Max Lejeune

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Max Lejeune
Image illustrative de l'article Max Lejeune
Fonctions
Député 1936-1942
puis 1945-1977
Sénateur 1977-1995
Gouvernement IIIe République-IVe République-Ve République
Groupe politique SFIO (1936-1967)
FGDS (1967-1973)
RDS (1973-1977)
GD (1977-1989)
RDE (1989-1995)
Ministre d'État
Gouvernement Pflimlin
Ministre sans portefeuille
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Flesselles (France)
Date de décès (à 86 ans)
Lieu de décès Abbeville (France)
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Max Lejeune est un homme politique français, né le à Flesselles (Somme) et mort le à Abbeville (Somme). Il fut membre de la SFIO. Il est notamment député puis sénateur jusqu'à sa mort en 1995, et ministre en 1958-1959.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'instituteurs, Max Lejeune passa son enfance aux Moulins-Bleus (commune de L'Étoile), à proximité de l'école où ses parents Paul et Berthe enseignèrent de 1910 à 1921. Il fit, en qualité de boursier, ses études secondaires au Lycée d'État de Garçons d'Amiens et des études supérieures à La Sorbonne où il fut licencié en lettres et diplômé d'études supérieures de géographie.

Débuts à la S.F.I.O.[modifier | modifier le code]

Il s'engagea très jeune, en 1929, dans le militantisme de gauche à la S.F.I.O. derrière Marceau Pivert, il fut secrétaire du groupe des étudiants socialistes de Paris.

Élu en 1936, il a été l'un des plus jeunes députés du Front populaire. Au terme d'une campagne intense, il battit au second tour le député sortant, candidat de la droite, Jean Coache, à l'issue d'une triangulaire, avec une courte avance de 29 voix.

Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier en . Il ne prit donc pas part au vote du attribuant les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, ce qui lui permit de poursuivre sa carrière parlementaire après la guerre.

Lors de la visite dans son stalag de Georges Scapini responsable à Vichy des prisonniers de guerre, Max Lejeune, harangua avec hostilité la délégation pétainiste. Son attitude lui valut d'être envoyé dans un camp de représailles à Colditz dont il tenta de s'évader, sans succès. Il fut envoyé, par la suite, au camp de Lübeck où il parvint à établir un réseau de résistance et une liaison avec la France libre.

Après la guerre, il fut membre de l'Assemblée consultative provisoire, puis des deux Assemblées constituantes.

La Somme[modifier | modifier le code]

Il fut, sous la IVe République et sous la Ve République jusqu'aux années 1980, l'« homme fort » du département de la Somme, cumulant les mandats de député (de 1945 à 1977) puis sénateur (de 1977 à 1995), maire d'Abbeville (de 1947 à 1989) et de Président du Conseil général de la Somme (de 1947 à 1988).

Il veilla en tant que maire à la reconstruction de la ville d'Abbeville, détruite par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale et mena à bien en tant que Président du Conseil général de la Somme plusieurs projets importants comme le Syndicat mixte d'aménagement de la côte picarde (SMACOPI), le parc de Samara et l'Historial de la Grande Guerre de Péronne.

Au gouvernement[modifier | modifier le code]

Il fit, sous la IVe République, une carrière politique brillante : il fut député pendant toute sa durée, de 1946 à 1958 et de décembre 1946 à janvier 1959, il exerça à onze reprises diverses responsabilités ministérielles. Il fut tour à tour ministre des Anciens Combattants, Secrétaire d'État aux Forces armées, ministre du Sahara, ministre d'État et ministre sans portefeuille. De 1954 à 1955, il présida la commission de la Défense nationale de l'Assemblée nationale.

Pendant la Guerre d'Algérie, il fut un adversaire de l'indépendance de l'Algérie[1]. Il se définissait comme partisan de l'Algérie dans la République. Il défendit la politique menée et la conduite de l'armée en Algérie. Il fut un des responsables de l'arraisonnement de l'avion qui transportait vers Tunis les chefs du FLN, dont Ben Bella le , et fut un des principaux protagonistes de l'Expédition de Suez.

Au début de la Ve République, il fut ministre du Gouvernement Charles de Gaulle de 1958 à 1959. L'année 1959 marqua la fin de sa carrière ministérielle.

Max Lejeune était membre du Comité directeur de l'Association France-Israël.

Relations difficiles avec le Parti socialiste[modifier | modifier le code]

Le , il fut exclu de la S.F.I.O. en raison de son opposition à la Communauté européenne de défense mais réintégré en juillet 1955.

Membre du Parti socialiste, il en refusa la ligne politique définie en 1971 au congrès d'Épinay. Rejetant l'Union de la gauche c'est-à-dire l'alliance avec le PCF., il se rapprocha du centre et du Mouvement réformateur, et fonda le le Mouvement démocrate socialiste, devenu le Parti social-démocrate (PSD) qui a été absorbé par l'UDF.

Il est mort, en 1995, à Abbeville, après 59 ans d'une carrière politique. Il est inhumé dans le caveau familial au cimetière de Longpré-les-Corps-Saints non loin d'Abbeville.

Hommage et Décorations[modifier | modifier le code]

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Fonctions électives[modifier | modifier le code]

  • Député (SFIO) de la Somme (1936-1942)
  • Député (SFIO) de la Somme (1945-1977)
  • Sénateur de la Somme (1977-1995)
  • Conseiller général, président du Conseil Général de la Somme (1945-1988)
  • Maire d'Abbeville (Somme) (1947-1989)
  • Vice-président de l'Assemblée nationale (1967-1968, puis 1970-1971)
  • Président du Conseil régional de Picardie (1978-1979)

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marc Binot., Max Lejeune l'irréductible, t. 1 : L'enfant chéri du socialisme picard (1909-1955), Amiens, Martelle, (ISBN 978-2-878-90087-3, OCLC 54512721).
  • Jean-Marc Binot, Max Lejeune l'irréductible, t. 2 : Du ministre de la Quatrième au notable de la Cinquième : 1956-1995, Amiens, Martelle, (ISBN 978-2-878-90092-7, OCLC 470141505)
  • Julien Cahon, « Max Lejeune. Du socialisme réformiste au centrisme réformateur » in Politique, culture, société, no 14, mai-août 2011 (revue numérique).
  • « Max Lejeune », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Herbeth, « La gauche "Algérie française », Nouvelle Revue d'Histoire, n°85 de juillet-août 2016, p. 27-29

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]