René de Chambrun

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René Aldebert Pineton de Chambrun (Paris, id., [1]) est un avocat d'affaires, membre de la famille Pineton de Chambrun. Il était le gendre de Pierre Laval.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

René de Chambrun est le fils de Jacques Aldebert de Chambrun (1872-1962), général de corps d'armée, et descendait de La Fayette par sa grand-mère paternelle Marie Henriette Hélène Marthe Tircuy de Corcelle (fille de l'homme politique et diplomate Francisque de Corcelle).

Ses oncles paternels sont Pierre de Chambrun, Charles de Chambrun et, par alliance, Pierre Savorgnan de Brazza.

Sa mère Clara Eleanor Longworth (1873-1954), citoyenne américaine, écrivain spécialiste de Shakespeare, est la sœur de Nicholas Longworth (1869-1931), membre éminent du Parti républicain, gendre de Theodore Roosevelt et président (1925-1931) de la Chambre des représentants des États-Unis. De ce fait, René de Chambrun possédait la double nationalité française et américaine. Il eut comme parrain le président des États-Unis William Howard Taft.

Années de formation[modifier | modifier le code]

Il fait ses études au collège Stanislas de Paris. Il est licencié ès lettres, docteur en droit et diplômé de l'École libre des sciences politiques.

Il se spécialise dans le droit international privé et devient avocat à la cour d'appel de Paris et au barreau de New York.

Membre du CASG Paris, il est sélectionné pour la finale de rugby à XV du Championnat de France contre le Stade toulousain, le . Malade, il doit décliner sa sélection.

De 1929 à 1934, il vit aux États-Unis. En 1931, il fait visiter les États-Unis au maréchal Pétain, qu'il connaît depuis son enfance, venu avec son père le général de Chambrun représenter la France au 150e anniversaire de la bataille de Yorktown dirigée par le comte de Rochambeau. Il sert d'interprète au maréchal Pétain lors de ce voyage. Le maréchal le surnomme le « petit lapin ».

Avocat[modifier | modifier le code]

En 1934, il s'installe à Paris en tant qu'avocat dans l'immeuble de la National City Bank, 52, avenue des Champs-Élysées, dont son père est le président[2]. Sa première cliente est Coco Chanel qui prévoyait des difficultés avec Pierre Wertheimer, propriétaire de la société Bourjois, avec lequel elle s'était associée pour lancer le No 5. Le cabinet de Chambrun et associés devint un important cabinet d'avocats d'affaires.

Le , il épouse[3] à Sainte-Clotilde, Josée Laval ( Paris- Paris), fille unique de Pierre Laval et de Jeanne Claussat ( fille du Dr Claussat, député-maire de Châteldon), surnommée « Chérie-Chérie » par son ami Paul Morand. Parmi les témoins figurent le général Pershing et la tante de René, Alice Roosevelt Longworth. Le couple a une vie très mondaine, se liant à Louise de Vilmorin, Marie-Laure de Noailles, Florence Jay-Gould, André Fraigneau, Coco Chanel, Henri Sauguet, Arlettyetc.

La même année, il achète à son cousin Louis de Lasteyrie, le château de La Grange-Bléneau à Courpalay qui avait appartenu à La Fayette. Sa femme et lui le restaurent avec soin[4].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Mobilisé en août 1939, comme lieutenant au 162e régiment d’infanterie de forteresse, il est affecté en novembre comme officier de liaison au corps expéditionnaire anglais. Le , il est nommé capitaine et attaché militaire adjoint à Washington. Il rentre en France fin août 1940 et rencontre le maréchal Pétain. Il a indiqué qu'il avait obtenu de Roosevelt l'envoi de vivres en zone libre si le maréchal acceptait de faire une déclaration en faveur de États-Unis et fait cesser les attaques contre l’Angleterre. Démobilisé, il repart quelques jours après avec sa femme et fait une tournée de conférences dans les principales villes américaines présentant son livre I saw France fall. Will she rise again?. Il rentre en France en février 1941, son beau-père ayant été évincé du pouvoir en décembre 1940.

