Lumbres

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Lumbres
Lumbres
La mairie.
Blason de Lumbres
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Saint-Omer
Intercommunalité Communauté de communes du pays de Lumbres
(siège)
Maire
Mandat
Joëlle Delrue
2020-2026
Code postal 62380
Code commune 62534
Démographie
Gentilé Lumbrois
Population
municipale
3 575 hab. (2021 en diminution de 4,49 % par rapport à 2015)
Densité 361 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 42′ 21″ nord, 2° 07′ 18″ est
Altitude Min. 35 m
Max. 133 m
Superficie 9,9 km2
Type Commune rurale
Unité urbaine Lumbres
(ville-centre)
Aire d'attraction Saint-Omer
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Lumbres
(bureau centralisateur)
Législatives Sixième circonscription
Localisation
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Lumbres
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Lumbres
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Lumbres
Liens
Site web villedelumbres.fr

Lumbres est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France.

La commune est le siège de la communauté de communes du Pays de Lumbres qui regroupe 36 communes et compte 24 153 habitants en 2019.

Son histoire est avant tout industrielle ; cependant Lumbres fait partie du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale, et présente des richesses patrimoniales en matière d'écologie et de paysages (coteaux calcaires).

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Lumbres se situe à une dizaine de kilomètres de Saint-Omer.

Carte
Les limites du territoire communal.
Carte interactive (double-cliquer sur la carte).

Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de six communes :

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La géomorphologie explique le paysage lumbrois, les coteaux calcaires en particulier.

Plusieurs carrières locales dont celles de la cimenterie de Lumbres ont livré de nombreux fossiles de poissons, d'ammonites

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune est situé dans le bassin Artois-Picardie.

Lumbres a pour partie été construite sur un ancien marais, à la croisée des vallées de l’Aa et du Bléquin.

L'Aa est un cours d'eau naturel non navigable de 56 km qui prend sa source dans la commune de Bourthes et se jette dans le canal de Neufossé au niveau de la commune de Saint-Omer[1] et c'est dans la commune de Lumbres, que se jette dans l'Aa, le Bléquin, cours d'eau naturel non navigable de 16,18 km, qui prend sa source dans la commune de Lottinghen[2].

C'est dans la commune que l'Urne-à-l'Eau, cours d'eau naturel de 5,12 km, qui prend sa source dans la commune de Lottinghen, se jette dans l'Aa[3].

Climat[modifier | modifier le code]

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique altéré, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000[4]. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement (1 550 h/an) ; forte humidité de l’air (plus de 20 h/jour avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents[5].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,3 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 13,7 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 905 mm, avec 13,1 jours de précipitations en janvier et 8,3 jours en juillet[4]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Nielles-lès-Bléquin à 7 km à vol d'oiseau[6], est de 10,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 976,9 mm[7],[8]. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022[9].

Milieux naturels et biodiversité[modifier | modifier le code]

Problème de gestion des berges.

Un contrat de rivière et diverses aides de l'Agence de l'eau ont aidé à traiter certaines pollutions industrielles de l'Aa, mais le boisement (peupleraies) et le comblement ou drainage du marais en aval de la poudrerie d'Esquerdes, ainsi que l'urbanisation et une gestion des berges peu respectueuse de l'environnement ont dégradé le patrimoine des zones humides communales.

Environnement : Si le castor a déserté la vallée depuis plusieurs siècles et la loutre depuis quelques décennies, la commune abrite encore quelques richesses naturelles qui sont principalement, outre un fond alluvial et quelques reliques de zones humides ornées d'orchidées et d'autres espèces intéressantes, des coteaux calcaires et un petit massif forestier (sur la montagne – ou colline – de Lumbres). Le paysage est toutefois marqué par les vastes carrières et la cheminée de la cimenterie. L'autoroute proche A 26 (dite « autoroute des Anglais ») et l'élargissement de la nationale 42 constituent un facteur important de fragmentation écopaysagère d'un réseau écologique dont la réalité est visible sur les images satellites.

Espaces protégés et gérés[modifier | modifier le code]

La protection réglementaire est le mode d’intervention le plus fort pour préserver des espaces naturels remarquables et leur biodiversité associée[10].

