René Pleven

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René Pleven
René Pleven.
René Pleven.
Fonctions
Garde des Sceaux, ministre de la Justice

(3 ans 8 mois et 21 jours)
Président Georges Pompidou
Gouvernement Jacques Chaban-Delmas
Pierre Messmer I
Prédécesseur Jean-Marcel Jeanneney (ntérim)
René Capitant
Successeur Pierre Messmer (intérim)
Jean Taittinger
Ministre des Affaires étrangères

(14 jours)
Président René Coty
Gouvernement Pierre Pflimlin
Prédécesseur Christian Pineau
Successeur Maurice Couve de Murville
Président du Conseil des ministres

(4 mois et 27 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement René Pleven II
Législature IIe (Quatrième République)
Coalition Troisième Force (jusqu'au 21/09/1951)
Prédécesseur Henri Queuille
Successeur Edgar Faure

(7 mois et 16 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement René Pleven I
Législature Ire (Quatrième République)
Coalition Troisième Force
Prédécesseur Henri Queuille
Successeur Henri Queuille
Vice-président du Conseil

(5 mois et 1 jour)
Président Vincent Auriol
Gouvernement Henri Queuille III
Député du Côtes-du-Nord

(24 ans)
Groupe politique UDSR (1945-1958)
ED (1958-1962)
CD (1962-1967)
PDM (1967-1969)
Biographie
Nom de naissance René Pleven
Date de naissance
Lieu de naissance Rennes (France)
Date de décès (à 91 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nationalité français
Parti politique UDSR (1945-1958)
ED (1958-1962)
CD (1962-1967)
PDM (1967-1969)
Diplômé de Université de Rennes
École libre des sciences politiques
Chefs du gouvernement français

René Pleven, né le à Rennes et mort le à Paris (inhumé à Dinan) est un homme d'État français. Personnalité importante de la France libre pendant la guerre, il sera ensuite élu des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor) jusqu'en 1973. Il fut président du Conseil et ministre sous la IVe République puis Garde des Sceaux pendant la Ve République, sous la présidence de Georges Pompidou.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une formation internationale dans l'entourage de Monnet[modifier | modifier le code]

Pleven nait à Rennes. Son père, officier républicain avait été chargé d'accompagner le capitaine Dreyfus lors de la révision de son procès. Bon élève, le jeune Réné est le condisciple de Raphaël Moreau au lycée de Laval. Etudiant en droit à l'université de Rennes puis à science po, il fréquente la conférence Olivaint où il rencontre Georges Bidault et Moulin de Labarthète, le futur directeur de cabinet de Vichy. Dès ses 18 ans (1919) il milite dans des milieux pacifistes favorables à la SDN, ce qui le rapproche des idées d'Aristide Briand. Il passe son service militaire (1921) à dépouiller des documents en vue de la rédaction d'un ouvrage du Maréchal Pétain, ce qui lui permet de rencontrer le capitaine De Gaulle, professeur à Saint Cyr, alors dans l'entourage de Pétain. Pétain permet à Pleven de poursuivre parallèlement à ces recherches, sa thèse de droit sur la politique sociale pour les ouvriers agricoles de Llyod Georges: René Pleven se rend en Grande Bretagne pendant cinq semaines. Après sa thèse (1924), il épouse Carole Bompard, fille d'un grand avocat Dreyfusard, et, ne parvenant pas à entrer dans la haute fonction publique, il devient rédacteur en chef de la revue syndicale des industriels de la conserverie. En 1925, il entre au service de Jean Monnet dans la filiale française de la Banque américaine Chase National Bank qui s'occupe de la reconstruction financière des États polonais puis roumain. Pleven établit aussi des prêts aux États allemand et italien. En 1928, il est repéré par la compagnie de téléphone de Chicago (l'Automatic Telephone Company). Il est muté à Londres (1934) et dirige les opérations pour toute l'Europe (1939). Ce poste important lui donne une grande aisance financière et lui permet de multiplier les contacts aux États-Unis (où il se rend souvent) et en Pologne (où il travaille au développement du réseau téléphonique). Dans ce pays, sa connaissance des milieux bancaires facilite le financement de l'équipement téléphonique (en particulier grâce à une filiale de la Chase National Bank de Milan). Sa connaissance de l'Europe et ses convictions le conduisent à prendre position contre les accords de Munich et même pour une intervention en Espagne.

