Allemagne de l'Ouest déploie, devant le rideau de fer, davantage de soldats que les États-Unis et le Royaume-Uni réunis.

Vitalité allemande, réussite économique et retraite[modifier | modifier le code]

Au milieu de son quatrième mandat, Adenauer démissionne le sous une forte pression de son propre camp. Son ministre de l'Économie, Ludwig Erhard, père de l'économie sociale de marché, est choisi par le Bundestag pour lui succéder. Konrad Adenauer meurt le à Rhöndorf.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • En 1954, il est lauréat du Prix International Charlemagne.
  • Docteur honoris causa de l'université Waseda[2]
  • Adenauer a été honoré peu de temps avant la fin du royaume de Prusse de certains ordres prussiens, y compris l'ordre du mérite de l'aide de la guerre (la Prusse) (1917), la Croix de fer sur bande blanche (1918) et l'Aigle Rouge (4e classe) (1918)[3].
  • En 1927, Adenauer reçoit, en tant que président du Conseil d'État de Prusse et maire de Cologne, la grande médaille avec ruban pour services rendus à la République d'Autriche de la Première République. Un niveau plus élevé de l'honneur a été proposé (la Grande Médaille d'Or de l'Ordre) d'abord ; mais cela n'a pas été fait afin de ne pas offenser l'autre (mais seulement pour le niveau inférieur) proposé Robert Lehr, maire de Düsseldorf. En 1956, la Grande Médaille d'Or lui a ensuite été octroyée (Deuxième République) de l'Ordre pour les services à la République d'Autriche, mais encore une fois pas sans irritation[3].
  • En janvier 1954, Adenauer aura été le premier porteur de la Grand-Croix dans une version spéciale du Mérite de la République fédérale d'Allemagne[3].
  • En mai 1954, il a reçu le prix Charlemagne d'Aix-la-Chapelle comme "puissant promoteur d'une Europe unie"[3].
  • En mai 1958, il est devenu récipiendaire de l'ordre du mérite bavarois[3].
  • Adenauer a reçu du pape Pie XII en décembre 1955 l'Ordre de l'Éperon d'or ; théoriquement, le porteur de cet ordre avait théoriquement le droit de se présenter sur un cheval dans une église. En septembre 1963, il a reçu le pape Paul VI. En outre, il est décoré de l'Ordre du Christ, la plus haute récompense du Saint-Siège. Avec Antonio Segni, Adenauer est jusqu'à présent la seule personne qui a reçu les deux ordres pontificaux[3].
  • Chancelier de l'ordre de la Croix du Sud au Brésil (juillet 1953)[3].
  • Grand Croix du Mérite de la République italienne[3].
  • En 1960 la reine Juliana lui a décerné l'Ordre du Lion néerlandais[3].
  • En 1962, il a été intronisé dans la Légion d'honneur française[3].
  • En 1960, l'empereur Hirohito lui a remis l'Ordre du Soleil Levant 1re classe. Trois ans plus tard, Adenauer eut aussi son plus haut niveau, l'Ordre du Soleil Levant, avec Paulownia Blossoms, "en raison de son engagement de longue date à la compréhension de l'amitié nippo-allemand ainsi que pour la paix et le bien-être dans le monde."[3]
  • Adenauer fut en 1951 Chevalier de l'Ordre Souverain de Malte ; la sentence lui a été décernée à l'occasion de sa première visite d'État en Italie[3].
  • En 1958, il a été admis en tant que chevalier honoraire de l'Ordre teutonique[3].
  • Le magazine Time a nommé Adenauer Homme de l'année 1953[3].
  • Pour son talent comme un "maître de la simplification", Adenauer a reçu en 1959 (le 100e anniversaire du Carnaval Association Aachen) la Médaille contre le sérieux bestial[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Begin et l'attentat contre Adenauer en 1952 », Le Monde,
  2. (en)Honorary Doctorates, Prize and Awards, université Waseda, consulté sur waseda.jp le 19 septembre 2012
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o (de) Konrad Adenauer

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]