Dans ce cadre, la commune fait partie de trois espaces protégés et gérés :

  • le parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale, d’une superficie de 132 499 hectares réparties sur 153 communes, géré par le syndicat mixte d'aménagement et de gestion du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale[11] ;
  • les espaces réhabilités de la carrière de Lumbres, terrain géré (location, convention de gestion) par le Conservatoire d'espaces naturels des Hauts-de-France, d'une superficie de 44,646 hectares[12] ;
  • les coteaux du mont de Quelmes, terrain géré (location, convention de gestion) par le Conservatoire d'espaces naturels des Hauts-de-France, d'une superficie de 17,455 hectares[13].

Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique[modifier | modifier le code]

L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire.

Le territoire communal comprend six ZNIEFF de type 1[Note 1] :

  • le réservoir biologique de l’Aa. Cette ZNIEFF doit être considéré comme étant un milieu pépinière à l’échelle de l’hydrosystème Aa rivière[14] ;
  • la montagne de Lumbres, d’une superficie de 294 hectares et d'une altitude variant de 36 à 143 mètres. Ce site situé sur le versant droit de la vallée de l’Aa, au sud-est de Lumbres, est un vaste promontoire boisé[15] ;
  • la Vallée de l'Aa entre Lumbres et Wizernes, d’une superficie de 168 hectares et d'une altitude variant de 25 à 36 mètres. Ce site se rattache à l'ensemble écologique constitué par la moyenne vallée de l’Aa et ses versants entre Remilly-Wirquin et Wizernes (ZNIEFF de type 2)[16] ;
  • la haute Aa et ses végétations alluviales entre Remilly-Wirquin et Wicquinghem, d’une superficie de 564 hectares et d'une altitude variant de 40 à 118 mètres[17] ;
  • la vallée du Bléquin de Nielles à Affringues. Site formé par des coteaux crayeux, constitués d’une craie marneuse datant d’environ 90 millions d’années. L’érosion du plateau crayeux a donné naissance à cette vallée[18] ;
  • les coteaux d’Acquin-Westbécourt, du val de Lumbres et au nord de Setques, d’une superficie de 140 hectares et d'une altitude variant de 70 à 100 mètres[19].

et deux ZNIEFF de type 2[Note 2] :

  • la vallée du Bléquin et les vallées sèches adjacentes au ruisseau d’Acquin. Cette ZNIEFF se situe sur les marges septentrionales du Haut-Pays d’Artois, en bordure des cuestas du Boulonnais et du pays de Licques[20] ;
  • la moyenne vallée de l’Aa et ses versants entre Remilly-Wirquin et Wizernes. La moyenne vallée de l’Aa et ses versants représentent un remarquable ensemble écologique associant des habitats très différents constituant des complexes de végétations souvent complémentaires[21].

Site Natura 2000[modifier | modifier le code]

Le réseau Natura 2000 est un réseau écologique européen de sites naturels d’intérêt écologique élaboré à partir des directives « habitats » et « oiseaux ». Ce réseau est constitué de zones spéciales de conservation (ZSC) et de zones de protection spéciale (ZPS). Dans les zones de ce réseau, les États Membres s'engagent à maintenir dans un état de conservation favorable les types d'habitats et d'espèces concernés, par le biais de mesures réglementaires, administratives ou contractuelles[22].

Sur la commune, un site Natura 2000 de type B est défini en site d'importance communautaire (SIC) : les pelouses, bois acides à neutrocalcicoles, landes nord-atlantiques du plateau d'Helfaut et le système alluvial de la moyenne vallée de l'Aa d'une superficie de 389 hectares et répartis sur 14 communes[23].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Lumbres est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 3],[24],[25],[26]. Elle appartient à l'unité urbaine de Lumbres, une agglomération intra-départementale regroupant 8 communes[27] et 9 226 habitants en 2017, dont elle est ville-centre[28],[29].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Omer, dont elle est une commune de la couronne[Note 4]. Cette aire, qui regroupe 79 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[30],[31].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (52,4 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (57,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (31,4 %), forêts (19 %), zones urbanisées (17,7 %), prairies (15,6 %), mines, décharges et chantiers (10,3 %), zones agricoles hétérogènes (5,4 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,6 %)[32]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

La commune est située à proximité de la RN 42 et de l'A26 ; le train et le TGV sont accessibles depuis les gares de Saint Omer et Calais-Fréthun, cette dernière étant également desservie par l'Eurostar.

