Max Lejeune

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Max Lejeune
Illustration.
Max Lejeune vers 1950.
Fonctions
Député français

(18 ans, 9 mois et 28 jours)
Élection 30 novembre 1958
Réélection 25 novembre 1962
12 mars 1967
30 juin 1968
11 mars 1973
Circonscription 4e de la Somme
Législature Ire, IIe, IIIe, IVe et Ve (Cinquième République)
Groupe politique SFIO (1936-1967)
FGDS (1967-1973)
RDS (1973-1977)
Prédécesseur Circonscription créée
Successeur Chantal Leblanc

(13 ans et 29 jours)
Élection 21 octobre 1945
Réélection 2 juin 1946
10 novembre 1946
17 juin 1951
2 janvier 1956
Circonscription Somme
Législature Ire Constituante
IIe Constituante
Ire, IIe et IIIe (Quatrième République)
Groupe politique SFIO (1936-1967)

(5 ans, 11 mois et 30 jours)
Élection 3 mai 1936
Circonscription Somme
Législature XVIe (Troisième République)
Groupe politique SFIO (1936-1967)
Sénateur français

(17 ans, 11 mois et 29 jours)
Élection 25 septembre 1977
Réélection 28 septembre 1986
Circonscription Somme
Groupe politique GD (1977-1989)
RDE (1989-1995)
Ministre d'État

(18 jours)
Président René Coty
Président du Conseil Pierre Pflimlin
Gouvernement Pflimlin
Ministre sans portefeuille

(15 jours)
Président René Coty
Président du Conseil Pierre Pflimlin
Gouvernement Pflimlin
Prédécesseur Félix Houphouët-Boigny
Successeur Guy Mollet
Ministre du Sahara

(7 mois et 7 jours)
Président René Coty
Président du Conseil Charles de Gaulle
Gouvernement De Gaulle III
Prédécesseur Édouard Corniglion-Molinier
Successeur Jacques Soustelle

(11 mois et 1 jour)
Président René Coty
Président du Conseil Maurice Bourgès-Maunoury
Félix Gaillard
Gouvernement Bourgès-Maunoury
Gaillard
Prédécesseur Poste créé
Successeur Édouard Corniglion-Molinier
Secrétaire d'État aux forces armées

(1 an, 4 mois et 12 jours)
Président René Coty
Président du Conseil Guy Mollet
Gouvernement Mollet
Prédécesseur Jacques Chevallier
Successeur Pierre Métayer

(1 an et 30 jours)
Président Vincent Auriol
Président du Conseil René Pleven
Henri Queuille
Gouvernement Pleven I
Queuille III
Prédécesseur Lui-même
Successeur Pierre de Chevigné

(2 ans, 2 mois et 14 jours)
Président Vincent Auriol
Président du Conseil Robert Schuman
André Marie
Henri Queuille
Georges Bidault
Gouvernement Schuman I
Marie
Schuman II
Queuille I
Bidault II
Successeur Lui-même
Ministre des Anciens Combattants et Victimes de guerre

(1 mois et 6 jours)
Président Vincent Auriol (IVe République)
Président du Conseil Léon Blum
Gouvernement Blum III
Prédécesseur Laurent Casanova (indirectement)
Successeur François Mitterrand
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Flesselles (France)
Date de décès (à 86 ans)
Lieu de décès Abbeville (France)
Sépulture Cimetière de Longpré-les-Corps-Saints
Diplômé de Sorbonne

Max Lejeune
Maires d'Abbeville

Max Lejeune est un homme politique français, né le à Flesselles (Somme) et mort le à Abbeville (Somme). Il est membre de la SFIO. Il est notamment député puis sénateur jusqu'en 1995, et ministre en 1958-1959.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'instituteurs, Max Lejeune passe son enfance aux Moulins-Bleus (commune de L'Étoile), à proximité de l'école où ses parents Paul et Berthe enseignent de 1910 à 1921. Il fait, en qualité de boursier, ses études secondaires au lycée d'État de garçons d'Amiens et des études supérieures à La Sorbonne où il est licencié en lettres et diplômé d'études supérieures de géographie.

Débuts à la SFIO[modifier | modifier le code]

Il s'engage très jeune, en 1929, dans le militantisme de gauche à la SFIO derrière Marceau Pivert et la Bataille socialiste, il est secrétaire du groupe des étudiants socialistes de Paris. Il se rapproche par la suite du secrétaire général Paul Faure et de sa ligne pacifiste.

Élu en 1936, il est l'un des plus jeunes députés du Front populaire. Au terme d'une campagne intense, il bat au second tour le député sortant, candidat de la droite, Jean Coache, à l'issue d'une triangulaire, avec une courte avance de 29 voix.

Mobilisé en 1939, il sert dans la Ligne Maginot en tant que commandant du Bloc 15 de l'Ouvrage de Métrich[1]. Il est fait prisonnier en . Il ne prend donc pas part au vote du attribuant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, ce qui lui permet de poursuivre sa carrière parlementaire après la guerre.

