Orville (Pas-de-Calais)

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Orville
Orville (Pas-de-Calais)
La mairie-école.
Blason de Orville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Arras
Intercommunalité Communauté de communes des Campagnes de l'Artois
Maire
Mandat
Alain Débureaux
2020-2026
Code postal 62760
Code commune 62640
Démographie
Gentilé Orvillois
Population
municipale
381 hab. (2019 en diminution de 6,16 % par rapport à 2013)
Densité 32 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 08′ 04″ nord, 2° 24′ 45″ est
Altitude Min. 64 m
Max. 148 m
Superficie 11,95 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Amiens
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton d'Avesnes-le-Comte
Législatives Première circonscription
Localisation
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Orville
Géolocalisation sur la carte : France
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Orville
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Orville

Orville est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France.

La commune fait partie de la communauté de communes des Campagnes de l'Artois qui regroupe 96 communes et compte 33 193 habitants en 2018.

Géographie[modifier | modifier le code]

Représentations cartographiques de la commune
Carte OpenStreetMap
Carte topographique

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune est limitrophe de sept communes différentes.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Entrée de la commune vue d'Amplier.

Typologie[modifier | modifier le code]

Orville est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[1],[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Amiens, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 369 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[4],[5].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (83,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (83,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (67,7 %), forêts (13,8 %), prairies (10,2 %), zones agricoles hétérogènes (6 %), zones urbanisées (2,3 %)[6].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[7].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Audriaca villa (769) ; Audrei villa (867) ; Autrei villa (867) ; Andrei villa [lire : Audrei villa (875) ; Odriaca villa (875) ; Odreia villa (877) ; Villa Auriacum (IXe siècle) ; Orevilla (1096) ; Orivilla (1106) ; Orrivilla (1112) ; Orinvilla (1129) ; Orrevilla (1142) ; Aurivilla (1155) ; Ovrivilla (1180) ; Horrida villa (1185) ; Oriville (XIIe siècle) ; Horrivile (XIIe siècle) ; Orrevile (vers 1207) ; Aurea villa (1219) ; Horrevilla (1241) ; Horreville (1246) ; Oreville (1294) ; Orreville (1559)[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Anciennement Audriaca villa (cité en 769)[8] était une résidence royale dépendant des comtes de Saint Pol, des seigneurs d'Aubigny, des Crequis et des Brandt de Marconne. Au Ve siècle, elle devint une des sept châtellenies.

Avant de surprendre Amiens en 1597, l'armée espagnole s'était rassemblée à Orville.

En 1758, la seigneurie de Galametz, relevant du château d'Hesdin, est érigée en comté, associées à celles de Marconne, Amplier et Quint-d'Orville, sous la dénomination de comté de Brandt, du nom du seigneur qui bénéficie de cette promotion[9].

Au début du XXe siècle, le village d'Orville abritait plus de mille habitants, parmi eux de nombreux Belges qui avaient été attirés par la présence dans le sous-sol de mines de phosphate. La découverte des poches de phosphate orvillois aurait pu être comparée à l'époque, toute proportion gardée, à la ruée vers l'or de l'Amérique du Far West. D'une part, le sable phosphaté qui était extrait des poches en forme d'entonnoir était d'une couleur jaune assombrie identique à celle du sable aurifère ; d'autre part, son rapport était aussi très intéressant : la tonne de minerai était vendue 70 F. de l'époque alors que le coût de revient de son extraction était de 10 F. à 15 F.. La population d'Orville est passée en quatre ans de 461 habitants à 1 503. Celle d'Amplier, la commune voisine, est passée pendant la même période de 340 à 724 habitants. On comptait jusqu'à 30 carrières d'extraction de ce sable phosphaté à Orville dans lesquelles travaillaient plus de 500 ouvriers belges. Ces mines de phosphate qui avaient été découvertes en 1887 ont été exploitées jusqu'au début du XXe siècle, au moment où les relations commerciales avec le Maroc et la Tunisie ont favorisé les importations de phosphate à un prix bien inférieur à celui de l'extraction locale et avec un minerai beaucoup plus riche. Le nom actuel de ce site est « les buttes d'Orville ». Il est actuellement occupé par un parcours de ball-trap de renommée internationale.

Il existait également à Orville des sablières qui étaient encore exploitées en 1970 d'une façon tout à fait artisanale ; les veines de sable n'étaient pas suffisamment importantes pour rentabiliser une exploitation industrielle. Ce sable d'une excellente qualité était remonté du fond de la carrière à la pelle par paliers successifs. Les ouvriers devaient, suivant la profondeur de la veine, manier plusieurs fois le même mètre cube pour le remonter à la surface où il était chargé dans des wagonnets ou des remorques agricoles.

Les belles maisons en pierre que l'on peut voir en traversant la commune témoignent de la richesse de ce passé.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Découpage territorial[modifier | modifier le code]

La commune se trouve dans l'arrondissement d'Arras du département du Pas-de-Calais.

Commune et intercommunalités[modifier | modifier le code]

La commune est membre de la communauté de communes des Campagnes de l'Artois.

Circonscriptions administratives[modifier | modifier le code]

La commune est rattachée au canton d'Avesnes-le-Comte.

Circonscriptions électorales[modifier | modifier le code]

Pour l'élection des députés, la commune fait partie de la première circonscription du Pas-de-Calais.

Élections municipales et communautaires[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1983 2014[10] Yves Debureaux    
mars 2014[11],[12],[13] 2020 Freddy Leroy    
23 mai 2020 En cours
(au 1er avril 2022)
Alain Débureaux   Employé de la fonction publique
Élu pour le mandat 2020-2026[14],[15]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[16]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[17].