Risques naturels et technologiques[modifier | modifier le code]

Risque inondation[modifier | modifier le code]

À la suite du passage des tempêtes Ciarán, Domingos et Elisa et des inondations et coulées de boue qui se sont produites, la commune est reconnue, par arrêté du , en état de catastrophe naturelle pour inondations et coulées de boue sur la période du au , comme 179 autres communes du département[33].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Laurentia (1040), Lumerez (1183), Lumera (1189), Lumbres (1220), Lumers (1227), Lumeres (1228), Lunbres (1238), Laurentia sive Lumbrae (v. 1512)[34], Lumbres (1793) et Lambres puis Lumbres (depuis 1801)[35].

Viendrait de l'anthroponyme roman Laurentius suivi du suffixe -a, substitué par la suite par celui germanique de Lumarus + -as[36].

Histoire[modifier | modifier le code]

La vallée a connu une occupation préhistorique, dont sur la « montagne de Lumbres », au moins au néolithique[37]. Le Dr Pontier et le chanoine Collet (abbaye de Wisques) ont été parmi les premiers à étudier scientifiquement les vestiges préhistoriques locaux (Arques, Lumbres, Elnes et Wavrans).

Parmi les hameaux de Lumbres, figure celui de Samettes, siège d'une seigneurie avant la Révolution française[38].

Au XVIIe siècle, Lumbres est un comté appartenant à Maximilien de Fiennes, comte de Lumbres, chef de la maison de Fiennes[39].

Antoine François de Gennevières, descendant d'une famille détenant les seigneuries de Vaudricourt et Courchelettes, est seigneur de Samettes en avril 1763. À cette date, il reçoit des lettres venant de Versailles, le déclarant chevalier héréditaire et l'autorisant à décorer ses armes d'une couronne de comte. Il est le 1er gentilhomme de la Cour de Cassel (domaine royal sur Cassel) et président de l'assemblée des magistrats des chefs collèges de la Flandre maritime, représentant les titres de la province. Il a trois filles aux abbayes de Messines, Avennes, Étrun. Il a rendu au roi de grands services dans les dernières guerres, surtout en procurant au roi une partie des secours dont les armées avaient besoin pendant le siège de Douai, le siège du Quesnoy, le siège de Bouchain etc[38].

Le Dr Georges Pontier.
Squelette de mammouth reconstitué dans le cabinet d'histoire naturelle du Dr Pontier à Lumbres au début du XXe siècle, à partir d'ossements trouvés en à Arques. Il a ensuite été transféré au musée d'histoire naturelle de Boulogne-sur-Mer.

Le docteur Georges Pontier, érudit naturaliste et spécialiste local de la préhistoire et de la paléontologie, a marqué l'histoire culturelle de la commune et de la région audomaroise en ayant mis au jour et étudié de nombreuses traces de la grande faune préhistorique, des hommes préhistoriques et d'espèces animales antérieures.

Une société savante - appelée désormais le « Groupe Pontier » - a poursuivi son œuvre.

Au XIXe siècle, Lumbres, autrefois bourg agricole, devient une petite ville industrielle. Elle s'est principalement développée autour d'une cimenterie et d'une papeterie, située sur l'emplacement d'un ancien moulin à eau, dans une vallée qui fut l'une des plus industrieuses de la région et de France au haut Moyen Âge.

Lors de la Première Guerre mondiale, c'est une des communes qui ont été retenues par le préfet du Pas-de-Calais, le ministère de la guerre et les autorités alliées pour regrouper des réfugiés de la région nord de Saint-Omer afin de les évacuer vers le sud. En 1918, le préfet du Pas-de-Calais pour préparer l'évacuation des populations du sud d'Arras et de Béthune a demandé aux alliés anglais d'y dresser cent tentes pour accueillir les réfugiés avant de pouvoir les transférer vers Rouen[40]. Selon les archives départementales, le centre de Lumbres a vu passer 15 000 réfugiés en 1918. Les Anglais qui avaient dû quitter le centre d'Ebblinghem à la suite des pilonnages allemands y ont installé un hôpital pour blessés civils, contagieux et tuberculeux, femmes en couche, avec le concours du préfet et de l'armée française, sous la direction de Mme Liouville, infirmière major[40]. Les Américains ont participé pour 2/3 dans le prix de journée des malades. Cet hôpital a aussi reçu des patients ne pouvant être traités ailleurs, la plupart des hôpitaux du département ne fonctionnant plus à cause de la guerre. Si nécessaire le préfet était prêt à faire de même à Desvres, en spécialisant ce nouveau centre pour les vieillards et infirmes. Des dizaines de milliers de réfugiés ont ainsi été regroupés, et transportés en train, ravitaillés avec boissons chaudes, conserves et pain dans les gares de Boulogne, Pont-de-Brique et par la mairie d'Hesdigneul[40]. Le préfet prévoyait de réutiliser ces mêmes centres pour la réception des réfugiés à leur retour[40]. De 1914 à 1918, par ailleurs, environ un peu plus de 200 Lumbrois ont été mobilisés, dans les armes et les régiments les plus divers, en fonction de leur âge, de leurs aptitudes et de leur état de santé.

