Jean Boissel

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Jean Boissel
Boissel, Jean (right) and Streicher, Julius (left).jpg

Julius Streicher et Jean Boissel lors du rassemblement de la Ligue antijuive universelle le 9 mai 1935 au Herkules-Velodrom à Nuremberg.

Fonction
Directeur
Le Réveil du peuple
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
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Architecte, journaliste, militant politiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
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Conflit

Jean Boissel ( à Bains-1951) est un sergent de la Première Guerre mondiale, aviateur, architecte, journaliste et militant d'extrême droite français.

Il est le fondateur et directeur de l'hebdomadaire collaborationniste parisien Le Réveil du peuple.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Fils de gendarme, Boissel est gravement blessé lors de la Première Guerre mondiale. Il reste mutilé à vie et sera pensionné à cent pour cent. Il poursuit ensuite ses réalisations architecturales. Il est l'architecte de nombreux édifices, principalement des villas au Touquet-Paris-Plage dont certaines sont classées à l'inventaire général du patrimoine architectural français.

En 1934, très imprégné des concepts ethno-racialistes chers à Arthur de Gobineau, il s'engage sur le plan politique et crée une éphémère légion frontiste dénommée Front franc (Racisme International Fascisme) se voulant à la fois « antimaçonnique, antiparlementaire et antijudéométèque ». Il fonde les Croix de Sang pour faire pendant aux Croix de Feu, puis en mai 1935, il se rend à Nuremberg pour y participer au congrès de la Ligue antijuive universelle aux côtés du propagandiste nazi Julius Streicher[1]. En 1936, il est même reçu par Adolf Hitler[2]. Il entre également en correspondance avec Theodor Kessemeier, responsable du Deutscher Fichte-Bund[3].

Dans Le Réveil du peuple, bimensuel violemment antisémite qu'il dirige durant les années 1930, il profère des menaces de mort contre Léon Blum alors président du Conseil. Il sera condamné à quatre mois de prison en 1938. L'année suivante, il prend la défense de Roger Cazy, délégué régional du Front franc incarcéré pour avoir diffusé de la propagande hitlérienne à Arras. Arrêté et emprisonné à son tour pour intelligence avec l'ennemi, Boissel est libéré par les Allemands. Contrairement à Marcel Déat, Jacques Doriot ou Eugène Deloncle, il ne tient qu'un rôle de second plan dans la collaboration. Il préside un groupuscule collaborationniste, l'Union des forces françaises, qui organise en février 1943 un « pèlerinage » à la tombe du polémiste antisémite Édouard Drumont[4]. Arrêté en 1944, condamné à mort en 1946, sa peine est commuée en emprisonnement. Il meurt en prison en 1951.

C'est « Neuneuil » dans D'un château l'autre de Céline.

Réalisations architecturales au Touquet-Paris-Plage[modifier | modifier le code]

La Poste[modifier | modifier le code]

Poste du Touquet.

Elle fut construite en 1927 par Delcourt Frères. Jean Boissel remporta le concours organisé par la municipalité (les perdants furent les architectes Louis Quételart et Albert Pouthier). Boissel a voulu garder le souvenir que ce bâtiment a été construit à l'emplacement de l'ancienne église Saint-Jean, d'où la fantaisie architecturale du petit clocher. Ont collaboré à ce projet : le céramiste Delassus et le peintre-verrier Jeannin Gaëtan. Inscrite aux MH par arrêté du [5].

Villas[modifier | modifier le code]

  • Banco
  • Blanc-Mesnil
  • Carte Blanche
  • Clarendon House
  • Forêt bleue
  • Loin des flots (rebaptisée « Oxer » en 1946). Construite vers 1925[6]. Le nom « Oxer » est un obstacle sur un champ de courses; ce nom a été choisi par le propriétaire de la villa, grand amateur d'équitation.
  • Mamette
  • La Marotte (rebaptisée « Le Manoir des Pins) ». Construite au début du XXe siècle[7].
  • L'Oiseau bleu
  • Pare-Brise
  • Sable d'Or
  • Sainte-Thérèse

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les Croix le sang, Paris, Éditions Rénovation, 1933. Réédition sous le titre : Les Croix de sang. Recueil d'opinions, Paris, Steff, [1934].
  • Le Juif, poison mortel, conférence donnée à la salle des Centraux le 4 janvier 1935, Paris, Éditions R.I.F., coll. « Les grandes conférences de combat », 1935.
  • L'Appel à la France, lancé par Jean Boissel le 30 juin 1938, Paris, Éditions du « Réveil du peuple », 1941.
  • Charte du Front franc, Paris, Éditions du « Réveil du peuple », 1941.
  • Charte du Front Franc, précédée d'un Appel à la France, introduction de A. Féval, Paris, Éditions du « Réveil du peuple », 1941.
  • La crise, œuvre juive : manière de la conjurer, suivi de La charte anti-judéo-maçonnique, Paris, Éditions du « Réveil du peuple », 1941.
  • Mon discours de Nüremberg (9 mai 1935) : « La paix des anciens combattants », préface d'Alphonse de Châteaubriant, Paris, Éditions du « Réveil du peuple », 1941
  • Souvenirs de mes prisons, préface de Roger Cazy, Paris, Éditions du « Réveil du peuple », 1941.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Beaujour Paul-Louis, Jean Boissel et Le Front Franc ou La vraie vie du « Neuneuil » de Céline, 254 p., 2015, collection pour l’Histoire, Éditions Déterna, (ISBN 9782360060788)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pascal Ory, Les Collaborateurs, coll. Points/histoire, éd. du Seuil, 1976, p. 25
  2. Pascal Ory, op. cit., p. 93
  3. Paul Nizan, « M. Jean Boissel s'est donné un maître : Streicher », Ce soir, 21 juillet 1939, p. 3.
  4. Le Petit Parisien, 3 février 1943, p. 3.
  5. Notice no IA62000154, base Mérimée, ministère français de la Culture
  6. Notice no IA62000201, base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. Notice no IA62000163, base Mérimée, ministère français de la Culture