En 2019, la commune comptait 381 habitants[Note 3], en diminution de 6,16 % par rapport à 2013 (Pas-de-Calais : 0 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
688806826772820830779778713
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
6236526546005474904611 5031 007
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
825700571482431394380415400
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
411409318277325325330330394
2015 2019 - - - - - - -
403381-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique

L'histogramme de la population met particulièrement bien en évidence l'impact de la découverte et de l'extraction des phosphates locaux.

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 31,0 %, soit en dessous de la moyenne départementale (36,7 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 25,4 % la même année, alors qu'il est de 24,9 % au niveau départemental.

En 2018, la commune comptait 197 hommes pour 194 femmes, soit un taux de 50,38 % d'hommes, légèrement supérieur au taux départemental (48,50 %).

Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.

Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[20]
HommesClasse d’âgeFemmes
1,6 
90 ou +
2,7 
5,4 
75-89 ans
4,3 
19,9 
60-74 ans
16,8 
26,9 
45-59 ans
23,4 
18,3 
30-44 ans
18,5 
12,4 
15-29 ans
14,1 
15,6 
0-14 ans
20,1 
Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2018 en pourcentage[21]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,5 
90 ou +
1,5 
5,4 
75-89 ans
8,9 
15,9 
60-74 ans
17,3 
20,2 
45-59 ans
19,4 
19,1 
30-44 ans
18,2 
18,6 
15-29 ans
16,3 
20,3 
0-14 ans
18,3 

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Ferme de Caumesnil 1763 ;
  • Pigeonniers carré à colombages ;
  • Moulin à eau sur l'Authie ;
  • Ferme 1830 ;
  • Église Saint-Martin du XIXe siècle, fondations et pan de muraille romans, souterrains- refuges ; la maison jouxtant l'église présente un fronton triangulaire sculpté de deux anges tenant une couronne entre lesquels devait se trouver un écu royal supprimé, et la date 1833 ;
  • Maisons du XVIIIe siècle ;
  • Petits pigeonniers dont un de 1829 ;
  • Monument aux morts ;
  • Faubourg Saint-Antoine.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Seigneurs d'Orville[modifier | modifier le code]

  • Alexandre François Ignace de Brandt, seigneur de Galametz, Marconne, Amplier, Quint-d'Orville, à la moitié du XVIIIe siècle, a pris part à la plupart des batailles de Flandre et s'est distingué à la bataille de Lauffeld et autres, où il a été employé comme cornette dans le régiment de Royal-Cravatte. Il bénéficie en mars 1758, par lettres données à Versailles, de la promotion de la seigneurie de Galametz associée à celles citées en comté. Il est le fils de Louis François de Brandt, mayeur (maire) de la ville d'Aire, place que Philippe et François de Brandt, ses aïeux ont également occupée. Sa mère Marie Agnès Ptolomey était fille de Paul Gabriel Marie comte Ptolomey, d'une noble famille d'Italie; un de ses parents Charles de Brandt nommé en 1666 capitaine de soixante hommes d'armes, sous le duc d'Havré, a rempli ce poste jusqu'à sa mort. Il est d'une ancienne famille noble alliée aux Salperwick, marquis de Grigny, de Fléchin, Wamin, de la Ferté, de le Vacque[9].

Autres personnalités[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Orville.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

de gueules au créquier arraché d'or vêtu d'argent.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  2. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Liste des communes composant l'aire d'attraction d'Amiens », sur insee.fr (consulté le ).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  6. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  7. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  8. a et b Comte Auguste De Loisne, Dictionnaire topographique du département du Pas-de-Calais, Paris, (lire en ligne), p. 281.
  9. a et b Amédée le Boucq de Ternas, Recueil de la noblesse des Pays-Bas, de Flandre et d'Artois, Douai, 1884, p. 88, lire en ligne
  10. Nicolas André, « Le bilan des maires – Orville – Yves Debureaux : « Le conseil municipal a mené à bien tous les projets de mon dernier mandat » : Yves Debureaux attaque la fin de son dernier mandat, le cinquième ! Il ne se représentera pas. Son conseil municipal et son premier adjoint, Freddy Leroy, qui se sont parfois mis eux-mêmes à la tâche, peuvent se féliciter d’avoir accompli tout son programme et il n’était pas mince dans cette commune de près de quatre cents âmes, accolée à la Somme. Plus proche de Doullens que de Pas-en-Artois. Entretien avec le maire et ses collaborateurs », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. « Orville: des tensions lors de l’installation du conseil municipal : L'installation du conseil municipal vendredi 28 mars a été animée », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. « Liste des communes et des maires » [xls], Préfecture du Pas-de-Calais, (consulté le ).
  13. « Orville (Projets des Maires) : « Le marais sera inauguré au printemps » : Premier mandat pour Freddy Leroy. Mais ce n’est pas une découverte pour celui qui fut déjà adjoint lors du précédent mandat, et c’est dans la continuité mais avec des méthodes de travail nouvelles que le nouveau maire entend poursuivre l’aménagement du marais et les autres projets », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. « Répertoire national des maires » [txt], Répertoire national des élus, sur https://www.data.gouv.fr, (consulté le ).
  15. « Résultats des élections municipales et communautaires 2020 », sur Le site du Ministère de l'Intérieur (consulté le ).
  16. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  17. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  18. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019.
  20. Insee, « Évolution et structure de la population en 2018 - Commune d'Orville (62640) », (consulté le ).
  21. Insee, « Évolution et structure de la population en 2018 - Département du Pas-de-Calais (62) », (consulté le ).