L'homme de Londres[modifier | modifier le code]

À la déclaration de guerre, Monnet le rappelle à ses côtés au Comité de coordination franco-britannique, un organisme chargé de dresser l'inventaire des commandes d'armement. Il est envoyé par Daladier et les Anglais acheter des avions américains. Reçu par Roosevelt, il réussit à effectuer l'achat, malgré le contexte électoral américain encore assez isolationniste. Le seconde livraison arrive trop tard. En mai et juin 1940, Pleven assiste Monnet dans son projet de fusion franco-britannique en un seul État combattant. Pleven travaille directement avec Monnet et Churchill et le Général De Gaulle qui représente alors le gouvernement de Reynaud à Londres. Mais Pétain prend le pouvoir.

Pleven et Monnet se rendent à Bordeaux (19/20 juin) pour tenter d'obtenir du nouveau gouvernement le repli des troupes encore disponibles en Algérie ou en Grande-Bretagne et pensent évacuer une partie du personnel politique vers Londres, mais cette démarche est un échec auprès de ce nouveau gouvernement qui a d'ores et déjà abandonné toute idée de résistance. Il a quand même la chance de retrouver sa famille à Bordeaux et peut la ramener avec lui. Le Général de Gaulle quant à lui a lancé un appel à la résistance. Monnet et la majorité du personnel diplomatique partent aux USA. Mais Pleven hésite ( “Personnellement, je m'interrogeais sur ce qu'était mon devoir. Je n'ai jamais pensé une minute qu'il fallait cesser le combat mais je me demandais si, étant donné la formation que j'avais reçue — fils d'officier rappelons-le — qui était comme celle de beaucoup de Français une formation de loyalisme au gouvernement, aux institutions, si vraiment je pouvais rompre avec tout cela”). Après avoir écouté De Gaulle dans une réunion, il croise les pêcheurs de l'île de Sein qui viennent de suivre l'appel, ce qui le convainc d'abandonner son confort pour la France libre (engagement en juillet) où il est rapidement chargé d'assister René Cassin dans les négociations avec Winston Churchill sur la création de la France Libre.

Felix Eboué ayant donné des signes positifs sur un éventuel ralliement de l'Afrique-Équatoriale française (AEF) à De Gaulle, le Général décide d'envoyer ses représentants sur place, où le gouverneur vichyste Boisson était confronté à une volonté de résistance d'une partie importante de la colonie. Avec De Boislambert et Leclerc, militaires, il est envoyé avec de faux papiers via Lisbonne pour rallier ces colonies. Depuis Lagos, ils combinent rapidement avec des gaullistes réfugiés (D'Ornano, Larminat) une opération rapide: Pleven atterrit au Tchad, à Fort Lamy, où Éboué fait rallier toute la colonie. Parallèlement, Leclerc a réussi un rapide et audacieux coup de main permettant le ralliement du Cameroun d'où il conquiert audacieusement le contrôle du Gabon. De Larminat ayant soumis Brazzaville, Pleven peut se rendre en Oubangui Chari et recevoir le ralliement de la dernière colonie de l'AEF, désormais tout entière ralliée à Londres. Il rétablit les finances de l'AEF en imprimant de la monnaie. De Gaulle le rappelle à Londres pour en faire le directeur des affaires extérieures et économiques (début 1941) et prend un rôle important en particulier lors de l'absence de De Gaulle en 1941. Il devient chef de la mission française de l’Air aux États-Unis. "Au début 1942, il occupe le premier rang dans la hiérarchie des commissaires nationaux avec la responsabilité de coordonner les départements administratifs civils. René Pleven s'occupe donc d'administration, de diplomatie, d'économie, de finances, tout en suivant à Londres puis à Alger, les importants dossiers coloniaux." Il est en effet successivement commissaire aux Colonies, puis aux Affaires étrangères et enfin après le décès prématuré d'Aimé Lepercq, aux Finances dans le Comité français de la Libération nationale d'Alger et dans le Gouvernement provisoire de la République française, à Paris.Il préside également la Conférence de Brazzaville en 1944.

