Edmond Michelet

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Edmond Michelet
Fonctions
Ministre d'État, chargé des Affaires culturelles
Président Georges Pompidou
Gouvernement Jacques Chaban-Delmas
Prédécesseur André Malraux
Successeur André Bettencourt (par intérim)
Jacques Duhamel
Député de la 1re circonscription du Finistère
Réélection
Législature IVe (Cinquième République)
Groupe politique UDR
Prédécesseur Marc Bécam
Successeur Marc Bécam
Élection
Législature IIIe (Cinquième République)
Groupe politique UD-Ve
Prédécesseur Roger Évrard
Successeur Marc Bécam
Ministre d'État
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Georges Pompidou IV
Ministre d'État, chargé de la Fonction publique
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Georges Pompidou IV
Prédécesseur Jean de Broglie (secrétaire d'État) (indirectement)
Successeur Robert Boulin
Membre du Conseil constitutionnel
Prédécesseur Victor Chatenay
Successeur Jules Antonini
Garde des Sceaux, ministre de la Justice
1er ministre de la Justice de la Ve République
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Michel Debré
Prédécesseur Michel Debré
Successeur Bernard Chenot
Sénateur de la Seine
Élection

Groupe politique MRP
Républicains sociaux
UNR
Député de la Corrèze
Élection
Réélection
Législature Ire Constituante
IIe Constituante
Ire (Quatrième République)
Groupe politique MRP
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris 19e
Date de décès (à 71 ans)
Lieu de décès Brive-la-Gaillarde, Corrèze
Enfants Claude Michelet
Religion Catholique

Edmond Charles Octave Michelet est un homme politique français, né à Paris 19e le , et mort à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) le [1],[2]. Il est le père de l'écrivain Claude Michelet.

Biographie[modifier | modifier le code]

Edmond Octave Michelet est le fils de Florentin Octave Michelet et Victoire Jehanne[1]. Titulaire du certificat d'études en 1912, il s'engage en 1918 dans l'infanterie mais ne monte pas au front. Établi à Brive après la guerre, il exerce, comme son père, le métier de représentant de commerce. Il préside la Jeunesse Catholique du Béarn, milite à l'Action française jusqu'en 1928 puis pour le catholicisme social. En 1930, il est président de la Jeunesse catholique de la Corrèze.

Le 17 juin 1940, il distribue des tracts dans les boîtes aux lettres de Brive qui dénoncent l'esprit de capitulation[3] et appellent ainsi à la Résistance à travers une œuvre de Charles Péguy, L'Argent, suite. Chef du mouvement de Résistance Combat en Limousin (région R5) sous le nom de Duval, il est arrêté le 25 février 1943 à Brive-la-Gaillarde par la Gestapo. Transféré à Fresnes où il est mis au secret, il est déporté en septembre 1943 à Dachau[4] où il est impressionné par la personnalité de Georges Lapierre[5]. Avant d'être assassiné, le général Charles Delestraint emprisonné avec l’évêque de Clermont-Ferrand Gabriel Piguet et le curé Lavigne à qui il donne un morceau de papier hygiénique faisant office de lettre qui donna l'ordre de « se regrouper autour de Michelet ». Edmond Michelet préside le Comité patriotique français de Dachau (organisation de retour des déportés français et espagnols). Il est rapatrié du camp parmi les derniers en juin 1945. En juillet il est délégué à l'Assemblée consultative provisoire au titre des prisonniers et déportés.

La cousine par alliance d'Edmond Michelet, Madame Granet, est aussi active dans la Résistance.

Élu député MRP de la Corrèze en 1945, il devient Ministre des Armées du général de Gaulle le 21 novembre 1945, poste qu'il occupera jusqu'au 16 décembre 1946. Réélu député en 1946 (Deuxième Assemblée nationale constituante et Assemblée nationale), il siège au Palais-Bourbon mais est battu en 1951.