La gare, au début du XXe siècle.
Rame du Chemin de fer d'Anvin à Calais, rue Saint-Pierre.

Les usines se sont agrandies au XXe siècle grâce à une desserte par deux voies ferrées, celle à voie normale Boulogne - Saint-Omer (sur laquelle circule aujourd'hui le chemin de fer touristique de la vallée de l'Aa), et la ligne de chemin de fer secondaire à voie métrique d'Anvin à Calais, exploitée à partir de 1919 par la Compagnie générale de voies ferrées d'intérêt local. Celles-ci ont souvent remplacé d'anciens moulins à eau.

Pour cette raison, et à cause de la proximité de la Coupole d'Helfaut, Lumbres et la vallée ont été des cibles militaires lors des deux guerres mondiales. Créée en 2015, une association locale appelée N'oublions jamais - Lumbres [41] perpétue le souvenir et la mémoire des deux conflits mondiaux dans la commune.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Élections municipales et communautaires[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs depuis 1944
Période Identité Étiquette Qualité
1944 octobre 1947 Henri Jules Leriche Rad. Boucher
octobre 1947 mars 1981
(démission)
Bernard Chochoy SFIO puis PS Instituteur
Conseiller général du canton de Lumbres (1937 → 1940 puis 1945 → 1979)
Président du conseil général du Pas-de-Calais (1970 → 1978)
mars 1981 mars 1989 Jean-Claude Quenon PS Directeur d'école
Conseiller général du canton de Lumbres (1979 → 1983), Député suppléant de Dominique Dupilet (1978-1986)
mars 1989 mars 2001 Jean-Claude Leroy PS Attaché parlementaire
Conseiller général du canton de Lumbres (1988 → 2015)
Vice-président du conseil général du Pas-de-Calais (1994 → 2001)
Président de la CC du Pays de Lumbres (1997 → 2001)
mars 2001 mars 2008 Jean-Pierre Decobert PS Commerçant
mars 2008 En cours
(au 25 mars 2022)
Joëlle Delrue PS 2e vice-présidente de la CC du pays de Lumbres
Réélue pour le mandat 2014-2020[43],[44],[45],[46]
Réélue pour le mandat 2020-2026[47],[48]

Équipements et services publics[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

La première école date de 1861 : l'école Notre-Dame, qui comptait 8 classes maternelles et primaires en 2007, soit 184 élèves[49]. Les écoles primaires Roger-Salengro et Jules-Guesde, et les maternelles Suzanne-Lacore et Marie-Curie sont également sur la commune[50].

L'enseignement secondaire se fait aux collèges, nationalisé Albert-Camus (comprenant une SEGPA) et Notre-Dame (privé).

Le lycée professionnel Bernard-Chochoy propose une filière bâtiment. D'autres lycées sont sur Saint-Omer ; l'enseignement supérieur s'effectuent à l'université du littoral (Boulogne, Calais, Saint-Omer), à Lille ou ailleurs.

Santé[modifier | modifier le code]

Différentes professions médicales (médecins, kinésithérapeutes, infirmiers, opticien, orthophoniste, psychologue) sont installées sur la commune, qui est équipée de deux laboratoires d'analyse médicale, d'un centre d'auto-dialyse et d'une clinique vétérinaire. Une maison Alzheimer se situe à Esquerdes à 5 kilomètres. Le centre hospitalier de la région de Saint-Omer se situe à Helfaut à 10 km.

Depuis septembre 2022 est ouverte la maison de santé du Pays de Lumbres regroupant ostéopathe, podologue-pédicure, diététicienne, sophrologue-psychologue et médecins généralistes[51].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[52]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[53].