Après la guerre.[modifier | modifier le code]

Devenu président du Conseil en juillet 1950, il forme un gouvernement composé des alliés de la Troisième Force. Bien que de sensibilité démocrate-chrétienne, il ne rejoint pas le MRP. En août 1950, il soumet le plan Pleven visant à instituer une armée européenne supranationale, mais ce plan est rejeté. Élu député des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor) dès 1945 et jusqu'en 1969, il est d'abord UDSR, le parti qu'il a fondé et dont il est président de 1946 à 1953, puis siège sous diverses étiquettes centristes. En tant que président du Conseil, il présente alors, en octobre 1950, le projet de la Communauté européenne de défense à l'Assemblée.

En 1951, il cofonde le Comité d'étude et de liaisons des intérêts bretons (CELIB), dont il reste président jusqu'en 1972.

En 1958, il vote la réforme constitutionnelle aboutissant au retour au pouvoir du général de Gaulle[1].

En 1969, il soutient la candidature présidentielle de Georges Pompidou et devient garde des Sceaux (1969-1973) des gouvernements Chaban-Delmas et Messmer ; il laisse son nom à la loi Pleven de 1972. Sa défaite en met un terme à sa carrière politique.

Il fut élu :

  • président du Conseil général des Côtes-du-Nord de 1948 à 1976 ;
  • président de l'Établissement public régional (EPR) de Bretagne, élu en janvier 1974, réélu en février 1975 puis en février 1976 ;
  • président de la commission de développement économique régional (CODER).

René Pleven signa en 1961 l’Avenir de la Bretagne (en réalité écrit par Joseph Martray (1914-2009), l'homme à tout faire du CELIB) et s’exprima régulièrement dans le Petit Bleu des Côtes-du-Nord, journal qu'il a créé et qu'il dirigea pendant trente ans.

Il n'est pas réélu député, pour la première fois depuis la fin de la Seconde guerre, en 1973, battu par 51 voix par le socialiste Charles Josselin.

Il était l’un des hommes les plus écoutés de la IVe République et jouissait d’un grand prestige chez les centristes qui appréciaient son engagement européen.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Citation[modifier | modifier le code]

« Nous lisons de temps à autre que cette guerre doit se terminer par ce qu’on appelle un affranchissement des peuples coloniaux. Dans la grande France coloniale, il n’y a ni peuple à affranchir ni discriminations raciales à abolir. Il y a des populations qui se sentent françaises et qui veulent prendre et à qui la France veut donner une part de plus en plus large dans la vie et les institutions démocratiques de la communauté française. Il y a des populations que nous entendons conduire, étape par étape, à la personnalité, pour les plus mûres aux franchises politiques mais qui n’entendent connaître d’autre indépendance que l’indépendance de la France. »

— René Pleven, alors commissaire aux Colonies, discours du 30 janvier 1944 à la Conférence africaine de Brazzaville.

Publication[modifier | modifier le code]

  • Avenir de la Bretagne, Calmann-Lévy, coll. « Questions d'actualité », , 257 p.

Archives[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Plusieurs villes de Bretagne ont donné son nom à une rue, on peut citer notamment Dinan, Plancoët, Ploubalay, Rennes, Saint-Brieuc[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Compte rendu intégral des débats de l'Assemblée nationale, Lundi 2 juin 1958, 2e séance, p. 2633 (p. 23 du PDF)
  2. Archives nationales
  3. Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Pleven, « Les Bretons », in Annuaire des dix mille Bretons, Presses universitaires de Bretagne, 1971, p. III-VIII
  • Christian Bougeard, René Pleven : un Français libre en politique, Presses universitaires de Rennes, 1994, 473 p.
  • Jean Marin, « René Pleven », Revue de la France Libre, no 281,‎ 1er trimestre 1993 (lire en ligne).
  • Emmanuel Salmon-Legagneur (dir.) et al. (préf. Yvon Bourges, anc. ministre, prés. du conseil régional de Bretagne), Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne : 1 000 noms pour les rues de Bretagne, Spézet, Coop Breizh et Institut culturel de Bretagne, , 446 p. (ISBN 978-2-84346-032-6), p. 310-311
    Notice de Jean Gourhand.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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