Il adhère par la suite au RPF dont il devient l'un des principaux dirigeants. En 1947, il participe à la fondation du Mouvement des Républicains Populaires Indépendants, qui regroupe les exclus ou démissionnaires du MRP pour double-appartenance avec le RPF. Il est sénateur de la Seine entre 1952 et 1959 (vice-président du Conseil de la République en 1958). Le , il revient au gouvernement comme ministre des Anciens combattants (ministère de Gaulle), puis comme ministre de la Justice du 8 janvier 1959 au 24 août 1961, date à laquelle Michel Debré, mécontent de son opposition à la très dure répression menée par Maurice Papon contre le FLN et les Algériens de Paris, obtient son remplacement. Le Premier Ministre juge en effet l'action du garde des Sceaux, qui est partisan de la négociation vis-à-vis du FLN, comme beaucoup trop laxiste[6].

Garde des sceaux, Edmond Michelet signe, le 4 juin 1960 une ordonnance[7] qui modifie profondément le code pénal et le code de procédure pénale et qui rétablit la peine de mort pour raison politique abolie depuis 1848. Passée relativement inaperçue, cette ordonnance fut condamnée par des juristes éminents[8]. Lors du procès des généraux Maurice Challe et André Zeller, coauteurs du putsch du 22 avril 1961, Michelet écrit le 30 mai 1961 une lettre personnelle au procureur Besson lui enjoignant de réclamer à l'audience la peine de mort : « il est clair que pour l'un et l'autre le châtiment suprême doit normalement être réclamé. » Besson refuse ses injonctions et requiert une peine de détention criminelle à perpétuité ; le tribunal considère qu'il y a des circonstances atténuantes et la limite à quinze années. Peu de temps après, Edmond Michelet l'oblige à quitter son poste[8].

Siégeant au Conseil constitutionnel, de 1962 à 1967, Michelet est par ailleurs président international du Centre européen de documentation et d'information (CEDI) de 1962 à 1964.

En 1963, à la demande du général de Gaulle, il fonde l'Association France-Algérie[9]. Edmond Michelet devient Ministre d'État, chargé de la Fonction publique, du au (gouvernement Georges Pompidou IV), puis succède à André Malraux comme ministre des Affaires culturelles, du à son décès (gouvernement Jacques Chaban-Delmas). Il s'éteint le dans sa propriété de Marcillac, à Brive, victime d'une hémorragie cérébrale. Son épouse née Marie Vialle est décédée en 1989 à 89 ans.

Fin connaisseur de Charles Péguy, il se liera d'amitié avec les de Gaulle, ou encore Marc Chagall. André Malraux dira de lui qu'il fut « l'aumônier de la France »[réf. nécessaire].

Étant donné son rôle dans la vie politique française et son titre de Juste, on a donné son nom à plusieurs établissements scolaires dont le lycée Edmond Michelet d'Arpajon en Essonne.

Il est le grand-père de Xavier Patier, haut fonctionnaire et écrivain et de Mgr Benoît Rivière, évêque d'Autun.

La cause de béatification d'Edmond Michelet a été introduite à Rome en avril 2015.

Décorations[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Sur la fidélité en politique. Lettre à Monsieur l'Abbé G., La jeune Parque, 1949
  • Rue de la Liberté, Éditions du Seuil, 1955
  • Contre la guerre civile, Librairie Plon, 1957
  • Le Gaullisme, passionnante aventure, Librairie Arthème Fayard, 1962
  • La querelle de la fidélité. Peut-on être gaulliste aujourd'hui? Entretiens avec Alain Duhamel, Fayard, 1971

Béatification[modifier | modifier le code]

Son procès en béatification a été initié en 1976, par Mgr Jean-Baptiste Brunon, alors évêque de Tulle, pour son action à Brive-la-Gaillarde en faveur des Juifs allemands persécutés par le nazisme[10] « Il n’y a jamais eu chez lui ni confusion ni séparation entre l’amour de Dieu et l’amour du frère » chez cet « homme de réconciliation » que l’on surnommait « le ministre qui prie »[11], a souligné l'évêque d'Autun Mgr Benoît Rivière, son petit-fils.

