Affaire du bazooka

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L'affaire du bazooka est le nom donné à l'attentat manqué contre le général français Raoul Salan à Alger, le , pendant la guerre d'Algérie ; Salan était alors commandant interarmées à Alger, poste qu'il venait de prendre quelques mois auparavant.

Attentat[modifier | modifier le code]

À 19 heures, deux roquettes sont tirées depuis l'immeuble voisin contre le bâtiment qui abrite le commandement de la Xe région militaire, place d'Isly à Alger. Le général Salan n'est pas présent dans l'immeuble au moment du tir, mais la roquette, qui explose dans le bureau du cabinet militaire, tue un de ses proches collaborateurs, le commandant Rodier (né en 1906).

Le « bazooka » est en fait un tuyau de fonte sur lequel avait été monté un dispositif électrique de mise à feu. Les auteurs de l'attentat sont le contre-terroriste expert en explosifs Philippe Castille secondé par Michel Fechoz ; le commanditaire, René Kovacs, un médecin algérois de l'ORAF militant pour l'Algérie française, voulait remplacer Salan par le général René Cogny. Ce dernier était alors réputé être plus déterminé à conserver les départements d'Algérie au sein de la République française.

Interrogé par la police, Kovacs met en cause des personnalités de premier plan, réunies dans un « comité des six », le député corse Pascal Arrighi, le sénateur Michel Debré, un certain monsieur Giscard-Monservain (contraction des noms des députés Valéry Giscard d'Estaing et Roland Boscary-Monsservin), le général Jacques Faure et Jacques Soustelle, mais sans apporter de preuves[1]. L'enquête n'aboutira jamais. Pour Kovacs c'est Alain Griotteray qui aurait laissé entendre aux auteurs de l'attentat que la disparition de Salan aplanirait les difficultés.

Attentat de l'Observatoire[modifier | modifier le code]

Cette affaire resurgit deux ans plus tard, en 1959, peu après l'attentat de l'Observatoire, quand François Mitterrand pour sa défense l'évoquera publiquement lors de la séance au Sénat pour la levée de son immunité parlementaire, mettant en cause Michel Debré, alors Premier ministre du président de Gaulle. Selon Mitterrand, qui était ministre de la Justice en 1957, Michel Debré serait intervenu auprès de lui pour étouffer l'affaire.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bruno Fuligny & Jean-Baptiste Bourrat, Dans les archives inédites des Services Secrets français, L'Iconoclaste (ISBN 978-2-91336-629-9).

Articles connexes[modifier | modifier le code]