En 2021, la commune comptait 3 575 habitants[Note 5], en diminution de 4,49 % par rapport à 2015 (Pas-de-Calais : −0,76 %, France hors Mayotte : +1,84 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
484510533685802863908928941
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
9189219289671 0361 1391 3741 3491 382
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 4281 5681 8332 0312 2232 3952 5522 6462 686
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
3 2073 5993 8034 1073 9443 8733 7633 7443 802
2017 2021 - - - - - - -
3 6263 575-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[35] puis Insee à partir de 2006[54].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 36,2 %, soit en dessous de la moyenne départementale (36,7 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 26,9 % la même année, alors qu'il est de 24,9 % au niveau départemental.

En 2018, la commune comptait 1 768 hommes pour 1 839 femmes, soit un taux de 50,98 % de femmes, légèrement inférieur au taux départemental (51,50 %).

Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.

Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[55]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,5 
90 ou +
1,2 
6,4 
75-89 ans
10,1 
16,9 
60-74 ans
18,6 
21,2 
45-59 ans
19,0 
16,5 
30-44 ans
17,2 
19,7 
15-29 ans
17,1 
18,8 
0-14 ans
16,8 
Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2020 en pourcentage[56]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,5 
90 ou +
1,6 
5,5 
75-89 ans
8,9 
16,4 
60-74 ans
17,8 
20,3 
45-59 ans
19,3 
19,1 
30-44 ans
18,2 
18,1 
15-29 ans
16,2 
20,2 
0-14 ans
18,1 

Sports[modifier | modifier le code]

La commune réalise en 2010-2011 une piste de BMX aux normes olympiques[57]. Elle est par ailleurs dotée d'un stade, d'une piscine intercommunale, de salles de sport…

Plus de quarante associations contribuent à animer la vie culturelle et sportive de la commune.

Loisirs[modifier | modifier le code]

Après la liaison douce, créée à l'initiative de la communauté de communes du Pays de Lumbres et inaugurée en 2021, le long de l’Aa, entre Lumbres et Remilly-Wirquin, via Wavrans-sur-l'Aa et Elnes, en 2023, un nouveau tronçon est ouvert entre Acquin-Westbécourt et Lumbres, long de 4,9 km[58],[59].

Économie[modifier | modifier le code]

Lumbres est un des pôles secondaires du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale, avec ses commerces et services.

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

Industries[modifier | modifier le code]

L'économie de Lumbres, comme celle de toute la vallée de l'Aa était historiquement agricole puis a évolué vers l'industrie, avec notamment une grande papeterie (SICAL) et une cimenterie (EQIOM)[60] qui est l'un des 50 sites industriels français les plus émetteurs de CO2, avec une production de clinker émettant environ 600 ktCO2 chaque année, soit environ 6% des émissions des cimenteries françaises, responsables de 55% des émissions industrielles du pays, et de 12% du total de ses émissions. Ce site a reçu des aides de l'Etat dans le cadre d'un contrat de transition écologique pour décarboner sa production[61].

Papeterie[modifier | modifier le code]

En 1826 M. Delforge est autorisé à installer à Lumbres une papeterie au bord de l'Aa dans une zone non construite de champs et prairies, à la suite d'une demande qu'il a déposée en 1824[60]. Le projet prend du retard et le terrain n'est acheté par Hubert Gardien (papetier déjà propriétaire d'une autre usine à Lumbres) qu'en 1832[60]. La nouvelle usine est construite en 1833 puis achetée par deux propriétaires britanniques, et ensuite rachetée en 1876 par Emile Avot Loy, qui crée la société Avot fils et Cie, laquelle sera ensuite rebaptisée Papeteries de Lumbres[60]. L’usine produit des sacs et sachets destinés à emballer des denrées agroalimentaire et le ciment. En 1838, elle produit du papier en continu. Près de 40 ans plus tard (en 1875), elle assure ses besoins en énergie par deux roues à aubes complétées de deux machines à vapeur de 40 et 15 chevaux qui alimentent 8 piles, 2 « lessiveurs » rotatifs (boules d'acier riveté, tournant sur elles-mêmes dans lesquelles on fabriquait la pâte à papier), une machine en continu et 7 sécheurs à papier. Sa production atteint alors 600 kg de papier par jour[60].

Vers 1900, la production est déjà de 3 tonnes/jour. L'activité croît et dans les années 1930 (après la crise de 29 l'usine employait près de 400 personnes[60].