Lors de la visite dans son stalag de Georges Scapini responsable à Vichy des prisonniers de guerre, Max Lejeune, harangue avec hostilité la délégation pétainiste. Son attitude lui vaut d'être envoyé dans un camp de représailles à Colditz dont il tente de s'évader, sans succès. Il est envoyé, par la suite, à l'Oflag X-C de Lübeck où il parvient à établir un réseau de résistance et une liaison avec la France libre.

Après la guerre, il est membre de l'Assemblée consultative provisoire, puis des deux Assemblées constituantes.

La Somme[modifier | modifier le code]

Il est, sous la IVe République et sous la Ve République jusqu'aux années 1980, l'« homme fort » du département de la Somme, cumulant les mandats de député (de 1945 à 1977) puis sénateur (de 1977 à 1995), maire d'Abbeville (de 1947 à 1989) et de président du Conseil général de la Somme (de 1947 à 1988).

Il veille en tant que maire à la reconstruction de la ville d'Abbeville, détruite par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale et mène à bien en tant que président du conseil général de la Somme plusieurs projets importants comme le Syndicat mixte d'aménagement de la côte picarde (SMACOPI), le parc de Samara et l'Historial de la Grande Guerre de Péronne.

Au gouvernement[modifier | modifier le code]

Il fait, sous la IVe République, une carrière politique brillante : il est député pendant toute sa durée, de 1946 à 1958 et de à , il exerce à onze reprises diverses responsabilités ministérielles. Il est tour à tour ministre des Anciens Combattants, Secrétaire d'État aux Forces armées, ministre du Sahara, ministre d'État et ministre sans portefeuille. De 1954 à 1955, il préside la commission de la Défense nationale de l'Assemblée nationale.

Pendant la Guerre d'Algérie, il est un adversaire de l'indépendance de l'Algérie[2]. Il se définit alors comme partisan de l'Algérie dans la République. Il défend la politique menée et la conduite de l'armée en Algérie. Il est un des responsables de l'arraisonnement de l'avion qui transporte vers Tunis les chefs du FLN, dont Ben Bella le , et est un des principaux protagonistes de l'Expédition de Suez.

Le 4 octobre 1958, Max Lejeune est ministre du Sahara au sein du gouvernement Charles de Gaulle III. Il signe donc l'exemplaire original de la Constitution de la Ve République, aux côtés du Président de la République René Coty et du Président du Conseil Charles de Gaulle. L'année 1959 marque la fin de sa carrière ministérielle.

Relations difficiles avec le Parti socialiste[modifier | modifier le code]

Le , il est exclu de la S.F.I.O. en raison de son opposition à la Communauté européenne de défense, mais réintégré en .

Membre du Parti socialiste, il en refuse la ligne politique définie en 1971 au congrès d'Épinay. Rejetant l'Union de la gauche c'est-à-dire l'alliance avec le PCF, il se rapproche du centre et du Mouvement réformateur, et fonde le le Mouvement démocrate socialiste, devenu le Parti social-démocrate (PSD) qui est absorbé par l'UDF.

En 1989, après 42 ans de mandat, il perd la mairie d'Abbeville au profit du député socialiste Jacques Beck.

Il est mort, en 1995, à Abbeville, après 59 ans d'une carrière politique. Il est inhumé dans le caveau familial au cimetière de Longpré-les-Corps-Saints, non loin d'Abbeville.

Hommage et décorations[modifier | modifier le code]

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Fonctions électives[modifier | modifier le code]

  • Député (SFIO) de la Somme (1936-1942)
  • Député (SFIO) de la Somme (1945-1977)
  • Sénateur de la Somme (1977-1995)
  • Conseiller général, président du conseil général de la Somme (1945-1988)
  • Maire d'Abbeville (Somme) (1947-1989)
  • Vice-président de l'Assemblée nationale (1967-1968, puis 1970-1971)
  • Président du conseil régional de Picardie (1978-1979)

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marc Binot., Max Lejeune l'irréductible, t. 1 : L'enfant chéri du socialisme picard (1909-1955), Amiens, Martelle, , 285 p. (ISBN 978-2-87890-087-3, OCLC 54512721).
  • Jean-Marc Binot, Max Lejeune l'irréductible, t. 2 : Du ministre de la Quatrième au notable de la Cinquième : 1956-1995, Amiens, Martelle, (ISBN 978-2-87890-092-7, OCLC 470141505)
  • Julien Cahon, « Max Lejeune. Du socialisme réformiste au centrisme réformateur » in Politique, culture, société, no 14, mai- (revue numérique).
  • « Max Lejeune », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Truttman, « Metrich La mort d’un Géant », Histoire de Guerre N°19,‎
  2. Alain Herbeth, « La gauche "Algérie française" », La Nouvelle Revue d'histoire, n°85 de juillet-août 2016, p. 27-29
  3. « Ordre du Mérite saharien », sur www.france-phaleristique.com (consulté le )

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]