Proche de son beau-père, il rencontre fin mars 1942, le maréchal Pétain à Vichy, ce qui aurait pu avoir une influence sur le retour de Pierre Laval au pouvoir.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

À la Libération, il se cache quelque temps avec sa femme dans les environs de Paris, mais n'ayant pas eu une part active dans la vie politique malgré leurs nombreuses relations mondaines avec le milieu vichyste et allemand, ils ne sont pas inquiétés. L'instruction ouverte à son encontre par la cour de justice de la Seine sera classée sans suite le . Il prépare les axes de la défense de son beau-père avec les avocats Jacques Baraduc et Albert Naud.

Se joignant à la piété filiale de sa femme, il se fait le défenseur ardent de la mémoire de Pierre Laval, en publiant de nombreux ouvrages. Il décrit notamment Pierre Laval comme un syndic de faillite. Il confie une partie de ses archives sur son action et celle de Pierre Laval pendant la guerre à la Fondation Hoover.

Il continue à diriger son cabinet toujours situé au 52, avenue des Champs-Élysées, qui sera jusque dans les années 1980 un des principaux cabinets d'avocats d'affaires franco-américains.

En 1960, il succède à son père comme président de la cristallerie Baccarat dont il fut l'actionnaire majoritaire et qu'il apporta à sa fondation Josée-et-René-de-Chambrun.

Fin de vie, hommages et distinctions[modifier | modifier le code]

Comme sa mère, il fut docteur honoris causa de l'université Xavier de Cincinnati, président puis président d'honneur de la société Les fils de la révolution américaine en France, membre du Jockey Club, du Stade français, de l'Automobile Club de France et du golf de Saint-Cloud.

Sans postérité, il crée avec sa femme la Fondation Josée-et-René-de-Chambrun.

Il est inhumé avec sa femme Josée, Pierre Laval et l'épouse de ce dernier, Jeanne, au cimetière du Montparnasse à Paris.

Résidences[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Emprunts sur titres et le marché de l'argent à New-York, éditions Rousseau & Cie, 1932.
  • (en) I Saw France Fall. Will She Rise Again ?, New-York, éditions William Morrow & Cie, 1940.
  • Un Français chez les Lincoln. Lettres inédites adressées pendant la guerre de Sécession par Adophe de Chambrun à son épouse restée en France, Paris, éditions Perrin, 1976.
  • Les Prisons de La Fayette. 10 ans de courage et d'amour, Paris, éditions Perrin, 1977 (Prix Broquette-Gonin).
  • Général comte de Chambrun sorti du rang, M. Jullian, 1980.
  • Pierre Laval devant l'Histoire, éditions France-Empire, Paris, 1983.
  • Et ce fut un crime judiciaire : Le « Procès » Laval, Paris, éditions France-Empire, 1984.
  • 1940 : Les 2 600 000 otages français d'Hitler, Paris, éditions France Empire, 1988.
  • Mes Combats pour Pierre Laval, documents inédits, Paris, éditions Perrin, 1990.
  • Ma Croisade pour l'Angleterre - , Paris, éditions Perrin, 1992.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
  2. À la fermeture de son cabinet en 2002, les locaux sont occupés par le Virgin Megastore Champs-Élysées, ouvert en 1988 et fermés en 2013 ; le bâtiment est désormais occupé par les Galeries Lafayette Champs-Élysées.
  3. « Un grand mariage de la IIIe république », Vu, 21 août 1935.
  4. René de Chambrun, « La Fayette et l'âme de Lagrange », Revue des deux Mondes, mars 1976.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arnaud Chaffanjon, La Fayette et sa descendance, Berger Levraud, 1976.
  • Yves Pourcher, Pierre Laval vu par sa fille d'après ses carnets intimes, Le cherche midi, 2002.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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