Jean-Marcel Jeanneney

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Jean-Marcel Jeanneney
Image illustrative de l'article Jean-Marcel Jeanneney
Fonctions
Garde des Sceaux, ministre de la Justice (par intérim)
6e ministre de la Justice de la Ve République

(1 mois et 23 jours)
Président Alain Poher (par intérim)
Gouvernement Maurice Couve de Murville
Prédécesseur René Capitant
Successeur René Pleven
Ministre d'État

(9 mois et 16 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Maurice Couve de Murville
Ministre des Affaires sociales

(2 ans, 4 mois et 23 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Georges Pompidou III
Georges Pompidou IV
Successeur Maurice Schumann
Ministre de l'Industrie
Ministre de l'Industrie et du Commerce du au

(3 ans, 3 mois et 6 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Michel Debré
Député de la 2e circonscription de l'Isère

(1 mois et 1 jour)
Législature IVe (Cinquième République)
Prédécesseur Pierre Mendès France
Successeur Pierre Volumard
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris (France)
Date de décès (à 99 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique UDR
Père Jules Jeanneney
Conjoint Marie-Laure Monod (1913-2008)
Enfants huit enfants (5 filles et 3 garçons), dont Jean-Noël Jeanneney
Diplômé de École libre des sciences politiques (1936)

Jean-Marcel Jeanneney, né le dans le 7e arrondissement de Paris et mort le dans la même ville, est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Franc-comtois d'origine, il est le fils unique de Jules Jeanneney, président du Sénat de 1932 à 1942. Camarade d'études de Michel Debré, il est licencié en lettres, diplômé d'économie à l'École libre des sciences politiques (1936), docteur en droit et agrégé de sciences économiques. Il a enseigné aux universités de Grenoble et de Dijon. Après la guerre, il participe activement à la création de l'Institut d'études politiques de Grenoble en 1948, et en est même considéré comme le fondateur[1].

Il enseigne comme professeur de politique économique à l'Université de Paris I à partir de 1970 et entre à la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP). Il participe en 1981 à la création de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), et le préside jusqu'en 1989.

Marié à Marie-Laure Monod (1913-2008), il est le père de huit enfants (5 filles et 3 garçons), dont Jean-Noël Jeanneney, ancien président de Radio France et de la Bibliothèque nationale de France.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

De 1944 à 1946, Jean-Marcel Jeanneney est directeur de cabinet de son père, ministre d'État dans le Gouvernement provisoire de la République française. Il participe au comité Rueff-Pinay, réuni en 1958 par Jacques Rueff pour étudier la réforme économique française.

Ministre de l'Industrie et du Commerce, puis seulement de l'Industrie, dans le gouvernement Michel Debré (1959-1962), il est ensuite ambassadeur et haut représentant de France en Algérie (juillet 1962 - janvier 1963), le premier après l'indépendance. Il est nommé au Conseil économique et social en 1964, puis occupe les fonctions de ministre des Affaires sociales du au , dans les gouvernements Georges Pompidou III et IV. Lors des élections législatives de juin 1968, il est élu de justesse député (UDR) de l'Isère contre Pierre Mendès France.

Il est ministre d'État dans le gouvernement Maurice Couve de Murville (1968-1969), chargé du dossier de la régionalisation et la réforme du Sénat qui est repoussé lors du référendum du 27 avril 1969 et entraîne le départ du général de Gaulle de la présidence de la République. Il assure ensuite l'intérim au ministère de la Justice pendant quelques semaines.

De 1967 à 1989, Jean-Marcel Jeanneney est maire de Rioz (Haute-Saône). Il siège également à l'assemblée départementale de la Haute-Saône, qu'il préside de 1970 à 1971. Il prend peu à peu ses distances vis-à-vis de la majorité qui soutient Georges Pompidou, déclarant notamment ne plus croire au « gaullisme sans de Gaulle ». Le , il démissionne de l'UDR et rejoint l'année suivante le Mouvement réformateur de Jean Lecanuet et Jean-Jacques Servan-Schreiber.

Il apporte son soutien à François Mitterrand au second tour de l'élection présidentielle de 1974. Il vote également pour le candidat socialiste en 1981, mais sans prendre position publiquement, en raison de ses « relations amicales avec Raymond Barre[2] ». Après la victoire de la gauche, il est représentant personnel du nouveau président pour la préparation du sommet des pays industriels à Ottawa. En 2007, il appelle une nouvelle fois à voter pour le candidat du Parti socialiste dans une lettre adressée au Nouvel Observateur et relayée sur le site de Ségolène Royal[3].

Il meurt à Paris le , deux mois avant ses cent ans[4].

Synthèse des fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

  • Ministre de l'Industrie et du Commerce dans le gouvernement Michel Debré, du 8 janvier 1959 au 17 novembre 1959
  • Ministre de l'Industrie dans le gouvernement Michel Debré, du 17 novembre 1959 au 14 avril 1962
  • Ministre des Affaires Sociales dans les gouvernements Georges Pompidou III et IV, du 8 janvier 1966 au 31 mai 1968
  • Ministre d'État dans le gouvernement Maurice Couve de Murville, du 10 juillet 1968 au 28 avril 1969
  • Ministre d'État, Garde des Sceaux, ministre de la Justice par intérim dans le gouvernement Maurice Couve de Murville, du 28 avril 1969 au 20 juin 1969

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr)Jean-Marcel Jeanneney et Olivier Ihl, « L'histoire de Sciences Po Grenoble - 1948-1970 : Les années de fondation », sur olivierihl.fr (consulté le 12 octobre 2010)
  2. Jean Mauriac, L'Après de Gaulle, éd. Fayard, 2006, p. 349.
  3. Jacques Julliard, « Ségolène et de Gaulle », Le Nouvel Observateur, 12 avril 2007.
  4. « Décès de Jean-Marcel Jeanneney », dépêche AFP reprise par Le Figaro, le 17 septembre 2010.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Essai sur les mouvements des prix en France : 1927-1935, Sirey, 1936.
  • Économie et droit de l'électivité, Domat-Montchrestien, 1950.
  • Les commerces de détail en Europe occidentale, Presses de la FNSP, 1954.
  • Forces et faiblesses de l'économie française : 1945-1959, Armand Colin, 2ème édition 1959.
  • Textes de droit économique et social français : 1789-1957, Presses de la FNSP, 1957.
  • À mes amis gaullistes, 1973, Presses-Pocket.
  • Éléments d'économie politique, PUF, 5ème édition 1974.
  • Le Patricien et le Général. Jean-Marcel Jeanneney et Charles de Gaulle, 1958-1969., Éric Kocher-Marboeuf, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, 2003, 2 tomes, 1209 p. ( (ISBN 2-11-093697-5 et 2-11-093699-1))
  • Écoute la France qui gronde, essai, éditions Arléa, 1996, (ISBN 2-86959-293-0).
  • Une mémoire républicaine (entretiens avec Jean Lacouture), éditions du Seuil, 1997
  • Les économies de l'Europe occidentale et leur environnement international de 1972 à nos jours : des diagrammes, des chiffres et une chronologie précédés de comparaisons historiques. Jean-Marcel Jeanneney et Georges Pujals, L'Observatoire français des conjonctures économiques, 2005. (ISBN 9782213623498)

Liens externes[modifier | modifier le code]