L'usine située non loin de la coupole d'Helfaut est gravement endommagée durant la Seconde Guerre mondiale, et ne redémarre qu'en 1949 (année où elle est achetée par le groupe Charfa qui crée la S.A.R.L des Papeteries de Lumbres. Peu avant 1960, le papier est utilisé pour produire du carton d’emballage (en papier recyclé) ce qui justifie un changement de nom : l'entreprise devient la Société industrielle des cartonneries de Lumbres. En 1964 14 400 tonnes de carton ondulé sortent de l'usine qui complétera son activité en 1968 avec une installation produisant un polystyrène expansé[60].

En 1974, près de 700 employés travaillent dans l'usine dont les effluents industriels sont toujours rejetés dans l'Aa. Ce n'est qu'en 1975 que deux stations d’épuration sont créées[60].

En 1984, la production s’élevait à 35 000 tonnes de carton, 15 000 t de papier d’emballage et 10 000 tonnes de polystyrène expansé[60] ; L'année suivante (1985) l'entreprise est rachetée par le groupe Rossmann (elle fonctionne alors avec 350 salariés)[60].

En 1990, grâce aux progrès des machines à papier, le seuil de 40 000 t/an de carton ondulé est atteint alors que le nombre de salariés a été fortement réduit (presque divisé par deux depuis le milieu des années 1970 (360 personnes en 1990).

De 2011 à 2017, des problèmes récurrents de pollutions sont signalés en aval des rejets de la papeterie-cartonnerie[62].

Début 2018, sa capacité est de 45 000 t/an[63].

Cimenterie[modifier | modifier le code]

L'« usine à ciment » ou l'« usine au ciment » de Lumbres été conçue et mise en construction à partir de 1884 pour être mise en service en 1888 par la société Goidin et Cie (MM Goidin et V. et F. Friscourt). Elle s'étendait alors sur 7 hectares et concassait et transformait en ciment le calcaire argileux local. En 1901, il en sortait environ 6 000 t/mois de ciment[60].

En 1911, elle devient la Société anonyme des ciments Portland de Lumbres, ensuite rachetée par la société Fourmaintraux, Courquin et Cie qui la revend en 1913 à la société anonyme La Desvroise, qui entreprend de la moderniser pour une remise en marche en 1914. C'est alors que débute la Première Guerre mondiale après laquelle la cimenterie sera agrandie[60].

En 1920, l'usine atteint 130 000 t/an de ciment[60].

Après la Seconde Guerre mondiale, en 1950, l'exploitation de la carrière se modernise (chevaux, pelles et pioches sont remplacés par de gros engins de terrassement : gratteurs, pelles mécaniques, camions, bulls et scrapers)[60].

En 1959, l'usine est vendue au groupe Ciments d'Origny - basé à Biache-Saint-Vaast (Pas-de-Calais - qui la restructure pour en faire sa 3e cimenterie dans la région[60].

En 1984, la cimenterie est la 4e de France (avec 140 personnes et 200 000 t/an de ciment)[60].

En 2017, c'est la dernière de celles qui existaient antérieurement dans le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie.

L'usine est achetée par Holcim France (filiale du groupe Holcim France Benelux créé en , qui emploie plus de 3 700 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 977 millions d’euros, fusionné avec Lafarge en 2014). Elle appartient depuis 2015 à la société EQIOM (filiale du groupe Irlandais CRH) qui détient (en 2017) 2 autres cimenterie et 2115 centrales à béton[64] dont à proximité celles d'Arques, de Boulogne et de Calais), et quatre centres de broyage (dont un à Dannes). Le groupe annonçait en 2017 pour son usine de Lumbres une capacité de production de 750 000 tonnes/an via deux fours dits à « voie humide » : le four no 5 (qui traite 1 400 tonnes/jour de clinker et qui est équipé en 2017 d'un nouvel électrofiltre[65] (de 250 tonnes[65]) et le four no 4: (800 tonnes/jour de clinker) et 2 broyeurs à ciment ainsi qu'un broyeur à ciment ultra-fin ; 2800 à 4000 sacs de ciment peuvent ainsi être produits par heure. Le groupe détient aussi 100 hectares de carrière de craie, de marne, d'argile[64]. En 2017, l'usine faisait travailler 130 salariés[65].

Tourisme[modifier | modifier le code]

L'autorail touristique en gare de Lumbres.

Depuis quelques années, la ville de Lumbres - autrefois plutôt industrielle - s'est ouverte au tourisme. L'office de tourisme propose de découvrir divers lieux et activités, dont avec un train touristique d’époque (Micheline).

