Rafle des Villeurbannais

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Gare de Villeurbanne, d'où sont partis les convois.
Rue du 1er-mars-1943 à Villeurbanne.

La rafle des Villeurbannais est une arrestation massive de civils qui s'est déroulée à Villeurbanne le [1].

Contexte[modifier | modifier le code]

La France est occupée par les armées nazies depuis l'armistice de 1940, mais Villeurbanne, comme Lyon, se trouve en zone libre. Après l'opération Anton, les juifs ont à subir les lois discriminatoires instaurées par le régime d'occupation.

Cette rafle de civils suit, à quelques jours près, une vaste opération menée en zone sud en représailles de l'attentat du 13 février 1943 contre deux officiers de la Luftwaffe au cours du Carrousel[Où ?], à Paris. Cette opération avait pour objectif la déportation de 2 000 juifs de l'ancienne zone libre[2].

C'est également dans le contexte plus large de la prise de conscience par les Allemands de la mise en place d'une guerre d'usure que cette rafle a lieu. Par un décret du 14 décembre 1942, Himmler exige d'une part des différents organismes policiers du Reich et en territoires occupés l’envoi dans les camps avant fin janvier 1943, puis fin juin 1943, de 35 000 « détenus aptes au travail »[3] ; en parallèle, Himmler impose désormais que les détenus des camps de concentration soient mis à contribution dans les usines du Reich. D'autre part, on se trouve également au moment où Sauckel, n'ayant pu obtenir sur la base du volontariat les bras qui manquent à l'industrie allemande, met en place le STO. Et en région lyonnaise, les réquisitions de main-d'œuvre se font sur fond d'opposition. En octobre 1942, avaient éclaté des incidents à Oullins, dans la banlieue lyonnaise, où on avait écrit sur les trains « Laval assassin ! »[4].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le 1er mars 1943, des soldats de la Wehrmacht aidés par la Milice française, mise sur pied le 30 janvier 1943, bouclent un quartier entier de Villeurbanne, compris entre l’actuelle station de métro Flachet - Alain Gilles et la place Grandclément.

Au total, trois-cents hommes de seize à soixante ans sont arrêtés. Les hommes sont rassemblés au café Jacob à l'angle du boulevard Eugène-Réguillon, sur la place Grandclément. Cent-quatre-vingts d’entre eux sont parqués dans la cour du pensionnat de l’Immaculée-Conception, d'où ils sont dirigés le soir même vers la gare de Villeurbanne. Ils sont embarqués dans des wagons, en direction de camps d'internement. Les sources divergent ici :

Ils arrivent à Mauthausen, où ils sont affectés soit au camp central, soit dans les kommandos annexes, soit encore dans d’autres camps. Soixante-trois en reviennent après la fin de la guerre. Quinze meurent dans les mois qui suivent leur retour.

Commémoration[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative apposée sur la gare de Villeurbanne, lors de la commémoration du soixantième anniversaire de la rafle, en 2003.

Chaque 1er mars, Villeurbanne se souvient de ce tragique événement. Des commémorations sont organisées par la mairie, les associations de mémoire de la Shoah et de la Déportation, ainsi qu'une messe spéciale en l'église située place Grandclément en présence des autorités civiles, des Anciens combattants et des familles de déportés (le dimanche le plus proche du 1er mars). Cette dernière est suivie de cérémonies civiles en différents points emblématiques de la rafle, jusqu'à la gare de Villeurbanne.

Une rue du 1er-mars-1943 a été dédiée à cette rafle par la commune de Villeurbanne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La rafle du 1er mars 1943 »,, sur l'Encyclopédie de Villeurbanne, .
  2. Serge Klarsfeld, Le Calendrier de la persécution des juifs de France, Fayard, , p. 1375-1384 :

    « Comme première mesure de représailles élaborée en commun par le Commandement militaire, par l’ambassade et par la Sipo-SD, il est prévu de déporter 2 000 Juifs. Cette opération se solde, pour le département du Rhône, par l’arrestation et la déportation de 79 juifs. Elle est toutefois sérieusement contrecarrée par l’attitude des autorités italiennes ainsi que par les réticences de Vichy sans qui les arrestations massives sont impossibles. »

    .
  3. Thomas Fontaine, « Chronologie de la répression et des persécutions », sur www.massviolence.org, Online Encyclopedia of Mass Violence (consulté le 3 février 2014).
  4. François Marcot (dir.), Dictionnaire Historique de la Résistance, Robert Laffont, , p. 625.
  5. Beate Husser, Françoise Leclère-Rosenzweig et Jean-Pierre Besse, Frontstalag 122 Compiègne-Royallieu : Un camp d’internement allemand dans l’Oise, 1941-1944, Edition du Conseil général de l’Oise, .
  6. Thomas Fontaine, Manuel Maris, « CONVOI du 20 AVRIL 1943. COMPIEGNE - MAUTHAUSEN » (consulté le 9 juillet 2012). Citation de Fondation pour la Mémoire de la Déportation, LIVRE-MEMORIAL des déportés de France arrêtés par mesure de répression et dans certains cas par mesure de persécution 1940-1945.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]