La phase diocésaine du procès en béatification a été close mi février 2015 et le dossier transmis à Rome. Son rôle comme garde des Sceaux fait néanmoins encore polémique aujourd’hui, notamment le fait d'avoir envoyé une lettre au procureur Antonin Besson demandant la peine de mort pour les généraux putschistes[12].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque royale des Pays-Bas • WorldCat
  • Son fils Claude lui a consacré un ouvrage sous le titre Mon père, Edmond Michelet, Robert Laffont, 1981.
  • Pierre Panen, Edmond Michelet, Desclée de Brouwer, 1991.
  • Louis Terrenoire, Edmond Michelet mon ami, Nouvelle Cité, 1992.
  • Jean Charbonnel, Edmond Michelet, éd. Beauchesne, 1987.
  • Edmond Michelet, homme d'État : colloques du centenaire de la naissance d'Edmond Michelet, 1899-1999, Paris-Palais du Luxembourg, 15 et 16 octobre 1999, [24e Colloque d'Aubazine-Brive] / (publié par les Compagnons de la fraternité Edmond Michelet et le Centre national d'études de la résistance et de la déportation Edmond-Michelet). Brive-la-Gaillarde : les Compagnons de la fraternité Edmond Michelet : Centre national d'études de la résistance et de la déportation Edmond Michelet, 2000. 271 p., (ISBN 2-9501533-2-1).
  • Benoît Rivière (petit-fils d'Edmond Michelet), Prier 15 jours avec Edmond et Marie Michelet, éd. Nouvelle Cité, coll. « Prier 15 jours » no 35, Bruyères-le-Châtel (Essonne).
  • Edmond Michelet, Nous avons cru à l'amour, Agnès Brot (petite-fille d'Edmond Michelet), Coll. « Paroles de Vie », éditions de Livre ouvert
  • Bernard Zeller (préf. Michel Déon), L'autre visage d'Edmond Michelet : 1899-1970, Versailles, Via Romana, , 294 p. (ISBN 979-1-090-02925-5)
  • Pascal Bousseyroux, « Edmond Michelet et la Gauche », in Encyclo. Revue de l'école doctorale ED 382, no 1, 2012, p. 99-121, [lire en ligne].
  • Gilbert Beaubatie / Françoise Germane, La Maison d'Edmond Michelet. Haut lieu de la Résistance à Brive et en France, Tulle, Mille Sources, 2017 (ISBN 2-909744-40-X).
  • Olivier Herbinet, Edmond Michelet, un démocrate chrétien à l'épreuve du gaullisme intégral, Mémoire de Master 2, Rennes 2, UHB, 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 19/2735/1899, avec mention marginale du décès (consulté le 5 juillet 2012).
  2. Site de l'Assemblée nationale.
  3. l'armistice est signée le 22 juin
  4. Voir son livre Rue de la Liberté.
  5. Secrétaire général du SNI reconstitué dans la clandestinité et membre du réseau Libération-Nord
  6. Patrick Rotman et Hervé Hamon, Les porteurs de valises. La Résistance française à la guerre d’Algérie, éd. Albin Michel, 1979
  7. 60-529 du 4 juin 1960, publiée le 8 juin 1960 est au Journal Officiel et prise en vertu des pouvoirs spéciaux votés au début de février de la même année au gouvernement Debré, Edmond Michelet rétablit la peine de mort en matière politique, edmond-michelet.blogspot.cz, 30 janvier 2011
  8. a et b Antonin Besson, Le Mythe de la Justice, Plon, 1973
  9. Association France-Algérie
  10. La cause de béatification d’Edmond Michelet a été ouverte en 1976
  11. Journal Missa
  12. http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/France/La-phase-diocesaine-du-proces-en-beatification-d-Edmond-Michelet-cloturee-2015-02-27-1285538

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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