La voie ferrée, n'étant presque plus utilisée pour le transport marchand ou de passager, a été requalifiée, à l'initiative d'une association locale[66] pour recevoir le Chemin de fer touristique de la vallée de l'Aa[67] qui permet de découvrir la vallée de Lumbres à Arques avec un arrêt possible pour visiter le musée de la coupole d'Helfaut et l'ascenseur à bateaux des Fontinettes.

Cette voie ferrée est par ailleurs localement aussi un élément important de la trame verte locale.

Le camping Le Marais de la commune compte 50 emplacements[68].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église.

L'église Saint-Sulpice, de style néogothique fut construite de 1854 à 1863 par l'architecte diocésain Alexandre Grigny[69]. L'évêque d'Arras Pierre Louis Parisis en posa la première pierre en 1854. L'église est inscrite à l'Inventaire Général des Monuments Historiques depuis 1980.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Une médiathèque sera construite en 2012. Le cinéma le plus proche est à Saint-Omer. La commune est équipée d'une salle (Léo-Lagrange).

La fête du Parc s'est déroulée à Lumbres en 2010. Elle a accueilli près de 15 000 visiteurs, ainsi que quelques personnalités politiques comme Jack Lang, Daniel Percheron

Littérature[modifier | modifier le code]

Dans Sous le soleil de Satan de Georges Bernanos, l’abbé Donissan est nommé curé de Lumbres. Après avoir tenté de ressusciter un enfant, il est vénéré par la population qui le surnomme le « saint de Lumbres ».

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Lumbres Blason
D'azur à la bande d'or chargée de trois lionceaux de gueules[72].
Ornements extérieurs
Croix de guerre 1939-1945
Détails
Inspiré des armes de la famille de Lumbres, qui donna les premiers seigneurs du lieu, dont les seules représentations connues (un sceau du XIVe siècle et la pierre tombale d'Antoine de Lumbres, située dans l'église de Longvilliers) sont sans couleurs.

Adopté par la municipalité.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Lesage, Les soldats de Lumbres dans la Grande Guerre. Parcours de combattants. 126 p.
  • René Lesage et Roger Dufay, la résistance à Lumbres et dans son canton – Études et documents – Tome 5 - CHHP -
  • Serge Dumanoir, Chroniques d'histoire locale no 1, Journaux de marche des troupes canadiennes dans le haut-pays d'Artois - 4 au et bulletin no 81 du haut-pays d'Artois, pages 199 à 219.
  • Serge Dumanoir et Guy Delannoy, le tunnel de la kriegsmarine à Lumbres, bulletin du haut-pays d'Artois no 80, pages 218 à 220
  • Serge Dumanoir - Dynamitage du château de la famille De Raismes, , chroniques d'histoire locale no 2,
  • Serge Dumanoir et Sœur Rozanne Philippe, Séjour des sœurs de la congrégation de la Sainte-Famille d'Ypres en 1914-1915 à Lumbres, chroniques d'histoire locale no 2,
  • Serge Dumanoir - Les exactions allemandes du à Lumbres et environs, bulletin n° 85 du haut-pays d'Artois, pages 237 à 243
  • Serge Dumanoir - Edith OK 17, espionne au service de l'abwehr de Lille, bulletin n° 86 du haut-pays d'Artois, pages 200 à 216
  • Serge Dumanoir - Erwin Streif, alias Marcel Stahl et Christiane Gorman, agents de l'abwehr III F de Lille, bulletin n° 89 du haut-pays d'Artois, pages 234 à 252

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les ZNIEFF de type 1 sont des secteurs d’une superficie en général limitée, caractérisés par la présence d’espèces, d’association d’espèces ou de milieux rares, remarquables, ou caractéristiques du milieu du patrimoine naturel régional ou national.
  2. Les ZNIEFF de type 2 sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes.
  3. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  4. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  5. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2024, millésimée 2021, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2023, date de référence statistique : 1er janvier 2021.

Cartes[modifier | modifier le code]

  1. IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).

Références[modifier | modifier le code]

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  2. Sandre, « Fiche cours d'eau - Bléquin (E4030650 ) » (consulté le )
  3. Sandre, « Fiche cours d'eau - Urne-à-l'Eau (E4030660 ) » (consulté le )
  4. a et b Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI 10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
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  9. « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur meteofrance.fr, (consulté le )
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